L'islamisme et les Frères Musulmans

L’islamisme et les Frères Musulmans

Al Qaïda, l’État islamique, les djihadistes du Sahel, les talibans… les islamistes sèment la terreur. Principalement dans le monde musulman où se trouvent les populations qu’ils contrôlent ou qu’ils harcèlent, mais aussi dans le reste du monde où ils ont multiplié les attentats. Mais qu’est-ce qu’un islamiste ?

Beaucoup de non musulmans ne voient pas la distinction entre islam et islamistes, alors qu’elle est très claire pour la masse des musulmans : une femme afghane, un enseignant au Maghreb, un villageois du Sahel, tous musulmans, savent très bien ce qu’il en est et les fuient dès qu’ils le peuvent.

En deux mots, l’islam est une religion, l’islamisme est politique : il s’agit de lancer des partis politiques ou des actions armées pour prendre le pouvoir.

Les islamistes sont de deux sortes :

  • les djihadistes, qui sont des islamistes violents allant jusqu’au massacre de ceux qui ne sont pas de leur avis, en général d’autres musulmans et les minorités chrétiennes des régions qu’ils contrôlent ou ont contrôlé.
  • Les islamistes « politiques » dont les plus puissants sont les « Frères Musulmans », dont nous allons parler ici.

Commençons d’abord par bien définir les termes.

L’islamisme et les musulmans

L’islamisme est une option politique à base religieuse. C’est faire de la politique au nom de la religion.

Puisqu’il est politique, l’islamisme se distingue d’autres mouvements musulmans traditionnels ou conservateurs qui ne prennent pas la forme de partis politiques ou de groupes armés.

C’est le cas des « fondamentalistes » (revenant aux fondements de l’islam), ou les « intégristes » (voulant l’application de « l’intégralité » du dogme). Fondamentalisme et intégrisme ne sont d’ailleurs pas propres à l’islam.

L’islamisme remonte à la création de l’islam telle qu’elle est enseignée aujourd’hui : Mahomet fut un prophète ET un commerçant ainsi qu’un chef de guerre, puis d’État, contrairement à Jésus ou Bouddha.

Il fit de la politique, de l’économie très concrète (liberté des prix, interdiction de l’intérêt…) et la guerre au nom de la religion. Il était en cela le parfait islamiste.

Les islamistes estiment que tout chef doit être à la fois politique et religieux, contrairement au précepte chrétien exprimé par Jésus : « Rendez à César ce qui est à César (les impôts) et à Dieu ce qui est à Dieu ».

L’opinion musulmane a l’habitude de la confusion du politique et du religieux. Mais elle peut prendre deux formes opposées en pratique :

  • soit la prépondérance du politique comme dans l’empire ottoman,
  • ou celle du religieux comme en Iran.

Remarquons que l’Arabie faisait partie des pays dirigés par des religieux avant la prise de pouvoir par le très énergique prince héritier, qui a imposé ses réformes aux religieux, comme le droit de conduire pour les femmes et l’ouverture de cinémas, et a notamment diminué les pouvoirs de la brutale police religieuse, qui était toute-puissante comme en Iran, pays où les citoyens se révoltent justement aujourd’hui contre cette police.

L’opinion musulmane n’est donc pas choquée par la confusion entre le politique et le religieux, mais plutôt par son application jugée cruelle (Algérie des années 1990 ou en Égypte après le massacre des touristes dans la Vallée des rois) ou liberticide (Iran actuel) ou encore économiquement inefficace (en Iran encore).

Tout cela n’est pas sans rappeler le Moyen Age européen avec l’omniprésence religieuse, la multiplication des églises, cathédrales et abbayes, les Croisades, ou Canossa . C’est d’ailleurs ce parallèle qui a longtemps trompé les Européens, qui trouvaient les islamistes « ringards » et destinés à s’effacer devant « l’inéluctable » laïcisation.

Les islamistes et fondamentalistes rappellent d’ailleurs que les concessions des Églises chrétiennes au rationalisme, au modernisme, à la liberté de pensée (y compris le droit de changer de religion) ont mené à un déclin du christianisme, surtout en Europe.

D’où leur conviction que céder dans l’un de ces domaines serait la mort de l’islam, et qu’il faut réagir violemment à leur moindre apparition.

Il leur faut donc prendre le pouvoir. C’est ce qui est arrivé, entraînant la décadence du monde arabe.

De l’âge d’or à la réaction islamiste

Dès les années suivant la mort de Mahomet au 7e siècle apparut le conflit entre :

  • la « tradition longue » où la mosquée est distincte du palais gouvernemental.
  • et la « tradition courte » où c’est le religieux qui est à la tête de l’État : « Dieu gouverne sans intermédiaire » autre que le religieux recueillant sa parole, bien entendu.

En effet, après la mort de Mahomet, les Arabes prirent le contrôle de l’Iran et d’une large partie de l’empire byzantin de civilisation gréco-latine, régions qui avaient une administration politique ancienne et des élites dans de nombreux domaines, tels que les sciences et l’architecture.

Les Arabes se sont nourris de ces civilisations et ont notamment traduit en arabe les ouvrages scientifiques grecs, en les perfectionnant parfois. D’où ce qu’on appelle « l’âge d’or de la civilisation islamique ».

Plus tard, il y eut autour du XIe siècle, ce que j’appelle « la première réaction islamiste » où l’on décida le retour aux sources de l’islam, et où on brûla tous ces ouvrages. À mon avis, la stagnation économique du monde arabe ainsi que ses défaites face aux Turcs, aux Mongols et plus tard aux Européens, proviennent justement de l’abandon de ces cultures « non musulmanes ».

Le rationalisme grec était par exemple en contradiction avec la toute-puissance divine : « il n’y a pas d’autres causes que la volonté de Dieu », ce qui décourage les sciences.

De même, le texte d’Eschyle, Prométhée enchaîné, montre les hommes s’emparer du feu divin et multiplier les innovations afin de pouvoir progresser. Encore un point distinguant la culture grecque de l’époque de celle des musulmans dogmatiques. Pour eux, la notion de bida (innovation), est une perçue comme une atteinte à la tradition, donc comme une hérésie.

Un Européen d’aujourd’hui y voit bien entendu une cause de stagnation scientifique et économique.

L’islam face aux défaites plus récentes

Plus récemment, vinrent les chocs que furent la déroute turque après le deuxième siège de Vienne et surtout celui, psychologiquement déterminant, de l’arrivée de Napoléon en Égypte.

Ces chocs entraînèrent deux réactions opposées, celle des modernistes et celle des futurs islamistes.

Les modernistes, comme au Japon, imitèrent les institutions occidentales et firent appel aux Européens à titre privé. Ces derniers prirent alors conscience de leur formidable supériorité technique, organisationnelle et (alors) démographique.

Les Européens s’implantèrent via un colonialisme direct ou indirect, les réformes des musulmans modernistes ayant échoué comme trop éloignées des sources religieuses, comme celles lancées en Égypte à la suite du passage de Napoléon.

Il n’y a qu’en Turquie que le kémalisme s’opposa à l’islam dogmatique et réussit à le mettre sous tutelle, jusqu’à la contre-révolution conduite aujourd’hui par le président Erdogan.

Cet échec des modernistes musulmans firent que les contacts avec les Occidentaux eurent lieu dans des situations d’infériorité et souvent d’humiliation pour les populations locales.

Un formidable ressentiment, mâtiné d’impuissance, s’accumula, tant envers les Européens qu’envers les élites occidentalisées, souvent chrétiennes, qui participaient ou semblaient participer au pouvoir.

Le palais était entre les mains des kafirs (apostats). Restait la mosquée.

La réaction des islamistes peut être résumée par : « Les ennemis ne pouvant triompher que si Dieu en décide ainsi, c’est qu’il veut nous punir de nous être écarté du véritable islam. Revenons à la source, à l’époque des “anciens” (salafiya, d’où salafiste) ».

Cette analyse est toujours celle de l’islamisme contemporain.

Une de ces réactions, celle des Frères Musulmans, est exemplaire par ses idées, son organisation, son évolution et son influence.

Les Frères Musulmans

Hassan el Banna
Hassan el Banna, fondateur des Frères Musulmans

Créée en 1928 sous le nom d’« Association pour commander le bien et pourchasser le mal », la confrérie naît dans une Égypte sous mandat britannique, donc sous la domination militaire et économique d’une puissance étrangère.

Son fondateur, Hassan al-Bannâ, est devenu une figure emblématique du monde musulman, admiré pour ses qualités spirituelles comme pour ses actions politiques et sociales par les islamistes du monde entier.

Il naît en 1906 et fréquente l’école coranique puis l’école primaire, où il fonde avec des camarades : « L’association pour le combat contre le mal », qui menace ceux suspectés de ne pas vivre selon les enseignements de l’islam.

En 1919, à 13 ans, il soutient la première révolte contre l’occupation britannique.

A quatorze ans, il entre à l’école normale d’instituteurs. Il y est heurté par l’ambiance séculière qui y règne, décide de passer à « l’action » (futur terme clé de la confrérie) et d’organiser l’éducation religieuse populaire.

Il est nommé instituteur à Ismaïlia sur le canal de Suez, ville symbole de l’occupation économique, administrative et militaire occidentale. Il prêche dans les cafés et répète que la colonisation provient de ce que les croyants se sont écartés du message divin.

Le retour aux sources de l’islam, le salafisme, s’impose donc, et cela sous le pouvoir temporel et spirituel du guide (lui-même), qui sert de liaison entre le divin et le terrestre pour la prédication et le combat contre la domination étrangère : le djihad.

Un parti politique à la mode de l’époque

Le mode de fonctionnement de la confrérie tient des ordres mystiques soufis et des partis politiques des années 1920 et 30 : des partis de masse communistes, fascistes et nazis, avec des sections dans chaque unité de chaque métier, et par catégories sociales.

Les membres chantent : « Dieu est notre but. Le prophète est notre chef. Le Coran est notre constitution. Le combat est notre chemin. La mort au service de Dieu est notre désir le plus cher ».

Le Guide suprême coiffe toute une organisation qui se termine à la base par les sections et les familles.

Les sections regroupent les professions : ouvriers et paysans, professions libérales, étudiants, « sœurs musulmanes ».

La section de liaison avec le monde musulman est chargée de répandre le message hors d’Égypte, et jusque dans les minorités musulmanes des États-Unis, de l’Ex-URSS et de l’Europe : l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France, naguère puissante chez les immigrés, mais maintenant en déclin) y serait reliée ou sympathisante. Tariq Ramadan, qui a actuellement de sérieux ennuis judiciaires, est le petit-fils du fondateur des Frères musulmans.

S’y ajoute l’organisation secrète, embryon d’une branche militaire, qui combat pendant la première guerre israélo-arabe en 1947.

Les Frères ont une face sociale pour faire face aux maux qui frappent les pays musulmans (analphabétisme, maladies, criminalité…) et établir « une société modèle se référant à la loi islamique » : il faut passer à l’action « comme agents de Dieu et pour sa gloire ».

En pratique, cela signifie occuper le vide laissé par un État égyptien profondément sous-développé : partout, après avoir fondé une mosquée, les Frères Musulmans ouvrent une école pour garçons puis pour filles et fondent une entreprise.

Depuis 1939, les Frères détiennent la revue al-Manar, interdite par le gouvernement en 1941. Elle sera remplacée au fil des aléas des rapports avec le pouvoir par d’autres revues ou par une presse clandestine.

Les scouts de la confrérie sont chargés d’instruire les populations en matière de santé et d’hygiène et apportent une aide médicale dans les campagnes.

Une section médicale puis la création d’hôpitaux, de cliniques et de dispensaires se développent. En 1953, il y a un dispensaire dans chaque province d’Égypte et 60 cliniques au Caire qui ont traité 100 000 patients.

Les Frères mettent en place « l’islamisation par le bas », appliquant la formule d’Hassan al-Bannâ : « Nous voulons l’individu musulman, puis la famille musulmane, la société musulmane, l’État musulman, la nation musulmane ». Ce dernier point se réfère à « l’Oumma », l’ensemble mondial des musulmans qui devrait ne faire qu’une nation. Ce qui heurte évidemment les nationalistes de chaque pays et explique leur opposition aux Frères.

Bref, ils édifient une « contre-société » islamique dont la hiérarchie et le fonctionnement sont indépendants de l’État. Ce qui déplaît bien sûr aux gouvernants.

Utiliser la violence ?

Emblème des Frères musulmans
Emblème des Frères musulmans

Reste la forme de l’action : violente ou pas ?

Déjà visible chez Hassan el Banna, la violence sera revendiquée par un des dirigeants des « Frères », Sayyed Qotb, par ailleurs violemment choqué par l’Occident, où les filles sont mêlées aux garçons !

Il « bénéficiera » de plus de l’auréole du martyr lorsqu’il sera exécuté par le pouvoir nassérien.

Le croyant ne peut qu’agir bien, l’incroyant ne peut qu’agir mal, donc celui qui agit mal (c’est-à-dire qui n’est pas de mon avis) est un apostat et mérite la mort.

Ce schéma d’organisation politico-sociale globale – totalitaire pour certains, et qui rappelle, en plus prégnant, les « contre-sociétés » communistes françaises ou italiennes de la même époque, ainsi que la violence des communistes, des fascistes et des nazis au pouvoir – sera repris par l’ensemble des mouvements islamistes issus ou non des « Frères ».

Tout cela explique le poids de ces mouvements sur les sociétés musulmanes, d’autant qu’à la différence des gouvernements anti-communistes occidentaux, ceux des pays musulmans iront d’échec en échec sur tous les plans (défaites militaires, économiques, sociales, intellectuelles), ce qui valorise l’opposition islamiste.

Les islamistes aujourd’hui

Le XXème siècle n’est pas seulement celui des partis de masse totalisants et violents, c’est aussi celui du pétrole, du marxisme, de la guerre froide, du poids militaire d’Israël et des États-Unis.

C’est aussi le siècle de l’explosion démographique musulmane, qui (pour aller vite) inverse les rapports de nombre entre Islam et Occident et génère des flux migratoires installant des musulmans en Occident.

Rappelons par exemple qu’à l’époque de Napoléon, une Égypte de 2 ou 3 millions d’habitants n’a pas pu faire face a un modeste corps expéditionnaire envoyé par une France d’environ 25 millions d’habitants, alors qu’aujourd’hui il y a plus de 100 millions d’Égyptiens pour 67 millions de Français.

Notre époque est aussi celle de la décolonisation, puis des désillusions de l’indépendance, avec ou sans participation islamiste. Les dernières décennies vont y ajouter le poids des nouveaux médias, « télévisions arabes » et Internet.

Tout cela va faire évoluer l’action des islamistes, mais sans changer profondément leur nature.

D’abord, malgré les décolonisations, cette période multiplie les humiliations ressenties par le monde musulman et donc le ressentiment qui est un des moteurs de l’islamisme radical.

Les décolonisations ne sont dans l’ensemble pas glorieuses, quoiqu’en dise les propagandes locales (même la guerre d’Algérie s’est terminée par la défaite militaire du FLN, de l’aveu même de ses membres d’alors), et surtout les indépendances laissent les gouvernants musulmans responsables des échecs actuels.

Les malheurs du modèle algérien de développement

Les seules « victoires » des islamistes sont des attentats spectaculaires tant en Islam, tels l’assassinat de Sadate et d’innombrables « faux musulmans », qu’à l’extérieur (World Trade Center, Londres, Madrid …). Même l’État islamique, malgré sa cruauté a fini par être détruit.

Que devient l’islam après l’État Islamique ?

Par contre les islamistes viennent de gagner en Afghanistan, où ils ont battu l’armée soviétique puis lassé l’armée américaine.

L’argent du pétrole, et la puissance qu’il donne aux nouveaux médias, donnent aux islamistes de nouveaux moyens et une caisse de résonance, voire, dans le cas d’Al Qaïda et des restes de l’État islamique notamment en Afrique, celui d’inspirer et de franchiser « l’action » sans avoir à mettre en place une organisation hiérarchique et opérationnelle.

Les moyens financiers, presque tous d’origine pétrolière plus ou moins directe, leur arrivent en toute connaissance de cause ou via des circuits de bienfaisance, dont l’importance est sous-estimée en Occident. Ces circuits peuvent être détournés vers le terrorisme, mais même quand ils ne le sont pas, la très réelle action sociale des islamistes renforce leur implantation.

Islamisme et scolarisation de masse

Un autre point nouveau du dernier demi-siècle est celui de la scolarisation. Longtemps, les masses musulmanes ont été délibérément laissées analphabètes. Néanmoins, maintenant, les adolescents et adultes musulmans ayant été scolarisés se comptent maintenant par centaines de millions.

Cette scolarisation s’est opérée de mauvaise façon, d’un point de vue occidental du moins.

D’une part, elle est presque partout fondée sur l’apprentissage par cœur et non sur un exercice d’analyse et de critique, et l’on peut y voir une des causes du sous-développement de ces pays.

D’autre part, elle est profondément imprégnée par l’interprétation traditionnelle de l’islam, non seulement via de lourds programmes juridico-religieux, mais aussi via la littérature et l’histoire.

Il en résulte une profonde ignorance du reste du monde et un sentiment de supériorité et d’intolérance par rapport à lui. Les humiliations sont donc ressenties comme particulièrement injustes.

Les parents qui veulent préserver leurs enfants de ces mauvaises méthodes pédagogiques, de l’islamisme et de ce sentiment de supériorité, les envoient dans l’enseignement privé, anglophone ou francophone… quand ils en ont les moyens.

Les islamistes victimes de leur succès ?

Les échecs répétés de nombreux gouvernements musulmans, réputés de plus très corrompus, ont donné leur chance aux islamistes qui bénéficiaient de « l’aura » des opposants de toujours et de leur réputation d’honnêteté censée être liée à la religion.

Ils bénéficiaient de plus de leur forte implantation partisane et humanitaire.

Les printemps arabes ont eu raison des dictateurs tunisien, égyptien, libyen et yéménite. Il y a eu alors des élections relativement libres, avec les islamistes et les démocrates dans le même camp. Les islamistes en ont profité pour prendre le pouvoir en Tunisie et en Égypte,

Mais l’échec économique et la persistance de la corruption ont démonétisé les gouvernements islamistes.

Ces derniers ont été chassés par l’appel des démocrates aux militaires en Égypte et par les élections en Tunisie.

En Iran, les islamistes ont été discrédités pour les mêmes raisons, mais ont réussi à rester au pouvoir grâce à une répression particulièrement dure. Ils ont maintenant perdu tout prestige et sont ressentis comme de simples dictateurs. Ils ont même détourné de l’islam une grande partie de la population.

On a vu en Algérie, dans la deuxième partie des années 90, le peuple préférer « des voleurs à des assassins », autrement dit le pouvoir en place aux islamistes.

L’échec des islamistes au pouvoir, au Maroc et ailleurs

L’AKP, parti islamiste « moderniste » de Turquie et proche des Frères musulmans, s’est maintenu de justesse au pouvoir après les dernières élections en s’alliant au parti ultranationaliste. Les sondages le donnent largement perdant lors des prochaines élections.

L’Arabie, pays islamiste par excellence, et probable financier des rebellions islamistes un peu partout dans le monde, est néanmoins opposé aux Frères musulmans qui ont déclaré la famille royale impie.

Rares et fragiles sont les régimes comme ceux du Maroc et de Jordanie (deux monarchies) qui tentent de concilier modernité et « non répression », cela à l’opposé de la répression féroce et les massacres qui ont frappé les Frères en Syrie.

L’expérience séculaire des régimes autoritaires à connotation religieuse (puritains de Cromwell, soviétiques…) montre qu’ils s’affaiblissent à l’arrivée au pouvoir de la deuxième génération de responsables. Cela est bien long pour nos amis musulmans modernistes du Sud.

Reste l’espace de liberté du Nord où islamistes et démocrates peuvent faire assaut d’arguments. Nous devrions y être plus attentifs et veiller à protéger les modernistes des intimidations et des violences de nos adversaires communs.

Yves Montenay

Auteur des Echos du Monde Musulman

 

Pour aller plus loin, vous pouvez lire aussi :  « L’islamisme radical : la lutte séculaire entre le Palais et la Mosquée« , à partir de l’étude publiée dans le n° 31 de la revue “HISTOIRE ET LIBERTÉ”

L’islamisme radical : la lutte séculaire entre le Palais et la Mosquée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 commentaires sur “L’islamisme et les Frères Musulmans”

  1. Musulmans et Islamistes, les deux vénèrent le même coran aux sourates mortifères ! L’islam est l’islamisme au repos, l’islamisme est l’islam en action. Dès le plus jeune âge les petits musulmans apprennent le coran par coeur, dans toutes les mosquées, et donc qu’il faut tuer les apostats et les mécréants, comme au 7ème siècle et que ces ordres sont incontestables puisque émis directement par Allah. Toutes les injonctions coraniques forment un corpus juridique contraignant et obligatoire, bien loin de la conception spirituelle que les Chrétiens peuvent avoir de l’exercice de la foi. La lecture et l’enseignement des hadiths sont tout aussi édifiants. Tant que ces textes ne seront pas expurgés, et ce n’est pas demain la veille que cela se fera, l’islam et l’islamisme seront indissociables.
    Et partout où les islamistes irrédentistes par nature prospèrent (comme dans nos banlieues), les Musulmans « modernistes » ou peu pratiquants se couchent et ne contestent jamais les coups de boutoir répétés contre les règles laïques. Les malheureux apostats se cachent et vivent dans l’hypocrisie pour ne pas subir les foudres de la communauté. Nos politiques droit-de-l’hommistes, et volontiers à la recherche de bulletins de vote, lèchent les babouches, aident à construire des mosquées, et ferment les yeux sur ce communautarisme envahissant. Ceux qui tirent la sonnette d’alarme sont traités de racistes et de fachos.
    Convoquer Cromwell et le Moyen-âge européen pour une étonnante comparaison ne fait que conforter les autruches relativistes qui répètent ad nauseam que « toutes les religions se valent » et « il y a des extrémistes dans toutes les religions », rappelant systématiquement l’Inquisition comme argument-massue !
    L’islam est irrédentiste par nature, l’islam nous attaque, l’islam profite de nos lâchetés, de notre compromission et de notre ignorance béate. Nous sommes en guerre, comme dirait un certain Macron, oui, mais cette guerre, c’est l’islam qui nous l’a déclaré, l’islam tout court !

    1. C’est une opinion, mais elle ne correspond pas à ce que je sais pour avoir voyagé du Sénégal à l’Indonésie et discuté avec un grand nombre de personnes.
      Ou alors vous êtes islamiste, et vous pensez que 90% des musulmans ne sont pas des vrais musulmans

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