Trump, la géographie industrielle et le Maghreb

Trump, la géographie industrielle et le Maghreb

Les droits de douane imposés par Trump à ses fournisseurs asiatiques vont-ils bouleverser la géographie des chaînes d’approvisionnement mondiales ? Et cela pourrait-il être une opportunité à saisir pour les pays du Maghreb ?

Tel était le thème de ma récente intervention (20/05/2025) pour le journal tunisien PROMEDIA, en réaction à la valse annoncée des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Cette question des circuits de distribution dans une économie mondialisée est souvent traitée de façon cavalière, en ignorant leurs contraintes physiques, humaines et monétaires.

Je vais traiter successivement de ces contraintes pour aborder ensuite rapidement le cas du Maghreb.

Menaces sur l’organisation actuelle des chaînes d’approvisionnement mondiales

Depuis la deuxième partie du XXe siècle, la mondialisation a permis la mise en place de chaînes d’approvisionnement complexes, optimisées à l’extrême, selon les principes du « juste à temps », avec une priorité donnée à la réduction des coûts et à la fluidité logistique.

Mais cette organisation semble menacée aujourd’hui, suite à plusieurs facteurs cumulés.

D’abord le Covid

La pandémie de COVID-19 a été le premier signal d’alarme.

Les confinements, les restrictions sanitaires et les fermetures temporaires d’usines ont interrompu brutalement les flux de marchandises.

Des secteurs entiers, comme l’automobile ou l’électronique, ont connu des pénuries critiques.

Les conflits géopolitiques

Ensuite, la guerre en Ukraine a rappelé l’importance des dépendances stratégiques : l’Europe, par exemple, s’est rendu compte de sa forte dépendance au gaz russe.

Par ailleurs, la montée des tensions géopolitiques — notamment entre la Chine et les États-Unis — a renforcé la volonté des États de « relocaliser » ou du moins de « régionaliser » certaines productions jugées sensibles : semi-conducteurs, matières premières critiques, produits pharmaceutiques.

Souveraineté économique

Cette volonté s’inscrit dans un retour aux préoccupations de souveraineté économique.

Dans le cas des États-Unis, qui proclament souhaiter « rapatrier » le maximum de productions, le processus était jusqu’à présent freiné par les hauts salaires américains, qui sont un multiple élevé de la plupart des pays du Sud, et le double de certains pays européens.

Le président actuel des États-Unis cherche donc aboutir à ce résultat par d’autres moyens, perturbant encore plus les données pour les entreprises.

Argument écologique

Enfin, la prise de conscience écologique exerce une pression supplémentaire et pousse à produire localement pour réduire l’empreinte carbone des transports.

C’est dans ce contexte que se pose la question de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement.

Réorganiser ces chaînes d’approvisionnement : est-ce vraiment possible ?

D’abord, à court ou moyen terme (ça dépend des produits), les chaînes d’approvisionnement ne peuvent matériellement être modifiées.

Pour trois raisons : les infrastructures, le matériel et le personnel.

Les infrastructures et le matériel

Par exemple, une usine de fabrication de puces exige des milliards d’investissements, des compétences rares et un écosystème technologique développé.

En cas de modification de la chaîne d’approvisionnement, il faut notamment recréer toute une chaîne de sous-traitants, de fournisseurs et de logistique spécialisée.

De nombreuses industries sont encore dépendantes d’équipements spécifiques produits dans un nombre très restreint de pays.

Par exemple, les machines de photolithographie extrême utilisées dans la fabrication des semi-conducteurs ne sont produites que par quelques entreprises dans le monde, comme ASML aux Pays-Bas.

Il faut donc s’assurer que ces machines arrivent sans problème administratif et sans délai technique dû aux infrastructures dans le nouveau pays.

Le facteur humain

Enfin, le facteur humain est déterminant, et les compétences techniques pointues ont souvent été concentrées là où l’industrie s’est historiquement implantée.

Il faudrait donc des programmes de formation massifs et un encadrement par une partie du personnel de pays de départ.

C’est ce que j’ai fait dans ma propre entreprise pour nous implanter en Amérique du Nord. Et c’est une des raisons de commencer par le Québec car le personnel qualifié de la maison-mère française pouvait travailler et former des cadres québécois en français.

La conclusion à ce stade est que les contraintes structurelles rendent tout changement très lent. Encore une fois, c’est évidemment très différent suivant le produit concerné.

Vous remarquerez que je parle de produits et non de services, alors que ces derniers composent maintenant une part très importante du commerce international.

Il s’agit de services bancaires, de santé – par exemple les hôpitaux privés indiens pour les Anglais ou Américains -, les échanges entre équipes de conception de jeux vidéo et plus généralement de logiciels, les centres d’appels etc.

En particulier les Américains, mais aussi la France et de nombreux autres pays ont une balance des services excédentaires, ce qui diminue d’autant leur déficit commercial.

Mais curieusement le président des États-Unis ne s’est pas saisi de cette question.

Or, les services , s’ils ne nécessitent pas de chaîne d’approvisionnement, sont aussi très difficilement déplaçables : s’ils sont dans un pays donné c’est parce que les salaires et les qualifications l’exigent.

Sans parler de la langue : ce n’est pas un hasard si les anglophones profitent de la faiblesse des salaires indiens et les francophones de celle des salaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne.

La contrainte monétaire : le rôle du dollar dans les échanges

L’incertitude sur le rôle du dollar complique encore le choix de la localisation.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le dollar américain s’est imposé comme la monnaie de référence pour le commerce international.

Cependant, cette domination est de plus en plus remise en question pour deux raisons : une incertitude sur son cours du fait de l’agitation de Donald Trump, et le rattachement de la transaction à la justice américaine.

C’est cette extraterritorialité qui a permis aux États-Unis de condamner à de très fortes amendes des entreprises françaises ayant travaillé avec l’Iran. Celles qui avaient de gros actifs aux États-Unis ont été obligées d’accepter.

On comprend pourquoi les échanges d’armes chinoises contre du pétrole russe se font en monnaie russe ou chinoise.

Pour cette raison la Chine, la Russie ou d’autres membres des BRICS, cherchent à promouvoir l’usage de leurs propres monnaies dans les échanges bilatéraux.

C’est une grande complication, car cette monnaie doit pouvoir trouver un autre usage dans le pays excédentaire. Par exemple si ce dernier est la Russie grâce à son pétrole, il faut que la Russie trouve un usage pour les yuans.

C’est à peine moins compliqué que de faire du troc à l’échelle mondial.

On mesure l’immense commodité que sont les paiements en dollars.

Bref, réorganiser une chaîne d’approvisionnement en changeant de pays, et éventuellement en changeant celui des sous-traitants, oblige à se poser cette question monétaire.

Le Maghreb pourrait-il en profiter ?

Le Maghreb, et notamment la Tunisie, a plusieurs atouts.

Sa proximité géographique avec l’Europe, à moins de deux heures d’avion de plusieurs capitales et la proximité de plusieurs grands ports permettrait aux entreprises européennes de raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement.

Par ailleurs, la Tunisie bénéficie de liens historiques, culturels et linguistiques forts d’une part avec les pays arabes et d’autre part avec le monde francophone, avec lequel elle a déjà de nombreux liens industriels et de services.

Cela facilite la communication, la gestion de projet et l’intégration des équipes dans un cadre multinational.

Le Maroc en profite largement en exportant en Europe et en Afrique francophone les produits de son sol et de son industrie. Et, en matière de services, en accueillant de nombreux centres d’appels pour le monde francophone.

J’ai fait personnellement l’expérience du bilinguisme franco-arabe tunisien en Arabie dans les années 1975 où notre sous-traitant tunisien nous parlait en français et utilisait l’arabe pour le client saoudien. Ses équipes ont même réussi à faire passer dans l’arabe local les expressions « belote » et « dix de der » !

La Tunisie dispose également d’un vivier de main-d’œuvre qualifiée, notamment dans les secteurs de l’ingénierie, des technologies de l’information et de l’industrie manufacturière.

La Tunisie peut également utiliser le grand gisement du personnel qualifié français ou francophone, d’origine tunisienne ou non.

La Tunisie a donc une carte à jouer, à condition de maintenir sa stabilité politique et d’investir dans l’amélioration de ses infrastructures logistiques. Et bien sûr d’avoir une volonté politique de renforcer l’attractivité économique à travers des incitations fiscales et réglementaires.

Ceux qui connaissent le Maroc savent que ce dernier a pris une grande avance dans tous ces domaines.

Par contre l’Algérie en est restée en dehors, du fait de l’hostilité officielle à la France et au français. Je dis « officielle » parce qu’en pratique et en privé, cela se passe mieux, fort heureusement.

Mais la politique d’éradication du français finira par y porter ses fruits, privant l’Algérie d’un de ses avantages, ce qui lui enlèvera un atout important pour l’après pétrole.

Par contre l’Algérie bénéficie de sa situation géographique, comme en témoigne son énorme contrat gazier avec l’Italie (remarquons toutefois que le gazoduc passe par la Tunisie).

C’est certes pour l’Italie un changement de chaîne d’approvisionnement par rapport au gaz russe, mais, pour l’Algérie, c’est toujours l’exploitation d’une rente qui se terminera à jour, sans que le pays se soit développé en attendant la fin de la manne pétrolière.

Conclusion

La réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondial est une nécessité face aux chocs successifs sanitaires, géopolitiques, ou climatiques. Cette organisation devra parallèlement gérer en permanence les évolutions monétaires mondiales. Mais cette réorganisation prendra des années !

Cette réorganisation peut être porteuse d’opportunités pour la Tunisie et le Maghreb, moyennant les conditions que nous avons indiquées.

Toutefois, les infrastructures industrielles, les ressources matérielles et humaines, ainsi que l’incertitude autour des équilibres monétaires mondiaux, limitent considérablement la marge de manœuvre d’un redéploiement des chaînes d’approvisionnement, du moins à court terme.

En effet, réorganiser ces chaînes, ce n’est pas seulement déplacer une usine ou changer de fournisseur : c’est repenser toute une architecture de production, de logistique et de commerce, dans un monde marqué par des rivalités croissantes et une incertitude persistante, notamment sur le plan monétaire.

Et l’intelligence artificielle ?

J’ai répondu à un patron tunisien que selon moi, le rôle de l’intelligence artificielle est assez analogue à celui du marteau. C’est un outil indispensable, réfléchissez à ce que deviendrait une usine de menuiserie qui voudrait s’en passer !

Mais un marteau seul ne produit rien. Il faut qu’un ouvrier qualifié décide de la forme et de l’agencement des pièces à clouer, et décide du type de marteau à utiliser et de la façon de s’en servir (par petits coups, par un grand choc…).

Autrement dit l’IA n’est rien si le problème est mal posé et son utilisateur mal qualifié. Un outil, même miraculeux, n’est pas indépendant de son environnement industriel et ne résoudra pas à lui seul les questions de réorganisation des chaînes d’approvisionnement.

Par contre, cet outil donne à peu près la même prestation dans les principales langues, ce qui devrait diminuer la nécessité de l’usage de l’anglais, qui handicape tant de non-anglophones … et d’anglophones imparfaits.

Yves Montenay

13 commentaires sur “Trump, la géographie industrielle et le Maghreb”

  1. Mille mercis de cette passionnante analyse qui aborde des questions totalement négligées par les imposteurs qui  » ont leur rond de serviette  » chez les médias grand public adeptes des propos simplistes et racoleurs : ce que vous expliquez est fondamental et doit donc rester en tête pour quiconque veut – et devrait – connaître  » le dessous des cartes « , ce qui permet de s’informer intelligemment et de disposer de précieuses clés pour comprendre l’actualité.

    Encore bravo !

    PS : dans les indications proposées à ceux qui veulent poster des commentaires, serait-il possible de faire remplacer  » Email  » par  » Courriel  » et  » Site web  » par  » Site  » ? Comme le dirait un personnage de  » Fortune de France  » (Robert Merle), cette polluante prégnance de l’anglo-étasunien dans un site non anglophone  » me pue  » …

  2. Bonjour monsieur
    Je suis pas d’accord avec vous avec le constat sur l’algerie
    Pour moi elle a raison d’eradiquer le français au profit de l’anglais
    Elle a pas besoin d’enseigner le français (elle devrait même le supprimer)
    Elle dispose d’une grande diaspora en France et en belgique
    Donc si elle a besoin du français, elle peut très bien faire appel à sa diaspora
    Surtout que l’anglais est beaucoup plus utile pour ce pays
    Ce pays joue contre la montre, il doit vite diversifier son economie
    Et avec une population anglophone,il peut attirer plus d’investisseurs
    Et pour les classes populaire, l’anglais est beaucoup plus simple que le français
    Il n’y que la bourgeoisie qui maitrise bien le français
    Donc je ne comprends votre constat
    Et d’habitude je suis d’accord avec vous

    1. Je fais le même réponse qu’à l’autre commentaire.
      Je sais que l’évolution vers l’anglais est une tendance mondiale, y compris en France, et que l’anglais est plus simple à apprendre que le français et je suis donc d’accord avec vous sur ces points par contre je constate que le français est une des langues de l’Algérie : être la langue la bourgeoisie ce n’est pas rien ! C’est elle qui fournit les cadres de la nation et le contact avec l’importante diaspora.
      Autrement dit pour moi la première chose à faire, comme le font dans une certaine mesure le Maroc et la Tunisie, c’est améliorer l’enseignement en langues nationales de fait : l’arabe, le berbère et le français. J’en profite pour dire que, historiquement, l’arabe est une langue aussi coloniale que le français. Ensuite comme en France ou en Allemagne on apprend l’anglais quand c’est nécessaire. Or cela ne l’est pas pour la masse de la population.

      1. Merci d’avoir répondu monsieur
        L’état fait en sorte que la langue de la bourgeoisie soit l’anglais
        Et ça permet aussi aux classes populaire d’être au même niveau
        Et pour « l’arabe langue colonial »
        Je suis moi à moitié Kabyle
        Ma famille maternelle est 100% Kabyle et berberophone
        Et dommage que l’état ne reconnaisse pas assez cette langue
        l’algerie n’est pas arabe au niveau génétique (ça doit être moins de 20% de sang arabe) , elle l’est au niveau culturel et linguistique
        Mais l’arabe c’est la langue de notre religion et de notre prophête, et aussi d’une partie de la population
        On ne peut pas la décrire comme langue coloniale, surtout que les Arabes ont été plusieurs fois chassé d’algerie
        Je respecte bien sûr votre avis
        Mais je ne suis pas d’accord
        Faire du bèrbere et de l’arabe les langues officielles et de l’anglais la langue des affaires et des sciences est la meilleure chose à faire
        Là où vous avez raison, c’est que pendant la transition
        L’algerie perdra certains Avantages
        Mais à long terme elle sera gagnante et aura plus d’avantages que la tunisie ou le maroc
        J’éspère qu’on sera d’accord sur cette conclusion monsieur

        1. Voir mes autres réponses. Je rajouterai que le plurilinguisme est un grand atout, et un Algérien ne parlant arabe et anglais sera défavorisé par rapport à celui qui parlera arabe français et anglais. Quant aux Berbères, je crois qu’on « les enterre sous les fleurs » avec le Tifinagh, surtout les Kabyles qui ont l’habitude de l’alphabet latin et qui ont toute une littérature en kabyle en alphabet latin

          1. Je suis d’accord pour l’alphabet latin pour la bèrbere
            (Même si je parle pas trop Kabyle, je parle que l’arabe dialectal et l’arabe standard)
            C’est plus simple et plus pratique que l’autre alphabet
            Donc on est d’accord sur ce point.

            Mais je pense pas que le plurilinguisme soit vraiment un Avantage
            J’ai même tendence à croire l’inverse
            Pour quelq’un qui est dans des filières scientific, une langue étrangère enseignée suffit largement (l’anglais)

            Je pense que comme vous êtes Français et patriote, vous voulez que le français soit parlé par le plus grand nombre
            Je respecte ce point de vue
            Mais avec l’explosion de la demographie subsaharienne, la francophonie sera un handicap pour la France
            Et aussi pour les pays du Maghreb

            Et pour les relations entre la France et l’algerie
            Je suis pour une coupure, c’est mieux pour tout le monde
            Trop de haine des 2 côtés
            Il faut juste une coopération pour organiser la remigration des algeriens (hijra) et pour lutter contre l’immigration subsaharienne
            (ça sera le plus grand defi des pays du Maghreb, et je suis contre toute forme d’accueille de ces population en Algerie)

          2. Merci pour ces explications. Vous n’êtes pas le seul à avoir ce genre de réaction, pensant que la connaissance du français est un handicap pour la France. Mais l’Algérie aura toujours besoin de contact avec la France et l’Afrique subsaharienne, et pour cela parler français est un avantage, sans parler de la carrière internationale des Algériens à partir de leur pays ou de la France

      2. La langue de la bourgeoisie ça se change facilement
        En moins de 20ans
        Je le dis, pendant la transition, l’algerie perdra certains Avantages
        Mais à long terme, ça sera gagnant

  3. Pour l’algerie, l’anglais sera plus utile que le français
    Et les classes populaire trouvent plus simple l’anglais que le français
    Et à part la bourgeoisie, la popular est pour cette transition (plus simple et plus utile)
    Et c’est un pays qui a besoin d’attirer des investments étrangers dans l’industrie
    Une meilleure maitrise de l’anglais leur sera plus utile

    1. Je sais que l’évolution vers l’anglais est une tendance mondiale, y compris en France, et que l’anglais est plus simple à apprendre que le français et je suis donc d’accord avec vous sur ces points par contre je constate que le français est une des langues de l’Algérie : être la langue la bourgeoisie ce n’est pas rien ! C’est elle qui fournit les cadres de la nation et le contact avec l’importante diaspora.
      Autrement dit pour moi la première chose à faire, comme le font dans une certaine mesure le Maroc et la Tunisie, c’est améliorer l’enseignement en langues nationales de fait : l’arabe, le berbère et le français. J’en profite pour dire que, historiquement, l’arabe est une langue aussi coloniale que le français. Ensuite comme en France ou en Allemagne on apprend l’anglais quand c’est nécessaire. Or cela ne l’est pas pour la masse de la population.

  4. la langue de la bourgeoisie ça se change en 10ans (les pays de slaves sont un exemple)
    si y a une langue à renforcer en algerie c’est le berbere, pas le francais, qui a vocation à disparaitre

    1. Vous avez partiellement raison, je dirais plutôt que les nouvelles générations bourgeoises n’ont pas forcément la même langue que leurs parents. Mais c’est toujours un appauvrissement de voir une culture disparaître. Les Français ont une économie moderne, et ceux qui en ont besoin perfectionnent leur anglais dont ils ont appris les bases dans l’enseignement secondaire (et parfois avant). La culture maghrébine francophone est importante, pourquoi vouloir la déraciner ? Dire que ça va sauver l’économie algérienne me paraît très exagérée, il y a d’autres causes au sous-développement algérien

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