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L’islam ébranlé dans les pays musulmans ?

Nous parlerons ici de la situation des pays les plus connus des Français et qui jouent un certain rôle dans notre environnement géopolitique, c’est-à-dire ceux de la région qui va du Maroc à l’Iran.

Ces pays sont en grande difficulté : guerre totale en Syrie, guerre civile en Libye, soulèvement en Iran, émeutes « anti confessionnelles » en Irak et au Liban, remous en Arabie et en Algérie, fond de décor trouble au Maroc, en Turquie, en Égypte et en Tunisie.

La région connaît de graves difficultés économiques, voire de véritables catastrophes, auxquelles s’ajoutent des problèmes spécifiques à chaque pays. Et voici qu’un point commun commence à apparaître : la mise en cause de l’islam. Du moins tel qu’il est encadré, voire instrumentalisé.

L’autoritarisme et l’échec économique des gouvernants

La quasi-totalité du monde arabe ainsi que ses voisins immédiats, la Turquie et l’Iran, sont en difficulté sur le plan économique, et l’autoritarisme n’a même plus l’excuse de l’efficacité, contrairement, par exemple, à la Chine.

carte Moyen Orient

Il n’y a guère que le Maroc qui soit en croissance, insuffisante certes pour résoudre ses problèmes, ce qui le met néanmoins largement en tête. Ensuite vient la Turquie, pays le plus développé de la région, actuellement en stagnation, tandis que la Syrie détruite et l’Iran boycotté sont les derniers de la liste.

Le Maroc part de très bas, progresse honorablement, mais insuffisamment pour employer l’ensemble de sa jeunesse, diplômée ou non, notamment du fait des déficiences du système scolaire, aggravée par l’arabisation maladroite, et (à mon avis) par la non reconnaissance du français qui est une des langues de fait du pays.

J’exagèrerais à peine en disant que l’Algérie a été sciemment empêchée de se développer par ses gouvernants. En effet ces derniers ont considérablement freiné la production intérieure de manière à la remplacer par des importations payées par l’argent du pétrole sur lesquelles le groupe au pouvoir prélevait une dîme, s’ajoutant aux autres sources de corruption.

Or le maintien du prix du pétrole autour de 60 $ le baril depuis un certain temps ne suffit pas à financer la vie quotidienne du pays.

La corruption généralisée a généré de soulèvement actuel (« le hirak »), qui aboutit à l’élimination du « clan Bouteflika » par les militaires, dont le candidat, Abdelmadjik Tebboune, vient d’être élu président, ce qui ne résout pour l’instant aucun problème. Par ailleurs les déficiences de la scolarisation sont les mêmes qu’au Maroc

La Tunisie, dont le développement passé a été honorable, est engluée dans des difficultés économiques découlant en partie de « l’ancien régime » clanique et corrompu, et en partie de l’impact des attentats sur le tourisme.

La Libye est en pleine guerre civile :  le gouvernement, plus ou moins légal et reconnu par l’ONU, du président Fayez el-Sarraj ne contrôle qu’une petite partie du territoire. Le reste, dont les zones pétrolières, est contrôlé par le général Haftar, soutenu notamment par l’Égypte et la Russie (et, disent certains, par la France) qui essaye de prendre la capitale Tripoli,  alors que la Turquie annonce voler au secours du président Sarraj. Cette rivalité masque une multitude de clans et de milices locales, dont des islamistes.

Frères Musulmans

Le pays le plus peuplé de la région, l’Égypte, voit son développement freiné par le poids de l’armée et son contrôle de la vie économique sous la poigne du président, l’ex-général Sissi. Le gouvernement des Frères musulmans avait exaspéré les Égyptiens qui ont été dans un premier temps heureux que l’armée reprenne le pouvoir.

Le Soudan sort de décennies sanglantes de guerre civile et de répression et a perdu le pétrole de son voisin du Sud, qui a fait sécession. La population espère que le nouveau gouvernement mixte civil–militaire sera plus efficace que le pouvoir islamiste du président Béchir.

 

En Asie, à part la Jordanie toujours en équilibre précaire du fait des réfugiés palestiniens et maintenant syriens, qui résiste honorablement grâce à l’aide financière internationale, la situation est catastrophique.

La Syrie est détruite matériellement et humainement par des années d’une guerre particulièrement féroce.

D’un côté se trouve le gouvernement contrôlé par la petite minorité alaouite (une variante du chiisme) et soutenu par l’Iran et la Russie. Après avoir frôlé la défaite, le président Assad a repris le contrôle de presque tout le territoire, probablement au prix d’une vassalisation envers la Russie et l’Iran.

Dans l’autre camp se trouvaient des démocrates, puis des mouvements islamistes variés, dont l’Etat islamique. Ce dernier a été vaincu par les Kurdes qui viennent d’être lâchés par les Américains. Ils sont maintenant attaqués par l’armée turque et donc obligés de se rallier au pouvoir alaouite.

L’ensemble du pays est largement détruit, et les zones encore contrôlées par l’armée turque et ses supplétifs font encore l’objet de combat et d’épuration ethnique.

L’Irak a été dévasté par la lutte contre l’État islamique et le nord du pays est largement détruit. Le gouvernement en place semble incapable de redresser le pays et la population s’est donc là aussi soulevée. Avec un reproche supplémentaire aux politiciens : leur soumission à l’Iran. L’Irak est parsemé de lieux de culte chiites attirant des foules de pèlerins iraniens, mais ces derniers sont de moins en moins reçus comme des clients et de plus en plus comme des occupants.

L’Iran, dont le peuple vient de subir une répression sanglante, est ruiné de plusieurs façons par ses dirigeants. La corruption est aggravée par le contrôle par les « gardiens de la révolution » des circuits commerciaux avec l’extérieur, et notamment celui de l’énorme contrebande contournant les sanctions américaines.

Ces sanctions sont elles-mêmes la conséquence de décisions gouvernementales iraniennes : la poursuite de la construction d’armes nucléaires assorties de menaces contre Israël alliée des États-Unis, et la poursuite d’une politique étrangère expansionniste tentant d’annexer de fait l’Irak, la Syrie et le Liban (via le de la Hezbollah chiite) et de piloter le Hamas à Gaza. Bref « d’assiéger Israël » ce qui est une façon supplémentaire d’attirer l’hostilité américaine.

Et cette politique étrangère coûte très cher en subsides aux « clients », en fourniture d’armes et en présence militaire, ce qui appauvrit encore les citoyens et leur donne une raison plus de révolte : « donnez-nous à manger au lieu de dépenser des fortunes pour vous implanter chez nos voisins ».

Les observateurs de l’Iran soulignent que le mécontentement économique ne fait qu’aggraver une opposition plus profonde au régime, considéré comme favorisant abusivement le clergé musulman et son soutien par les « gardiens de la révolution ».  Cette opposition a gagné la partie déshéritée de la population qui avait pourtant initialement soutenu cette « révolution islamique ».

La Turquie paie cher le comportement de plus en plus clanique de son président de plus en plus ouvertement islamiste. Ce dernier fait un effort très important de ré-islamisation de ce pays en principe laïque, avec notamment la multiplication des écoles religieuses. Mais la répression a décapité de nombreuses entreprises et découragé les investisseurs étrangers, tandis que la politique monétaire suit les caprices du président. La grogne économique pourrait surgir là aussi.

Le Liban pose ouvertement le problème religieux : chrétiens de toutes obédiences, druzes, sunnites et chiites veulent pouvoir bénéficier d’une vraie citoyenneté libanaise et non pas être rattachés par leur naissance à des systèmes juridiques et sociaux religieux contradictoires, voire ennemis. Et là aussi l’échec économique et la corruption des politiques nourrit la contestation.

La péninsule arabique, elle, n’a en principe pas de problèmes économiques, croulant sous l’argent du pétrole.

Les pays qui la composent compliquent la géopolitique mondiale en finançant des mouvements islamistes, souvent d’ailleurs ennemis entre eux (les Frères musulmans sont par exemple honnis par l’Arabie, mais favorisés par le Qatar).

La richesse donne des esclaves étrangers à la population « de souche ». On a vu néanmoins le prince héritier d’Arabie contraint de faire quelques concessions à « la modernité » (droit de conduire pour les femmes, ouverture de quelques cinémas…).

Assiste-t-on à un recul de l’islam ?

Dans tous ces pays, l’islam est une composante importante de l’autorité, soit directement dans les pays islamistes (Iran, Turquie) soit indirectement du fait du comportement ostensiblement religieux du dirigeant (Égypte) ou du fait de l’influence de partis politiques islamistes (Algérie, Tunisie, Maroc, Libye. De plus l’islam a une autorité morale et sociale reconnue dans toute la région).

Or les autorités de ces pays sont remises en cause. Cela a fatalement des répercussions sur l’islam qui leur est associé.

Ainsi, The Economist du 7 décembre 2019 a publié un sondage du « Baromètre arabe » qui montre un recul de plusieurs indicateurs dans ce domaine de 2012 à 2018. Malheureusement il ne concerne que les pays arabes et laisse de côté la Turquie et l’Iran.

Ce sondage indique que la confiance envers les partis islamistes diminue partout et la chute est particulièrement forte en Algérie et en Irak.

Le nombre de ceux qui s’avouent « non religieux » augmente partout, particulièrement en Tunisie (35 %), même s’ils restent minoritaires.

La confiance dans les chefs religieux est également en recul général, particulièrement en Irak où elle passe de 65 à 40 %, et est maintenant minoritaire dans tous les pays.

Enfin le pourcentage de ceux qui vont à la mosquée même épisodiquement est également en recul général et devient minoritaire au Liban (où les musulmans sont maintenant très largement majoritaires du fait de l’exode des chrétiens). Ce pourcentage est tombé à 35 % en Irak et 25 % en Tunisie. C’est en Égypte qu’il reste plus élevé avec environ 70 % mais venant de 88 %.

Rappelons que toutes ces évolutions ont eu lieu en 6 ans seulement.

Au Turquie et en Iran, une fraction importante de la population n’était plus vraiment musulmane depuis longtemps, avec toutes les nuances entre un athéisme affirmé, l’agnostisme et une religiosité vague censée être « commune à toutes les religions ». Néanmoins les couches populaires, notamment rurales, restent attachées à un islam traditionnel.

Le basculement est possible en Turquie où le mécontentement économique s’ajoute à l’agacement, voire la fureur, de la partie laïque ou tout simplement politiquement libérale de la population et où le président et son parti au pouvoir n’ont qu’autour de 50% des voix lors des élections, grâce aux campagnes. Le pouvoir est maintenant minoritaire dans les 3 grandes villes du pays : Istanbul, Ankara, Smyrne.

En Iran la situation est plus dramatique : la répression est sanglante, alors qu’en Turquie on ne risque « que » le licenciement et la prison.

Cette répression permet de garder le contrôle du pays, mais accentue la haine envers le « régime des mollahs ».

Une partie des religieux a d’ailleurs toujours dit (et je l’ai entendu de mes oreilles) que donner à l’islam le pouvoir politique se retournerait contre la religion qui deviendrait tout aussi détestée que lui.

À ce recul des convictions musulmanes pour des raisons politiques et économiques qui semblent durables, s’ajoutent à mon avis des évolutions de fond.

 

Les autres raisons de l’évolution musulmane

Parmi les autres raisons aux évolutions de fond, il y a la connaissance du français et de l’anglais par les couches sociales supérieures, connaissance qui les mettent en contact d’une part avec les non-musulmans, d’autre part avec des musulmans « occidentalisés »

Et il y a ce que j’appelle « la protestantisation » : l’enseignement public a beau être de mauvaise qualité dans les pays arabes (en Turquie et en Iran, je ne sais pas), le fait de savoir lire change le rapport aux textes sacrés. Psalmodier par cœur certains passages du Coran en arabe est une chose, le lire tranquillement en arabe, turc ou farsi en est une autre.

Cette protestantisation mène au meilleur comme au pire, et en tout cas à des divisions infinies. C’est une raison de plus ne pas considérer l’islam comme un bloc comme on a souvent tendance à le faire, mais comme des idées de plus en plus diverses d’une personne à l’autre.

Dans les cas extrêmes, on constate le passage de certains musulmans à l’athéisme ou au christianisme, notamment par réaction à la cruauté de l’État islamique.

Plus nombreux sont ceux qui se « sécularisent » c’est-à-dire cantonnent la religion au domaine privé par opposition au politique, voire aux comportements sociaux, quitte à se faire violemment critiquer par les traditionalistes. C’est du moins le résultat d’enquêtes marocaines.

Dans ce contexte, d’un point de vue occidental, et probablement aussi du point de vue de la majorité des musulmans, la stratégie devrait être d’éviter de pousser des musulmans vers les djihadistes (avant-hier Al Qaïda, hier l’État islamique, aujourd’hui les groupes du Sahel, Boko Aram… et bien d’autres).

Malheureusement, au Nord, certains ont le réflexe inverse de diaboliser l’islam, ce qui renvoie les musulmans vers les activistes.

On peut penser ce que l’on veut de l’islam, mais il est contre-productif d’insulter des croyants.

Heureusement, les opinions publiques du Sud semblent être en avance sur leurs gouvernements qui, à force de s’appuyer sur l’islam, finissent par lui nuire.

Yves Montenay

Auteur des Échos du Monde Musulman

 

Crédit photo page d’en tête : H24Info.ma avec AFP

 

 

 

20 commentaires sur “L’islam ébranlé dans les pays musulmans ?”

  1. Votre constat est parfait et sans appel. L’islam a été créé par des homme intelligents et retors qui ont bâti un système dont on ne peut s’échapper et auquel la visibilité totale permanente ne permet pas d’échapper, qui se veut le meilleur et le seul vrai, divise le monde en croyants et infidèles, donne à l’homme son pouvoir masculin et à la femme un rôle prépondérant dans la permanence des traditions. Mais le tout sur un fond vaniteux de vieilles croyances moyen-âgeuses incapables d’assurer sa prévalence dans un monde nouveau mondialement communiquant où les femmes s’instruisent et s’indépendantisent et où la jeunesse, surtout l’intellectuelle, ne voit pas comment y tracer son avenir si ce n’est en s’expatriant. Je ne sais pas si l’islam est adaptable chez lui à cette modernité. Son pouvoir financier se tarira doucement au fil du temps, comme se tarirent jadis les finances de ses conquêtes, mais je ne sais ce qu’il deviendra réellement car sa puissance communicative est fantastique et ses masses humaines considérables.

  2. L’islam s’auto-élimine, il se suicide et tente de nous entraîner dans sa chute, c’est la fatalité du pétrole. Industrie, recherche, technologies, culture, il est absent de tout ce qui avance aujourd’hui. Il ne peut que mourir mais seulement après l’épuisement des énergies fossiles mais d’ici-là il aura fait de gros dégâts …

    1. C’est une lecture non diplomatique de mon article … Un auteur ne peut pas s’exprimer ainsi s’il veut convaincre, et pour cela être lu par des gens ne partageant pas son opinion. Sinon il est lu avec enthousiasme par des gens déjà convaincus, mais ne fait pas évoluer les autres …

  3. Si seulement cela augurait d’un renversement …
    Il a fallu combien d’années pour que les Catholiques arrêtent de voir le diable chez les protestants…
    Le mur de Berlin fut détruit alors que j’espérais mais n’imaginais pas cela possible du temps de mon existence…
    Alors, si la sagesse des croyants musulmans l’emportait sur l’obscurantisme, grâce à la formation et l’intelligence de la population … un grand espoir! que votre article permet d’envisager…
    Marie Thérèse (fille de Georgette Le Moal)

  4. Si vous pouviez avoir raison ! J’ai toujours pensé que les exactions de l’Etat Islamique, qui ne peuvent que révulser à jamais tout ce que les humains ont de raisonnable ne peuvent que les éloigner à jamais de tout espèce de sentiment religieux en rapport.

    Hélas, cela risque de prendre encore du temps. En attendant, les populations de cette zone géographique du monde, et on peut y inclure une bonne part de l’Afrique noire, sont à la fois en explosion démographique, et en échec économique total, la folie islamiste n’étant qu’un symptôme de la manifeste incapacité des sociétés du tiers monde à s’administrer elles mêmes.

    Il faut absolument s’isoler de ce chaudron et réaliser l’extrême danger qu’il y a à se mêler à cela, qui n’est que l’inéluctable désordre qui préside à l’instauration d’une autonomie qui ne se gagne que dans la solitude. On ne peut absolument rien pour ces gens, qu’il se débrouillent seuls.

    Un point d’histoire: en quoi ces gens nous ont ils aidé à régler nos propres problèmes, il n’y a pas si longtemps ?

    1. D’abord une précision technique : cette partie du monde n’est pas spécialement en explosion démographique : la Turquie, l’Iran, la Tunisie, le Maroc sont proche du taux de renouvellement et la population y croit comme celle de la France par vieillissement. En Algérie et en Égypte la croissance reste nette (autour de trois enfants par femme) mais c’est très inférieur à celle de l’Afrique subsaharienne.

      Je suis par contre tout à fait d’accord sur le fait que la folie islamiste est un symptôme de l’incapacité des sociétésÀ générer de vrais gouvernements

      Par contre je ne suis pas certain que l’isolement (de toute façon impossible, ne serait-ce que du fait d’Internet) soit la meilleure solution. Pour parler de ce que je connais le mieux, les couches francisées du Maghreb sont en grande majorité anti-islamistes. Grâce a notre langue et souvent à des liens familiaux ils sortent psychologiquement au « chaudron »

  5. Ok pour la Turquie et l’Iran mais le Maroc et la Tunisie à >2,3 enfants par femme restent des pays dont la jeunesse s’accroit et n’est pas employée. La Turquie est à 80, elle était à 65 en 2000 ! L’Algérie et l’Egypte c’est bien pire: >3 enfants par femme avec inversion de la transition démographique ! L’Egypte est dans le n’importe quoi absolu (>3.5) pour un pays saturé bientôt à 100 Millions.

    Ces populations s’accroissent de toutes façon à des rythmes qui ne sont pas soutenables et qui ne sont pas soutenus: une course vers l’abime. De plus, c’est eux qui vont se prendre et commencent déjà à se prendre l’encore plus folle croissance du sud du Sahara. Je vous trouve donc bien optimiste.

    Ok pour le terrible symptôme, donc. Pour l’isolement, je ne vois pas ce que l’internet peut faire contre, le porno ne change pas grand chose à la situation et comme vous le dites assez la francophonie diminue en importance au maghreb.

    C’est toute l’Afrique qui sombre, à part c’est vrai le Maroc, apparemment et encore. Les liens familiaux dont vous parlez c’est ceux qui les rattachent à leur diaspora qui ne leur sert de rien, bien au contraire: elle est une filière d’évasion en fait, et sa rupture ferait du bien à tous ces pays.

    1. Vous ne faites que développer mon propre message, mais sur un ton dramatique. En général on garde le terme explosion démographique pour des pays comme le Niger où il y a plus de sept enfants par femme, et d’une façon générale plus de quatre (en gros, l’Afrique subsaharienne). Quant aux chiffres en valeur absolue, ils comprennent le vieillissement.
      Le problème est économique, et derrière l’économie, de gouvernance. Quelle que soit la population, les hommes se donnent mutuellement du travail, sauf si l’économie est bloquée par des prédateurs ou des idéologues. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de jeunes, c’est la proportion de jeunes au chômage.

      Et puis, ce n’est pas le sujet de l’article. Il n’y a pas de lien entre fécondité et islam : pendant longtemps les pays les plus féconds du monde ont été le Ruanda et le Burundi catholiques, avec huit à neuf enfants par femme alors que l’Iran islamiste a eu 1,7 à 2, venant de beaucoup plus à l’époque pré-islamiste.

      La baisse de la fécondité dépend de beaucoup de choses, dont la plus importante est l’urbanisation et tout ce qui va avec, notamment la scolarisation. Elle dépend par contre peu de la religion.

      1. Le thème était les grandes difficultés des pays musulmans. La démographie est un facteur important, et même si il est difficile de l’affirmer, la relation entre re-islamisation et reprise de la fécondité est particulièrement inquiétante dans plusieurs pays. La question n’est absolument pas, comme je le mentionnais d’ailleurs, de vouloir corréler islam et fécondité, mais de noter certains phénomènes et l’inversion de la transition démographique, qui ne s’est produite que là est remarquable.

        De manière générale, le monde musulman, qui continue de se croire à l’écart du monde prend de plein fouet des évolutions qu’il ne comprend pas et se trouve actuellement en éruption. Piquant pour des peuples qui se flattaient de sagesse pendant les délires occidentaux du siècle dernier et qui doivent maintenant gérer des guerres civiles moyenâgeuses avec des criminels qu’on peut comparer aux nazis.

        1. La démographie musulmane inquiète les Européens pour des raisons que je comprends. Mais elle n’est pas la cause du désordre, d’autant que ce n’est pas une explosion. Les pays en croissance démographique rapide peuvent se développer économiquement rapidement. Ce fut le cas du Japon avant les années 90,Des 30 glorieuses en France, de nombreuses périodes des États-Unis etc. Normalement les hommes se donnent mutuellement du travail quelle que soit la population. J’aurais donc tendance à inverser la cause : c’est parce que les gouvernements sont calamiteux que la démographie est un problème !

  6. Ne pas oublier que l’un des plus grand pays musulmans du monde (sinon le plus grand, en population) est ..asiatique: l’Indonésie; et que les Musulmans sont nombreux en Chine, ou en Birmanie.
    Sans oublier le Pakistan ou l’Inde….

  7. A vous lire, on pourrait croire que le monde musulman est responsable de ce qui lui arrive. Or, si l’on se réfère aux propos de Roland Dumas, ce dernier, dès le début des années 2000, avait appris qu’il existait un plan, essentiellement ourdi par les Etats-Unis et l’Angleterre, pour déstabiliser, voire détruire un certain nombre de pays du proche et du moyen-orient. Roland Dumas, toujours lui, disait à qui voulait l’entendre qu’Israël tenterait de détruire tous les Etats voisins qui ne lui seraient pas favorables. On sait aussi que les Frères musulmans ont été financés en grande partie par la CIA et le MI6 et que dire aussi des hordes de mercenaires étrangers qui ont envahi la Syrie ?

    Je ne suis pas un spécialiste des pays arabes, à l’exception du Liban puisque ma première épouse était libanaise d’origine arménienne et qui m’avait apporté un éclairage particulièrement pertinent sur ce pays qui est effectivement rongé par la corruption de ses dirigeants toujours à cheval entre le monde arabe et l’Occident.

    Le point de départ, ou le coup d’envoi de cette campagne de déstabilisation et de destruction, fut les événements du 11 septembre dont la narration officielle n’a rien à voir avec la réalité mais qui ont servi de prétexte à l’invasion de l’Irak, un pays moderne et laïque avant qu’il ne soit détruit par les fous furieux étatsuniens face à une Russie encore chancelante et une Europe absente sur les plans militaire et diplomatique. On a eu ensuite le spectacle de destruction du pays le plus prospère d’Afrique, à savoir la Libye, puis ce fut au tour de la Syrie qui dut faire face à des hordes totalement étrangères, essentiellement d’Asie centrale. Quant à l’Iran, s’il n’a pas été attaqué, c’est du fait que depuis la guerre Iran-Irak, les dirigeants iraniens ont eu comme obsession le développement toujours plus poussé des armements de défense. Aujourd’hui, l’Iran est armé jusqu’aux dents. On sait que la guerre Iran-Irak fut déclenchée par Saddam Hussein qui fut soutenu par les Etats-Unis, qui se sont finalement retournés contre lui. Bien sûr, qui peut aimer le régime des mollahs en Iran. La présence de ces ecclésiastiques au gouvernement de ce pays est malsaine et elle bride le peuple qui finira par s’en affranchir mais, pour le moment, tant que ce pays est physiquement menacé, ce n’est pas le moment de changer de régime…

    Pour le moment, le chien enragé du monde n’est nullement le monde musulman que l’on essaye de manipuler au maximum. Le chien enragé du monde, ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui sont directement responsables de millions de morts depuis la fin de la seconde guerre mondiale ! Les volontés hégémoniques de ce pays passent par une destruction et une désorganisation d’une partie du monde qui refuse d’être vassale. Ce que nous pouvons observer n’est que la conséquence des actions de ce pays, pour l’essentiel.

    1. Il y a bien sûr toutes sortes de complots, et d’autres notamment de la part de la Russie. Mais en général les complots échouent parce qu’ils dépendent d’un enchaînement d’événements qui sont certes probablement liés un par un, mais dont la probabilité cumulée est faible (par exemple de 0,70 × 0,70 × 0,70 etc.)
      Et puis cela suppose que les personnes visées par le complot ne soient pas compétentes.
      Et puis surtout je n’aime pas les gens qui disent « c’est la faute des autres »

  8. Complots ? Il ne s’agit pas de complots mais de plans dont l’existence est parfaitement avérée. Renseignez-vous ! La plupart des Arabes, dans les pays arabes veulent vivre en toute tranquillité, comme tout le monde. Le cas des immigrés arabes dans les pays occidentaux est différent car ils comprennent de nombreux frustrés qui ne représentent rien à part leur bulletin de vote acquis à ceux qui les ont fait rentrer dans le pays.

    1. Un plan dont l’objectif est de déstabiliser un pays est un complot. Mais en fait les plans en question visent plus ou moins consciemment à faire de ces pays une démocratie à l’américaine. Ce n’est bien sûr pas une bonne raison, mais penser qu’un Américain veut détruire un pays pour le plaisir, alors que celui posera des problèmes me paraît être une mauvaise analyse. Et puis, plus généralement, un gouvernement sérieux n’est pas à la merci de plans extérieurs : le fond de la question est que les gouvernements ne sont pas sérieux, mais incompétents et prédateurs. Que des étrangers essaient d’en profiter, c’est dans la nature des choses. Mais les étrangers en question ne sont pas forcément occidentaux, et le sont même de moins en moins

      1. Mr.Charles Durand
        J ai lu avec attention votre commentaire, et oui les Etats Unis sont à l l’origine de cette destruction de la plus part des pays Musulmans

        1. Je suis toujours réservé face aux explications unicausales. Certes les États-Unis sont à la fois impérialistes et maladroits, notamment par ignorance (Ils ont longtemps agi comme si l’Irakien de base comprenait l’anglais), mais en Syrie et surtout en Libye les perturbateurs sont principalement russes et turcs. Et puis il n’y a pas que les étrangers : dans un pays, le gouvernement, le peuple, l’éducation nationale sont des facteurs fondamentaux : tout n’est pas de la faute des autres !

    2. Charles Durand (le pseudonyme est plaisant) se fait l’écho sans critique ni nuance de la propagande moyen orientale (coté arabe) typique, complètement à l’écart des réalités:

      – le complot israélien (à part l’Egypte et la Jordanie, tous les autres pays sont en guerre avec Israël)
      – le complot américain du 11 septembre (un attentat terroriste orchestré depuis l’afghanistan)
      – l’irak pays pacifique et moderne (une dictature cruelle qui a envahi l’iran et le koweit)
      – la libye pays prospère attaqué (en pleine guerre civile)

      C’est pas moi, c’est pas moi: l’antienne est classique et le terrible déni est à l’oeuvre, mâtiné de ressentiments haineux. Quelle tristesse; tout le moyen orient pense cela…

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