Le coronavirus pousse à la dictature et pas seulement en Chine

Le coronavirus pousse à la dictature et pas seulement en Chine

Avez-vous remarqué sur les réseaux sociaux l’avalanche d’articles ou de « témoignages » à la gloire de la Chine, du genre « ce régime politique est formidable, il a réussi à juguler une terrible épidémie » ?

Vous avez sans doute également remarqué qu’il n’y aurait pas officiellement de malades en Corée du Nord, ni à Cuba, qu’il y en aurait très peu en Russie et qu’il y en a probablement beaucoup plus qu’avoué en Iran.

De la dictature au virus

Mais cette nouvelle propagande chinoise se garde bien de rappeler où et comment l’épidémie s’est déclenchée.

Et si elle a pris cette ampleur, c’est bien suite aux tentatives d’étouffement de l’information quand les médecins de Wuhan alertant les autorités chinoises se sont fait accuser de répandre de fausses nouvelles, comme le docteur Li Wenliang, lanceur d’alerte à Wuhan, décédé de la maladie en février.

Les autorités chinoises n’ont informé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que le 31 décembre, alors que les premiers patients avaient été hospitalisés le 16.

Le 29 janvier, la Chine faisait encore pression sur l’OMS pour ne pas qu’elle déclare « une urgence internationale ». Bref si la dictature a permis d’en sortir, c’est elle aussi qui en est la cause première.

 

On retrouve le processus qui a amené les pays communistes, Chine comprise, à être des catastrophes environnementales en étouffant les protestations locales.

Or les dictatures se multiplient ! Et cela date de bien avant le conavirus.

Le président Xi en Chine et Vladimir Poutine en Russie ont obtenu de rester quasi indéfiniment au pouvoir.

Le président Assad en Syrie reprend le contrôle de son territoire (mais pas de sa population, qui ne veut pas revenir et préfère les pays voisins et l’Europe).

En Algérie la mise à l’écart du clan Bouteflika cache de moins en moins l’emprise des militaires.

En Turquie, le président Erdogan est de plus en plus autoritaire et islamiste.

Et si nous remontons plus loin dans le temps, on voit que les dictatures sont coriaces.

Le modèle chinois remplace le soviétique

Au XXe siècle, les dictatures étaient souvent inspirées par le modèle communiste à la soviétique ou son imitation fasciste. Mais le premier a échoué et le second a été écrasé.

Par contre le succès du modèle chinois le rend attractif.

Les gouvernants de nombreux pays sont tentés, notamment en Afrique. Cela tuera la démocratie dans leur pays, mais cela ne leur déplait pas vraiment.

La Chine les encourage dans cette évolution comme on peut constater par exemple en Afrique.

Et la pandémie actuelle pousse vers l’autoritarisme, voire la dictature.

Du virus à la dictature

En effet les gouvernants, et souvent les gouvernés, tiennent des propos du genre : « Si nous étions en dictature, nous pourrions mieux confiner, contrôler, supprimer le droit de retrait pour faciliter la production et la distribution etc. ». Bref la peur mène à accepter que l’État se dote de prérogatives toujours plus dures. En France et ailleurs, et notamment en Chine.

Ainsi l’épidémie permet au parti communiste chinois de contrôler encore plus sa population. (Dionysios Stivas et Nicholas Ross Smith, The Conversation) tandis que le président Xi se pose en sauveur.

Il a notamment déclaré à 170 000 responsables du parti et de l’armée que le pays avait « une fois de plus montré les avantages de la direction du Parti communiste de Chine et du système socialiste à caractéristiques chinoises. »

Mais pour affirmer cela il faut faire taire les voix divergentes.

Le contrôle de l’information

A Wuhan ont disparu deux journalistes qui avaient filmé la mise en quarantaine (l’Express.fr du 13/02/2020).

Puis il y a eu le renvoi de journalistes étrangers, dont ceux du New York Times, du Washington Post et du Wall Street journal, la présence de policiers et de militaires dans les locaux des journaux.

Et une petite guerre sur Internet entre mots-clés bloqués par la censure et tentatives de la contourner par un langage codé.

Du fait de cette absence d’information, et donc de l’incrédulité du public, les chiffres les plus fous circulent sur le nombre réel de morts (100 000 ?) qui s’appuient notamment sur la différence par rapport à l’évolution italienne.

On peut légitimement se demander comment l’Italie, avec ses 60 millions d’habitants et moins de cas déclarés, pourrait avoir beaucoup plus de morts que la Chine entière avec près de 1,4 Milliard de chinois ?

CORONAVIRUS : LA DICTATURE CHINOISE CENSURE LES MÉDIAS, LE PUBLIC IGNORE LE NOMBRE DE PERSONNES CONTAMINÉES. FAUT-IL CROIRE LES DÉCLARATIONS OFFICIELLES ? PEUT-ON COMBATTRE EFFICACEMENT UNE ÉPIDÉMIE SANS LIBERTÉ DE LA PRESSE ?

L’incrédulité gagne même l’économie. Les statistiques chinoises sont de moins en moins crues.

Et ça pourrait s’accentuer car, d’après journal Caixin, les autorités locales, tenues de relancer la production, auraient discrètement demandé aux usines de tourner à vide et de laisser les lumières et les climatiseurs allumés pour gonfler l’indicateur qu’est la consommation d’électricité

Enfin on ne change pas les bonnes habitudes, et de nombreux écrivains préparent des livres et des manuels scolaires montrant que la Chine a été exemplaire et que son « empereur » a gagné la bataille contre le virus… introduit par les États-Unis. Que l’on pourra donc accuser si l’épidémie redémarre.

Deux illustrations : la publicité d’une page dans The Economist du 21 mars avec comme titre « le président Xi mène (le monde) à la victoire contre le virus », tandis que la télévision chinoise montre les envois de matériels vers le reste du monde et notamment l’Italie … et oublie ceux reçus par la Chine il y a deux mois, notamment les 17 tonnes envoyées par la France.

Parallèlement, d’après Le Monde du 21 mars, la Chine proteste officiellement contre toute critique et notamment contre la formule « le virus chinois ».

Pression efficace, mais perte de crédibilité

Et ça marche, comme en témoigne le silence des pays arabes et de l’Iran sur la répression des Ouïgours.

Sans parler des représailles envers les étrangers qui déplaisent : déprogrammation par la télévision chinoise en décembre 2019 d’un match international ou de la tournée d’un orchestre tchèque dont les propos sur Taiwan avaient déplu.

Il n’est pas certain que tout cela serve la Chine.

D’abord à l’intérieur : l’absence ou le biais d’information est contre-productif car elle étouffe tout débat, ce qui finit par nuire à l’efficacité. Celle de la riposte sanitaire comme celle de l’économie.

Ensuite à l’extérieur, où à la perte de crédibilité s’ajoute la suspicion politique maintenant que la politique étrangère a cessé d’être modeste et affiche ses ambitions.

On sent venir le désir non plus seulement de participer activement à la mondialisation mais de « siniser » le monde.

Pourtant la méthode chinoise de maîtrise de l’épidémie n’est pas forcément la meilleure.

D’autres pays réussissent à la stopper sans confinement ni contraintes : Taiwan, la Corée du Sud et Singapour. Ils sont pourtant de civilisation chinoise ou voisine.

Bars et restaurants y restent ouverts, mais on teste et on suit les probables contaminés et leurs proches. Et surtout ils évitent de déployer « Big Brother ».

La défiance mène même à des réactions contre-productives : on se méfie de la chloroquine, parce qu’elle est recommandée par les Chinois, alors que la piste est suivie depuis longtemps par des spécialistes français et occidentaux.

À moyen terme la réorganisation des chaînes de production va se faire au détriment de la Chine.

L’expérience de l’épidémie et la perte de crédibilité s’ajouteront à la hausse des salaires chinois et à l’intervention croissante du parti dans les entreprises.

Les dictatures sont des parasites

Un parasite ne peut vivre seul. Si son support meurt, lui aussi. L’URSS comme les autres pays communistes dépendaient du monde extérieur, non seulement pour ce qu’ils n’étaient pas capables de produire eux-mêmes, mais aussi et surtout parce qu’étant partiellement bloqués intellectuellement, l’innovation venait principalement de l’étranger.

De plus les marchés extérieurs avaient une vertu ignorée du public non libéral : donner les informations nécessaires à l’administration communiste pour connaitre les coûts et les prix. En effet, faute de marché intérieur, l’administration devait déterminer les quantités nécessaires pour chaque usine par les « tableaux inter-industriels » (il faut produire X tonnes d’acier, dont Y iront à la fabrication des missiles, Z à celle des casseroles etc.). Tableaux bien sûr toujours imparfaits et en retard sur la réalité des besoins.

La Chine a corrigé cette grande faiblesse après Mao en passant partiellement à l’économie de marché, ce qui est une des raisons de son succès.

Mais pas suffisamment du fait du poids des entreprises d’État (plus de 50 % du PNB) et des décisions politiques, ce qui est lié.

Et on oublie l’autre raison du succès, qui est le rattrapage par imitation. C’est un processus naturel et efficace… tant que la liberté intellectuelle existe chez « les autres ».

Bref « la sinisation » paralyserait le monde. La dictature est bien plus qu’une menace pour la liberté.

Laissons le dernier mot à Georges Soros (le 28 février sur vudailleurs.com) :

« Les Européens considèrent la Chine principalement comme un partenaire commercial important… alors qu’elle menace des valeurs sur lesquelles l’Union Européenne (et l’Occident) a été fondée ».

Et donc, avec la liberté, le niveau de vie du monde, l’environnement, et on le constate aujourd’hui, la santé.

Yves Montenay

21 commentaires sur “Le coronavirus pousse à la dictature et pas seulement en Chine”

  1. Avec tous le respect que je vous dois, prendre Soros comme références c’est pousser mémé dans les orties non ? La démocratie ce ne peut-être autre chose que le choix du peuple pour le peuple par le peuple ! Or nous assistons, en Europe, à un détournement sans limite de la démocratie, le pouvoir appartenant à des mondialistes qui ne souhaitent qu’une chose, la disparition de la Nation, et son remplacement par un Gouvernement mondial…pour Attali la France est un Hotel, comme pour Soros qui finance des strip-teaseuses qui foutent la merde là où elle exposent quelques poitrails dénudés, y compris à Notre Dame de Paris,…Est-ce une démocratie quand une constitution permet à un individu de gouverner un pays après une élection sans qu’il ne dispose, au moins, de la majorité des voix des inscrites sur les listes électorales ? Notre constitution actuelle, qui donne le pouvoir à un seul homme, n’est rien d’autre que le droit à celui qui gouverne de se comporter en dictateur soft ! Toutes dictatures sont à rejeter à la condition que l’on donne au peuple le droit et la liberté de s’exprimer autrement qu’à la fin d’une mandature, le peuple doit pouvoir, selon certaines conditions, après obtention de l’aval du peuple, changer de maître s’il le souhaite . Le peuple doit pouvoir choisir ses juges et ses représentants autant que les hommes politiques appeler non pas à diriger ou gouverner mais à gérer la nation en bon père de famille pour le bien commun….Je pense que l’idée du référendum citoyen devrait être pensé sérieusement. Il faut penser local, puis régional, puis national, ors aujourd’hui nos représentants ne fonctionnent que national et ordres du Parti alors que ce qui est bon pour la Bretagne ne l’est pas pour le grand Est ! En réalité tous nos systèmes en application, dictatures, ou pseudos démocraties sont à revoir !

    1. Je ne vois pas ce qu’il y a de négatif dans la citation de Soros. On lui reproche souvent l’origine de sa fortune, qui est une spéculation contre la livre sterling (il a expliqué pourquoi il pense avoir ainsi été utile à tous ; à chacun son avis et je n’entre pas dans ce débat). De nombreux démocrates de toutes tendances aurait dit la même chose.

  2. Bonjour,
    Depuis que le corona virus a franchi les frontières de Chine je dis et j’écris un peu partout que le reste du monde devrait demander des dommages et intérêts à la Chine. Si le parti communiste et les autres autorités locales n’avaient pas mis les lanceurs d’alerte en prison le monde n’en serait pas là où il en est. J’ai le sentiment que mes propos laissent les autres indifférents la plupart du temps. Je suis très heureuse de lire dans l’article un reproche identique.

    1. Je suppose que tous les gens meurtris sanitairement ou économiquement par l’épidémie pensent comme vous. On n’en parle pas car on estime que c’est juridiquement ou pratiquement impossible. Quant aux politiques, il pensent probablement avoir suffisamment de problèmes sur les bras pour ne pas en créer d’autres, par exemple d’éventuelles représailles commerciales chinoises.

    2. La Chine a géré cette crise avec une maîtrise impressionnante alors que nos pays démocratiques ont parfois bien du mal à analyser et prendre les bonnes décisions. Partir de la bonne maîtrise de la crise par les Chinois pour lancer des attaques primaires sur la gouvernance du pays me paraît personnellement absurde. Chaque système a ses propres avantages et inconvénients. Cette crise met en évidence les travers outranciers de l’Europe et de nombreux pays en son sein. C’est probablement un système qui s’écroule, dont la gouvernance est devenue acceptable par les citoyens.
      Par ailleurs, il est bon de rappeler que le P4 de Wuhan a été fait par la France et donc que la France a aussi une responsabilité exorbitante dans l’épidémie. Enfin, la Chine n’a aucune responsabilité dans la pandémie puisqu’elle l’a endiguée chez elle, ce qui n’est pas le cas de l’Europe devenue son épicentre. Bref, au global, une attaque des dictatures ratée, probablement par aveuglement néolibéral. J’aurais personnellement choisi un autre angle d’attaque pour critiquer les dictatures.

      1. Expliquez-nous cette histoire de « P4 ». Certes la démocratie entraîne une certaine pagaille. Mais finalement une meilleure information contradictoire me paraît plus efficace. La réaction française est entre les deux. Reparlons-en dans un mois.

          1. De là à verser dans le complot comme je le vois sur les réseaux sociaux……

  3. Article clair et intéressant, comme d’habitude, qui  » remet l’église au milieu du village « .

    Pour revenir à l’actuelle crise du Coronavirus, nous avons une occasion – pas si fréquente – de nous renseigner sur ce qui se fait dans les pays étrangers réussissant mieux que nous, en tout cas jusqu’à présent, et d’en tirer certaines leçons : habitués, notamment en raison de l’abyssale ignorance des journalistes et de leur paresse intellectuelle, à réduire toute connaissance de l’étranger à la consommation d’informations de qualité moyenne consacrées très majoritairement aux États-Unis, il serait temps de secouer cette tutelle de l’incompétence et de s’informer sérieusement sur la gestion de cette crise en Corée du Sud, pays dont je reçois régulièrement des informations de qualité, à Singapour et à Taïwan, en évitant le dénigrement ou l’admiration sans nuance.

    De ce que je lis sur le cas de la Corée, je retire une impression globalement positive (à ce propos, je me permets de recommander un article intéressant : Lessons From South Korea’s COVID-19 Outbreak: The Good, Bad, and Ugly (J. Fendos, 10 mars 2020) – https://thediplomat.com/2020/03/lessons-from-south-koreas-covid-19-outbreak-the-good-bad-and-ugly/. N’ayant aucune compétence médicale, je ne puis porter de jugement en la matière et me borne à (faire) trier mes sources.

    En revanche, un point me semble potentiellement inquiétant : la collecte et l’utilisation massive de données personnelles avec les dangers potentiels pour les libertés publiques que cela comporte. Renoncer à ces outils, comme la constitution de  » métabases  » permettant de mieux cerner le problème, serait très dommageable pour la santé publique ; mais il faut prévoir des mécanismes permettant de contrôler les modalités et finalités de cette collecte et de cet usage pour empêcher les dérives que l’on peut imaginer. Pour le reste, ce serait un complexe de supériorité – fût-il inconscient – stupide que de refuser de s’intéresser sérieusement à des pays lesquels, situation démographique mise à part, ont globalement réussi leur modernisation politique, économique et intellectuelle.

    Respectueuses salutations,

  4. Un très grand merci à Yves pour cet article. Je suis un libertaire et lui un libéral, certes, mais nous avons en commun l’importance de la défense des libertés fondamentales.
    Expliquer la politique de la Chine et ses implications sur nos pauvres démocraties, bien faibles intellectuellement en cette période de pandémie, est absolument salutaire.
    La France, après l’Italie et l’Espagne, a choisi le modèle de la dictature chinoise, adaptées à nos contrées pour luter contre le virus.
    Ce n’est pas le cas de tous les pays européens. La Suisse a prise des mesures de confinement minimales sauf dans le canton du Tessin qui est fermé au reste de la confédération. Par contre elle désinfecte les lieux de rassemblement comme les supermarchés avec une énergie dont je crois que nous ne sommes pas capables. D’autres pays européens testent massivement les malades potentiels et limitent les mesures de confinements aux personnes infectées et à leurs proches, ainsi qu’aux écoles à cause des cas totalement asymptomatiques.

    Le confinement renforcé n’est peut-être pas la solution, regardons l’Italie. L’union sacrée est un danger car elle empêche le débat libre des idées qui est une des forces des démocraties. J’ai découvert avec sidération que l’on pouvait, en France, limiter ou supprimer des libertés fondamentale, se déplacer par exemple, en s’appuyant uniquement sur le code de la santé et sans avis préalable du conseil d’État.

    Et quid des conséquences sociales, sans parler des conséquences économiques de cette politique. Les femmes battues cloîtrées avec leur compagnon, les enfants à parents maltraitants, les personnes âgées dont la vie tourne autour de quelques clubs et balades quotidiennes, les caissières de supermarché avec des protections dérisoires. Je connais bien un cas en Europe, Ceuta. Le centre pour mineurs isolé a été fermé et ses occupants dispersés dans des centres de la péninsule. Restaient les mineurs isolés refusant le centre. Ils sont regroupés par l’armée dans une école avec un stade par l’armée (5000 militaires sur 14 km carrés) à grand coups de baffes pour certains récalcitrants. Oui ils ont un lit et à manger. Mais la baffe d’un légionnaire espagnol à un mineur qui veut fuir le centre est-elle compatible avec la démocratie ?

    Pour finir ce trop long commentaire je souhaite poser quelques questions. Si la crise se poursuit et que les démocraties n’arrivent pas à imposer leur modèle propre, modèle à définir, ne risquons nous pas de nous habituer aux méthodes des « démocratures » ? Que peut-on dire d’un gouvernement qui gouverne avec l’émotion, la peur, et non la raison ? Comment après le H1N1, le SRAS, un paus comme la France peut-il être dans un tel état d’impréparation ? Oui, le virus va faire quelques dizaines de milliers de morts, ce n’est pas Ebola. Est-ce que vous pensez que cela justifie la remise en cause des libertés constitutionnelles ?

    Sommes nous devenus si nuls que les discours de M. Poutine ou de M. Xi puissent être acceptables ? Une guerre froide des idées est en marche. J’appelle à la reprise d’un vrai débat démocratique, conflictuel, productif, argumenté et raisonné.

    Qui je suis pour dire cela. Personne.

    Franck Gombaud, professeur d’H-G dans le Gers.

  5. Souvenons-nous des innombrables fausses statistiques économiques publiées en son temps par l’URSS avant de féliciter une Chine dont on ne sait finalement pas grans chose en dehors des stat officielles. Nos statistiques sur le Coro sont d’ailleurs incomplètes car nous ne faisons quasiment pas de dépistage et le % de décès ne peut être pris qu’en valeur absolue. Le nombre des décès n’étant pas encore inquiétant malgré leur rappel permanent. Chaque année la grippe en fait beaucoup plus. Et l’été 2003 marqué par des températures anormalement élevées aurait fait environ 15 000 morts. Le vrai scandale est celui de la confession du Dr Agnes Buzin et surtout l’absence totale de masques qui a fait dire aux autorités, relayées par tous les médias aux ordres, que le masque ne servait à rien contre le virus lui-même alors que l’on sait que le virus réside dans les crachats et que ceux-ci sont filtrés par les masques. La différence entre notre démocratie et les théocraties c’est que finalement chez nous toutes les erreurs de nos gouvernants finissent par faire la une des journaux, même si elles ne sont pas souvent condamnées.

    1. On peut dire que la plupart des chiffres arrivant au grand public sont mal définis, qu’ils soient économiques ou sanitaires (le taux de mortalité de l’épidémie actuelle n’a pas de sens, puisqu’on ne connaît pas le nombre des contaminés). Voir : https://www.yvesmontenay.fr/2019/08/16/la-macro-economie-ca-nexiste-pas/

      Mais au moins dans les démocraties on peut en débattre, alors que c’est interdit dans les dictatures, qui de plus les truquent !

  6. Le confinement, d’inspiration chinoise, risque d’avoir des effets contre-productifs, en France. Va t-on vraiment sauver des vies humaines en enfermant des gens dans des cités sur-bondées, avec 10 appartements par palier, sans aucun regard médical extérieur et sans être sûr que les habitants de ces immeubles ne se réuniront pas pour des repas ou de simples discussions proches ? En fait, on est en train de parquer des gens pauvres, sans qu’ils puissent faire un peu de sport pour leur santé, histoire (finalement) de protéger les riches. Je sais que j’exagère un peu, et que n’est sans doute pas le but recherché: mais la réalité sera peut-être celle-là….Je signale que les autorités britanniques ont décidé le confinement en autorisant néanmoins les gens à fréquenter les parcs en respectant une distance interindividuelle de 2m. On fait un peu confiance aux citoyens,là-bas. En France, les jardins sont fermés, même en zone rurale ! Et même les chemins de randonnée en montagne ! Un vrai délire, conforme à la tradition française de couper les têtes….Finalement, avec ce confinement à la française d’inspiration chinoise, on a sans doute envoyé un message à l’Etat chinois actuel: « on est prêt, on vous attend, vous pouvez venir ».

  7. Le coronavirus, c’est beaucoup plus mortel que la grippe. Et considérer que les morts dues à la grippe seraient une référence acceptable (pourquoi ? Parce qu’elle ne tue que les vieux ?) est inadmissible. Il faut en effet réagir, d’autant que l’État a tardé à agir (par ex: match OL-Juve, avec des milliers de fans venant à Lyon depuis Turin, épicentre de la pandémie italienne…!). Et je n’insiste pas sur cette énormité qu’est le manque de masques, de tests, de gels désinfectant. Je souligne que dès 2007, dans la revue Clinical Microbiology Reviews, on pouvait lire ceci, écrit par des chercheurs de l’Université de Hong Kong : (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2176051/pdf/0023-07.pdf) :
    « The presence of a large reservoir of SARS-CoV-like viruses in horseshoe bats, together with the culture of eating exotic mammals in southern China, is a time bomb. The possibility of the reemergence of SARS and other novel viruses from animals or laboratories and therefore the need for preparedness should not be ignored ».
    Mais s’il faut confiner, on n’est pas obligé d’enfermer et de créer (au contraire) des risques de contagion dans des immeubles surpeuplés et malsains. Le confinement total, sinon totalitaire, peut aggraver la pandémie.
    En+, il ne faudrait pas que le confinement devienne la variable d’ajustement humaine aux politiques de désengagent public dans les hôpitaux: c’est un précédent qui doit tous nous inquiéter car, si le confinement n’est pas critiqué un minimum (du fait qu’il applique une interdiction totale et uniforme, alors que les territoires et les habitations sont multiples), il risque de devenir une habitude politique très pratique pour compenser ou réparer les erreur de gestion des épidémies.Comme en Chine.

  8. Si j’ai bien compris le manque de lits de réanimations en France est dû à la diminution de besoins de réanimation grâce à la chirurgie ambulatoire
    Le manque de masque est dû à la politique de flux tendus et notre problème est dû à nôtre incapacité d’en produire assez il en est de même pour les tests
    Nous ne sommes pas le seul pays au monde de ne pas avoir prévu de la possibilité d une épidémie à une aussi grande échelle.
    Ce que je reproche à nos gouvernants c’est d’être incapable de dire la vérité et au lieu de dire que la population n’a pas besoin de tests ou de masques d avouer qu’ils sont obligés de faire un confinement par manque de masques et de tests
    Après la crise ,il faudra je pense se poser des questions et j’espère que ce sera fait sur l orientation de nos dépenses pour nôtre santé. En attendant ce manque de clairvoyance nous coûtera chère en vies humaines.

    1. Je ne suis pas dans mon domaine de compétence, et donc vais me borner à une remarque générale.
      Toute gestion dans l’urgence est imparfaite, et prévoir ce qui arrivera quelques semaines après lorsque l’on est en janvier ou début février est facile à reprocher après coup.
      Si un camion arrive en face de moi roulant à gauche, que je donne un coup de volant brutal à droite (comme le feraient la majorité des conducteurs) et que cela blesse des passagers dans la voiture, on pourra me reprocher de ne pas avoir donné un coup de volant à gauche. Mais on ne saura jamais s’il y avait quelque en face à gauche
      Pour l’instant les pays qui réagissent le mieux sont ceux qui ont à la fois démocratiques et expérimentés suite à l’épidémie précédente de SRAS

  9. Totalement d’accord avec l’appréciation globale.
    Le nombre de morts chinois est sans aucun doute faux, tout comme la croissance que tout le monde avait pris l’habitude de diviser mentalement par deux ou trois, voire six… Là on peut multiplier disons par dix. Pourquoi pas ?

    La maitrise de l’épidémie chinoise ressemble diablement à la maitrise à la macron qui n’a besoin ni de masques ni de tests, et d’ailleurs la preuve on n’en a pas.
    La liaison entre dictature, mensonges officiels et incompétence mérite tout à fait ainsi d’être appliquée à la France. Pas la dictature direz vous ? Et pourtant si: toute la discussion sur la réforme des retraites, mélange d’autoritarisme, de fausses informations et de manifeste incapacité à maitriser le sujet l’avait déjà démontré. Les mêmes recettes ont immédiatement été appliquées à la crise d’après…

    Je crois que le pot aux roses, découvert par un ministre de la santé qui abandonna son poste en pleine bagarre (en fait elle avait renoncé à faire quoique ce soit, sans doute empêchée par le pouvoir qui lui ordonna d’aller au casse pipe ailleurs), est absolument effrayant. C’est bien au moment où il fallait organiser les commandes de masques et de tests qu’elle démissionna, démontrant soit son inutilité totale, soit la totale inaction de l’état au moment précis où il fallait anticiper un peu du point de vue essentiel de l’équipement en matériel soignant.

    Seul un confinement total, avec interdiction absolue de toutes les « fake news » pourra sauver Macron.

    Heureusement, il est possible que le « trop tard » ne le soit pas. Naïvement je crois du fond de mon confinement désespéré, que les traitements à la chloroquine (vive Didier Raoult) résorberont les engorgements hospitaliers. Si c’est le cas, je ne vois pas comment le pouvoir français actuel résistera aux dommages très graves qu’il a provoqué dans le pays en arrêtant sans vraie raison l’économie d’un pays de la taille de la France.

    Pour apprécier les dommages: 38% des travailleurs français seraient en arrêt de travail, d’après un sondage récent. Il n’est pas raisonnable de tenir une inactivité pareille pendant plus d’un mois, ce qu’on s’apprête à faire, je dirais de toutes façons.

Répondre à François Carmignola Annuler la réponse.