Réfugiés comment arrêter notre barbarie aux frontières

Réfugiés : comment arrêter notre barbarie aux frontières

Le camp de migrants de l’île de Lesbos, en Grèce face a la Turquie vient de brûler. Les médias internationaux en parlent enfin. En tant que démographe suivant l’évolution de l’immigration en Europe, je suis honteux de voir le comportement européen aux frontières.

Que l’on soit pour ou contre l’immigration, on ne traite pas les gens ainsi, on ne les repousse pas dans la mer comme cela commence à se faire en Grèce, on ne les entasse pas à 12 000 dans un camp de 2000 places comme à Lesbos.

Mais autour de moi, le virus a rendu tout le monde sourd et aveugle. Il a fallu que le camp brûle, que 12 000 personnes exaspérées par une attente de plusieurs années dans la merde (pour parler concrètement) se trouvent dans la rue et que les populations locales prennent peur et se barricadent dans leurs villages pour que cela atteigne l’opinion publique européenne.

La candidate à la présidentielle portugaise, Marissa Matias, témoigne d’une situation inhumaine : 3000 migrants du camp de Lesbos détruit par l’incendie viennent d’être transférés dans le camp déjà surpeuplé de Kara Tepe (à environ 2,5 km au nord-est de Mytilène, la capitale de l’île de Lesbos).

Ceux contaminés par le covid19 seraient parqués dans une partie sans eau ni électricité et avec des sanitaires très insuffisants. Ces 3000 migrants arrivant à Kara Tepe bénéficient d’une tente et sont enregistrés pour d’éventuelles formalités futures. Les autres préfèrent rester dehors, mais sont soumis à des attaques de l’extrême droite.

On a là une belle illustration du cercle vicieux dans lequel nous sommes tombés.

Un réfugié afghan arrivé avec son oncle sa tante et leurs six enfants sont à Lesbos depuis neuf mois. Depuis l’incendie, ils ont passé une semaine à la belle étoile, et quand la police est arrivée pour « nettoyer », elle a détruit et dispersé le début de l’abri en carton qu’ils avaient bricolé, probablement sous la pression de la population indigène qui s’indigne de la saleté.

Ils déclarent que le pire est de ne pas savoir combien de mois ça va encore durer. Pour l’instant, ils ne peuvent pas sortir à cause de la quarantaine imposée à une partie du camp suite à la découverte de contaminations.

Ce réfugié avait une bonne situation en Afghanistan mais a fui à cause de des violences et des attentats répétés des talibans et de l’État islamique (condensé d’un témoignage de Migreurop)

L’accueil n’est pas l’immigration

Ce drame de Lesbos était prévisible depuis plusieurs mois, et s’ajoute à d’autres rejets violents et honteux qui se multiplient dans toute l’Europe du Sud et de l’est.

Juridiquement c’est une conséquence des accords dits « Dublin III » qui prévoient que le traitement administratif des migrants doit se faire là où ils arrivent, ce qui permet aux pays européens qui n’ont pas de frontières sur l’extérieur d’en laisser de charges aux autres, c’est-à-dire principalement à la Grèce et accessoirement à l’Italie et à l’Espagne.

Comme la première terre grecque que rencontre un migrant est une petite île, la population locale, sympathisante au début, est vite débordée et devient xénophobe et violente.

Mon oreille droite entend : « C’est certes affreux humainement, mais si on ne le fait pas, il y aura un appel d’air pour plus d’immigrés en Europe;».

L’immigration et les Français : perdre son identité ou perdre son âme ?

Mon oreille gauche me dit que cette question de l’accueil ne concerne que quelques milliers de personnes. Et que, même si elles devaient se renouveler assez souvent, ce ne seraient toujours rien par rapport aux 500 millions d’Européens et aux 2,5 millions d’immigrants réguliers annuels.

On doit donc pouvoir gérer normalement cette question.

Mais nos dirigeants démocratiquement élus sont paralysés par la réticence des populations, donc des électeurs. Dans les couloirs de Bruxelles on dit que le premier gouvernement à « ouvrir sa porte » sera balayé aux prochaines élections.

En face, les milieux humanitaires, dont je lis attentivement les textes, ont tendance à dire que toute limitation des migrations est illégitime alors que les lois actuelles sont des produits de la démocratie. Or en défendant la population des camps avec de tels arguments, ils donnent l’impression de vouloir ouvrir l’immigration à des millions de personnes. Ce qui transforme un problème humanitaire limité en un débat sur l’immigration en général, et donc à la paralysie politique.

On en arrive à des comédies navrantes où des humanitaires apprennent aux candidats immigrants à réciter un discours imaginaire qui satisfasse aux conditions de l’asile politique… ce qui ne fait qu’aggraver le scepticisme et la réticence des administrations d’accueil !

Le problème est pourtant très loin des généralités sur l’immigration. Il est très simple : on a des gens qui pourrissent dans l’oisiveté alors qu’ils sont venus en Europe pour travailler et en ont un besoin urgent.

La solution est donc évidente.

Laissez les travailler !

Imaginez qu’au lieu d’attendre, de se morfondre, de trafiquer, de chaparder, les intéressés travaillent et gagnent leur vie. Ils retrouveraient leur dignité, l’accueil deviendrait efficace et coûterait infiniment moins cher.

Mais quel travail direz-vous ? Ne vous inquiétez pas, ils le trouveront tout seuls, il suffit de l’autoriser. Comme dans n’importe quelle économie, les hommes se donnent du travail mutuellement.

On peut d’ailleurs accélérer cette mise au travail en chargeant disons une personne sur 20 de veiller à l’hygiène du camp, moyennant une rémunération normale (ce qui sera économisé par ailleurs).

Les intéressés vont dépenser cette rémunération autour d’eux, en vêtements produits par leurs voisins et en nourriture qui devrait cesser d’être gratuite mais facturée une somme symbolique, pour eux dans un premier temps et progressivement pour tout le monde.

Et cette nourriture ne devrait pas être un monopole des O.N.G. ou de l’administration mais pouvoir être produite par d’autres occupants du camp, ce qui implique de les laisser s’approvisionner à l’extérieur.

Je vous garantis que l’ambiance aussi bien dans le camp qu’aux alentours serait transformée.

Ce qui vaut pour un camp de réfugiés en attente vaut à fortiori pour quelques centaines de personnes dans une grande ville, si les pays européens ont enfin conscience de ce qui se passe et acceptent chacun quelques milliers de migrants. Là, l’autorisation suffirait, même pas besoin d’amorcer la pompe ! Peut-être, pour faciliter l’intégration au marché du travail pourrait-on autoriser les employeurs à ne payer que 80 % du SMIC pendant quelques mois.

Je remarque que suite à l’incendie du camp et aux reportages qui ont suivi, Bruxelles s’est enfin décidé à proposer de remettre en cause cet accord « Dublin III ». Reste maintenant à ce que les Etats membres acceptent…

Oubliez vos divergences sur l’immigration et occupez-vous de l’accueil

Je reviens à « l’appel d’air » : la crainte de l’immigration fausse complètement les comportements et nous fera apparaître comme des criminels devant l’histoire.

L’immigration est une question importante, qui mérite un examen très sérieux, et si possible un consensus. Ce sera l’objet de mes deux prochains articles.

Mais n’oubliez pas la conclusion de celui-ci : que vous soyez pour ou contre l’immigration, il faut régler ce problème de l’accueil sinon vos enfants auront honte de vous !

Yves Montenay

41 commentaires sur “Réfugiés : comment arrêter notre barbarie aux frontières”

  1. Quid de la sincérité des migrants quand on sait qu’il n’y a strictement aucuns chrétiens parmi eux alors qu’à l’embarquement il y avait aussi quelques familles maronites . . . .

    1. Il y a des tricheurs dans tous les groupes sociaux, et je signale une des tricherie dans mon article. Mais ça ne change pas le problème : on transforme des gens qui arrivent en rêvant de travailler pour vivre et rembourser leurs dettes en ramollis et trafiquants en leur en refusant le droit
      Je vais anticiper sur mon deuxième article : contrairement à ce que l’on pense en général, il s’agit de gens issus de la classe moyenne qui ont à la fois de l’énergie et de l’argent pour payer les passeurs, même si ils arrivent « lessivés ». Un bourgeois moyen de Kaboul un peu occidentalisé a toutes les raisons de craindre le pire des talibans et l’Etat islamique

      1. Voici ma réponse qui aura le défaut de provenir d’un témoignage, donc singulier, donc très limité, mais qui m’a marquée et qui a l’intérêt d’être concret. Une amie de Lille me racontait l’accueil d’une famille syrienne par sa paroisse. Le travail que cela représentait pour tout prendre en charge était absolument colossal et a mobilisé un très grand nombre de personnes. Elle trouvait cela harassant, décourageant, trop lourd à porter, surtout du fait que c’est un engagement dans la durée qu’on ne mesure pas au départ. J’attends avec intérêt vos deux prochains articles.

        1. En France, le cas des Syriens est particulièrement compliqué parce qu’en général ils ne connaissent même pas l’alphabet latin. En France la masse des immigrés réguliers ou pas, sont très souvent francophones, certains parfaitement d’autres moins. On est donc très loin du cas syrien.
          Cela dit, les Allemands qui ont accepté des centaines de milliers de Syriens en 2015 ont des résultats honorables : 40 % travaillent et 30 % seraient en formation (formation à l’emploi qui est beaucoup plus efficace en Allemagne qu’en France). Les 30 % restants seraient des enfants, des vieux et des femmes au foyer. Mais les administrations locales, les églises notamment protestantes et les entreprises s’y sont attaqué. On se souvient de la phrase d’Angéla Merkel : « on va s’y mettre ».

  2. L’Europe ne peut pas accueillir toute la misère (politique ou économique) du monde, au risque d’inciter certains États à se débarrasser de leurs citoyens gênants (politiquement ou économiquement) à bon compte, et au risque donc d’être ainsi complices de politiques volontaristes de déplacement de populations sinon d’exterminations. Par contre, l’Europe commettrait une erreur politique énorme et contre-productive en refusant d’aider et d’accueillir (momentanément) les réfugiés en danger de mort: ce serait la meilleure des propagandes pour les dictateurs ou terroristes soucieux de présenter les pays riches d’Europe comme la source éternelle et méchante de leur problèmes ou de leurs incompétences. Bien au contraire: l’Europe a tout intérêt à bien accueillir si elle veut que sa parole sur les affaires mondiales soit écoutée et suivie par les populations du monde. Mais elle doit être ferme sur ses limites et ses contraintes. Il y a donc deux mouvements essentiels à maintenir, pour elle et pour sa diplomatie: accueillir et soigner (puis renvoyer si besoin) et condamner les États qui se livrent à ce trafic humain (ou ferment les yeux sur ce business). Les deux mouvements ne pouvant pas, clairement, suivre le même calendrier, car ils n’ont pas la même temporalité (urgence sanitaire d’un côté, négociations politico-économiques voire commerciales de l’autre). La question qui se pose, pour l’UE par exemple, est celle-ci: l’UE fait-elle pression un minimum sur les États habitués à expulser leurs populations, par des recherches d’accords politiques précis et pratiques sur la question des réfugiés (partages de financement, négociations commerciales ou autres « échanges de soucis », etc) ? Si l’UE se contente d’accueillir, un point c’est tout, alors elle y perdra beaucoup, économiquement mais aussi politiquement car elle sera alors utilisée par tous les États maffieux du monde comme poubelle de leurs « déchets »…

    1. L’article porte sur l’accueil, c’est-à-dire des milliers de personnes. Et non pas sur l’immigration, des millions de personnes : les pro comme les anti immigration devrait être d’accord pour ne pas ruiner la réputation européenne comme ça se passe en ce moment.
      L’mmigration sera l’objet d’un autre article.

  3. Le problème de l’immigration est dû au fait que nous pillons les richesses de ses pays par nos grandes entreprises capitalises, et en soutenant leurs présidents corrompus par nos états.

    1. Cet article porte sur l’accueil et non sur l’immigration qui est une question beaucoup plus vaste

      Par ailleurs je ne suis absolument pas d’accord avec votre affirmation : je viens de lire un papier d’un doctorant subsahariens sur l’exploitation minière en Côte d’Ivoire, le transport jusqu’au port et l’exportation. Il n’y a pas une seule entreprise française dans le circuit, mais il y a une entreprise chinoise à côté d’autres de nationalités très variées

      Plus généralement donnez-moi un exemple de pillage de richesse. Je ne vois pas de différence économique entre une exploitation minière, agricole ou industrielle en France et en Afrique. Dans les deux cas il y a un prix de revient, des impôts et un prix de vente qui est celui du marché local ou international.

      1. Votre façon de voir les choses est très réductrice, si c’est de bon foi, je pense qu’il faut regarder les rapports et recherches accusant les pays occidentaux du pillage.
        Je vous rappelle ce que Chirac a dit :  » Une grande partie de monnaie qui est dans notre portefeuille viens de l’exploitation de l’Afrique  »
        C’est pas moi qui a dit ça, c’est notre président Chirac.

        1. J’aime bien Chirac, mais je le connais bien aussi. Il disait n’importe quoi si ça convenait à la situation du moment

  4. Au fond je ne comprend toujours pas les gens qui veulent à tout crin que vivent ensemble les carpes et les lapins.
    Je ne peut tolérer que les gens qui sont tolérants,eux-mêmes et le « musulmanisme » ne l’est pas du tout (à l’instar de certains athées qui veulent régenter la pensée plus les us et coutumes multi-séculaires d’autrui).
    L’accueil de ces réfugiés consisterait à les soigner les loger, les vêtir et nourrir, et individuellement tenter de déterminer les malades mentaux du coran. (tâche impossible, sauf à interroger leurs coreligionnaires avec petite récompense à la clé (même en France le gouvernement actuel prône la délation pour arriver à ses fins fiscales/sociales)

    1. Ce sont des questions importantes, mais ce n’est pas l’objet de l’article.
      Son objet est, pour prendre un exemple réel, « je suis un bourgeois d’Afghanistan (ce qui explique que j’ai pu payer les passeurs vers l’Iran puis vers la Turquie), mon mode de vie me fait soupçonner que je serai tué par les talibans, je pars pour l’Europe, je suis prêt à faire n’importe quel travail pour gagner la vie de ma famille et à l’arrivée on m’emprisonne avec 12 000 personnes sur 2000 places, nous sommes dans les ordures et dans la merde et on nous interdit de travailler. Mes enfants vont être obligés de trafiquer et de chaparder, ce qui est une catastrophe tant pour mes propres principes que pour la population d’accueil. Laissez-moi travailler !

      Bref nous transformons un petit problème d’organisation une vraie bombe. Talleyrand dirait « C’est pire qu’un crime, c’est une faute »

  5. Vous souhaitez n’évoquer que « l’accueil » des migrants et vous le faîtes en termes qui se veulent dénués de passion en évoquant leur situation de « nécessiteux », notre situation d’économiquement les plus riches et notre dignité humaine. Vous démontrez ainsi que vous avez objectivement raison. Sans entrer dans des détails sur lesquels il y aurait beaucoup à dire il apparaît que la Vie communautaire humaine est depuis toujours pleine de ces passions qui l’emportent souvent sur tout et conduisent inévitablement à des situations conflictuelles ou dramatiques. Il n’est pas toujours facile d’en parler sans être pris à partie par des déchaînements d’autres passions et le mur du refus silencieux finit par dominer, insensible au tragique, insensible à la morale.

  6. Je réagis à un slogan simpliste. Le problème de l’immigration (et même des réfugiés) n’est absolument pas dû au fait que les entreprises capitalistes de l’Occident pilleraient les richesses des pays quittés: affirmer l’inverse, c’est mépriser les populations de ces pays qui, elles, désignent clairement leurs tortionnaires, c’est à dire …leurs propres gouvernements ! Cette histoire de réfugiés ou « boat-people », voire d’immigrés, crées par les pays riches contre les pays pauvres est la fable argumentaire de base utilisé par tous les dictateurs du monde pour cacher leurs méfaits, leurs exactions et leur incapacité à enrichir leurs populations (il suffit d’interroger les réfugiés de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak ou d’Iran, etc). D’ailleurs, pour forcer le trait et provoquer un peu: c’est peut-être ça qui manque, dans certains pays pauvres, des entreprises capitalistes occidentales ! Et c’est d’ailleurs ce qui s’est fait en Asie Orientale:l’arrivée des entreprises capitalistes occidentales (dans les années 80 et 90) a permis d’enrichir certains pays asiatiques pauvres, et d’arrêter le flot des « boat people » et des réfugiés.

  7. Pourquoi user encore de la repentance ? La France n’a cessé dans le passé et continue d’accueillir migrants et immigrés. Elle y consacre des moyens importants. Elle n’a pas à rougir si elle se compare à d’autres pays (par exemple, l’Australie). Il suffit de regarder autour de soi pour le constater (mais peut-être que les bonnes âmes habitent-elles dans des quartiers protégés, loin des lieux communautarises). Je connais des personnes qui, en accord avec leurs convictions religieuses, se sont portées volontaires pour accueillir des migrants ; toute leur vie quotidienne a été bouleversée ( problèmes familiaux, avec leurs enfants, difficultés de concilier vie privée et vie professionnelle, charges financière, psychologique, morale). Et elles se sont rendues compte que les organisations leur demandaient toujours plus, qu’ensuite il faudrait accueillir d’autres personnes, que cela serait sans fin. Alors, pourquoi toujours nous autoflageler ?

    1. Relisez mon article, il n’est pas question de repentance, et je parle du rejet des arrivants par les populations locales.
      Je dis simplement que l’opinion publique a tellement peur de l’immigration qu’elle préfère ne pas voir ce qui se passe, alors que c’est un problème très limité qui n’a rien à voir avec l’immigration dans son ensemble (je répète : 2 500 000 immigrés légaux tous les ans en Europe)

      Je pense qu’il est dommage que l’Europe perde sa réputation démocratique et respectueuse des individus pour une question aussi limitée

      Je trouve également, cette fois en allant dans votre sens, et toujours comme dit dans l’article, que les humanitaires ont le tort d’effrayer l’opinion publique en liant cette question de l’accueil à un changement des lois sur l’immigration, alors qu’il s’agit de deux problèmes différents. Problème bien connu des médecins qui soignent les blessés qu’on leur apporte sans demander pourquoi ils sont blessés.

  8. Oui, j’ai bien compris, mais je répondais à l’ensemble des commentaires, qui sont allés au-delà de votre propos. Cela dit, la règle fixée par l’UE est que l’accueil se fait dans le pays de première ligne. Or, si Grèce est un pays de « première ligne », ç’est encore un pays souverain, qui reproche à l’Europe l’absence d’un mécanisme de solidarité formel. Idem pour l’Italie qu »on oblige à accueillir les navires des ONG, en application de la même règle. En outre, l’Europe accepte qu »environ un tiers des « déboutés » du droit d’asile ne soit pas reconduits aux frontières. Le problème est donc, à mon avis, l’absence de gardes-frontières européens en nombre suffisant et dotés de moyens à la hauteur des enjeux.

    1. Nous sommes d’accord sur les données juridiques. Comme dit dans l’article Bruxelles essaye de les changer actuellement, mais pour l’instant il n’y a pas d’accord des Etats.
      Par contre je ne vois pas le lien avec les gardes-frontières.

      1. Le lien avec les gardes–frontières européens ? Un accueil décent des migrants exige des moyens logistiques et financiers conséquents mobilisés à l’échelle européenne, ainsi qu’une politique de gestion des demandes d’asil commune. Ouvrir le marché du travail aux migrants dès leur arrivée reviendrait à confondre le droit d’asile avec l’immigration travail légal. Une fois de plus, le caractère inachevé de l’UE empêche de mettre en place une politique de protection des frontières et de régulation des flux de migration plus respectueuse des droits humains . Ce n’est pas une affirmation, mais une piste de réflexion.

        1. Je comprends. Votre point de vue est répandu. Mais à mon avis on oublie les ordres de grandeur : s’occuper de 10 000 ou 30 000 personnes ce n’est rien comparé aux 2,5 millions d’immigrants réguliers.
          Par contre, le coût moral pour l’Europe est exorbitant, ce qui a des conséquences géopolitiques

          Et puis, que peuvent faire des garde-côtes sinon les sauver ? Ils ne vont pas leur tirer dessus ? (Quoique je ne serais pas étonné que certains l’aient déjà fait)

          De plus, quand on se donne la peine d’écouter les témoignages personnels on se dit que Transformer des gens courageux et en général d’un certain niveau en délinquants faute de droit de travailler est un gâchis fantastique. Un analphabète mollasson ne dépasse pas la première grande ville de son pays.

          1. Merci pour cet échange sur un sujet délicat et complexe. Vous avez raison, sur le plan moral, au regard des devoirs humanitaires, et en termes d’image mediatique, les conséquences de ses conditions de rétention sont désastreuses.

  9. Oui , je comprends votre indignation … et après l’accueil ? je suis pour l’accueil des personnes qui ne véhiculent pas des idéologies destructrices . Alors il faut trier . Car pourquoi faire entrer en Europe des gens qui vont reconstituer les structures , la mentalité , le mode de vie qui les ont chassés ? On a un exemple tout chaud , quelques coups de hachoir à viande en remerciement d’un accueil , d’un accompagnement, d’un hébergement , etc (vive l’aide à l’enfance !) .. est ce le prix normal à payer ? une cote mal taillée, des aléas supportables ? ? alors allez expliquer ça au familles qui ont perdu des leurs à cause de cette immigration mal contrôlée .
    J’ai connu la jungle de Calais . Il y avait quelques familles . peu. La plus grande partie était des jeunes , aventuriers , qui n’avaient rien à perdre , prêts à tout. Il y avait 3 mosquées dans le camp .. J’ai assisté à un prêche , qu’on a bien voulu me traduire . le thème était « tu n’auras d’autre femme que tes femmes et tes esclaves » . sans commentaire .

    1. Merci pour ce témoignage. Après l’accueil, on change de sujet et c’est le problème de l’immigration sur sur lequel je ferai bientôt un autre article

      1. implicitement il s’agit de la barbarie islamiste qui se cache parmi les migrants (et les terrorisent pour obtenir d’eux le silence sur ce qu’ils sont)
        – A Lesbos pour revenir en plein cœur du sujet, y-a-t’il des chrétiens ?
        – Y-a-t’il eu des morts lors de l’incendie ?
        – Y-a-t’il une certaine analogie avec Lampedusa ?

        1. En réponse à votre première question, il peut parfaitement avoir des islamistes déguisés en réfugiés, voire des réfugiés non islamistes qui se radicalisent plus tard, comme d’ailleurs des Français tout à fait chrétiens convertis à l’islam. Bref il y a 1000 façons de devenir terroriste et je ne pense pas que jeter tous les réfugiés à la mer changerait grand-chose.
          Pour d’autres questions, le plus simple est de vous rapprocher l’association Migreurop, dont on peut ne pas partager toutes les opinions politiques, mais qui est très au courant de ce qui se passe dans les camps

          1. Yves, pour moi , il n’est pas question seulement d’islamiste ou de radicalisé . Il est question également de culture , de mode de vie , d’idéologie . Le jeune qui apostrophe une jeune fille « pute en jupe , baisse les yeux , salope  » , ou le futur marié qui exige un certificat de virginité de sa future , ne sont pas des radicalisés .Le gamin qui a attaqué des gens au hachoir n’était pas radicalisé non plus …il était juste en colère … Laissez moi vous citer Tabari :
            « Le prophete a dit:
            Les Arabes sont les personnes les plus nobles dans la lignée, le plus important, et le meilleur dans les faits, nous étions les premiers à répondre à l’appel du Prophète Nous sommes les alliés d’Allah et les vizirs de Son Messager Nous combattons les gens jusqu’à ce qu’ils croient en Allah. Celui qui croit en Allah et son Messager a protégé sa vie et ses biens de nous. Quant à celui qui ne croit pas , nous allons le combattre à jamais dans la cause d’Allah . Le tuer est peu de chose pour nous. » et qu’on ne me dise pas que c’est un hadith faible !
            Anagrys , inutile de vous donner le taux de chômage en France ? inutile de vous dire que même en travaillant (si tant est que vous ayez raison quant au nombre de « migrants » qui viendraient pour travailler ) , on peut mépriser les lois , les institutions du pays qui vous a accueilli ?

  10. J’ai lu cet article sur Contrepoints, où les commentaires sont malheureusement fermés. Je voulais juste vous remercier pour cette analyse lucide du phénomène, beaucoup trop rare où qu’on cherche.
    Oui, 100 fois oui, les personnes qui quittent leur pays le font pour construire une meilleure situation ailleurs. Ils ne le font pas pour profiter d’aides sociales ou autres, ils ne le font pas par désir fou de faire la queue dans une obscure sous-préfecture pendant parfois plusieurs heures avant de s’entendre dire que le guichet pour renouveler leur autorisation de travailler est maintenant fermé et qu’il faudra revenir un autre jour (c’est du vécu). Ils viennent parce-qu’ils veulent travailler. Alors laissons ceux qui veulent s’en sortir travailler en arrêtant de mettre des bâtons dans les roues de tout le monde – que ce soit eux ou leurs employeurs.
    Et quand ils pourront travailler et cotiser aux diverses caisses, ça posera peut-être moins de problèmes de les laisser aussi profiter de ces caisses en cas de coup dur, au même titre que tous les autres travailleurs.
    Le drame en France actuellement, c’est qu’une personne dont le dossier est en cours de traitement n’a pas le droit de travailler, en conséquence il n’est pas possible de les embaucher (légalement). D’où la mendicité, le travail au noir, ou les occupations « alternatives » comme écouter les prêches d’un imam fanatique – ce qui est compréhensible si l’association à laquelle appartient l’imam en question les prend en charge…
    Comme le disait Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »

      1. Bonjour Monsieur Montenay,
        je viens de lire votre article sur l’accueil des migrants. J’ai relevé l’inter-titre « Laissez-les travailler ! ». C’est l’un des domaines où la réglementation de notre pays est paralysante. Comme vous le soulignez, il suffit de récompenser le travail fourni pour avoir des volontaires.
        Lors de mon séjour au Sénégal (1997-2001) j’ai eu l’occasion d’observer, surtout à Dakar, avec quelle ardeur les sénégalais savaient travailler. Deux exemples : les rues de Dakar sont souvent envahies par le sable amassé par le vent ; on voyait quelquefois des équipes armées de pelles déblayer ces rues ; je présume qu’ils faisaient cela les jours où ils étaient payés, et ils le faisaient bien. De même l’entreprise Siemens, qui avait installé ses bureaux de l’opération « Siemens 2000 » à côté de l’immeuble rose de la route de Ouakam où la Mission d’Aide et de Coopération nous avait logés, payait des ouvriers pour creuser les tranchées destinées à recevoir les câbles du réseau installé dans la région Dakar-Thiès ; c’était un plaisir de voir ces gens faire un travail soigné, tracer à la force de leurs bras des tranchées impeccablement rectilignes avec leurs pioches.
        Vous savez que nous autres européens, nous avions aussi nos migrants aux siècles précédents. des foules qui étaient entassées dans des camps aux abords du Havre en attendant d’être embarqués pour l’Amérique. Un cousin de mon arrière-grand-père a ainsi traversé la France d’est (Alsace du nord) en ouest avec des groupes d’alsaciens mélangés aux bavarois pour débarquer à New-York en juillet 1838, à destination officiellement de l’Ohio pour être fermier. En fait je l’ai repéré à la Nouvelle Orléans sur le Census de 1850, où il habitait et faisait le métier de bûcheron. Son fils ensuite s’était installé à Mobile comme cordonnier, et ses descendants sont aujourd’hui juristes, vétérinaires, etc.
        Certes, à l’époque il y avait du travail au Nouveau Monde, mais n’y aurait-il pas aujourd’hui du travail chez nous ? Nos campagnes sont petit à petit désertées par les fils de paysans attirés par les villes, mais ce n’est pas nouveau. C’est même pire à Madagascar que je connais bien.

  11. Bonjour Mr Montenay,
    En général, j’apprécie vos réflexions et vos articles. Mais sur ce sujet précis, vous faites de l’angélisme. S’il y a de la barbarie quelque part, elle vient de ces populations qui nous envahissent et nous haïssent. L’Europe n’a pas besoin de migrants. On en a déjà beaucoup trop, inassimilables pour la plupart. Pourquoi ? Parce que pour l’énorme majorité, ce sont des adeptes de l’islam. Pourquoi ne vont-ils pas dans l’un des pays islamiques du monde ? Il parait qu’il y en a 57. Parce qu’ils n’obtiendraient rien, aucun avantage.
    Il suffirait de couper la pompe aspirante des avantages financiers pour diminuer considérablement l’invasion.

    1. Ce n’est pas un article sur l’immigration qui touche 2,5 millions de personnes par an, et à propos de laquelle je ferai un nouvel article quand j’en aurai le temps. C’est un article sur l’accueil de quelques dizaines de milliers de personnes qui sont en grande partie de vrais réfugiés, puisqu’elles viennent d’Afghanistan, donc menacés par les talibans, d’Irak, donc chassées par l’État islamique et de Syrie où elles sont prises entre les islamistes et les milices turques d’une part, et l’effroyable régime d’Assad de l’autre. Donc ce ne sont pas des gens qui viennent chercher de l’argent pour ne rien faire, ni pour faire du militantisme musulman. Ce sont des bourgeois de bon niveau qui ont vendu leurs biens pour payer les passeurs et ont eu le courage de faire de longs chemins très difficiles (voir les interviews et témoignages non seulement de Migreurop mais de beaucoup d’autres journalistes). Ils ne viennent pas pour des avantages financiers, en général, quand leur dossier finit par être accepté, ils trouvent un travail très inférieur leur qualification.
      Je pense que l’Europe perd son honneur, qui est un de ses rares actifs internationaux et que vos enfants nous demanderons ce que vous avez fait, comme les jeunes Allemands des années 50 l’ont demandé à leurs parents.
      Rien à voir avec les jeunes Tunisiens qui pour des raisons économiques, prennent un petit bateau pour aller vers Malte.

      Et en plus c’est nous qui en transformons certains en délinquants, en les obligeant à l’oisiveté dans des conditions exaspérantes pendant plusieurs années

      Mais je comprends l’affolement des Européens, encore nourri par l’attentats récent et inquiets des offensives islamistes de séduction des jeunes.

      Je pense qu’à long terme les islamistes sont fichus, y compris dans les pays arabes, qu’ils s’en rendent compte en voyant une grande partie des musulmans, notamment les femmes, s’occidentaliser… mais c’est un autre sujet

      1. Salut à toutes et à tous,

        Entre autres, je relève ceci: « Ce sont des bourgeois de bon niveau qui ont vendu leurs biens pour payer les passeurs et ont eu le courage de faire de longs chemins très difficiles ». Devant la force et la violence tout homme d’honneur combat et ne fuit pas. Rappelez vous, entre mille exemples, Munich (1938) et le soulèvement du ghetto de Varsovie…
        Les fuyards sont des lâches et au lieu de payer les passeurs, ils feraient mieux de payer des mercenaires s’ils ne peuvent prendre les armes…

        Quant à tous ceux qui viennent en fraude, et sont donc de ce fait même, nolens volens, des délinquants sinon des criminels, ils ne doivent être aidés que par ceux qui le souhaitent, à leurs seuls frais bien évidemment (aucune aide basée sur l’extorsion de fonds fiscale), charge à ceux là (ceux qui aident) de supporter toutes les erreurs et fautes (surtout pénales) de ceux qu’ils ont décidé d’accueillir sans aucunement se préoccuper de leurs concitoyens, les copropriétaires du territoire…

        Nos descendants auront raison d’avoir honte de ceux n’ayant pas su ni voulu défendre leur terre natale contre un envahisseur sans scrupules, vindicatif et envieux: tous les étrangers qui sont une véritable chance et non une charge s’intègrent sans difficulté, j’en connais beaucoup et ils ont droit à notre reconnaissance.
        Je signale à ce propos qu’accueillir leurs compatriotes illégaux est leur faire offense, en plus de prendre le risque qu’ils soient les bébés pleins de richesses potentielles qu’on jette avec l’eau sale du bain que sont les illégaux.
        L’altruisme commence par son voisin proche (dont on doit prendre en considération les souhaits et arguments au lieu de prétendre le juger et le condamner au nom de principes plus que discutables) puis continue par ceux qui prouvent leur bonne volonté: entrer en fraude est la preuve par le fait de la mauvaise volonté et de la mauvaise foi.

        Ces illégaux qui doivent donc être traités pour ce qu’ils font (et sans doute ce qu’ils sont…), à savoir en ennemis, en pillards, en pirates: on connaît la sanction coutumière…

        Si d’aucuns ont de solides arguments en réponse, je les lirai avec attention, je vous l’assure.

        1. Je publie votre témoignage pour que générations suivantes puissent juger. Et je ne vous souhaite pas d’être un jour dans une situation analogue.

          Soyez concret : vous êtes à Kaboul ou milieu d’attentat aveugles, que fera votre mercenaire ? Vous êtes à Idlib, bombardé par l’aviation russe, que fera votre mercenaire ? Vous êtes dans le nord de l’Irak ou l’est de la Syrie, où l’État islamique pourchasse les « occidentalisés » (votre femme n’a pas de voile, vos filles vont à l’école… Tout celà est punissable de mort pour l’exemple) que fera votre mercenaire ?

        2. je ne vais répondre qu’à une toute petite citation de votre commentaire, qui me semble particulièrement intéressante :
          « ils ne doivent être aidés que par ceux qui le souhaitent, à leurs seuls frais bien évidemment (aucune aide basée sur l’extorsion de fonds fiscale), charge à ceux là (ceux qui aident) de supporter toutes les erreurs et fautes (surtout pénales) de ceux qu’ils ont décidé d’accueillir sans aucunement se préoccuper de leurs concitoyens, les copropriétaires du territoire »

          En pratique, ce que vous proposez ici n’est rien d’autre que ce que l’auteur de l’article propose aussi : « ils ne doivent être aidés que par ceux qui le souhaitent », qui a de meilleur raisons de souhaiter aider ces migrants qu’un employeur potentiel ? Malheureusement, le droit tel qu’il existe aujourd’hui traite ces éventuels employeurs comme des criminels, à moins que le migrant n’ait un titre de séjour avec la bonne case cochée dessus. D’où cet appel : laissez-les travailler ! Arrêtez de mettre des obstacles législatifs, parce-que ce sont eux qui les forcent à vivre de la charité publique (en clair : de vos impôts) et les empêche de subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Ils en sont capables.
          Le problème, c’est qu’il s’agirait ici d’un renoncement de nos politiques et de nos administrations à une partie de leur pouvoir – qui est en l’occurrence un pouvoir de vie et de mort. Devinez quelle voie sera choisie…

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