Guerre au Sahel : la France doit-elle partir ?

La guerre française au Sahel est en train de mal tourner. Les militaires français le disent depuis longtemps, l’Union Européenne vient de le confirmer lors de la réunion du 9 juillet à Ouagadougou. Nous sommes pris dans une toile d’araignée de trafiquants, djihadistes, politiques et milices…

Les populations du Sahel

Rappelons que le Sahel (« rivage » en arabe) est la rive sud du Sahara qui va du Sénégal à l’ouest au Soudan à l’est en passant par le sud de l’Algérie. Dans ce qui suit nous respecterons l’usage journalistique de limiter cette région à la Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad qui sont les États les plus fragiles et les plus touchés par le djihad islamiste.

Mais il ne faut pas oublier le sud de l’Algérie où l’on retrouve les mêmes populations et qui sert souvent de refuge aux djihadistes. Rappelons la typologie traditionnelle de ces populations, souvent à l’origine des comportements locaux.

Arabes, Berbères, Peuls …

Cette région est peuplée d’abord de tribus traditionnellement nomades, guerrières et commerçantes, arabes ou berbères comme les Touaregs ou les Peuls, fiers de leur rôle dans les royaumes musulmans précoloniaux.

Ces tribus se décrivent souvent comme ayant des ancêtres arabes ou du nord, sont fiers de leur peau plus claire et leurs silhouettes différentes de celles des populations sédentaires. Empreints de ce sentiment de supériorité, ces nomades vivent mal l’humiliation de se voir des citoyens de second ordre dans des États où ils sont très minoritaires.

Précisons que le « commerce » consiste largement en trafic de drogue, d’armes et de migrants dans une ignorance totale des frontières. Avant la colonisation, la traite humaine était celle des esclaves razziés chez les sédentaires. Le trafic actuel est donc d’une certaine façon un retour à la tradition pré coloniale. Cette « tradition » est une des raisons de l’animosité entre certaines de ces tribus et la population sédentaire.

Les membres de ces tribus étaient ou sont encore des éleveurs et leur nomadisme vient de la recherche de pâturages éphémères en zone aride où ils surgissent momentanément après une pluie locale. La pression démographique et peut-être le dérèglement climatique les poussent à aller vers le sud mieux arrosé, mais où ils se heurtent aux cultivateurs sédentaires. Deuxième raison d’animosité.

Les sédentaires

La région est également peuplée de tribus subsahariennes sédentaires, majoritaires dès qu’il y a des ressources stables en eau, elles aussi divisées par leurs langues et parfois des rivalités ancestrales.

Une petite minorité chrétienne et des groupes animistes coexistent plus ou moins bien avec un islam soufi ou maraboutique traditionnel et pacifique, mais aujourd’hui attaqué par des djihadistes d’inspiration, et parfois de financement, wahhabite.

Étant majoritaires dans l’ensemble des Mali, Burkina et Niger, ces sédentaires y détiennent en général le pouvoir politique (je laisse de côté le cas de la Mauritanie et du Tchad où les problèmes sont différents et moins aigus actuellement).

Cela se reflète dans la composition de l’armée et de la fonction publique, ce qui est une troisième raison d’animosité dans leurs relations avec les « nomades ».

Le moindre développement du Sahel

Le Sahel est donc humainement différent du reste du pays qui est sédentaire. À cela s’ajoute qu’il est éloigné des capitales et nettement moins développé.

Les capitales, et surtout leurs classes dirigeantes, sont scolarisées depuis longtemps et le français, langue officielle, y est largement pratiqué, ce qui joue sur les références intellectuelles. Les cadres chrétiens y sont nombreux. Tout cela à l’inverse d’un Sahel lointain, peu scolarisé, dont certains groupes sont traditionnellement hostiles … et électoralement très minoritaires.

S’y ajoute une image « jacobine » de ce que devrait être un pays. Cela peut venir de l’influence française ou tout simplement d’une dérive spontanée d’un pouvoir qui n’est pas totalement démocratique. Encore une raison d’animosité entre le pouvoir politique et un Sahel qui se pense différent, mais dont l’éclatement en groupes opposés permet au pouvoir central de jouer les uns contre les autres.

Enfin la corruption généralisée de la plupart des autorités de la base au sommet, ne prédispose pas à s’attaquer en priorité aux questions de développement, peu valorisantes dans tous les sens du terme. Fermer les yeux sur un trafic peut être plus lucratif.

C’est dans ce contexte que se sont développées au Sahel des violences d’origine très anciennes.

Pour en décrire l’historique, le plus simple est de suivre la carrière de Iyad Ag Ghali, un des principaux acteurs djihadistes, le vengeur des touaregs qui fédère les islamistes sahéliens.

Iyad Ag Ghali, fédérateur des islamistes sahéliens

Iyad Ag GhaliCe Touareg est à la tête d’une alliance d’unités djihadistes affiliées à Al-Qaida, Il a grandi lors des massacres perpétrés contre les siens par l’armée malienne, lors de la première rébellion touarègue (1962-1964).

Il commence sa carrière en intégrant la Légion islamique du colonel Kadhafi. En 1982, il est envoyé au Liban aider les fedayins palestiniens assiégés par Israël.

Il conquiert le 28  juin 1990 son fief de Kidal, dans le nord-est du Mali puis fonce 670  kilomètres plus au sud. Le président malien, Moussa Traoré signe un cessez-le-feu le 6 janvier 1991. On le dit  » acheté  » par ce président, puis par Amadou Toumani Touré, arrivé au pouvoir après le coup d’Etat de mars 1991.

Les rebelles signent le 11 avril 1992 le Pacte national qui prévoit notamment le développement économique du Nord, une décentralisation, et la démobilisation de leurs forces. Nommé conseiller du nouveau président Alpha Oumar Konaré (1992-2002), il est officiellement censé défendre les intérêts de sa communauté.

A la fin de la décennie 1990, Iyad Ag Ghali tourne au salafisme pour ajouter une dimension religieuse à son pouvoir. Il est alors proche de Mahmoud Dicko, influent imam wahhabite, qui présidera le Haut Conseil islamique malien à partir de 2008, donc un organe officiel, ce qui laisse perplexe sur les liens entre le pouvoir politique malien et ses supposés ennemis.

Iyad Ag Ghali engrange des sommes considérables en échange de ses bons offices pour la libération d’otages occidentaux – notamment les employés d’Areva en 2011 et 2013.

En 2006, il participe à un nouvel accord de paix à Alger entre l’État malien et les rebelles « pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal « .

Il passe au djihad fin 2011, quand les fondateurs laïcs du MNLA, Mouvement national pour la libération de l’Azawad (une partie du Nord-Mali) n’ont pas voulu de lui.

Il s’allie alors avec AQMI (Al Qaïda pour le Maghreb islamique) et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Le Sahel est désormais inondée d’armes en provenance de la Libye, suite à la révolution de  février 2011 et reçoit les combattants touarègues de Kadhafi. Il applique à la lettre la charia et fait détruire les mausolées soufis.

Début 2012, l’armée malienne évacue le nord du pays.

 

L’intervention française au Mali

A la demande du gouvernement malien et avec l’aval de l’ONU, François Hollande lance l’opération  » Serval «  en janvier 2013, qui deviendra « Barkhane » en août 2014, pour reconquérir le nord du Mali. C’est une victoire militaire.

 

Barkane au Niger
Fort de Madama – Niger, discussions entre paras du 3e RPIMA et militaires du 24e bataillon interarmes, 12 novembre 2014.
Photo de Thomas GOISQUE

Iyad Ag Ghali se réfugie chez ses proches du côté algérien de la frontière de la région de Kidal. Il y revient après l’échec de l’exécution concrète de « l’accord de paix »  entre le gouvernement malien et les rebelles.

Le 14 février 2018, les Français le délogent à nouveau. Un mois plus tard, le Touareg lance en représailles des attaques meurtrières visant l’ambassade de France à Ouagadougou et l’état-major général des armées du Burkina Faso.

Il revendique l’attentat du 29 juin 2018 contre le quartier général de la force du G5 Sahel – qui réunit des soldats du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad –, à Sévaré, dans le centre du Mali et l’attaque à Gao d’une patrouille de militaires français.

Iyad Ag Ghali a réussi à fédérer au-delà de la communauté touarègue. Son djihadisme est sahélien. Il intègre les populations peules qui, comme les Touaregs, se sentent marginalisées et opprimées par le pouvoir central de Bamako.

Les Français entre djihadistes et vide gouvernemental

En 2012 le péril terroriste était concentré dans le nord du Mali. Mais aujourd’hui, les groupes djihadistes ont gagné le centre du pays ainsi qu’une partie du Burkina Faso et du Niger. lls descendent désormais vers les pays côtiers.

Au Burkina, le nombre de personnes déplacées par les violences est passé de 3 600 en octobre 2017 à 40 000 un an plus tard, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

L’ONG International Crisis Group estime que pour la première fois depuis l’indépendance, l’Etat burkinabé a perdu le contrôle d’une partie du territoire.

800 écoles ont fermé leurs portes sous la menace des groupes armés. Elles sont remplacées, comme au Mali et maintenant au Niger, par des écoles coraniques, où on apprend le Coran par cœur, en arabe bien sûr, donc sans apprendre à écrire en langue locale ou en français. Et les filles restent à la maison.

Dans le Nord et l’Est, des tribunaux ont fermé et la police n’ose plus de patrouiller.

Et maintenant, les milices

Des dizaines de civils sont tués chaque mois au centre du Mali par des milices ethniques. Ces conflits opposent surtout des éleveurs peuls aux cultivateurs dogons et aux Dozos, des chasseurs traditionnels.

Officiellement, l’État souhaite désarmer les milices, et demande aux Français de le faire. Mais les miliciens refusent de déposer les armes tant que l’État n’assurera pas la sécurité.

En fait, par impuissance ou manœuvre politique, certaines milices sont soutenues par l’État malien, son armée n’étant pas efficace sur le terrain, voire contre-productive du fait de ses exactions qui alimentent la colère contre Bamako et les militaires.

Les Français font ce qu’ils peuvent, notamment en limitant la pose de mines artisanales qui, sans leur intervention,  isoleraient les villages et bloqueraient la circulation des forces de sécurité et toute action de l’État.

Le Mali risque de nouveau d’imploser malgré le déploiement d’une dizaine de milliers de casques bleus de la Mission de l’ONU pour la stabilisation au Mali (Minusma), la restructuration amorcée de l’armée malienne, la présence des militaires français de Barkhane et des centaines de millions d’euros d’aide.

Les renforts de la « force conjointe du G5 Sahel »

La Force conjointe du G5 Sahel s’ajoute à tout cela depuis 2016, associant des militaires de la Mauritanie, du Niger, du Burkina, du Mali et du Tchad). Mais elle est paralysée faute de financement. Elle attend notamment toujours les 100 millions de dollars promis par l’Arabie saoudite, tandis que les États-Unis auraient fourni une aide en matériel équivalente à 70 millions.

Notons que l’Arabie est trop contente de se faire prier, ce qui empêche de l’accuser parallèlement d’appuyer les djihadistes. Appui en argent probablement mais pas forcément directement, appui en propagande télévisuelle bien évidemment.

Certes, la force du G5 a rassemblé 80 % du total des effectifs prévus de 5.000 militaires et mené six opérations, mais avec l’appui logistique des Français de Barkhane. Sinon, peu équipée et entraînée, elle n’ose pas aller au contact des djihadistes.

Bref l’histoire se répète et s’aggrave depuis des dizaines d’années suite à la défaillance de l’État malien et au mécontentement envers les élites dirigeantes, mécontentement assez général dans tout le Sahel, à l’exception relative du Sénégal. Pour le général Bruno Guibert, ancien commandant de la force Barkhane au Sahel, et lONG International Crisis Group, il n’y a pas de solution militaire.

Deux groupes principalement touarègues, le Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) et le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), agissent comme supplétifs de « Barkhane » et des forces armées maliennes, alimentant les rivalités ethniques sous le couvert de la lutte contre le terrorisme.

C’est aussi une lutte entre Maliens pour le contrôle de zones d’élevage et des routes de trafics d’êtres humains, d’or et de drogue.

En résumé, nous avons donc aujourd’hui au Mali une armée faible et démoralisée, des soldats apeurés, et un pouvoir inefficace qui appelle les Français au secours. Tout en sachant que c’est un cercle vicieux, car les djihadistes capitalisent sur « l’intervention étrangère ».

 

La perplexité des Français

Les Français sont conscients des contradictions de leur action : les présidents du Mali, Niger et Tchad utilisent le « discours du terrorisme » et de la lutte contre les migrations pour justifier leur maintien au pouvoir de façon plus ou moins démocratique.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, interrogé sur ce qu’il répondrait aux Français voulant se retirer du Sahel, a déclaré : « le Mali est une digue. Si elle rompt, l’Europe sera submergée »

Mais ce soutien de la France aux régimes en place relance les critiques sur cette nouvelle forme de « Françafrique ».

Par ailleurs, comme en Afghanistan, le trafic de drogue mêle trafiquants, djihadistes et certains officiels. Et les djihadistes ont comblé le vide administratif en installant des juges islamiques. Leur justice religieuse et brutale, est rapide et dissuasive, ce qui leur vaut le soutien des populations.

 

Une dérive anticoloniale aggravée par l’islamisme

Un grand argument des islamistes est le rejet radical de l’État moderne qu’ils présentent comme une greffe occidentale, française en l’occurrence, opposée à culture. Cet « État moderne » est perçu par les populations comme une classe politique corrompue qui étale sa richesse et se complaît dans des rivalités internes, alors que les problèmes populaires sont l’importance du chômage et l’échec du système scolaire.

Ce rejet du « moderne », occidental par définition, est massif, et les islamistes accusent la présence française qui les gêne tant («Les soldats français pillent les richesses du Mali »). Ils dénoncent un système mondial « qui nous appauvrit » et la dépendance humiliante envers l’Occident (lequel, réciproquement, a aussi ses préjugés : Le monde arabe vu par l’Occident et la France).

Cette recrudescence du sentiment anticolonial est hélas académiquement validée par des intellectuels aussi bien du Nord que du Sud, comme je le constate dans les colloques auxquels je participe et sur les réseaux sociaux (voir notamment sur le site Agoravox)

Il y a une généralisation de la diabolisation de l’époque coloniale, avec une approche plus militante qu’historique. Tout cela me rappelle ces intellectuels indochinois ou algériens hérauts de l’anticolonialisme, qui se sont réfugiés dans une France qu’ils avaient si violemment critiquée après la prise de pouvoir par les « révolutionnaires » qu’ils avaient soutenus.

Ma génération a vécu ces « sales guerres » coloniales multipliant les cruautés de TOUS les camps sur les populations civiles et divisant profondément les peuples. Elles sont aujourd’hui magnifiées par l’histoire officielle comme un élan unitaire vers l’indépendance, avec la cruauté côté colonial et l’héroïsme de l’autre, alors que les violences étaient les mêmes de part et d’autre.

On oublie que le régime communiste vietnamien a dû s’imposer de façon sanglante contre la bourgeoisie locale, les catholiques, puis les paysans, et le FLN algérien à une population extrêmement variée socialement et localement.

Dans ces deux pays on appelle aujourd’hui « guerre de libération » des guerres d’indépendance et de mise en place de régimes dictatoriaux où le mépris des faibles par les puissants est égal ou supérieur à celui de la période coloniale.

Sans être aussi extrême, la situation au Sahel rappelle des propos de cette époque, malgré les 50 à 60 ans d’indépendance. Notamment celui d’expliquer les difficultés d’aujourd’hui par la colonisation…  d’où la nécessité de fantasmer sa continuation.

Il est navrant de voir l’analyse de questions aussi dramatiques que la situation dans le Sahel se résumer à la dénonciation de l’époque coloniale, de surcroît abordée de cette façon partielle et partiale. Cette dérive des historiens du Nord comme du Sud est nuisible à tous, ce qui est particulièrement net dans la lutte contre le djihadisme.

Or nous avons vu que les vrais problèmes viennent des pouvoirs politiques locaux.

Tout cela n’empêche pas d’appeler l’ancienne puissance coloniale au secours des régimes en place pour les uns, et au secours de la démocratie pour les autres. D’où la tentation pour certains Français de « laisser tomber » face à ces demandes contradictoires et face à des problèmes dont la France ne maîtrise pas les données (et serait taxée de colonialisme si elle essayait de le faire).

Mais « rester » se justifie par l’importance de la menace islamiste mondiale et le désespoir des populations qui se traduit par l’émigration des meilleurs vers le Nord et des plus pauvres vers les villes côtières chrétiennes et plus développées.

La France est maintenant mieux aidée qu’il y a quelques années par les autres pays européens et les États-Unis. La réunion européenne « de soutien au G5 Sahel » qui s’est tenu le 9 juillet 2019 à Ouagadougou a ainsi décidé d’apporter 138 millions à cette coalition des cinq pays menacés.

Néanmoins, la France paye très cher en hommes et en argent la mauvaise gouvernance locale. Et se fait traiter de néocoloniale par surcroît.

Donc partir ? Non, mais que des intellectuels du Nord et du Sud cessent de déverser leurs balivernes sur la colonisation d’avant-hier et sur la France aujourd’hui et appuient ceux qui les protègent de la catastrophe islamiste.

Et surtout qu’ils se penchent sur les vrais problèmes : corruption, scolarisation, État de droit. C’est cela qui paralyse une Afrique qui ne demande qu’à se développer comme le montre la nouvelle génération d’entrepreneurs africains.

Yves Montenay,
Auteur des Echos du Monde Musulman

 

6 commentaires sur “Guerre au Sahel : la France doit-elle partir ?”

  1. Je crois bien que la France est embourbée non pas dans un conflit mais dans un enchevêtrement de conflits dont on ne voit même pas l’ébauche du début d’un commencement d’une éventuelle solution. Je crois qu’il serait prétentieux de dire ce que doit faire ou ne pas faire la France en ce moment tellement la situation semble inextricable.

    1. Je suis d’accord.
      Et comme il est plus simple ne pas prendre de décision que l’on prendre une, nous restons. J’espère que le soutien de l’Europe va continuer à grandir, car nous travaillons là pour tout le monde.
      J’espère surtout que les autorités politiques locales feront des progrès en gouvernance et expliqueront clairement à leur population que nous sommes la pour les sauver, et non pas pour les recoloniser comme disent certains abrutis

  2. La France ne fait rien pour se disculper des accusations néocolonialistes et pillardes qui se répandent dans l’espace intellectuel africain et nous, minoritaires, qui pensons qu’il s’agit de balivernes et de militantismes émotifs, manquons totalement de visibilité et soutien.

    1. Oui, comme dit dans mon article c’est une partie du problème, et particulièrement vexante. Le but de mon article est d’attirer l’attention sur ce sujet, et j’en prépare un autre qui en parlera encore plus directement. Je suis particulièrement écœuré par le manifeste du mouvement « postcolonial » qui cultive ce genre de bêtises, par effet de mode universitaire. Je les citerai dans ce futur article.

  3. Une telle guerre ne se gagne qu’en faisant adhérer les populations. L’équation militaire n’est qu’une partie du tout.

    Entre (i) la corruption endémique des élites locales, (ii) les antagonismes historiques entre populations du Nord et du Sud, et (iii) les pudeurs droitdelhommistes des démocraties occidentales (qui sont notre culture, mais sont aussi perçues comme autant de faiblesses), il est parfaitement concevable que nous perdions temps, ressources, et image.

    Il faut favoriser la partition du pays, et créer les conditions pour que les chefs de guerre des deux côtés aient a gagner à une paix durable.

    Un autre Vietnam ?

    A qui cette situation profite-t-elle ?

    1. Je suis d’accord sur les 2 premiers paragraphes. Par contre si je n’ai aucune objection de principe quant à la partition (dont je suis par exemple partisan entre le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone), les frontières à tracer ne sont pas nettes car dans le nord il y a beaucoup de noirs des tribus du Sud, et le reste de la population, à peau plus claire, est profondément divisée non seulement entre Arabes, berbères et Peuls, mais aussi à l’intérieur de chaque catégorie, par tribu donc il n’est pas sûr qu’on puisse délimiter un territoire relativement homogène. Ou alors il faut l’éclater en une dizaine de terres tribales, dont certaines deviendraient probablement des foyers djihadistes

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