Turquie : activisme extérieur et chaos politique intérieur
La Turquie se fait plus que jamais remarquer par le contraste entre une politique de puissance à l’extérieur et un chaos politique et économique à l’intérieur.
La Turquie se fait plus que jamais remarquer par le contraste entre une politique de puissance à l’extérieur et un chaos politique et économique à l’intérieur.
Pendant des siècles nous avons assisté au déclin de l’empire ottoman et à la montée de la Russie puis de l’URSS. Mais aujourd’hui on assiste à une évolution contraire, dont tire profit la Turquie.
Le dimanche 14 mai 2023 a vu se dérouler 3 élections aux enjeux très importants, dont il est encore trop tôt pour voir les retombées concrètes. Elles ont en commun d’avoir vu des partis démocratiques défier les régimes autoritaires en place dans ces pays, où les élections sont relativement libres, sans parvenir à inverser la tendance pour l’instant.
Le régime autoritaire et islamiste du président Erdogan est menacé par les prochaines élections législatives et présidentielles le 14 mai : les sondages donnent une légère majorité à l’opposition, mais ils ne sont pas forcément fiables…
La Turquie est un membre important de l’OTAN, mais elle y sème le trouble. Elle est en conflit permanent avec un autre membre, la Grèce, bloque la demande d’adhésion à l’alliance de la Suède et de la Finlande, sans parler de son action en Syrie et Libye.
La Turquie utilise l’histoire comme outil de gouvernement, pour exciter l’opinion et la détourner des problèmes du quotidien. Cette instrumentalisation existait déjà sous Atatürk, et a pris une allure fantasmatique avec Erdogan, comme l’illustre notamment le litige totalement inventé avec la Grèce
Le quasi conflit actuel opposant la Grèce, soutenue par la France, à la Turquie pour la propriété du plateau continental autour des îles grecques a réveillé de sanglants souvenirs millénaires que les Européens voudraient oublier. Mais le président turc met de l’huile sur le feu, autant par conviction personnelle que par tactique politique.
La guerre est ouverte en Syrie et la Grèce menace de tirer sur les réfugiés. Russie et Turquie abusent de leur puissance en tuant ou refoulant les populations civiles de Syrie, tandis que l’Europe s’est mise en état de faiblesse. Elle est donc prise en otage dans l’affrontement russo-turc dans ce pays…