Elections en Inde

Elections indiennes : succès économique contre démocratie et laïcité

Les résultats des élections en Inde sont désormais connus : comme attendu, le premier ministre, Naranda Modi, devrait être reconduit. Mais son parti n’obtient pas la majorité absolue et il lui faut le concours de partis locaux. Cette probable reconduction sera la récompense d’un immense succès économique. Mais l’opposition lui reproche un manque de démocratie et de laïcité. Il est donc important pour elle qu’il n’ait pas eu la majorité des deux tiers des sièges lui permettant de changer la constitution.

Commençons par analyser cette opposition, avant d’analyser l’immense succès économique du premier ministre.

Une opposition Nord– Sud

Les cinq Etats du Sud (Andra Pradesh, Télangana, Kerala, Tamil Nadu et Karnataka) représentent seulement 20 % de la population mais 31 % du PIB et 30 % des investissements directs étrangers (IDE) sur les trois dernières années. Et le décalage avec Nord ne fait que s’accroître.

Il y a plusieurs raisons à cela : j’ai entendu des gens du Sud attribuer leur progrès à leurs contacts séculaires avec les étrangers.

Arabes, Portugais, et Anglais ont en effet pénétré cette région relativement petite, notamment le Kérala, où les Anglais ont développé de très grandes plantations de thé, dans lesquelles les syndicats communistes sont devenus puissants.
Le parti communiste y a partagé le pouvoir local. Ce qui aurait pu être un frein ailleurs a été un facteur de progrès, le parti communiste étant laïque et les minorités musulmanes et chrétiennes relativement importantes.

J’ai d’ailleurs remarqué en Inde de nombreuses affiches frappées de la faucille et du marteau. Cela m’a rappelé des souvenirs de jeunesse : dans les années 1960 il était très à la mode de citer le Kerala comme un communisme démocratique ayant réussi. À mon avis cette réussite est d’abord celle de l’attention à la scolarisation (comme en URSS), et d’une réforme agraire redistribuant les terres (contrairement à l’URSS qui les a nationalisées en kolkhozes et sovkozes inefficaces)

C’est dans le sud du pays qu’a eu lieu la révolution de l’informatique qui a fait connaître mondialement Bangalore, la grande ville de la tech indienne : 46 % des licornes indiennes sont basées dans le Sud.

La région assure d’ailleurs 66 % des exportations de services informatiques du pays. Tous les géants de la tech ont des bureaux à Bangalore ou à Hyderabad, les capitales du Karnataka et du Telangana.

Les Indiens du Sud sont très conscients de leur supériorité sur ceux du Nord, et j’ai entendu « Tous ces blancs (visant les Indiens du Nord, ceux du Sud ayant la peau très noire) qui arrivent chez nous et cassent les salaires… »

Une illustration de cette différence Nord-Sud est celle des taux de fécondité : les Etats du Sud ont moins de deux enfants par femme depuis longtemps, alors que la plaine du Gange était largement au-dessus. La cinquième enquête nationale sur la famille (2019–2021) le confirme.

Cette enquête rajoute que, contrairement aux allégations du gouvernement, c’est l’État musulman du Cachemire qui est le moins fécond et que la différence de fécondité entre hindous et musulmans se réduit sans cesse et est plus explicable par la pauvreté musulmane que par la différence de religion. C’est d’ailleurs un phénomène mondial : en matière de fécondité, le niveau de développement prime sur la religion.

Cela nous mène à une autre opposition au pouvoir actuel, celle des musulmans et des laïques.

L’opposition des musulmans et des laïques

Naranda Modi est le patron d’un parti très nationaliste et hindou, le BJP.

Il estime que l’identité de l’Inde et son avenir sont liés à sa religion, ce qui laisse perplexe l’Occidental peu averti abasourdi par les temples et leur multitude de statues de dieux multicolores et d’animaux sacrés : non seulement les vaches mais aussi, comme je l’ai vu de mes yeux, un éléphant, dont la bouse était soigneusement recueillie par des adorateurs.

Évidemment, tout cela indispose les musulmans, qui sont non seulement habitués à des lieux de culte simples et dépouillés, sans statues ou icônes, pour le culte d’un Dieu unique et abstrait, mais qui, de plus, horreur pour les Hindous, tuent et mangent les vaches !

Le Taj Mahal est emblématique de l'Inde pourtant c'est une mosquée musulmane
Le Taj Mahal est emblématique de l’Inde, pourtant c’est un monument musulman

La critique frontale des musulmans est l’un des moteurs du BJP, qui s’est illustré par la destruction de mosquées remplacées par des temples hindous. C’est électoralement sans risque, les musulmans n’étant que 200 millions contre environ 1,2 milliards d’hindous

Il en va un peu de même pour les chrétiens moins nombreux, environ 50 millions.

Ces profondes différences religieuses expliquent pourquoi la république a été fondée constitutionnellement comme laïque. Cette mise en avant de l’hindouisme choque donc les élites ayant construit l’Inde actuelle.

Cette construction a été un travail de longue haleine menée pendant la période coloniale par le parti du Congrès, principal parti d’opposition actuellement.

La période coloniale de l’Inde

Après la révolte des Cipayes (soldats indiens de l’armée britannique) en 1857, l’Angleterre prend en main la gestion directe du pays, jusque-là aux mains des maharadjahs locaux et de la Compagnie des Indes orientales.

Les Anglais ont profondément transformé l’économie indienne et les Indiens les accusent d’avoir transformé leur pays en une source de matières premières pour les industries britanniques.

Pour eux, la culture du coton, du jute, du thé et de l’opium a été favorisée au détriment de l’agriculture traditionnelle. Il y avait des famines récurrentes que les Indiens attribuent à des politiques coloniales axées sur l’exportation.

Les infrastructures ont été développées pour faciliter l’extraction et l’exportation des ressources. Mais elles ont également servi à la mise en place d’une amorce d’industrialisation.

L’indépendance et le règne du parti du Congrès

Le parti du Congrès national indien a été fondé en 1885, et a obtenu l’indépendance en 1947.

Mais le pays a alors éclaté entre les parties musulmanes, le Pakistan et l’actuel Bangladesh, la partie majoritairement bouddhiste, le Sri Lanka et l’Inde actuelle.

L’Inde actuelle est nettement plus petite que « les Indes » britanniques, et les relations entre hindous et musulmans ont été durablement affectées par la partition qui a fait des millions de victimes : l’hostilité est grande envers le Pakistan musulman, et même largement islamiste, par ailleurs puissance nucléaire et soutenu par la Chine, adversaire principal.

La constitution indienne, adoptée en 1950, a établi l’Inde comme une république souveraine, démocratique et laïque. Jawaharlal Nehru, chef du parti du Congrès, est devenu le premier ministre de l’Inde.

Il a mis en place une démocratie parlementaire et a initié une série de réformes économiques et sociales d’inspiration socialiste. L’État a pris le contrôle des secteurs de l’acier, des transports et de l’énergie, générant un secteur public étendu, des inefficacités bureaucratiques et une faible croissance économique. 

Cette période a vu deux guerres avec le Pakistan et une avec la Chine, qui pèsent encore sur la politique étrangère d’aujourd’hui tandis que le socialisme privilégia une entente avec l’URSS.

La « révolution verte » des années 1960 et 70 (irrigation et engrais) a considérablement augmenté la production de blé et de riz mais n’a pas suffit à éviter plusieurs disettes, du fait de l’augmentation parallèle de la population.

Ces disettes n’ont pas dégénéré en famine grâce à l’aide internationale alertée par la liberté de la presse indienne.

Dans la Chine voisine, la catastrophe du « grand bond en avant » a, elle, été soigneusement cachée par les pouvoirs maoïstes et a dégénéré en famine. On attribue à Mao la formule : « pas de journalistes, pas de famine ».

C’est l’échec économique qui explique l’alternance ayant porté le BJP au pouvoir

Les succès économiques depuis 1991

La nouvelle équipe, économiquement libérale, avait donc un lourd passif à relever. Elle a lancé une série de réformes économiques sous la direction de Manmohan Singh, alors ministre des Finances, aujourd’hui relayées par Naranda Modi.

Ce dernier a lancé notamment une réforme fiscale avec introduction de la TVA, qui a largement contribué à unifier le marché indien et une numérisation de la vie sociale permettant la distribution des aides sans « perte en ligne ». Les autres mesures libérales ont permis l’ouverture aux investissements étrangers, la dérégulation industrielle, et la privatisation des entreprises publiques.

Ces réformes ont fait passer l’économie du socialisme à une économie de marché plus ouverte et beaucoup plus efficace. Il en est résulté une accélération de la croissance économique, maintenant beaucoup plus rapide que celle de la Chine.

Chine et Inde : un duel de géants

Le secteur des services, en particulier les technologies de l’information et les services informatiques, est devenu un moteur de croissance.

Les initiatives gouvernementales telles que « Make in India« , visant à stimuler la fabrication nationale, et « Digital India« , visant à accroître la connectivité numérique, cherchent à positionner l’Inde dans des secteurs de considérés comme d’avenir.

Bref l‘Inde, avec une population jeune et une classe moyenne en expansion, a un potentiel économique considérable.

Les défis qui demeurent

L’agriculture qui occupe toujours la masse de la population commence à souffrir de la fin de la révolution verte : les nappes phréatiques s’épuisent et les engrais polluent les sols.

Heureusement ce ralentissement prévisible de la croissance de la production agricole est parallèle à celui de la croissance démographique.

L’urbanisation rapide est une des causes de cette baisse de la fécondité mais demande sans cesse davantage d’infrastructures et de services publics.

Les grands progrès de l’équipe actuelle dans ces domaines sont loin d’avoir comblé tous les retards.

La pollution, la gestion des déchets et la fourniture d’eau potable sont des problèmes croissants dans les grandes villes indiennes.

L’agglomération de Dehli devient une fournaise dont l’air est de plus en plus pollué et par moment difficilement respirable.

La persistance d’une extrême pauvreté et de très fortes inégalités (deux phénomènes liés à mon avis, et que l’on constate dans tous les pays pauvres), et les tensions géopolitiques avec la Chine et le Pakistan multiplient les problèmes.

Pour l’instant la politique religieuse violemment pro-indoue et anti musulmane du gouvernement sert de dérivatif.

Un autoritarisme accepté

Les craintes pour la démocratie indienne se confirment. L’absence de débats contradictoires et l’inégalité dans l’actuelle compétition électorale sont plus que jamais remarquées. Et l’opposition, parti du Congrès et partis locaux, rappelle les fondements démocratiques et laïques du pays et relaie le mécontentement relatif au chômage et à l’inflation.

Pour l’instant, la personnalité de Naranda Modi lui permet de résister à l’opposition. Il a su s’imposer politiquement dans toutes les strates de la société indienne . Issu d’une caste classée comme inférieure, Modi utilise cette basse extraction sociale pour gagner les faveurs du peuple.

La vision de l’Inde par les étrangers est passée en quelques décennies d’un pays très pauvre et impuissant, à celui d’une puissance mondiale plus peuplée et progressant plus vite que la Chine. Une illustration en est l’intérêt pour l’Inde des pays de la péninsule arabique et de leurs investisseurs locaux ou internationaux qui transitent par ces « nouvelles Suisses ».

Beaucoup d’électeurs, et notamment les 80 % de religion hindoue, lui en savent gré. Pour eux Modi reste celui qui a rendu sa fierté à l’Inde face au reste du monde grâce au renversement de la politique économique et aux réformes que nous avons évoquées.

Nous verrons si la brillante expansion économique suffit pour compenser l’opposition des élites démocrates et laïques, laïcité, qui, dans ce pays … est une demande des musulmans.

Yves Montenay

7 commentaires sur “Elections indiennes : succès économique contre démocratie et laïcité”

  1. Une fois de plus merci de publier cette excellente synthèse d’une Histoire et d’une actualité pour le moins complexes. A contrario, le quasi non-traitement de l’Inde par les médias grand public est scandaleux vue l’importance et le poids de ce sous-continent dans lequel la France peut espérer jouer un certain rôle, modeste par rapport à la taille de l’Inde, mais néanmoins important pour notre pays … à condition d’agir hors du cadre de l’UE,  » machin  » aux ordres de l’OTAN et des États-Unis et piloté par l’Allemagne, toutes entités dont les intérêts diffèrent de ceux de la France : c’est d’ailleurs cette différence qui intéresse l’Inde, quels que soient ses dirigeants, et qui nous permet, par exemple, d’y exporter nos avions Rafale.

    Je me permets de signaler un article intéressant d’une universitaire into-étasunienne, Preminda Jacob, paru le 27 mai 2024 dans la revue en ligne « The Conversation » intitulé « Comment Bollywood influence les élections en Inde » [https://theconversation.com/comment-bollywood-influence-les-elections-indiennes-230469?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2027%20mai%202024%20-%202982030339&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2027%20mai%202024%20-%202982030339+CID_b12e3a006a889974bfeb64292691df5d&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=prend%20aujourdhui%20des%20proportions%20indites ] qui analyse finement les rapports entre le cinéma et la politique en Inde et la manière dont M. Modi utilise celui-ci dans sa stratégie politique.

    Au passage, quelle que soit l’emprise de M. Modi sur la vie politique de l’Inde et la puissance des passions indouistes qu’il encourage, le critère fondamental de toute politique de la France est le « fait indien » et l’importance de cette puissance, quel que soient les partis et individus qui sont au pouvoir.

    Enfin, alors qu’il est de bon ton de relayer servilement l’idéologie communautariste prônée par les Anglo-saxons, on doit noter les vertus de la laïcité, laquelle s’avère être un excellent moyen – pour ne pas dire le meilleur, voire le seul – de promouvoir la paix civile entre des individus de culture et de religion différentes, notamment en garantissant les droits des minorités : en témoigne en France l’égalité de droits apportée par la Révolution française aux Juifs et aux protestants…

  2. Pauvreté, misère, inégalités, démocratie et laïcité à la ramasse… sans parler de l’environnement, des températures atteignant les 50°, et autres « douceurs » de Dame Nature.
    Oui mais… succès économique !
    Ah oui, la belle affaire ! Et qui profite à qui ?
    Je vous jure, il y a parfois de quoi être fier d’avoir échoué.

    1. Il est exact que cette croissance s’est faite sans suffisamment d’emplois. Mais 7 à 8 % de hausse moyenne ne peux mathématiquement pas se limiter à un petit cercle cercle

    2. 1) Bien sûr, le fonctionnement du système politique indien présente de nombreux aspects critiquables et l’évolution impulsée par M. Modi est inquiétante. Mutandis mutandis, on peut dire la même chose du fonctionnement politique de la Turquie. Cela dit, c’est tout de même mieux que le totalitarisme tatillon et redoutablement efficace du régime actuel de la Chine. Au moins, il existe des éléments démocratiques non négligeables en Inde, comme une réelle liberté d’expression, même si elle est imparfaite, et le Kérala peut poursuivre son expérience originale. De même en Turquie, l’autoritarisme de M. Erdogan n’a pas empêché qu’il « prenne une gifle » lors des élections municipales à Ankara et Istamboul. De grâce, tout en restant lucide, ce qui est le cas de l’article de J-Y Montenay, ne donnons pas dans le détestable système de l’amalgame qui mettrait l’Inde dans le même panier que la Chine au motif que le fonctionnement politique dans chacun de ces pays est imparfait !

      2) L’environnement ? Bien sûr, la situation n’est pas très bonne en Inde. Mais c’est le cas de tous les pays en voie de développement, notamment parce qu’ils n’ont souvent pas les moyens de suivre les mêmes normes que les pays les plus développés, par exemple en matière d’énergie (encore que le recours au lignite en Allemagne hystériquement antinucléaire …) : en attendant de s’équiper massivement de centrales nucléaires, seule source d’énergie propre à l’échelle de ses besoins, l’Inde ne peut se passer du charbon qu’elle utilise massivement, avec les conséquences environnementales que l’on sait.
      Plutôt que de fustiger le non-respect de nos normes environnementales par les pays en voie de développement, il faudrait commencer par essayer de comprendre leur situation en la comparant à celle des pays d’Europe de l’ouest au XIXe siècle. Bien sûr, il faut essayer d’améliorer la situation : mais aucune politique ne vaut en dehors de la connaissances des réalités essentielles.
      En général, l’amélioration de l’environnement va de pair avec le développement, par exemple en Corée (du Sud, évidemment, vilain pays capitaliste), comme j’ai pu le constater au cours des 30 dernières années.

      3) Je ne vois pas la pertinence d’évoquer les « températures atteignant les 50°, et autres « douceurs » de Dame Nature » : reprochez-vous aux dirigeants de l’Inde les conditions climatiques (que je trouve, comme beaucoup de personnes, souvent très pénibles) et géographiques de leur pays ?

      4) À qui profite le succès économique ?
      Bien évidemment à une part croissante de la population même si la richesse est très inégalement distribuée et que des dizaines de millions d’Indiens vivent encore dans des conditions affreuses. Il faut être aveugle ou d’une extrême mauvaise foi pour nier que des centaines de millions d’Indiens, Chinois et autres Indonésiens sont sortis de la misère, un bon nombre ayant accédé à une réelle prospérité, au cours des dernières décennies grâce à l’adoption des règles capitalistes et libérales et à la révolution agraire, laquelle a quasiment fait disparaître les famines.
      Tout ne valant que par comparaison, ce bilan est bien meilleur que celui de mais pays africains ou arabo-musulmans.

      5) « il y a parfois de quoi être fier d’avoir échoué. »
      On retrouve le cri du cœur récurrent et indécent ( car c’est honteux de glorifier le ratage économique dans son fauteuil en oubliant qu’il est la cause de la misère et du désespoir de millions de personnes) de certains idéologues de gauche adeptes de la décroissance qui n’ont de sympathie – purement verbale – que pour les régimes et les systèmes ratés, de l’Algérie du FLN criminel et kleptocrate au Vénézuéla de M. Maduro qui a ruiné son pays et réduit au désespoir, voire à l’exil, des millions de ses habitants. L’important est qu’ils vomissent leur haine de ratés en couvrant d’insultes les pays développés plutôt que de se remettre en question.
      À cette aune, on comprend pourquoi ces idéologues décolonialistes et soi-disant tiers-mondistes sont passés du soutien aveugle à la plus totale indifférence en ce qui concerne le Vietnam : vous pensez bien, un pays qui ne ressasse pas les « crimes du colonialisme » [et ils le pourraient car la IVe République a lamentablement raté la décolonisation de ce pays], qui ne geint pas en rappelant incessamment les ravages – pourtant terribles – de 30 années de guerre ininterrompue, qui a rejeté à partir de 1987 une grande partie du socialisme en économie et qui, pire encore, entretient pragmatiquement des relations approfondies avec de nombreux pays dont ses anciens adversaires. Bref, le Vietnam a très mal tourné pour ces adeptes du ratage et de la rédemption des péchés par le sous-développement et la misère, et ce pays qui ne veut pas se conformer au « modèle » misérabiliste de ces idéologues ne mérite pas que l’on s’y intéresse, enfin qu’on le soutienne parce que la plupart de ces gens n’ont jamais fait l’effort de connaître ce pays et ce peuple si fascinants et attachants que j’ai eu la chance de connaître et qui m’a laissé un souvenir inoubliable. J’arrête là avant de prononcer un éloge interminable du Vietnam … qui le mériterait bien !

      1. A Michel C de répondre éventuellement. On s’éloigne de mon article qui est très factuel, et qui a seulement pour but de se méfier des automatismes à la mode

    3. Vous écrivez sur les restes des millions d’européens qui ont créé la riche Europe avec leur sueur et leur sang. De même que l’explosion démographique du 19ème siècle a été rendue possible par les croissances industrielles elle les a confortées et a permis à l’europe de conquérir le monde. Mais personne n’a controlé quoi que ce soit, pas plus que Modi et ses collègues ne controllent l’explosion de vitalité indienne. Ne leur souhaitons pas une guerre civile entre états comme les guerres du 20ème en Europe.

      1. À Michel C de répondre éventuellement. En tant que démographe, je confirme que personne n’a réussi à piloter la croissance ou la décroissance d’une population. Certaines mesures (crèches, allocations… mais surtout scolarisation des filles, comme jadis au Kerala) peuvent avoir des effets à long terme qu’il est difficile de distinguer des évolutions spontanées, par exemple celle venant de l’urbanisation

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