L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme

L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme

Le « décolonial » est à la mode » dans l’intelligentsia française, plus que jamais avec la nomination récente du professeur Fauvelle et d’Emilie Delorme, respectivement au Collège de France et au Conservatoire national de musique. Mais aussi dans les faubourgs de Bamako, dans les programmes scolaires du Nord comme du Sud.  Et dans la bouche président français avec la formule « Le colonialisme a été une faute de la république ».

… Il est donc intéressant d’écouter un Africain disant exactement le contraire !

Chronique de « L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme » de Kakou Ernest Tigori.

Kakou Ernest Tigori, l’auteur

Kakou Ernest Tigori est né en 1961 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Détenteur d’un diplôme d’ingénieur à l’Inset de Yamoussoukro, il travaille dans les transports publics à Abidjan jusqu’en 2008 où il est, dit-il, « licencié sans droits, condamné et persécuté pour avoir dénoncé publiquement les détournements massifs des deniers publics organisés par les dirigeants de la Sotra (Société des transports abidjanais) ». Il obtient son « salut » grâce à un visa Compétences et Talents lui permettant de gagner la France en 2009. Il se « considère en exil, dans l’attente d’opportunités pour un retour en toute sécurité en Côte d’Ivoire ».

Sélection d’ouvrages de Tigori

« Pour la Côte d’Ivoire », essai, 1999,
« Pauvre Afrique », essai, 2005,
« Le Souverain noir », roman, 2013 (Prix Mandela de littérature 2017)

et le livre que je présente ici :  « L’Afrique à désintoxiquer », essai de 2018, paru en janvier 2019 aux Éditions Dualpha dans la  Collection « Vérités pour l’Histoire »  et pour lequel il était interviewé par TV Libertés en février 2019 :

« L’Afrique à désintoxiquer » en résumé

Ce qui suit en est un résumé le plus fidèle possible. J’ai rajouté d’éventuelles précisions ou exemples entre parenthèses.

Sauf indication contraire, les pays évoqués sont ceux des anciennes colonies françaises de l’Afrique subsaharienne et leurs voisins, principalement le Ghana.

Carte colonisation en Afrique

Fil conducteur

L’idée générale de l’ouvrage est que l’histoire de l’Afrique est ignorée, non pas, comme beaucoup le disent actuellement, par ignorance et dédain des Européens, mais pour une raison totalement différente : l’action de « la gauche révolutionnaire instrumentalisée par les stratèges staliniens à partir de la décennie 1940. ».

Or rétablir l’histoire réelle renverse totalement le point de vue aujourd’hui dominant.

En effet cette histoire a été établie par la propagande soviétique pour « contourner le capitalisme par le sud », l’Europe étant censée être ruinée si elle perdait ses colonies. Cette propagande a visé la génération des futurs dirigeants des pays africains indépendants. Certains pour le malheur de leur pays ont gardé leurs convictions « révolutionnaires », tandis que d’autres rompaient avec Moscou.

Partant de là, la période précoloniale, la colonisation et les indépendances prennent une tout autre figure. Mais les programmes scolaires et discours politiques restent sur la vision soviétique lancée à cette époque.

Ouvrons maintenant le livre.

Les remerciements et l’introduction

Les remerciements sont significatifs : les dirigeants de Singapour, du Botswana, du Ghana post N’Krumah «gouvernants vertueux » et, parmi les intellectuels, René Dumont et Axel Kabou (dont j’avais en son temps apprécié le livre « Et si l’Afrique refusait le développement ») et tout ceux qui « dénoncent l’inconséquence des élites politiques intellectuelles de l’Afrique Noire »

L’introduction est dans le même ton « quand une communauté connaît la régression socio-économique pendant de nombreuses décennies, il ne faut pas aller (en) chercher les principales causes ailleurs que dans les capacités de ses élites politiques et intellectuels. Cette simple vérité est valable pour toute société y compris l’Afrique

L’Afrique combattante sous la tutelle de la gauche révolutionnaire

Un bref rappel bien documenté de l’histoire des décennies précédant les indépendances rappelle le règne intellectuel de la gauche « internationaliste » française. Cette dernière forme les futurs intellectuels et politiques africains dans la décennie 1940, alors que la gestion coloniale n’avait alors pas duré plus de 30 ans en général (les dates sont variables selon les pays).

S’ensuit la guerre froide : L’URSS et les États-Unis essaient de dépecer l’héritage colonial de l’Europe affaiblie par les 2 guerres mondiales, et se concurrencent en Afrique jusqu’à l’écroulement de l’URSS en 1990.

L’URSS s’appuie sur les intellectuels communistes français, après un début de prosélytisme communiste par certains fonctionnaires coloniaux (dont mon grand-père, qui me l’a raconté en détail). Dans toutes les grandes villes africaines se créent des cercles d’études marxistes où l’on retrouvera les acteurs des indépendances.

La conférence de Brazzaville organisé par De Gaulle en 1944 autorise la création de syndicats par des Africains ainsi que leur implication progressive dans la conduite de leurs affaires. C’est ainsi qu’André Latrille, gouverneur de la Côte d’Ivoire et sympathisant communiste aide Houphouët-Boigny à fonder le syndicat agricole africain.

La valeur de ce chapitre vient des innombrables citations des « instructeurs » et des « convertis ». Chaque pays de l’Afrique « française » était bien encadré. Le Parti Communiste Français redouble sa pression sur ces « élèves » lorsqu’il se voit chassé du pouvoir en France et cherche un relais en Afrique.

Mais le rêve de transformer l’Union française en nouveau Vietnam va échouer dans la plupart des pays lorsque beaucoup de « convertis » rompent avec Moscou : Senghor dès 1946, puis bien d’autres, dont Houphouët-Boigny, grâce notamment à l’action du sénateur Étienne Djaument, aujourd’hui oublié.

De même pour les intellectuels

Le Parti Communiste Français a également formaté les intellectuels « phares » à partir des années 1940, dont Aimé Césaire, qui a lancé des formules toujours en usage aujourd’hui du « colonialisme, exploitation éhontée de pillage des ressources » et laissant supposer une ancienne Afrique Noire édénique et pacifique, sans esclavage ni trafics humains… alors qu’à l’époque de ces textes, les Africains un peu âgés se souvenaient de l’interdiction de l’esclavage et des sacrifices humains par les Européens.

Comme ses amis politiques, Césaire rompt avec le communisme en 56, « plongé dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte » et devient un adepte de la départementalisation, mais ses discours précédents restent toujours diffusés dans les programmes scolaires et universitaires.

Mais pour les intellectuels, « Peu importent les mensonges, l’appui de Moscou donne la notoriété internationale. Il faut répéter que l’Afrique n’est pas responsable de son sort, y compris après les indépendances du fait du néocolonialisme », ou que « pendant des siècles les Blancs sont allés capturer des Noirs pour les déporter et les réduire en esclavage ».

Le livre du Malien Yambo Ouolguem, Le devoir de violence, prix Renaudot 1968, est retiré de la vente sous la pression du Parti Communiste Français parce que plus nuancé, évoquant notamment les chefs locaux qui vendent leurs sujets aux marchands arabes et occidentaux. Son auteur est harcelé jusqu’à la dépression.

Mésaventure analogue pour Axel Kabou. Les Européens se sont même accusés d’avoir créé de toutes pièces les divisions tribales (je l’ai effectivement entendu de mes oreilles). Ce courant est représenté en France par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Autre témoignage que je partage avec Ernest Signori : dans les années 1960, on entend : « Quand est-ce que ça finit l’indépendance ? ». C’est oublié aujourd’hui, mais mourir traversant la Méditerranée traduit la même déception.

Une avalanche de citations de ses discours permet de suivre la carrière de Kwame N’Krumah et notamment de ses tentatives répétées d’instaurer un panafricanisme marxiste dont il serait le chef. Nouvel échec. Par contre N’Krumah dirigera et ruinera le Ghana. Même Frantz Fanon finit par le désavouer ! Néanmoins ses discours flamboyants sont encore rappelés avec émotion aujourd’hui.

La conclusion de cette première partie du livre est que, pour le malheur de l’Afrique, cette vision d’histoire est officielle et enseignée, avec l’appui intellectuel d’une bonne partie des universitaires du Nord, et notamment des Français.

D’où une vision du monde et de la France largement contraire à la réalité, ce qui conduit beaucoup de dirigeants africains à faire des erreurs stratégiques (je rajoute : comme aujourd’hui les réactions des populations du Sahel gobant la propagande disant que les troupes françaises qui défendent « sont là pour voler notre or »).

Une histoire africaine « désintoxiquée » de la colonisation

A ces fables devenues officielles, l’auteur oppose une histoire que je vais schématiser, mais qui est appuyée également par de nombreuses citations et témoignages.

Les Européens s’implantent pacifiquement sur la côte africaine, en général en louant le terrain sur lequel s’installent, et développent le commerce avec les dirigeants locaux, commerce qui comprend certes l’achat d’esclaves à ces derniers. S’ensuit un intérêt des populations pour ces nouveaux venus, et particulièrement de la part des tribus vassalisées par des empires locaux (que l’histoire officielle idéalise). Ces tribus finissent par demander la protection des Européens et apprécient la fin de l’esclavage et un début d’administration.

Les très rares combats menés par les Européens ont lieu à l’occasion de la réaction des autorités de ces empires. Tout un chapitre développant ces idées traite, à titre d’exemple, de l’histoire de « l’espace culturel des Akans » et notamment du royaume Ashanti.

Il « dédramatise » ainsi le terme de colonisation : « Il est important de souligner que toute l’histoire de l’humanité est faite de colonisation, et que l’Afrique noire n’a rien subi de particulier. Par ailleurs, contrairement à l’intoxication communiste, la colonisation fut globalement très bénéfique à l’Afrique ».

Il rappelle que la défense des intérêts de chaque pays (dont la France) dans d’autres pays est un comportement naturel et universel (comme à mon avis en témoignent les actions américaines, puis chinoises, russes et autres en Afrique aujourd’hui). Il rappelle que le néocolonialisme est un terme inventé par N’Krumah en 1965 pour cacher son échec à la tête du Ghana.

Dans ce contexte, les termes du néocolonialisme et de Françafrique perdent leur caractère « scandaleux ».

Autre « désintoxication » historique : l’esclavage et la traite

Un autre chapitre relativise la traite négrière en rappelant l’histoire de l’esclavage dans le monde et en Afrique, où il décrit des traites très antérieures à l’arrivée des Européens.

Traite inter-africaine d’abord, avec par exemple le cas de deux bisaïeules de l’auteur, qui étaient des esclaves Sénoufo achetés par des Agnis dans l’actuelle Côte d’Ivoire.

Traite également vers le Maghreb (la traite arabe en Afrique orientale, plus massive que celle vers le Maghreb ne concerne pas les pays traités dans ce livre).

Traite européenne enfin, qui s’est faite en commerçant avec des États africains indépendants, aujourd’hui magnifiés par l’histoire officielle.

Il souligne également que les Européens ont été les premiers anti-esclavagistes, intellectuellement d’abord, puis concrètement à partir de la première moitié du XIXe siècle pour ceux qui intervenaient en Afrique, des États-Unis étant retard dans ce domaine.

Au passage, il salue l’histoire telle qu’elle est enseignée au Nord où aucun pays ne cache ses « faces sombres » et exhorte les Africains à faire de même pour l’histoire précoloniale et postcoloniale.

La « désintoxication » de l’histoire économique

Concernant le rôle réputé négatif du Fond Monétaire International (FMI) en Afrique, il développe les rapports de cette institution avec Samora Machel, dirigeant du Mozambique à partir de 1974, pour illustrer que c’est ce dernier qui est responsable du mauvais état de son pays… qui a fini par abandonner plus tard le socialisme.

Suit un panorama des échecs économiques des gouvernements africains. Échec nié car « les indicateurs économiques (notamment ceux du FMI) sont inadaptés à l’Afrique, ce qui compte pour la population c’est d’avoir un sentiment de plénitude »… sentiment qui ne semble pas général, comme en témoignent les risques que prennent les migrants pour rejoindre l’Europe.

De même pour les religions importées et la balkanisation de l’Afrique

Quant aux méfaits « des religions imposées par les Européens », il remarque que le christianisme n’a pas empêché la Corée de se développer (et je rajouterai que les côtes chrétiennes du golfe de Guinée sont plus développées que l’intérieur animiste puis musulman).

Concernant les méfaits du racisme qui aurait plombé l’Afrique, il rappelle que ce dernier est une attitude générale dans le monde et qui ne vise pas seulement les noirs, comme l’a illustré l’épisode nazi.

Enfin, pour ce qui concerne « la balkanisation » de l’Afrique tant reprochée aux Européens, il rappelle que ces pays étaient parfaitement libres de s’unir après les indépendances, qu’il y a eu quelques essais, mais qu’ils se sont heurtés aux équipes ayant pris le pouvoir dans chaque pays, et qui voulaient le garder. Ce sont ces équipes, et non des Européens, qu’il faut blâmer pour cela.

On est évidemment très loin du récit anticolonial dominant ! « Dominant » rajoute l’auteur, car beaucoup d’Européens et d’Africains s’aperçoivent qu’il est utile à leur carrière et leur  donne notamment l’accès aux médias.

La stratégie de la gauche révolutionnaire

Les échecs économiques du marxisme et l’attachement des Africains à leurs religions (les traditionnelles, l’islam, le catholicisme et les divers protestantismes) obligent la gauche révolutionnaire à mettre en avant d’autres thèmes que le développement et l’athéisme. Elle a choisi l’anticolonialisme, et semé la haine de la France auprès des Africains qui sont maintenant piégés psychologiquement et cela non seulement en Afrique, mais aussi en France où on apprend aux migrants que c’est la France qui est responsable de la misère de leur pays d’origine.

L’auteur voit là une des origines du terrorisme, beaucoup plus importante que la religion musulmane. La gauche révolutionnaire est donc une menace pour la nation française tout autant que pour l’Afrique.

Une administration coloniale non remplacée

Le livre « L’étrange destin de Wangrin » d’Amadou Hampaté Bâ décrit l’administration coloniale comme « une affaire de blancs » étrange et bienveillante. La motivation de l’indépendance était davantage la fierté et la dignité que la prise en charge du travail de cette administration.

Or à l’indépendance, il a fallu remplacer brusquement les anciens cadres. Les nouveaux venus, souvent incompétents, ont fait de l’administration une affaire privée. Il n’y a aucune responsabilité des Européens dans ce fait. L’auteur estime donc nécessaire « la nationalisation de l’État » et le retour à un État de droit, occidental ou coutumier.

Le fait de constater que les plus riches sont les agents de l’État devrait faire réfléchir. Les élites africaines ne font que semblant de faire fonctionner l’État et de pratiquer la démocratie, notamment pour plaire aux bailleurs de fonds.

Il faudrait donc rapidement d’importantes réformes.

Les réformes à entreprendre d’urgence

Le plus important serait le retour du civisme, puis la mise en place de l’État de droit. À partir de là on pourra envisager des réformes précises, comme le droit de demander un référendum en cas de dérive des gouvernants, ou la réaffirmation des droits des parlements et du pouvoir judiciaire.

Sur le plan économique, l’Afrique allait bien mieux à la fin de la colonisation qu’aujourd’hui, comparativement au reste du monde (l’exemple plus célèbre est celui de la Corée du Sud qui était au niveau de l’Afrique au début de l’après-guerre).

Cet effondrement est en général évalué monétairement, mais c’est un effet et non une cause. Les causes profondes sont les dévalorisations des métiers de base : boucher, mécanicien, électricien, instituteur, menuisier, chauffeur, maçon… On essaie d’échapper à cette dévalorisation par une course ruineuse aux diplômes, mais ces derniers ne correspondent pas aux besoins de l’économie.

Dans le même esprit, il faudrait cesser de confisquer les revenus de l’agriculture qui était et reste encore largement la base de la production.

Il faudrait enfin s’occuper des infrastructures et de la démographie. Beaucoup de « responsables » attendent avec orgueil les 2 milliards d’Africains prévus pour 2050, au lieu de penser aux infrastructures notamment scolaires que cela demandera. Et de toute façon ce n’est pas le nombre en lui-même qui leur apportera la prospérité ou l’influence dans le monde.

En conclusion : retour à la réalité historique, ouverture et tolérance

Toutes les civilisations ne se valent pas, comme c’est illustré à toutes les époques par l’appel à des spécialistes étrangers, par exemple égyptiens en Israël sous le règne du roi Salomon (et spécialistes chrétiens européens dans l’empire turc).

C’est également illustré à la Renaissance par les emprunts intellectuels de l’Europe occidentale à l’Antiquité. Il n’y aura donc rien d’anormal à ce que les Africains empruntent à la civilisation européenne.

Et pour cela il faut éradiquer la haine semée par la propagande anticoloniale, et donc sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme.

Yves Montenay

9 commentaires sur “L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme”

  1. Bonsoir,
    Les 13 ans vécus au Cameroun (1978-1991) m’ont énormément appris sur ce qu’avait été la colonisation et sur ce qu’on en disait sur place et en France.
    La colonisation n’était pas une idée en or pour le pays de la déclaration des droits de l’homme. C’est un fait.
    Elle n’a cependant pas été aussi horrible que certains le disent aujourd’hui, noirs ou blancs.
    Sur place j’ai connu des familles qui avaient eu des esclaves quelques décennies plus tôt et qui parfois traitaient leurs domestiques comme des esclaves.
    J’ai constaté la corruption à plusieurs niveaux. En allant au marché on pouvait voir des sacs de riz à la vente au détail ou non avec encore la mention FAO dessus. Certains responsables se vantaient d’avoir mis leurs familles à l’abri du besoin pour plusieurs générations. J’ai constaté beaucoup d’abus. C’était il y a plus de trente ans. Disons qu’il y a prescription.
    Personnellement, même si la notion de colonisation me dérange profondément, quand un ressortissant africain fait des réflexions sur les blancs et ce qu’ils ont fait en Afrique, je le regarde doit dans les yeux et je lui pose la question suivante :
    si les pays d’Afrique avaient été plus avancés techniquement que les pays d’Europe au 17eme, 18eme, 19eme et 20eme siècles, ils auraient très vraissemblablement colonisé l’Europe, non ? Pensez-vous que des colons noirs auraient été plus amicaux que les blancs ? Personnellement je ne le pense pas car il suffit de voir comment vous vous comportez entre noirs pour savoir que vous pouvez être encore bien plus terribles que nous !!! En général mon petit laïus passe bien. J’ai même eu droit, de la part d’un Camerounais à une exclamation que j’ai souvent entendue sur place : « Cette femme-là alors ! »

  2. J’ai lu le livre d’Ernest Tigori: il est à lire par tout le monde et aussi dans les écoles! Petite fille de la colonie belge, je n’ai vu que des gens heureux autour de moi; adulte au Zaïre de Mobutu, j’ai vu la corruption et les violences exploser. Actuellement, des amis sur place manquent de tout… les vieux regrettent la colonie.
    Lisez Tigori et vous aurez un aperçu de l’histoire très agréable à lire et enseignant la DIGNITE

  3. Plus globalement, j’aimerais bien que les militants prétendus « anticolonialistes » occidentaux d’aujourd’hui (appelés »postcoloniaux » ou « décoloniaux ») nous donnent des exemples de peuples, communautés, nations, etc, n’ayant jamais essayé (ou réussi), dans l’histoire humaine, à coloniser les territoires ou les populations qui leurs étaient proches (ou lointaines). Si le repentance devait devenir une règle politique internationale, j’ai bien l’impression qu’elle s’étendrait à tout le monde…..

  4. Je n’ai pas eu moi-même d’expérience en Afrique, ni de relations vivant là-bas pour avoir un jugement personnel factuel sur ce livre. Mais je retiens les faits évoqués sur l’ancienneté des pratiques d’esclavage sur la bataille idéologique de la gauche révolutionnaire, et regrette vraiment que ces points de vue n’aient pas plus d’opportunités d’être rendus très accessibles, dans des émissions de grande écoute, confrontant des points de vue également argumentés d’opposants à cette vision. Mais la propagande est incontournable;, il faudra beaucoup d’effort, et un peu de chance, pour trouver un jour un leader/ une « star » pour faire entendre cette voix. Je vais lire ce livre et jouer mon petit rôle. Merci pour cette note.

    F. Lainée, animateur de « Le pouvoir, autrement », NC France

    1. « L’ancienneté des pratiques d’esclavage », est étudiée de façon approfondie par l’historien sénégalais musulman Tidiane N’Diaye, dans son ouvrage « Le Génocide voilé ». Il y explique comment les Arabes ont pratiqué un esclavage avec émasculation systématique des hommes noirs, pendant des siècles. Ses évaluations chiffrées sont instructives, également pour comprendre que ce continent n’ait pas pu progresser du fait de ces millions de disparus…

  5. J’ai vécu en Côte d’Ivoire à la fin des années 60. J’y ai été très heureux entouré d’Ivoiriens qui étaient des techniciens en informatique (à cette époque plutôt mécano-comptable). J’avais du personnel africain à la maison, dahoméen et voltaïque (aujourd’hui Béninois et Burkinabé) comme chez mes amis expatriés ils préféraient travaillés chez nous que chez de riches Ivoiriens, ils avaient au moins un jour de congé par semaine et des vacances pour retourner dans leur pays et étaient mieux payés. Mon gardien Voltaïque est revenu avec une épouse. Cela ne signifie pas que c’était la joie et la richesse chez tous les Ivoiriens, mais est-ce que ça l’est chez nous aujourd’hui ?

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