Les croisades, du roman national aux islamistes

Les croisades, du roman national aux islamistes

Aujourd’hui, le terme « croisade » est passé dans le langage courant pour désigner une action militante : croisade contre le tabagisme, contre l’installation d’un champ d’éoliennes, pour une alimentation bio dans les cantines scolaires… En Occident, la référence religieuse aux croisades, l’histoire de ces croisés du Moyen-âge partis libérer la Terre Sainte, est oubliée ou enfouie dans nos manuels scolaires.

Mais pas dans l’imaginaire musulman ! Et pas seulement chez les islamistes radicaux, chez qui le souvenir des Croisades est sans cesse cultivé et légitime encore toutes les formes de djihad. Avant de tirer sur le pape Jean-Paul II, en 1981, le Turc Ali Agça n’avait-il pas déclaré : « J’ai décidé de tuer Jean-Paul II, commandant suprême des croisés ».

La présentation musulmane est-elle la bonne ? Comme toujours en histoire, la réalité est complexe. Pour la saisir, commençons par rappeler la situation au Moyen-Orient qui a déclenché les croisades, puis leur histoire simplifiée et enfin l’exploitation qu’en font certains musulmans aujourd’hui.

La situation au Moyen-Orient qui a déclenché les croisades

L’empire romain, devenu trop grand pour être efficacement gouverné et résister aux barbares, a été scindé en deux : l’empire d’Occident et l’empire d’Orient. L’empire d’Occident s’est effondré et a totalement disparu au cinquième siècle. L’empire d’Orient, que l’on a appelé l’Empire byzantin, a au contraire prospéré et même tenté de reconquérir sur les barbares le territoire de l’empire d’Occident. Il a partiellement réussi en reprenant par exemple une partie du Maghreb et de l’Italie.

L’empire byzantin a alors été la principale puissance du monde connu par l’Occident (l’Inde et la Chine étaient loin). Les chrétiens occidentaux et orientaux n’étaient pas encore opposés, et les contacts intellectuels et politiques étaient fréquents. Byzance, ex Constantinople, était la ville la plus riche, la plus prospère et la plus savante du monde connu.

Mais cela changea brusquement avec l’arrivée des Arabes puis des Turcs.

A partir du VIIème siècle, les Arabes déboulent d’Arabie dans un Moyen-Orient chrétien et un Iran zoroastrien. L’empire byzantin perd tour à tour la Palestine, la Syrie, l’Egypte, l’Afrique du Nord. Le péril musulman se rapproche du monde catholique.

En effet, les Arabes (et les Berbères islamisés) conquièrent l’Espagne et le sud de la France à partir de 711. S’ils sont arrêtés à Poitiers par Charles Martel en 732, ils conservent les côtes méditerranéennes de l’Espagne, une partie de celles de la future France et de la future Italie. Ce qui reste du commerce de l’Europe occidentale vers l’est, notamment l’Inde et la Chine, passe donc par leurs mains. Quelques siècles plus tard, l’Occident échappera à cette contrainte en envoyant Christophe Colomb contourner les musulmans par l’ouest, et les Portugais les contourner par le sud.

A l’Est, l’empire byzantin recule une deuxième fois après la bataille de Manzikert (1071), gagnée par les Turcs, des Mongols islamisés de la dynastie seldjoukide. Ces derniers contrôlent alors une grande partie de l’Anatolie et se rapprochent dangereusement du Bosphore.

Le pape Urbain II, conscient de l’affaiblissement du rempart de l’Occident chrétien qu’est l’empire byzantin, se dépêche alors de lancer l’appel à la croisade.

Jadis, une belle page de notre « roman national »

Comme beaucoup de Français de ma génération, l’épopée des croisades m’a été enseignée à l’école comme une période glorieuse de notre roman national. Ça commence par un héros au nom très remarqué par les gamins, Godefroy de Bouillon, de preux chevaliers en armure, une mystique, la reconquête de la Terre sainte, un long et périlleux voyage à travers des contrées lointaines et les mystères de l’Orient, des batailles… C’est une histoire formidable, du genre de celle qui fait lire, dès la rentrée, tout le livre d’histoire que l’on vient de recevoir.

L’histoire commence avec l‘appel du pape Urbain II à Clermont-Ferrand en 1095. Un magnifique coup de communication dirait-on aujourd’hui, avec un slogan : « Dieu le veut » et un emblème : la Croix. La République française avait beau être laïque, elle cultivait encore dans ma jeunesse, du moins dans les programmes scolaires, l’héritage chrétien de la France, fille aînée de l’église, avec les croisades et, plus tard, Jeanne d’Arc.

La croisade populaire

L’appel à la première croisade d’Urbain II a déclenché une ferveur populaire inattendue à travers toute l’Europe. Ce sont des familles entières, hommes femmes, enfants qui ont tout quitté pour se mettre en route vers la Terre Sainte. Cette croisade « populaire » prêchée par Pierre l’Ermite s’illustra par des massacres de juifs ou leur conversion forcée. J’évoque cette croisade pour montrer à quel point la vie quotidienne de l’époque était imprégnée de religion, ce que nous avons oublié, alors que c’est aujourd’hui analogue dans les milieux islamistes.

Cette croisade populaire, une fois acheminée de l’autre côté du Bosphore par les navires byzantins, a été massacrée par les Turcs à Hersek. « Les femmes, les plus jeunes », écrit Amin Maalouf dans son ouvrage Les croisades vues par les Arabes, « ont été enlevées par les cavaliers du sultan pour être distribuées aux émirs ou vendues sur les marchés d’esclaves. Quelques jeunes garçons connaissent le même sort. Les autres Franj (Francs), près de vingt mille, ont été exterminés. »

 

La croisade des nobles

Le Siège et la Prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroi de Bouillon en 1099
Le Siège et la Prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroi de Bouillon en 1099 (Chroniques d’Outremer, XIVe siècle. Paris, BnF)

Quand les nobles, militaires professionnels, menés par Godefroy de Bouillon lancèrent leur propre croisade, ils passèrent au milieu de la montagne d’ossements de la croisade populaire.

Puis Godefroy de Bouillon entra le 15 juillet 1099 dans Jérusalem, finalement reconquise trois longues années après son départ de France. « Il y avait du sang jusqu’à la poitrine des chevaux » précise le chroniqueur. Bizarre, ai-je pensé comme jeune élève : on venait délivrer des chrétiens, pourquoi ce massacre présenté comme emblématique ?

L’histoire des Croisades s’est mal terminée. Les royaumes francs créés en 1099 ne durèrent qu’un peu plus d’un siècle (tout de même), soit quelques dizaines d’années après la reprise de Jérusalem par Saladin en 1187.

L’histoire reconstituée

On s’aperçoit maintenant qu’il ne faut pas assimiler les croisades aux guerres modernes entre nations : de nombreuses alliances hétérogènes locales se nouèrent entre Byzantins, Turcs selkjoucides sunnites (dynastie précédant celle des Ottomans), des potentats arabes sunnites locaux, l’Egypte fatimide (arabes chiites) et diverses fractions des croisés.

De même, le nombre des victimes lors de la prise de Jérusalem fut délibérément amplifié par des chroniqueurs croisés et des clercs pour en faire un récit d’apocalypse. Une sorte de purification rituelle de la ville, en attendant le retour glorieux du Christ.

En fait, tous les juifs n’auraient pas péri dans la « purification » de la ville. Une partie fut amenée à Ascalon où ils furent rachetés par leurs coreligionnaires d’Égypte. De leur côté, les chrétiens avaient été expulsés par le gouverneur fatimide de la cité. Il ne restait donc à massacrer que des musulmans…

Enfin les croisades ne sont pas qu’une histoire de foi et de religion mais devinrent rapidement un événement économique important.

Derrière les guerres, les affaires … et une catastrophe historique

En effet il fallait non seulement fournir le nécessaire aux croisés : des vivres, des véhicules, des navires à certains endroits, mais aussi exporter vers l’Europe occidentale les produits orientaux rassemblés dans des royaumes francs dont les croisés introduisirent l’usage en Occident.

En Méditerranée, les deux puissances commerciales qui se sont précipitées sur ces nouveaux marchés étaient alors Gênes et Venise.  Elles sont catholiques, mais rivales.

Enrico Dandolo Doge de Venise
Enrico Dandolo, Doge de Venise

En mai 1082, Alexis Ier Comnène, empereur de Constantinople, ouvre commercialement l’empire aux Vénitiens en leur concédant un quartier dans sa capitale et l’exemption totale des droits de douane dans tout l’Empire byzantin. En juillet 1098, c’est le croisé Bohémond Ier, prince d’Antioche, qui accorde aux Génois une donation semblable dans la ville qu’il vient de conquérir, avec leur aide, à l’occasion de la marche de Godefroy de Bouillon vers Jérusalem.

Mais Venise ira trop loin. Le pape Innocent III lance une quatrième croisade en 1198 pour reprendre Jérusalem à Saladin. Venise assure l’intendance de cette croisade et suggère aux Francs de prendre et de piller Byzance, économiquement bien plus intéressante que Jérusalem !

Les croisés le font, et fondent l’Empire latin (catholique) de Constantinople qui dura de 1204 à 1261 avant la reconquête de la ville par Michel Paléologue. Cet épisode, qui a détruit économiquement et humainement la capitale de l’empire, l’affaiblit fortement face aux Turcs.

Mais cette trahison des croisés a généré aussi une divergence religieuse considérable dont les effets durent encore aujourd’hui : le divorce entre catholiques (y compris les futurs protestants) et les orthodoxes.

Ce n’est pas une différence entre les dogmes, qui sont très voisins, mais deux évolutions intellectuelles divergentes, celle vers la libre discussion en Occident et celle de la religion identitaire nationale, en général en résistance aux musulmans qui vont peu à peu occuper la région.

Après la chute de Byzance, Moscou se décrétera « troisième Rome » et Staline puis Poutine s’appuieront sur l’orthodoxie russe pour respectivement résister aux nazis et attaquer l’Ukraine.

Ce fut donc une erreur stratégique, tant pour les croisés que pour l’Occident. En 1453, l’empire byzantin qui n’était plus que l’ombre de lui-même depuis longtemps, fut définitivement détruit par les Turcs ottomans qui portèrent leur domination jusqu’à la Hongrie, et attaquèrent Vienne deux fois.

La chrétienté a donc payé très cher cette trahison des croisés envers Byzance.

Tout cela est maintenant lointain dans la mémoire occidentale, mais pas chez certains musulmans ni chez les orthodoxes.

L’utilisation actuelle des croisades par les islamistes

Statue de Saladin à Damas (Syrie)
Statue de Saladin à Damas (Syrie)

Je prends conscience du poids des croisades dans l’imaginaire musulman lors de l’arrivée en Algérie pendant la guerre civile des années 1990, d’un bateau italien apportant du blé. L’équipage se fait massacrer par des islamistes qui proclament « nous avons tué des croisés ». Renseignements pris, ce genre de  considération était régulièrement utilisé depuis huit siècles, et plus que jamais aujourd’hui.

Dans les programmes scolaires et les discours officiels du monde musulman, les croisades reviennent sans cesse. Saladin, vainqueur de la bataille de Hattin en 1187 qui conduisit à l’expulsion des Francs de Jérusalem, reste l’un des héros musulmans les plus cités. Ajoutons qu’il était également admiré chez les Croisés.

Certains dirigeants du Moyen Orient, tels Nasser ou Hafez el-Assad, s’en revendiquaient volontiers dans leur combat contre Israël, considéré comme un nouvel Etat croisé voué à disparaître, comme a disparu le Royaume franc de Jérusalem.

Et autant Saladin est loué, autant les Croisés sont présentés comme de parfaits sauvages.

Amin Maalouf en donne de nombreux exemples dans Les croisades vues par les Arabes, compilation de textes de l’époque. A Maara, en Syrie, en 1098, se produisent des scènes de cannibalisme. « Les nôtres faisaient bouillir les païens adultes dans les marmites, rapporte Raoul de Caen. Ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés. » A travers la littérature épique des Turcs, renchérit Amin Maalouf, « les Franj seront invariablement décrits comme des anthropophages ».

Dans l’imaginaire musulman, ce qui va donner son caractère cataclysmique à la mise à sac de Jérusalem, ce n’est pas seulement l’humiliation, mais cette « barbarie » des Croisés et le fossé qui les sépare d’une civilisation musulmane qui connaît alors son âge d’or.

C’est cette histoire tragique, réelle ou fantasmée, et son imaginaire sanguinaire qui est utilisée par les islamistes. Ils justifient ainsi leurs actes de terreur et leurs massacres. L’État islamique a atteint des sommets dans la barbarie en Irak en Syrie et ailleurs, et d’autres islamistes aussi. « Comme les croisés », ils disent agir au nom de la foi et de la lutte contre les impies. Il leur est alors commode de qualifier de « croisé » n’importe quel non musulman à abattre.

Ne pas tomber dans la repentance

Après l’épopée des croisades, la lutte entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien s’est poursuivie au fil des siècles.

Le lent démantèlement de l’empire Ottoman tout au long du XIXème a conduit les puissances européennes à contrôler de nouveaux territoires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces entreprises considérées comme coloniales – mais parfois salvatrices notamment pour les chrétiens du Liban – renforcèrent encore chez les Arabes et leurs dirigeants ce sentiment généralisé de domination et d’humiliation millénaire, déjà généré par l’oppression turque.

Les défaites des nations arabes contre l’Etat d’Israël ou l’invasion de l’Irak par l’armée américaine ont encore renforcé l’assimilation à des croisades et donc au sentiment anti occidental.

La prise de conscience de cet état d’esprit a mené certains Occidentaux à penser que la repentance et l’autoflagellation mémorielle feraient disparaître cette hostilité. En 2017 Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la république, qualifie la colonisation de « crime contre l’humanité… une vraie barbarie » dans une de ses déclarations. Il pensait ainsi résoudre le problème de l’hostilité algérienne envers la France, alors qu’il s’agit en fait d’un discours officiel de l’armée algérienne pour justifier son pouvoir, discours qu’elle ne veut surtout pas abandonner.

L’Algérie : une armée en quête de légitimité

Personnellement, je ne pense pas que cette repentance pour ses nos lointaines croisades diminuera l’hostilité des islamistes.

Sur le plan moral rappelons que les massacres ont été réciproques dès l’époque des croisades et jusqu’à aujourd’hui, et qu’il n’y a pas de sens à tuer un contemporain pour ce qui s’est passé il y a bientôt 1000 ans.

C’est l’occasion de rappeler une formule anti-islamiste qui avait cours à Alger pendant la guerre civile : « vous avez plusieurs siècles de retard ! »

L’épopée des croisades fait partie de l’histoire de l’Occident et du roman national de notre pays « fille aînée de l’Eglise » dont le récit s‘est perpétué sur les bancs de l’école de la République laïque. Elle s’inscrit dans une histoire où se mêlent des enjeux religieux, géopolitiques, économiques, militaires et humains. Et toute histoire est tragique, quel que soit le pays.

Enfin, il est peu probable que des actes de repentance changent quoi que ce soit à la situation actuelle, sauf s’ils sont réciproques, et présentés comme tels, dans les programmes scolaires de tous les pays concernés. Mais je ne vois pas les islamistes se repentir de ce qu’ils font « au nom de la foi », ni des gouvernements piétiner ainsi des mythes qui leur sont utiles pour se maintenir au pouvoir…

Pour un roman national contrôlé par la démocratie

La plupart des pays entretiennent un « roman national », souvent mythique et qui déclenche parfois des folies.

Il suffit de regarder parmi les plus récentes la guerre menée par la Russie en Ukraine au nom de l‘histoire russe, ou les menaces de la Chine de Xi Jinping sur Taiwan, sans oublier, plus loin dans le temps, Bismarck ou, en encore plus exagéré, Hitler.

Ces romans nationaux se sont souvent construits indépendamment de toute vérité historique.

Celui des États-Unis en est un exemple avec l’image entretenue de terre de liberté suite à leur émancipation du colonisateur anglais, leur « mission divine » avec les « Pères pèlerins » ou encore l’imagerie colportée par le cinéma d’Hollywood des valeureux cow-boys contre les méchants Indiens, autant d’épisodes qui masquent le rôle des Français et le massacre des populations indigènes.

Ce roman américain est aujourd’hui remis en question par la gauche du parti démocrate, déclenchant une virulente réaction trumpiste, qui pourrait aller jusqu’à remettre leur héros au pouvoir.

Néanmoins « un roman national » sérieux serait utile, notamment pour l’intégration de l’immigration, nécessaire à mon avis et de toute façon inévitable.

La démocratie, avec sa liberté d’opinion et d’expression apporterait un garde-fou aux éventuels excès de ce roman national.

Yves Montenay

5 commentaires sur “Les croisades, du roman national aux islamistes”

  1. Il ne faut pas oublier que, sans les conquêtes arabes de la Palesine, il n’y aurait sans doute pas eu de croisades.

  2. Difficile d’envisager une formule plus claire et plus objective.
    L’opinion personnelle sur l’Histoire ne peut intervenir qu’au terme d’une recherche factuelle et sociologique. Tout autre type d’opinion est voué au mensonge, voulu, et ça s’appelle de la démagogie, soit involontaire et ça s’appelle l’insuffisance.
    Le trouble viendra longtemps encore des politiques qui oscillent entre les deux catégories ci-dessus. Exactement comme on n’admet pas l’évolution cosmique en la reportant sur une influence exclusivement humaine, privant ainsi les humains d’une chance, non pas de survivre, mais de mieux comprendre leur rôle, essentiellement fugace.

  3. Vous avez entièrement raison avec  » Personnellement, je ne pense pas que cette repentance pour ses nos lointaines croisades diminuera l’hostilité des islamistes ». La repentance engendrera au contraire l’hostilité: ce sera un piège sans fin, puisque ceux qui détestent l’Occident ne sont pas dans une logique de dialogue mais dans une logique de guerre. Si l’Occident recule, ses ennemis avanceront. Ce sera exactement pareil avec l’esclavage: si les Occidentaux s’excusent en permanence leur passé de traite négrière, ils donneront l’occasion aux Arabes de faire oublier leur propre traite négrière qui a été beaucoup plus longue et beaucoup plus importante quantitativement que celle de l’Occident. Et cela permettra aussi aux États africains actuels de faire oublier que les traites n’auraient jamais existé si les rois ou seigneurs passés n’avaient pas réduit en esclavage une bonne partie de leurs sujet noirs (pour en faire commerce.ou non)

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