Démographie française 2020

Démographie française : virus, retraites, immigration et émigration

La presse nationale a récemment relayé les principaux chiffres du bilan démographique français 2020 publié par l’INSEE (*). Mais les chiffres « secs » » ne sont rien sans leur contexte. Par exemple l’action du virus sur les retraites, l’immigration et l’émigration. C’est aussi l’occasion de vous exposer mes idées hétérodoxes sur ces questions.

Le virus impacte-t-il la fécondité française ?

Ce qui a frappé la plupart des journalistes, c’est la baisse des naissances en 2020. Elles sont tombées à 740.000 (contre 820.000 en 2014) soit 1,84 enfants par femme, alors que le taux de fécondité doit être au minimum de 2,1 pour assurer le renouvellement des générations.

Certains ont un peu rapidement accusé le virus, oubliant qu’il faut 9 mois de gestation entre un événement et sa conséquence éventuelle sur les naissances.

L’impact sera donc pour 2021, et on aura sûrement du mal à distinguer si le confinement a rapproché ou éloigné les couples, ou si ceux dont l’emploi a été détruit ou menacé ont retardé un projet de filiation.

Et cet impact va continuer en 2022, car il est probable que fin mars 2021 la pandémie ne sera pas terminée et, surtout, que les emplois perdus ne seront pas encore retrouvés.

Or il est admis aux États-Unis qu’un point de chômage de plus entraîne une baisse d’un point des naissances (Les Echos 17 juin 2020).

Les raisons de la baisse de la fécondité en 2020 sont ailleurs

Parmi les raisons de la baisse de la fécondité en France, il y a en premier lieu la forme de la pyramide des âges française avec moins de parents potentiels, c’est à dire d’adultes en âge de procréer.

Pyramide des âges 2020 - France et France métropolitaine

Ensuite nous avons ce que l’on appelle « l’effet calendrier », c’est-à-dire le recul de l’âge de la mère à la naissance de son premier enfant ainsi qu’aux naissances suivantes. L’âge moyen à la maternité atteint 30,8 ans en 2020.

C’est un phénomène qui dure depuis longtemps, et qui est peut-être lié à l’allongement de la durée des études et à la difficulté croissante de trouver un emploi stable entre 20 et 30 ans. On retrouve la raison exposée ci-dessus pour les Etats Unis : la précarité pèse sur la fécondité.

Autre phénomène à long terme, l’érosion des avantages financiers aux parents :

  • au nom de la « solidarité« , les aides allouées aux « riches » du fait de leurs enfants ont été progressivement rabotées, voire annulées, au profit de celles distribuées aux « pauvres ».
  • au nom de « l’égalité« , on ne veut pas que les enfants des riches rapportent à leurs parents plus d’argent que ceux des pauvres (via le quotient familial des impôts).

Certes les « riches » ne font pas d’enfants pour avoir de l’argent, mais cela crée une ambiance de moins en moins favorable à la fécondité.

Les démographes en étaient d’ailleurs tout à fait conscients lorsqu’ils ont demandé en 1939 que la politique nataliste ne soit pas confondue avec la politique sociale et la réduction des inégalités.

Mais cette idée a été cataloguée « de droite » comme étant une façon indirecte de maintenir les femmes à la maison, ce à quoi la gauche est opposée et celle-ci a donc rogné les avantages financiers à chacun de ses passages au pouvoir.

L’expérience montre pourtant que les Françaises ont en général à la fois un travail et des enfants, même si c’est acrobatique.

Bref il est vraisemblable qu’en 2021 et 2022 le nombre de naissances continuera à baisser, et que le virus en sera directement responsable, ou indirectement  du fait des difficultés économiques qu’il génère.

L’impact du virus sur les décès 2020

Les décès, eux, sont de 667.000 soit une augmentation d’environ 54.000 morts par rapport à 2019. Tiens, direz-vous, c’est un chiffre plus faible que celui, que l’on voit tous les soirs, du nombre de morts dus au virus.

En effet, en parallèle, les confinements ont diminué les décès par accident, de la route ou du travail (6 % de moins pour le moins de 25 ans)… ils ont également diminué les décès dus à la grippe dont le virus a lui aussi pâti des précautions sanitaires.

Cette mortalité due au virus, minorée par la diminution des autres causes de décès, restera probablement élevée en 2021.

Une fois terminée cette perturbation due à la pandémie, le nombre de décès devrait continuer à augmenter doucement avec le vieillissement de la population. Conjugué à la diminution probable de la fécondité, cela va considérablement diminuer l’accroissement naturel de la population française.

Le virus et les retraites

Voilà un beau sujet, auquel n’ont pas résisté certains complotistes : « Et si c’était une manière de tuer les vieux pour soulager les caisses de retraite ? » Hélas pour les cyniques, ça ne va pas très loin. On ne pourra chiffrer cet effet sur les dépenses des caisses de retraite que dans 2 ou 3 ans, mais un calcul extrêmement grossier montre que ces économies sont momentanées et secondaires.

Momentané, parce que beaucoup de décès dus au virus touchent des gens non seulement âgés, mais déjà malades (diabète, maladies du cœur, forte obésité…), qui seraient morts de toute façon un petit nombre d’années plus tard. Nous allons supposer 4 ans en moyenne dans le calcul qui suit.

  • si le retraité moyen touche 1.382 € nets par mois, soit 16 584€ par an,
  • si l’on suppose qu’en 2020 et 2021, 70 000 retraités mourront 4 ans plus tôt, cela fait 4,6 milliards d’euros d’économie, somme importante certes, mais il ne faut pas oublier qu’à l’inverse, les actifs et leurs employeurs payent actuellement beaucoup moins de cotisation du fait des difficultés économiques. Je n’ai pas connaissance du chiffrage pour l’instant, mais je parierais volontiers que les caisses sont entrain de s’endetter et pas du tout de prospérer !

Ces 4,6 Mds des retraites non versées à 70.000 personnes restent faibles de toute façon si on les rapporte au total des retraites versées à nos 16,4 Millions de retraités durant ces mêmes 4 années et cet impact disparaîtra ensuite, sauf nouvelle pandémie ou autre catastrophe.

Rappelons que les actifs ne sont pratiquement pas atteints mortellement par le virus, et que ce sont eux eux qui voient au contraire leur mortalité baisser via les accidents évités « grâce » aux confinements. La population active ne sera donc pas atteinte.

Quelle reprise après le confinement ?

Le virus et l’immigration

Là, l’effet est net : l’immigration a chuté. En effet la circulation internationale a été profondément perturbée, notamment pour les étudiants.

Beaucoup d’adversaires de l’immigration vont se réjouir, mais à tort. De même que l’on ne voit pas les trains qui arrivent à l’heure, mais seulement ceux qui ont un problème, on ne voit que les immigrants qui en posent et non la grande majorité qui sont indispensables à la production nationale, notamment dans les hôpitaux ! Le gouvernement vient d’ailleurs d’offrir la nationalité française à des centaines de médecins algériens.

Immigration : ne pas confondre intégration et assimilation

Quelques chiffres pour situer cette baisse de l’immigration : 20 % de titres de séjour en moins, 27 000 visas « pour le travail » contre 39 000, la baisse la plus forte touchant les deux extrêmes en matière de qualification : les scientifiques et les saisonniers.On espère que les scientifiques ont compensé partiellement leur absence par un télétravail avec la France.

Le regroupement familial est passé de 91 000 à 75 000, les étudiants de 90 000 à 72 000, l’humanitaire de 37 000 à 32 160 200. Soit un total de 220 000 titres de séjour compte tenu des « divers ».

Ce chiffre est néanmoins considéré par certains comme « énorme », mais il faut rappeler qu’une partie des étudiants repartent.

Plus généralement en déduire que la France est « ouverte à l’immigration » est une erreur car il est extrêmement difficile d’immigrer si l’on ne rentre pas dans une des catégories ci-dessus. Nous perdons vraisemblablement beaucoup de gens qualifiés, alors que les États-Unis en recrutent dans le monde entier, notamment en gardant les meilleurs étudiants.

Le regroupement familial est dans le collimateur mais il nous est imposé, comme aux autres pays, par les traités internationaux. La fraude aux « vrais » passeports établissant faussement une parenté est probable, mais l’opinion s’est prononcée contre l’obligation de tests génétiques.

Chez nos voisins britanniques, la diminution de la population a été brutale et importante, avec le départ des citoyens européens préférant rentrer au pays, c’est-à-dire en général dans une maison familiale, au lieu de payer un loyer en Grande-Bretagne. Il s’agit surtout de Polonais dont la présence, jugée excessive, a été une des raisons de la victoire des « Brexiters ».

Le virus et l’émigration

Là, on ne peut faire que des supputations.

En effet il est impossible de mesurer l’émigration, car il n’y a aucune formalité administrative à faire pour quitter la France. On ne peut que lancer quelques coups de sonde a posteriori (liquidations fiscales, inscription dans les consulats étrangers…).

On sait seulement qu’elle est très importante depuis longtemps (100 à 200 000 par an ?), mais néanmoins proportionnellement moins forte que celle de nos voisins qui partent massivement, tel que par exemple les Britanniques vers les États-Unis ou les Italiens vers l’Allemagne (Le Monde)

Il est probable que les restrictions d’entrée dans les pays étrangers auront fortement diminué l’émigration française cette année et probablement en 2021, mais on ne le saura que dans un certain temps.

Une opportunité pour mieux gérer l’immigration

Finalement, le virus a légèrement aggravé notre situation démographique. Profitons-en pour rendre plus efficace la gestion de l’immigration

En effet, si le virus a chamboulé quelques chiffres particuliers, il n’a pas encore modifié profondément la démographie française. Il a accéléré sa détérioration avec la baisse des naissances que l’on devrait constater en 2021 et 2022.

Mathématiquement, un recours accru à l’immigration serait souhaitable, mais l’opinion n’en veut pas, ignorant les gens qualifiés qui s’intègrent sans bruit et sans lesquels la chute de notre niveau de vie serait brutale, comme vont bientôt le constater les Anglais.

Mais nous sommes en démocratie, donc la vis va continuer à être serrée, au lieu de réfléchir à un changement de législation.

Je rêve par exemple à donner un rôle aux chefs d’entreprise en matière d’immigration, en contrepartie d’un contrat de travail et d’un suivi de l’intégration. Ce qui serait dans l’intérêt de tous, mais se heurtera à une double réaction idéologique : celle, en principe de droite, des anti-immigration d’une part, et celle, en principe de gauche, considérant que l’on traiterait ainsi les immigrés comme des marchandises…

Yves Montenay

 

Bilan démographique France 2020 – INSEE Première 1834 du 19/01/2021

Au 1ᵉʳ janvier 2021, la France compte 67,4 millions d’habitants. Au cours de l’année 2020, la population a augmenté de 0,3 %. Cette progression est due pour moitié au solde naturel (+ 82 000 personnes), différence entre les nombres de naissances et de décès. Il a fortement baissé du fait de la forte hausse des décès liée à la pandémie de Covid-19.

En 2020, 740 000 bébés sont nés en France. En recul depuis 2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,84 enfant par femme en 2020. La France reste, en 2018, le pays le plus fécond de l’Union européenne.

En 2020, 658 000 personnes sont décédées en France, soit 7,3 % de plus qu’en 2019. La pandémie de Covid-19 a particulièrement affecté les décès au printemps et en fin d’année. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 85,2 ans pour les femmes et à 79,2 ans pour les hommes. Elle diminue nettement par rapport à 2019 (– 0,4 an pour les femmes et – 0,5 an pour les hommes). La baisse est bien plus forte qu’en 2015, année marquée par une forte grippe hivernale (– 0,3 an et – 0,2 an).

En 2020, 148 000 mariages ont été célébrés, en recul de 34 % par rapport à 2019, la pandémie ayant empêché la tenue des célébrations ou incité à les repousser en raison de la limitation du nombre d’invités.

 

« La pension moyenne de droit direct tous régimes confondus des retraités résidant en France s’établit à 1 504 € bruts mensuels. [ … ] En tenant compte des prélèvements sociaux, la pension moyenne s’élève à 1 382 € ». Source DREES  : « Les retraités et les retraites édition 2020″

 

21 commentaires sur “Démographie française : virus, retraites, immigration et émigration”

  1. il en est certain qui se réjouissent de l’apport de migrants à bac -7 (sauf médecins algériens musulmans) pour remplacer les non-nés dus à la baisse de natalité en France ?

    1. Ça fait la deuxième fois que je vois votre remarque et que je vous demande de mieux vous renseigner. Pour émigrer vers l’Europe il faut de l’argent et un certain niveau d’éducation, donc une situation sociale moyenne dans le pays de départ. Les « bac-7 » (pourquoi être injurieux ?) n’en ont ni les moyens financiers ni les moyens intellectuels et se bornent à aller dans la ville ou le pays le plus proche.
      Peut-être pensez-vous à l’immigration irrégulière, très minoritaire : il n’est pas simple, mais très coûteux et très dangereux d’aller jusqu’aux rives de la Méditerranée, avec ensuite un gros risque de noyade ! Là aussi, il faut sortir de la classe moyenne, être au courant et avoir un sacré caractère. Mais passer des mois dans les camps ou dans la rue peuvent détruire des personnalités au départ normales. Mais ça c’est de notre faute !
      Quant à l’immigration régulière, ultra majoritaire, elle donne ce que vous voyez autour de vous si vous ouvrez les yeux, lisez les journaux et regardez les plaques à l’entrée des immeubles et toute autre indication du nom de famille comme le font les bons démographes. Vous trouverez des médecins certes, mais aussi de soignants de tous niveaux, des femmes de ménage, des nounous, des comptables, des informaticiens, des ouvriers du bâtiment, des PDG … Bref des gens dont l’absence ferait couler notre économie

  2. Bravo Yves pour ton article très clair qui remet les pendules à l’heure, en espérant seulement qu’il soit lisible par le Français moyen, ou même le journaliste moyen, car pour tout saisir il faut un peu de culture mathématique et un brin de logique, tous éléments de culture si peu partagés. Oh, pardonnez mes offenses…

    1. Merci Christian ! Pour ma gouverne, et pour mes réactions sur les réseaux sociaux, peux-tu me dire ce qui ne te paraît pas lisible ? (en privé le cas échéant)

  3. Je suis effaré par votre vision de l’intégration à travers l’économie. Les Français, si on leur demande leur avis (entre 50% et 66%, selon les années récentes, trouvent qu’il y a trop d’immigrés) pensent que leur niveau de vie ne justifie pas un grand remplacement. Sans oublier que l’actuelle immigration est à 90% de peuplement et 10% de travail, ces immigrés, conscients des gigantesques défauts des pays d’où ils viennent, sont travailleurs à la première génération, mais produisent des enfants qui trouvent anormales leurs conditions d’existence et en veulent à leur pays d’accueil. Renforcés dans leur ressentiment par leur nombre et leur vie en vase clos (voulue car rassurante pour un étranger nouveau venu), ils ne s’assimilent plus du tout et cultivent une identité la plus contraire possible à celle des Français (50% des jeunes musulmans souhaitent l’application de la charia).
    Si on stoppe net l’immigration, on aura une augmentation des salaires pour certains métiers manuels, vite stabilisée quand les Français au chômage se seront à nouveau intéressés à ces métiers anciennement exercés par des immigrés. Les entreprises automatiseront aussi de nombreuses tâches.
    Le recours à l’immigration est décidément bien trop dangereux pour notre identité et l’avenir de notre nation !
    Yves Égal

    1. Vous êtes mal renseigné à mon avis. Il est exact qu’une majorité de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, mais à mon avis ils pensent à ceux qui ont des problèmes, et à ceux qui posent problème. Ils oublient de regarder la masse de gens qui sont très utiles (relisez mes articles). Par ailleurs, et par expérience, je pense que la relation entre immigration et robotisation d’une part, et le chômage d’autre part est à l’inverse de ce que les gens imaginent : plus il y a de monde et plus il y a de robots, plus il y a d’emploi.

      1. On ne peut pas dire qu’une immigration de travail est utile dans un pays qui a des millions de chômeurs. Quant à l’immigration familiale (90% des immigrants), elle pourrait être utile pour qu’à l’avenir de nouveaux travailleurs viennent renforcer l’économie française. Mais avec une éducation nationale défaillante et une économie future robotisée, il n’y aura plus besoin de main d’œuvre peu qualifiée. En Suède dans les années 60, il y avait peu d’immigration et cela a donné ASEA, grand fabricant de robot, bien avant le reste de l’Europe. On robotise quand la main d’œuvre manque.
        Dans les évaluations de notre niveau scolaire globalement en baisse, les meilleurs des meilleurs lycées voient leur niveau augmenter, et ceux des moins bons lycées voient ce niveau descendre. En gros, notre niveau scolaire est plombé par les cancres, souvent immigrés, qui, non seulement ne travaillent pas (voir les bandes qui trainent partout au pied des immeubles, ex. chez moi à Puteaux et Nanterre), mais pourrissent l’ambiance des classes (cf. mes enfants). Bien sûr qu’il y a de nombreux bons élèves d’Afrique (du Nord ou du centre, j’en connais) mais moins que de mauvais. Ce faible niveau scolaire des immigrés s’explique très bien par leur nombre qui submerge les écoles et les quartiers. Il y en a trop pour notre système scolaire et social.
        Les Français ne sont pas idiots : ils voient très bien les bons immigrés et les apprécient, mais ils voient aussi les nuisibles, qui n’apportent rien à l’économie, coûtent même beaucoup, notamment par la délinquance, perturbent la vie sociale, font des enfants en surnombre… Ne pas voir cet aspect négatif prédominant ne relève-t-il pas du déni ?

        1. Je vais vous répondre un peu brutalement : vous illustrez des préjugés très répandus. D’abord toutes personne supplémentaire au travail ne prend la place de personne, au contraire elle crée d’autres emplois : les emplois ne sont pas un stock limité. Ensuite nous avons besoin de toute la gamme d’emplois des plus qualifiés au moins qualifiés. Les robots créent des emplois et ils n’en détruisent pas, car le prix de revient économisé crée des dépenses ailleurs. L’économie allemande l’illustre. Ce sont des considérations générales indépendantes de l’immigration. On peut être pour ou contre l’immigration, mais pas pour les raisons ci-dessus.

          Vous avez raison sur le rôle négatif important d’un mauvais système scolaire pour une partie de la population, mais c’est notre problème est et c’est à nous de le résoudre

          Plus généralement, ce qui m’énerve dans les discours anti immigration, c’est l’incohérence : d’un côté on va dire « d’accord il y a de nombreux immigrés qui travaillent, d’accord l’islamisme ne touche qu’une partie des musulmans qui eux-mêmes ne sont qu’une partie des immigrés » » et trois lignes plus loin on va dire « Oh la la, il y a X millions d’immigrés c’est une masse énorme ! Bref on fait peur avec un bloc dont on vient dire qu’il n’existe pas : les X millions comprennent aussi bien trafiquants de drogue que le médecin algérien ou l’informaticien asiatique.

          Bref si nous somme tous d’accord pour combattre l’islamisme c’est un problème totalement différent qui d’ailleurs touche peu les immigrés, mais surtout leurs descendants et des convertis. Bref c’est un problème français, et les débats un peu confus sur la loi en discussion le montre bien. Par ailleurs il y a probablement davantage de descendants de musulmans qui ne sont plus musulmans que d’islamistes. Bref dire « fermons les portes » parce qu’il y a des islamistes en France me paraît surréaliste.

          1. En tant que libéral convaincu, je suis tout à fait d’accord sur votre premier paragraphe. A court terme les immigrés prennent majoritairement des emplois manuels peu rémunérés mais utiles à l’économie. Mais cette facilité de recourir à l’immigration est un piège qui nous dissuade de chercher d’autres solutions : robotisation (exemple d’ASEA dans la Suède non immigrationniste des années 60-70), recours aux Français (notamment aux enfants d’immigrés, souvent chômeurs) en les incitant à prendre ces emplois (diminution du montant et de la durée des indemnités de chômage, relance de l’enseignement technique comme en Suisse…). Bref, les Français ne veulent pas de certains emplois parce qu’on leur laisse trop d’avantages quand ils les refusent. S’il n’y avait plus d’immigrés, ces emplois seraient pourvus par des Français, avec plus ou moins d’adaptation (salaire, enseignement, technique…).
            Mais mon propos porte sur la culture et la religion qui va avec : l’assimilation ne se fait plus comme autrefois, et, même si les preuves sont difficiles à trouver, il est presque évident que les immigrés musulmans d’Afrique ne seront jamais français, comme le disait Hassan II à Anne Sinclair. A l’opposé d’un Kofi Yamgnane devenu si français qu’il ne reconnaissait plus son continent.
            Au conseil syndical de ma grande résidence à La Défense, nous avons fait entrer deux femmes musulmanes (marocaine et syrienne) par souci de représentativité de nos nombreux résidents immigrés (de bon niveau). Notre petite assemblée d’une quinzaine de conseillers organise une partie de la vie sociale dans notre résidence de près de 500 logements. Mais les musulmanes ne boivent pas de vin et ne mangent pas de porc. Faut-il donc se plier à leurs exigences et donc faire basculer petit à petit la société française vers un mode de vie musulman ? Nous avons préféré maintenir la galette des rois et son cidre, le beaujolais nouveau et ses quiches au jambon et la fête des voisins avec charcutaille et vin rosé ! Gênées de ne pouvoir participer pleinement à nos repas et buffets, elles viennent peu ou participent avec moins d’enthousiasme, n’incitant pas les autres résidents musulmans à venir. Et cela se ressent sur l’ambiance, sur la qualité de nos échanges (pruderie et tabous sexuels) et la franchise de nos débats. Il n’y a pas de connivence, moins d’amitié, etc…
            Sachant cette difficulté/impossibilité d’assimilation/intégration et la tristesse du vivre ensemble avec les musulmans, on est obligé de craindre leur multiplication pour la joie de vivre à la française/européenne. Sans compter la frange non négligeable des intégristes à tendance terroriste. Sachant que plus les islamistes sont nombreux, plus ils influent sur la majorité silencieuse, et plus celle-ci sent revivre son identité musulmane. C’est le même phénomène qui a fait naitre le mouvement des Frères musulmans en Egypte : une volonté d’affirmation de soi, de l’identité musulmane. Plus les musulmans sont nombreux en Europe, plus l’envie de se manifester s’affirme.
            C’est pourquoi le sondage IFOP avait montré que plus de 5% des jeunes musulmans français étaient favorables à la charia en France. Chiffre qui monte et qui n’a aucune raison de ne pas poursuivre son ascension.
            Il est faux de dire que la majorité des musulmans se sentent français et intégrés, qu’ils ne sont pas islamistes. Toutes les observations récentes montrent qu’il y a très souvent dissimulation (Taquiya) et que l’identité musulmane attend la submersion démographique pour s’imposer. Tranquillement, sans méchanceté, parce qu’il est naturel qu’une identité n’ait pas envie de disparaitre. Les identités catholique, protestante, orthodoxe, juive, se sont estompées au fur et à mesure que les croyances correspondantes disparaissaient. Or l’islam est totalitaire et empêche ses ressortissants d’engager la sortie de l’islam. C’est pourquoi c’est la seule croyance qui reste en France (avec des chrétiens d’Orient ou d’Afrique noire, qui vont comme les autres prendre leurs distances avec le christianisme).
            L’identité musulmane étant relativement indélébile, elle est mortelle pour la culture et le mode de vie européen.
            C’est pourquoi, il est suicidaire pour nous Français de laisser l’immigration continuer. Il faut la stoppe net, même aux dépens de notre économie et de notre niveau de vie.
            Cordialement

          2. Votre commentaire reflète une information généralement répondue, intéressante, mais partielle. Par exemple le mot « immigration », pour « immigration musulmane ». Autre exemple : « l’islam interdit de quitter la religion » (et même justifie le meurtre de celui qui la quitterait) c’est exact, mais celui qui n’est plus croyant ne respecte plus les interdits l’islam. Par contre dans certains milieux ou certains pays on ne peut pas proclamer son athéisme ou sa conversion. C’est une contrainte sociale, ce n’est pas une permanence de la foi. C’est plutôt dans ce sens-là qu’il y a dissimulation. Dans un prochain article je montrerai que ses distances avec la religion est important en France, et dans les pays musulmans aussi (il y a des enquêtes et des sondages sur ce sujet), même si elle reste souvent secrète.
            Enfin j’insiste bien sur le fait que personne, musulman ou pas, ne s’assimile. Ce sont en général les petits-enfants qui se découvrent français. Donc il aura toujours une frange d’immigrés et une partie de la deuxième génération qui ne sera pas assimilée, mais ce ne seront pas les mêmes personnes au fil du temps. Les États-Unis, où tout cela est plus étudié qu’en France, prennent ça avec philosophie : les arrivants et une partie de la deuxième génération font apparaître des quartiers plus ou moins ghettos, qui sont quittés par les générations suivantes mais repeuplées par les nouveaux arrivants. C’est un peu le cas de certains quartiers parisiens que je connais bien, Belleville par exemple, où les « non-assimilés » sont toujours nombreux mais ce ne sont plus les mêmes comme le montre leur apparence physique
            bien sûr, il est nécessaire pour cela comme pour bien d’autres problèmes, que les lois soient respectées et que l’éducation nationale soit de bon niveau. L’éducation privée sous contrat, qui heurte moins les différentes religions, a à mon avis un rôle assimilateur, et il est dommage qu’elle soit aussi sévèrement limitée.

  4. Rien n’empêche un chef d’entreprise de proposer un contrat de travail à un ressortissant étranger avant qu’il se décide à immigrer en France. C’est d’ailleurs le meilleur moyen d’ obtenir une carte de séjour (au titre du travail). Les demandes de titre de séjour et de regroupement familial devraient d’ailleurs s’effectuer dans les consulats ou ambassades de France à l’étranger, plutôt qu’une fois arrivé en France. Une exception serait bien entendu a prévoir pour les demandes d’asile. Et les décisions de reconduite a la frontière devraient être subordonnées à l’obtention des laisser-passer consulaires. Enfin, il ne faudrait pas qu’ une « liberamisation » de la politique d’immigration conduise à faciliter une forme de néo-esclavagisme post-moderne et à une pression excessive à la baisse sur les salaires de nos concitoyens. Mais je sais ce n’est pas l’ objet de votre article.

    1. C’est une question que je connais bien. Ce que vous dites est exact, mais limité : il faut que l’employeur ne trouve personne chez Pôle emploi pendant trois mois, et que le salaire soit d’au mois 2400 € mensuels. Et, de plus , en pratique, il faut qu’il connaisse l’intéressé (donc ça concerne souvent des gens déjà en France pour d’autres raisons, un étudiant par exemple), ou qu’il recherche quelqu’un à l’étranger, ce qui est compliqué pour une PME.

      De plus, celui qui peut gagner au moins 2400 € par mois a beaucoup moins de problèmes d’intégration. C’est bien, mais ça laisse entier le problème des autres.
      Remarquez que je suggère qu’en contrepartie l’employeur s’occupe de l’intégration

      Comme vous dites ce n’était pas le sujet de l’article, mais c’est effectivement une question importante à creuser

  5. Merci pour votre réponse assortie de précisions indispensables. Je ne connaissais pas les conditions de seuil de rémunération et d,’obligation de recherche préalable via Pôle Emploi.

  6. bonsoir Monsieur Montenay, c’est avec plaisir que je viens de lire ce nouvel article sur la démographie en période covidienne. Le premier paragraphe étudie la relation entre le virus et la fécondité. En fait, et vous le dites, la décision de « faire un enfant » dépend de nombreux paramètres. Vous en citez certains. J’ajouterai les dispositions de chacun dans le couple, les convictions religieuses ou écologiques, parfois écologistes. Autrefois il était déconseillé de procréer pendant l’Avent ou le Carême. Dans les hagiographies on rencontre des couples qui ont décidé de ne plus « consommer », suivant en cela des recommandations de Saint Paul dans certaines de ses épîtres.
    Les décès et le virus : je trouve sur des sites (qui sont pour certains des sites complotistes, même si les rédacteurs sont souvent des gens très sérieux) beaucoup de chiffres comparant les morts de 2020 à ceux des années passées. Personnellement je suis surtout sceptique quant à la cause des décès mis sur le dos (minuscule !) du virus : d’une part, la cause principale du décès est souvent ailleurs, d’autre part, si le décédé vient d’être testé positif, on ne peut pas faire confiance totalement à ce test PCR dont la validité est contestée par beaucoup à cause de la manipulation des échantillons testés.
    Enfin, je pense aussi que l’influence du virus sur l’immigration et l’émigration tient essentiellement à la restriction des déplacements entre les pays et les continents. Restriction que je regrette moi-même en tant que élément d’un couple franco-malgache. Mais bon, toutes les épidémies ont une fin, plus ou moins proche.

    1. Merci pour cet ajout. J’ai dès le début été frappé par l’énorme effort national pour retarder des issues fatales de quelques mois ou années. Le grand public commence à en prendre conscience et à se demander si ce n’est pas disproportionné. Et bien sur c’est à cause des restrictions de déplacement que l’immigration a diminué. C’est dû également à la diminution de l’offre du travail pour certaines catégories, ce qui est mauvais signe.

  7. Sur la question de « retarder des issues fatales (… »).
    Ce n’est pas la même chose de retarder une issue fatale de quelques mois et de de retarder une issue fatale de quelques années. Pour ce dernier cas, à mon avis, il n’y a pas de thérapie disproportionnée ; vivre quelques années de plus, ce n’est pas négligeable au regard des droits humains.
    Dans le premier cas, cela résulte de la culture latine. Car dans les pays anglo-saxons (particulièrement les Etats-Unis), lorsque le rapport coût/durée de survie est disproportionné, ils considèrent qu’il y a « acharnement thérapeutique » (sauf, aux Etats-Unis, si le malade a les moyens financiers suffisants pour payer les prix exorbitants des soins). Ainsi, aux Etats-Unis, ceux qui n’ont pas pu cotiser suffisamment aux assurances privées (et pour cela, il faut avoir travaillé sans interruption, être prêt à occuper n’importe quel emploi pour éviter le chômage), se voient refuser l’accès aux hôpitaux lorsque leur espérance de vie est très réduite. C’est pour cette raison, que l’on voit des personnes errer devant les hôpitaux américains en espérant bénéficier de la charité.
    C’est, encore une fois, l’honneur de notre pays de donner sa chance à la vie quel que soit son coût.
    Je reviens sur mon commentaire précédent (message du 28 janvier) concernant la possibilité pour un chef d’entreprise de proposer un contrat de travail à un ressortissant étranger. Je me souviens maintenant, comme vous le dites, qu’il existe des conditions pour cela. C’est parce que le législateur a voulu réserver cette voie d’immigration à ceux qui peuvent assurer une vie décente à leur famille sans recourir d’emblée aux premières aides sociales (ce type d’immigration étant voulue, l’Etat n’avait pas à être plus généreux que nécessaire). Il aurait pu fixer le seuil au niveau du SMIC, quel que soient le métier ou le niveau de qualification, mais cela aurait signifié l’encouragement de l’exploitation de la main d’oeuvre immigrée. C’est pourquoi, je suis personnellement contre la libéralisation de la politique d’immigration.

    1. Pour votre première question, je vous comprends parfaitement mais vous oubliez la contrepartie. Dans un premier temps tout le monde était d’accord avec vous, mais le temps passant, les contreparties commencent à être lourdes. Je pense que le gouvernement a senti venir une révolte des jeunes sur le thème « pour permettre à des vieux, déjà très malades par ailleurs, de vivre un peu plus longtemps, on nous empêche de vivre » ce à quoi s’ajoute le coût, non pas en argent mais en personnes qualifiées : toute équipe médicale sauvant (provisoirement donc) un vieux manque ailleurs, par exemple pour soigner un cancéreux de 50 ans.

      Pour la deuxième question, il faut la décomposer en deux. La première génération vient pour travailler, ce sont plutôt des erreurs dans la politique d’accueil qui les en empêche (les « clandestins » ou candidats réfugiés n’en ont pas le droit, donc ils chapardent ou trafiquent). La masse de la première génération travaille effectivement, ne serait-ce que pour envoyer de l’argent au pays, et notamment rembourser leurs dettes. Donc ils sont utiles au pays et il serait catastrophique de s’en passer
      C’est la deuxième génération qui pose parfois (il ne faut pas exagérer, regardons autour de nous) de graves problèmes. D’ailleurs des pays « égoïstes » n’acceptent les immigrants que le temps de leur contrat de travail. Pas question d’une installation familiale.
      À cela s’ajoutent des difficultés culturelles, qui viennent à mon avis de notre système d’enseignement, mais je suis ouvert à d’autres idées.

      Je rappelle que toutefois les individus sont extrêmement variés et qu’il n’y a aucun sens à additionner, dans la deuxième génération, un élève asiatique consciencieux et un « décrocheur » trafiquant de drogue. Exprimé ainsi, tout le monde sera d’accord, mais on brandit quand même des statistiques globales tant de la première que la deuxième génération^, qui n’ont donc aucun sens !

  8. Ceux qui tiennent ce raisonnement ( les anciens coûtent trop chers) sont des individualistes égoïstes qui voudraient revenir aux méthodes de la Grèce antique , à savoir jeter les vieux dans le vide du haut d’une falaise. Mais leur tour viendra plus vite qu’ils ne le pensent. Le problème vient encore d’une vision comptable de la santé : on supprime des lits , on réduit le personnel , on supprime les hôpitaux de proximité…Pourtant les hôpitaux étaient les premiers employeurs locaux et contribuaient au développement de l’emploi et de l’économie. Cette société droguée au jeunisme versera un jour dans le neo-fascisme et l’eugénisme. Attendons de voir, il n’est pas improbable qu’une mutation du coronavirus cible un jour les jeunes. Ils réclameraient alors le renforcement des moyens hospitaliers. Souhaitons-le, comme cela le problème comptable ne sera plus posé !

    1. Je comprends tout à fait votre idée mais vous utilisez un mauvais argument (comme la CGT !). Le « comptable » et le « financier » ne sont que des indicateurs plus ou moins heureux. La seule chose qui compte ce sont les hommes, en l’occurrence les soignants. On ne peut pas en fabriquer en s’endettant. Ils sont en nombre limité à court terme, et même de moins en moins nombreux du fait des démissions et des contaminations. Donc tout ceux qui s’occupent de Monsieur A ne s’occupent plus de Monsieur B.

      Donc, accessoirement, c’est eux qui devraient avoir la priorité pour la vaccination, et non les vieux

  9. Vous avez raison. je n’aurais pas dû user d’un terme cgtiste. Je me suis laissé emporter.par le sujet. Je suis bien d’accord avec vous , le personnel soignant doit être prioritaire, et il faut plusieurs années pour en former de nouveaux . Neanmoins, je maintiens qu’on paie les erreurs du passé ( ex : un numerus clausus trop restrictif qui nous oblige aujourd’hui a faire appel à des médecins étrangers. Idem pour les infirmières. Et on les paie en lieu et place de ceux qu’on a écartés il y a 30 ,40 ans…).Quant à ce qui est financé par la dette,, on a fait des choix qu’ il est permis d’évaluer au regard des résultats et des conséquences de ces derniers. Faut- il mieux s’ endetter pour la Santé ou pour multiplier les TGV non rentables dans toutes les directions au détriment des lignes de deserte ?

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