Législatives une majorité est parfaitement possible

Législatives : une majorité est parfaitement possible

Le 7 juillet 2024, les électeurs ont envoyé à l’assemblée nationale 3 grands blocs de députés (gauche, centre/droite, extrême droite) dont aucun ne dispose de la majorité absolue de 289 sièges pour gouverner seul. Il faudra bien pourtant trouver une majorité

Certes la réunion entre les partis organisée après les élections par Radio France International a été largement une engueulade réciproque, donnant l’image de 3 blocs politiques irréconciliables.

Pourtant si l’on regarde le profil des élus, il me semble que les députés de « partis de gouvernement »  pourraient former une majorité. En effet un calcul fondé sur le passé parlementaire des différents groupes politiques donne 332 sièges, soit nettement plus que la majorité absolue. Il reste une marge pour ceux qui bouderaient. Cette approximation très grossière exclut le parti communiste, LFI et le RN.

Il y a toutefois une exception : celle de l’abrogation de la loi sur la retraite à 64 ans, que le RN et le NFP ont prévu dans leur programme, et qui pourrait donc, selon moi, revenir sur le tapis à l’Assemblée, indépendamment de la composition du futur gouvernement.

Pourquoi ma fixation sur les retraites ?

Parce que cette question touche directement des millions de personnes en France : les vieux (16,7 Millions de retraités) et leurs proches (9,3 Millions d’aidants), finalement plus nombreux au total que les smicards (17,3 Millions en 2023).

Mais commençons par un bref rappel de la situation actuelle.

Des résultats assez logiques

La gauche dit avoir une majorité relative, le Rassemblement National (RN) déclare qu’on lui a volé l’élection. Je pense que ces 2 opinions sont fausses.

Non, la NFP n’a pas la majorité relative

D’abord, il n’y a pas un bloc « Nouveau Front Populaire » (NFP) mais une simple alliance électorale. Il y a, à gauche, des partis politiques très différents les uns des autres et plusieurs d’entre eux ont des relations difficiles avec La France Insoumise (LFI) et son patron, Jean-Luc Mélenchon.

C’est la raison pour laquelle je n’ai pas inclus les députés LFI dans mes 332 « députés de gouvernement » d’une majorité potentielle.

Il faudra que les électeurs oublient cette fausse unité du NFP, sans parler de ceux qui n’ont voté pour lui que pour faire barrage au RN, suite aux désistements de candidats Ensemble ou Les Républicains. Un intervenant NFP a d’ailleurs eu la lucidité de dire : « N’oublions pas que nos députés ont été élus grâce aux renforts d’électeurs de droite et du centre. » Je rajoute : « et réciproquement ».

Non, le RN ne s’est pas fait voler l’élection

Largement en tête lors du premier tour, et pronostiqué majoritaire avec 200 à 300 futurs députés, le RN a été défait au second tour en arrivant 3e en bout de course, du fait de l’efficacité des désistements réciproques dans le cadre d’un « front républicain » que les commentateurs pensaient ne plus exister.

Mais s’il y avait eu un vote à la proportionnelle comme chez beaucoup de nos voisins européens, le RN aurait certes eu un peu plus de députés mais l’assemblée aurait été de toute façon divisée en 3 blocs et ça n’aurait rien changé aux problèmes actuels.

Par ailleurs le RN a obtenu ses meilleurs résultats au premier tour, et donc, dans les circonscriptions du 2e tour, il partait avec moins de voix en valeur absolue que ses concurrents.

Mélenchon se pose en s’opposant

Le premier à vider son sac de revendications a été Mélenchon : « le NFP est majoritaire » – en fait, c’est le groupe d’élus le plus nombreux, mais très loin de la majorité absolue – et nous allons appliquer immédiatement « Tout le programme, rien que le programme » de l’alliance du Nouveau Front Populaire.

Bien sûr, il ne signale pas les premières difficultés : ce programme ne dit pas un mot de ce qui divise la gauche, notamment l’énergie avec le nucléaire ou les questions de défense européenne, la politique étrangère avec les conflits ukrainien et israélo-palestinien, etc…

Un observateur calme de cette déclaration incendiaire de Mélenchon peut imaginer un comportement rationnel : d’abord faire monter les enchères pour que le programme d’une éventuelle coalition soit le plus à gauche possible, puis se laisser une porte de sortie pour ne pas y participer si c’est vraiment trop loin de son programme. Il aura alors le mérite d’être « le révolutionnaire pur et dur » qui campera dans l’opposition.

En face, le RN se prépare à dénoncer « des magouilles », alors qu’il s’agit – ou qu’il devrait s’agir c’est trop tôt pour le dire – de débats normaux de coalition. Et il compte mettre à son crédit les inévitables déceptions pour les élections futures.

Mais il y a un point sur lequel il y a dès maintenant une majorité potentielle de députés prêts à voter : l’abrogation de la loi sur la « retraite à 64 ans » promise durant la campagne à la fois par le RN et le NFP. Cette question est devenue emblématique : « le peuple le veut ! ».

Le problème des 64 ans

Vous savez que j’ai beaucoup écrit sur ce sujet qui me tient à cœur.

En effet je pense que, depuis le passage à la retraite 60 ans, qui a permis l’élection de Mitterrand, on raconte des histoires aux Français. Et cela d’autant plus que les hommes politiques eux-mêmes n’y comprennent rien.

Retraites : politiques et financiers n’ont rien compris !

Un résumé brutal est que nous manquons de bras et de cerveaux pour l’économie en général et pour les soins des vieux en particulier. Et donc que si on cesse de travailler plus tôt, ce manque de bras sera encore pire qu’aujourd’hui.

Il faudra donc faire appel aux proches, dès que la période de vieillesse en bonne santé se terminera. C’est très variable mais prenons un âge optimiste de 90 ans. Cela signifie que les enfants auront autour de 60 ans, donc travailleront et auront du mal à faire face. On dépassera donc largement les 9,3 millions d’aidants d’aujourd’hui !

Si les enfants sont retraités dans le cas de parents plus âgés ou de retraite précoce, adieu les croisières ou séjours au soleil que l’on espérait faire une fois retraité ! Bref entre les vieux et leurs proches, on déstabilise une grande partie de la population française. De là à dire, comme quelques cyniques, que l’on profitera de la loi sur le suicide assisté…

Bref mon opinion est non pas de revenir à 62 ans voir à 60, mais au contraire de monter à 67 ans comme chez nos voisins européens, plus pragmatiques que nous.

C’est évidemment incompréhensible par des électeurs qui pensent qu’il suffit de taxer quelqu’un (« l’autre » de préférence) pour qu’il n’y ait plus de problème.

Comment faire, sans renier « la volonté populaire » ?

Je pense qu’il ne faut plus parler de 64 ans, ni d’aucun âge limite, ni même « pivot ».

Il faut que chacun prenne sa retraite à l’âge qui lui convient en mettant en place un dispositif incitant très fortement à travailler plus longtemps.

Le minimum pour cela est de proposer une retraite fortement progressive de 60 à 70 ans.

Par exemple par des cotisations éventuellement bonifiées jusqu’à la date de départ augmentant massivement la pension ou par tout autre moyen.

L’essentiel est de ne plus faire des 64 ans une question bloquante. Laissons les parlementaires travailler une fois le premier temps de folie passé.

Pour les autres points de désaccord, et ils sont nombreux à commencer par le SMIC à 1600 €, il faudra attendre la constitution d’un nouveau gouvernement et l’élaboration de son programme.

Là aussi, espérons que le débat fera prendre conscience que ce n’est pas le montant du salaire qui compte, mais ce qu’on peut faire avec. Donc qu’il y ait suffisamment de biens et de services à acheter et pas trop d’inflation. Les 1600 € ne vont pas faire surgir ces biens et services par miracle, au contraire ils vont en diminuer la quantité par la faillite de certaines entreprises.

Que font nos voisins ?

Commençons par voir ce qui se passe à l’étranger. En général le système électoral est proportionnel ou en est proche. Et c’était également le système que j’ai connu jusqu’en 1958 pendant la IVe République et que Mitterrand a utilisé une fois en 1988. Le système a été changé par De Gaulle pour dégager des majorités de gouvernement.

Seuls les Anglais ont un système encore plus brutal que le nôtre : un seul tour, et celui qui est arrivé en tête est élu. Cela donne une majorité  des sièges  à un parti, même s’il n’a qu’une majorité très relative dans les votes.

La proportionnelle a longtemps été réclamée par le Front National pour éviter le rejet, comme cela vient de se produire. Comme il est très rare qu’un parti ait la majorité absolue des suffrages, les parlements étrangers sont en général obligés de monter des coalitions.

Ce système est-il meilleur que le nôtre ? Il n’y a pas de réponse générale mais à mon avis c’est loin d’être évident :

  • le gouvernement allemand est quasiment paralysé par la coalition entre libéraux, socialistes et écologistes, coalition formée contre et sans le parti le plus important, celui des chrétiens-démocrates. La présence des écologistes au gouvernement a amené à abandonner le nucléaire, ce dont les Allemands se mordent les doigts aujourd’hui.
  • Les Belges peinent à trouver un accord entre les partis et sont restés plus de 500 jours sans pouvoir monter un gouvernement… ce qui fait dire aux humoristes qu’on pourrait très bien s’en passer !

En conclusion

Soit je me laisse emporter par mon optimisme indécrottable : le retour à la réalité sera très rapide et il y aura un gouvernement soutenu par les partis les plus sérieux ou pragmatiques.

Soit chacun voudra se draper dans ses promesses, et il faudra du temps et peut-être plusieurs votes, pour prendre conscience de la nécessité de compromis. Il faudra ensuite que ce compromis soit économiquement et socialement sérieux, ce qui est une autre affaire !

Vous remarquerez que mon raisonnement est purement parlementaire, et ne parle pas du rôle du président Macron. Ce dernier peut néanmoins jouer un rôle important s’il consulte, reconsulte et sait expliquer au pays le mal qu’il se donne pour qu’il en sorte un gouvernement sérieux.

Il lui faudra pour cela sortir de son tropisme jupitérien. Nous verrons…

Yves Montenay

11 commentaires sur “Législatives : une majorité est parfaitement possible”

  1. Intéressant, comme toujours. Vous avez avez mille fois raison de revenir sur la question des retraites et de son incontournable « substrat » démographique. Et les Français ne mesurent toujours pas la gravité du problème et des conséquences catastrophiques de la retraite à 60 ans décidée par M. Mitterrand, aussi ignare en économie que cynique en politique : la France en paie le prix depuis des décennies et c’est loin d’être fini.

    Nuance : inclure les escrologistes dans les partis de gouvernement est discutable.
    Certes, ils furent impliqués dans des alliances mais à quel prix ! En imposant une politique énergétique délirante (antinucléaire, promotion des ruineuses et antiécologiques énergies intermittentes, à savoir l’éolien et le solaire dans lesquelles il faudrait cesser immédiatement d’ « investir » ou, plutôt, de gaspiller l’argent de la Nation) dont la fermeture stupide et néfaste de la centrale de Fessenheim donne une faible idée.
    Il suffit de constater les pratiques des zozos fous-furieux escrologistes qui dirigent les municipalités de Bordeaux, Lyon ou Strasbourg pour se convaincre que ces gens-là sont dangereux car irresponsables.

    PS : il faut garder à l’esprit que cette Assemblée nationale constituée de bric et de broc et qui sera donc peu stable sauf pour valiser des « choix » immobilistes, au sein de laquelle siègent de nombreux populistes démagogues et incompétents, à commencer par les députés de LFI et du RN, cette Assemblée ne peut être dissoute avant le 07 juillet 2025 en vertu de l’Article 12 de la Constitution. Narcissique immature, vexé parce que les Français ne l’aiment vraiment pas, M. Macron a pratiqué une sorte de politique de la terre brûlée empêchant tout dirigeant de mener une politique claire et courageuse.

    1. Je suis assez d’accord pour les écologistes. Il y aura quand même quelques individus tentés : on peut accepter un maroquin ou un autre petit avantage, tout en sauvant la face par de grandes déclarations.

  2. Une négo oubliée, mais parait il déjà commencée en 2023, concerne un programme de gouvernement de droite incluant le RN… ce qui suppose seulement que les promesses principales et réalisables du RN soient visées et rendues raisonnables par la moulinette LR-Horizons. RN se doit d’obtenir quelque chose pour ses électeurs… et pour cela pourrait abandonner ses mauvaises solutions à de vrais problèmes.

    1. Je ne connais pas les secrets des dieux, et notre époque est riche en fausses nouvelles. Ça me paraît un peu délicat à court terme, puisque c’est l’opposition au RN qui a fait les élus actuels du centre au sens très large. À long terme, je ne suis pas prophète.

    2. Il me semble qu’à ce stade il faut faire intervenir FMI et troïka.
      On ne peut construire de politique serieuse sur le plan économique et social avec le potentiel français. Il faut faire intervenir des experts extramuros pragmatiques que nous ne possedons pas.

    3. Oui, mais en s’attaquant honnêtement, sérieusement et continûment aux « vrais problèmes », à commencer par l’immigration. Car des millions de Français n’en peuvent plus de souffrir dans l’indifférence générale (quand ce n’est pas la moquerie ou les insultes des bien-pensants) depuis des décennies.

      Quand la situation devient catastrophique, comme à Mayotte, les réactions les plus graves sont à craindre. Ainsi, en avril 2023, le premier vice-président du Conseil départemental de Mayotte, élu LREM a comparé les migrants en situation irrégulière à des «terroristes» qu’il faut peut-être «tuer». Ces propos sont évidemment inadmissibles et ils furent unanimement condamnés : mais comme on n’a rien fait depuis lors (les opérations policières du type Wuambushu ne sont que des cache-misère temporaires), comment veut-on que les Mahorais ne soient pas désespérés au point que certains deviennent littéralement « enragés » ?
      Rappel des chiffres de base : selon l’INSEE, en 2017 PRÈS DE LA MOITIÉ DE LA POPULATION de Mayotte (256 500 personnes) ne possède pas la nationalité française, un tiers des étrangers étant nés à Mayotte ; et, selon une projection démographique réalisée par l’INSEE en 2020, la population de Mayotte pourrait atteindre entre 440 000 et 760 000 habitants en 2050.
      À titre de comparaison, c’est comme si, en France métropolitaine (dont la population en 2023 est de 66 millions d’habitants dont 60 sont de nationalité française), il y avait de 30 à 33 millions d’immigrés, en majorité illégaux, sur une population totale de 66 millions d’habitants.

      1. Vous avez raison pour Mayotte, mais j’avoue ne pas avoir de solution
        Par contre, en France métropolitaine, je suis navré de l’usage du mot « immigration » qui met dans le même sac des gens très différents les un des ‘’ autres, et dont beaucoup sont indispensables à l’économie. Il vaudrait mieux dire par exemple « délinquant étrangers»

  3. Mon cher Yves, tu oublies un fait majeur dont il va bien falloir tenir compte. Certes, les désistements ont joué un rôle, mais les Français n’oublieront pas dans l’avenir ce tripatouillage de certains partis qui ont fait élire leurs pires ennemis pour empêcher des politiques qui leur sont plus proches (donc concurrents) de venir au pouvoir. Mais en démocratie véritable, ce ne sont pas les sièges qui comptent mais les votes exprimés. Or, selon les chiffres officiels, au second tour de ces élections législative, le RN et ses alliés ont réuni plus de trois millions de voix de plus que le NFP et ils moins de députés. Il n’a fallu que 42.000 voix pour élire un député macroniste ou allié, et 47.OOO voix pour élire un député NFP alors qu’il a fallu 99.000 voix pour élire un député RN ou allié. C’est là que réside le scandale qui est dû notamment au tripatouillage des circonscriptions électorales opéré dans le silence complice des media par Hollande et Macron. Oui, les Français qui ont voté pour le RN et ses alliés se sont bien fait voler l’élection. Sans parler du matraquage anti-RN opéré par tous les media bénéficiant de financements publics. Car ces trois millions de voix supplémentaires auraient dû donner au RN et ses alliés une majorité absolue. Où est la démocratie, ici ? Je sais : bien des constitutionalistes détestent le scrutin proportionnel, mais au moins il est fidèle au vote des électeurs, et puis la plupart des pays européens le pratiquent et ne s’en sortent pas plus mal.
    Tout le reste de ton article est un régal, comme toujours.
    Jean-Louis

    1. Bonjour Jean-Louis. Pour que chaque député représente le même nombre de voix, il faut un système proportionnel comme chez beaucoup de nos voisins. Dans ce cas là, comme dit dans l’article, avec 33 % des voix le RN aurait eu 33 % des sièges, c’est-à-dire Davantage qu’actuellement, mais ça n’aurait pas changé grand-chose puisque Chaque bloc resterait loin de la majorité absolue.

      Ou alors il faudrait un système à l’anglaise, où le RN aurait eu la majorité absolue, mais avec tellement de distortion du rapport siège/voix que ce sont les autres partis qui auraient crié au déni de démocratie. L’avantage du système anglais est qu’il donne une majorité qui écrasante à ceux qui sont en tête. On ne peut pas préjuger des résultats, car il se passe dans la tête des électeurs lors du premier tour la même chose qu’en France entre deux tours, c’est-à-dire qu’on vote pour éliminer un autre.

  4. Si la Démocratie intégrale n’existait pas, même du temps de son penseur Périclès, on peut toutefois admettre que nous en somme très loin en France…Même si c’est pire ailleurs ! La Démocratie ne pourrait exister que si la volonté du peuple, pour le peuple par le peuple était appliquée stricto sensu . Or notre pays est gouverné par des alliances de Partis dont les intérêts des représentants du peuple qui sont à mille lieues de leurs attentes …Même si cela parait utopique le travail d’Etienne CHOUARD semble n’intéresser personne. Quelle en est la raison profonde ?

  5. 1) Le choix d’un mode de scrutin est complexe : il n’y a pas de « bonne » solution mais seulement différents systèmes parmi lesquels il faut essayer de trouver celui qui correspond le mieux à la nature et la situation du pays concerné.

    En tout cas, il faut éviter la proportionnelle intégrale dont le système israélien constitue un exemple caricatural détestable car, au final, assez antidémocratique dans la mesure où il permet à des groupuscules de députés représentant moins de 5 % des suffrages mais dont l’appoint est indispensable pour former une coalition gouvernementale d’imposer leurs idées, souvent extrémistes. On peut en revanche imaginer des systèmes comprenant une dose de proportionnelle, par exemple en faisant élire la majorité des députés par un scrutin majoritaire, comme actuellement en France, et le reste par un scrutin proportionnel.

    2) Concernant le RN, ce parti – et donc ses électeurs – est ostracisé au point d’être assez fortement sous-représenté. Le problème récurrent depuis des décennies est que, après chaque élection ayant marginalisé ce mouvement (en dépit de la constante et considérable amélioration de ses résultats) grâce à une « coalition républicaine », bien des personnes ont la conviction que « le danger est écarté » puisque « la bête immonde » a été vaincue. Et à chaque fois, on continue d’ignorer la réalité des problèmes qui poussent de plus en plus d’électeurs à voter pour le RN et, surtout, on n’engage aucune action sérieuse pour tenter de les traiter. À chaque fois, on entend partout, notamment dans les médias « Ouf, il n’ont que X députés ! » [143 actuellement, soit 24,78 % de l’Assemblée nationale… et 37 % des suffrages exprimés], sous-entendu « On peut oublier ça et respirer jusqu’à la prochaine alerte ! »
    Peut-on espérer que plus d’un tiers des Français accepteront d’être traités comme des pestiférés, c’est-à-dire de citoyens de deuxième classe dont les problèmes doivent être ignorés puisque ces gens-là sont des « fachos » ? Ce comportement d’hypocrites donneurs de leçons morales met en péril la foi en la démocratie.
    Prenons la question emblématique de l’immigration :
    – certes, les « solutions » proposées par le RN sont souvent un mélange d’idées stupides et odieuses, de surcroît juridiquement inapplicables : cf. par exemple la « préférence nationale » ou les discrimination envisagées à l’encontre des binationaux ;
    – mais, pour autant, l’immigration, incontrôlée en pratique, engendre de grandes souffrances, par exemple pour les citoyens vivant au milieu de concentrations massives d’immigrés dont beaucoup foulent aux pieds les valeurs fondamentales de notre civilisation quand ils ne crient pas leur haine de celles-ci : quand on doit au quotidien raser les murs dans son propre pays et subir continûment mille formes d’incivilités, voire d’agressions, on « devient fou » et d’autant plus que les gens qui ont la parole dans les médias nient la gravité, voire l’existence, de ces problèmes quand ils ne traitent pas de « fachos » les personnes qui appellent au secours ;
    – il n’existe évidemment pas de solution miracle ; mais on doit notamment prendre toutes les mesures nécessaires pour réformer notre droit et nos pratiques dans ce domaine, par exemple :
    . revoir radicalement les conditions et les modalités d’octroi de la nationalité française sur le modèle de ce qui se fait en Suisse, à savoir l’obligation de passer un examen approfondi et réellement sélectif que peuvent réussir seulement les personnes connaissant correctement le français et les principes fondamentaux de notre civilisation ; ainsi, on acceptera des personnes intégrées, voire assimilées et on rejettera – sans complexe – la demande de la 3e épouse d’un polygame achetée au pays par le mari avec l’argent des allocations familiales, laquelle ne parle même pas français, cas extrême mais hélas existant : je me souviens d’un procès pour excision, il y a déjà longtemps, dans lequel la mère complice, voire instigatrice, de cette abominable mutilation vivait en France depuis plusieurs années mais ne parlait que le sarakolé, langue de son village d’origine ;
    . revoir sérieusement le droit de la nationalité dont les principes ne correspondent plus à la situation de la France : il ne s’agit plus de franciser à tout va en cumulant droit du sol et droit du sang pour remplir les rangs de nos régiments face à la menace allemande ! Concrètement, il faut fortement réduire le droit du sol, lequel a actuellement comme conséquence des abus désastreux, comme l’afflux massif de femmes venant accoucher en France afin que leur enfant aie la nationalité française (les « bébés-papiers ») ; cela est particulièrement dramatique outre-mer, en particulier à Mayotte qui est massivement envahie par des Comorais depuis des décennies et vit constamment des situations apocalyptiques dans l’indifférence totale, générale et constante de la Métropole : j’invite par exemple à écouter les très instructifs entretiens sur YouTube avec Estelle Youssouffa, députée LIOT [qui rassemble plusieurs députés du centre gauche, du centre et du centre droit] de la 1ère circonscription de Mayotte ;
    . veiller à ce que les sanctions, notamment l’expulsion de notre pays, à l’égard des délinquants étrangers soient constamment appliquées et sans faiblesse.

    Alors, on pourra dire aux victimes permanentes de ces problèmes, à Mayotte, dans le 9-3 et ailleurs, :
    « Oui, ces problèmes sont sérieux et on n’a pas fait tout le nécessaire pour les traiter.
    – Non, il n’y a pas de solution miracle, car on est plutôt dans la situation d’un énorme navire qui ne peut freiner ni changer de cap rapidement et les mesures « Yaka » sont erronées parce que … [expliquer concrètement au lieu de brailler « Fachos, fachos ! »] ;
    – MAIS une série de réformes de fond est engagée et elles seront poursuivies jusqu’au bout afin de remédier, à terme mais durablement, à une partie de ces problèmes. »
    À cette condition impérative, on pourra réintégrer de très nombreux citoyens qui ont actuellement le sentiment justifié d’être ignorés par tous les partis autres que le RN.

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