Juifs et Palestiniens s’opposent depuis la nuit des temps

Juifs et Palestiniens s’opposent depuis la nuit des temps

Depuis l’attentat du 7 octobre en Israël et les représailles qui ont suivi, l’écart entre les perceptions de chaque camp est plus grand que jamais. Pourquoi cette haine millénaire ?

Il y a deux peuples pour la même terre, les Palestiniens étant là depuis la nuit des temps, sous des noms divers et avec des langues et des religions qui ont varié, et les Juifs qui en ont été exilés 3 fois et sont revenus 3 fois sur « la terre que Dieu leur a donné ».

Ces péripéties s’ajoutant aux oppositions religieuses ont créé des imaginaires violemment opposés.

Le choc des imaginaires

Les programmes scolaires, ceux des programmes de radio et de télévision et une bonne partie de la littérature imprègne les juifs et les Palestiniens d’une vision du monde que nous n’avons pas. C’est sous cet angle que je vais attaquer ce sujet et non pas en vous parlant des opérations militaires ou des idées politiques.

Il y a une vision du monde profondément ancrée dans l’esprit de chacun et qui n’est pas la nôtre. Ça commence par la Bible ou le Coran, martelés en famille puis à l’école, tant en Israël que dans les camps de réfugiés palestiniens.

Cette vision du monde, une fois acquise, interprète les événements dans des sens diamétralement opposés.

De la Bible hébraïque au Coran

Le judaïsme, le christianisme et l’islam, sont souvent appelées les « religions du livre ». Elles sont en effet basé sur la Bible, qui est le livre par excellence : « Bible » signifie « livre » en grec.

La Bible est un ensemble d’écrits dont la rédaction s’étend sur plus de dix siècles. Elle raconte l’histoire du peuple juif, de ses exils et de ses retours en Palestine, ainsi que des conflits causés par ces retours.

La Bible est d’abord composée des textes de l’Ancien Testament, bible hébraïque et mémoire commune des juifs et des chrétiens.

Les chrétiens y ont ajouté les textes du Nouveau Testament, notamment les Évangiles qui rapportent les actes et les Paroles du Christ

Les évangiles narrent l’histoire d’un juif, Jésus, et de sa prédication, qui aurait été proche des Idées des Esséniens. Ils étaient d’abord des copistes et ce seraient eux qui auraient fourni la variante la plus récente de la Bible hébraïque trouvée dans les Manuscrits de la Mer Morte.

Côté islam, le dogme nous dit que pendant les 23 ans de la Révélation (610-632), les versets du Coran furent révélés de Dieu à son prophète analphabète, Mahomet, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Le Coran est donc « la Parole même de Dieu révélée en langue arabe, dont la perfection est la garantie même de sa divinité« . Et c’est ce dogme qui est enseigné partout.

Le Coran est né dans un milieu où juifs et chrétiens étaient nombreux et certains pensent que cela aurait influencé Mahomet.

D’ailleurs, quand Mahomet s’exile de la Mecque à Médine, cette dernière ville comprenait deux tribus juives, qui, après des péripéties décrites par la Sunna (la tradition musulmane), finissent par se faire massacrer par Mahomet… ! Cela parce qu’ils refusaient sa direction, notamment parce qu’il n’était pas juif.

Par ailleurs, le christianisme et l’islam se veulent universalistes, donc concurrents, alors que la religion juive est réservée à ces derniers, choisis par Dieu (“le peuple élu”).

Les trois religions ont donc les mêmes pères fondateurs lointains, notamment Abraham, dont le nom a servi récemment de référence commune avec Les Accords d’Abraham, entre Israël et certains pays arabes. 

Mais cette même histoire mène à des conclusions opposées : pour les chrétiens, les Juifs ont longtemps été les assassins de Jésus, et, pour les musulmans, Jésus n’est qu’un grand prophète car Dieu étant abstrait ne peut avoir de fils et la Trinité est pour eux du polythéisme. 

Le Coran précise d’ailleurs que l’islam “prolonge et scelle” l’histoire religieuse telle que décrite par la Bible et les évangiles, et accuse Juifs et Chrétiens de falsification.

Avant les Romains

Dans l’Antiquité, les Juifs avaient déjà deux fois quitté leur pays, pour y revenir ensuite.

En Égypte vers 1300 avant JC

Les Juifs se retrouvent en Égypte probablement chassés par une famine. Ils sont alors esclaves et affectés à la construction de villes.

Arrive Moïse, premier prophète du judaïsme et personnage le plus important de la Bible hébraïque, qui reçoit « la Loi ».

Moïse permet aux Juifs de quitter l’Égypte et leur esclavage pour revenir en Canaan, la « Terre promise » aux Hébreux par Dieu à Abraham dans le récit biblique (Genèse 15-18 et 17-8). C’est en gros la Palestine actuelle.

Terre promise aux enfants d'Israël, selon Nombres 34 (rouge) et Ezekiel 47 (bleu)
Terre promise aux enfants d’Israël, selon Nombres 34 (rouge) et Ezekiel 47 (bleu)

Déguisé en soldat Israélien, je suis allé visiter le site grandiose du Mont Sinaï, où Moïse aurait reçu les 10 Commandements, gardé par le petit monastère orthodoxe Sainte-Catherine, vieux d’environ 1800 ans.

Monastère Sainte-Catherine, Mt. Sinaï, Égypte
Monastère Sainte-Catherine, Mt. Sinaï, Égypte

Quand le Sinaï a été rendu à l’Egypte, c’est devenu un grand centre touristique, activité maintenant menacée par les islamistes.

Dans le Sinaï, les Hébreux reçoivent leur loi, la Torah. Puis ils arrivent sur le mont Nebo, d’où la Bible dit que Moïse a eu le droit de regarder la Terre Sainte avant de mourir.

Le mont Nebo est aujourd’hui un grand site touristique, couronné d’une villa romaine bien conservée. Ce n’est pas le seul lieu où la trace des Romains se retrouve aux meilleurs endroits.

Josué succède à Moïse et commence par conquérir Jéricho, qui reste encore aujourd’hui un point très sensible entre Israéliens et Palestiniens. Même Victor Hugo s’y est intéressé : « à la septième fois, les murailles tombèrent ».

David contre Goliath

Ce combat de 1023 avant Jésus-Christ est cité également dans le Coran (sourate 2, verset 251).

David, futur roi d’Israël, abat le héros des Philistins, le géant Goliath, d’un missile, pardon d’un caillou, lancé avec une fronde. Certains ajoutent que le mot “philistin” était la version d’alors du mot “palestinien”.

L’exil à Babylone et un deuxième retour

Après les défaites juives face aux Assyriens de Nabuchodonosor, dans les années 597 à 582 av. J.-C. , les Juifs sont exilés à Babylone, jusqu’à leur délivrance par les Perses en 538. 

Une partie rentre au pays, le reste est à l’origine de la diaspora orientale. Les arrivants durent se faire une place au détriment des « gens du pays », dont les Samaritains. Environ 40 000 exilés reviennent de Babylonie d’après la Bible. 

L’histoire continue avec la naissance de Jésus (aujourd’hui estimée en l’année – 3) et sa prédication décrite dans les Evangiles et le Coran.

Les Romains et la dispersion des Juifs

La prise de Jérusalem par Pompée, un consul Romain, en 63 av. J.-C. entraîne l’envoi en esclavage de nombreux Juifs à Rome. S’ensuivent plusieurs révoltes et dispersions, dont la plus importante est la révolte de 66-70 matée par Titus et la naissance de la diaspora occidentale. 

Sur le plan religieux, la destruction du Temple de Jérusalem met fin à l’autorité des grands-prêtres qui y demeuraient et la diaspora est alors encadrée par des rabbins.

L’époque contemporaine

Le mythe du retour est donc entretenu depuis 1300 avant Jésus-Christ, et tous les ans à la fête de la Pessah, les Juifs répètent L’an prochain à Jérusalem. 

S’y ajoute l’annonce d’un messie qui ramènera les Juifs sur leur terre. 

Ainsi pour Maïmonide, célèbre juif andalou du 13e siècle : « Les temps messianiques auront lieu lorsque les Juifs regagneront leur indépendance et retourneront tous en terre d’Israël ». 

Bref le sionisme était bien préparé depuis plus de 3000 ans

Le sionisme 

Dès 1882, le baron français Edmond de Rothschild achète des terres en Palestine ottomane et finance le premier établissement juif.

A la fin du 19e siècle, des Juifs d’Autriche et d’Allemagne sentent, à juste titre, venir la catastrophe : la montée de l’antisémitisme en Europe aboutira finalement à la Shoah. 

D’où le succès de l’action de Théodore Herzl, fondateur de sionisme. En 1894, ce journaliste hongrois assiste à Paris à la dégradation du capitaine Dreyfus, sous les cris de « Mort aux Juifs ».  

C’est une immense déception, la France étant le pays qui avait donné l’égalité civique aux Juifs en 1791, et la nationalité française aux Juifs indigènes d’Algérie en 1871.

Herzl en avait tiré comme conclusion qu’il était illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l’assimilation, et qu’ils devaient posséder leur propre État, refuge pour tous les Juifs persécutés. 

La Palestine étant sous domination ottomane, un début d’implantation passait par des achats privés de terres et des fonds furent collectés pour cela. 

Le sionisme a eu plusieurs variétés idéologiques : marxistes, laïques, religieux

Du double jeu anglais à la création de l’État : 1917-1947

Les Anglais font des promesses contradictoires : 

  • Aux Juifs, ils promettent en 1917 un « foyer national » pour avoir une population pro-britannique près du canal de Suez, et pousser les Juifs américains à l’entrée en guerre des États-Unis.
  • Aux Arabes, il promettent un royaume sur les ruines de l’Empire ottoman : c’est l’épopée de Lawrence d’Arabie, officier britannique qui prend la tête des troupes arabes contre les Ottomans

Évidemment, ça tourne mal et les Anglais sont en butte au terrorisme juif et à l’agitation arabe.

Ils abandonnent la Palestine en 1947 et les Juifs proclament l’État d’Israël, en précisant que ce sera “un Etat juif” (comprendre de religion officielle juive, et donc non laïque), ce qui est encore une cause de blocage aujourd’hui.

Plan de partage des Nations Unies pour la Palestine en 1947
Plan de partage des Nations Unies pour la Palestine en 1947

Les guerres contemporaines israélo-arabes

 Je serai bref, car vous en avez certainement vécu une partie. 

la première est celle de 1948, qui se termine par un cessez-le-feu définissant la «ligne verte » servant de base à beaucoup de cartes et dont le mur de séparation d’aujourd’hui suit en gros le tracé, 

celle de 1956 est liée à l’affaire de Suez,  

celle de 1967 est “la guerre des 6 jours”. C’est une victoire rapide et écrasante d’Israël, d’où un sentiment de supériorité qui fera son malheur à la guerre suivante, 

celle de 1973 est celle de la revanche arabe, la victoire finale d’Israël grâce à un appui massif des Américains n’efface pas le succès initial de la surprise arabe,

celle de 1982 est l’invasion du Liban, 

celle de 2023 se déroule sous nos yeux et illustre, encore plus que les autres, le gouffre qui sépare les trois visions : celles des deux protagonistes et celle du reste du monde.

Il y a eu aussi les Intifadas, soulèvements palestiniens contre l’occupation israélienne de 1987 à 1993 puis de 2000 à 2004.

L’implantation des colonies israéliennes en zone arabe (certaines légalisées par la Cour suprême, d’autres non), a encore renforcé l’hostilité réciproque des deux populations.

Carte Palestine 2023 - Crédit Jacques Leclerc Université de Laval.
Carte Palestine 2023 – Crédit Jacques Leclerc Université de Laval.

Les tentatives de paix avortées

À partir de 1992, le Premier ministre Yitzhak Rabin constate la nécessité d’une solution politique. Il décide de négocier et rencontre personnellement Yasser Arafat.

Auparavant, François Mitterrand avait obtenu que celui-ci annonce que la Charte de l’OLP, qui prévoyait la destruction d’Israël, était annulée.

Commence alors le processus d’Oslo, illustré par la signature de l’accord du 13 septembre 1993 par d’Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, Yasser Arafat, président du comité exécutif de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et Bill Clinton, président des États-Unis.

La mise en place de cet accord mène d’abord à l’autonomie de Gaza et Jéricho, où vivent depuis 1947 environ deux millions de Palestiniens. Cet accord mène ensuite au découpage de la Cisjordanie en zones A, B, C suivant leur degré d’autonomie.

Mais le processus s’enlise avec l’assassinat de Rabin et la deuxième intifada. 

À Gaza, le Hamas prend le pouvoir par la violence au détriment de l’OLP. Un parti islamiste partisan de la destruction d’Israël remplace un parti nationaliste et moins religieux.

Les données démographiques aujourd’hui

Depuis trois quarts de siècle, on assiste à une course démographique entre Palestiniens et Israéliens.

Jusqu’à récemment, la fécondité arabe était une fécondité traditionnelle donc élevée. Et menait donc à une croissance démographique rapide du fait de la baisse de la mortalité découlant des progrès sanitaires de l’organisation onusienne des réfugiés. 

Ce fut une raison supplémentaire pour les Israéliens de recourir à l’immigration.

Hétérogénéité de la population israélienne

Le résultat de cette immigration est une grande hétérogénéité de la population israélienne. 

Elle a d’abord rassemblé les Ashkénazes, juifs d’Europe, parlant en général le judéo allemand (yiddish). Ils se retrouvent de ce fait, mais aussi grâce à leur meilleure formation, à la tête du pays. 

Plus tard sont venus les Séfarades, ensuite des Russes (environ 15 % de la population non arabe d’Israël) et même des Ethiopiens se réclamant de la reine de Saba. 

Les Séfarades étaient des Juifs expulsés d’Espagne il y a 5 siècles, établis au Maghreb sous le nom d’Andalous, puis dans l’ensemble de l’Empire ottoman, et notamment à Salonique. 

Aujourd’hui ce mot “séfarade” a pris le sens plus général de Juifs originaires des pays arabes et arabophones. 

Ces derniers, souvent arrivés dans le pays avant les Arabes comme rappelé ci-dessus, y furent l’objet de persécutions voire de pogroms, surtout à partir de la création d’Israël en 1947.

Il est, de plus, dit que le Mossad (services secrets israéliens) a aggravé certaines situations locales pour encourager l’immigration en Israël. C’est bien sûr invérifiable. 

Au total, 7 à 800 000 Séfarades arrivèrent en Israël dans un état d’esprit anti-arabe, puisqu’ils avaient en général tout perdu. 

Notons que si les Marocains, souvent francophones, sont nombreux en Israël, ce n’est pas le cas des Juifs algériens, de nationalité française, qui s’installent plutôt en France.

J’ai eu l’occasion de toucher du doigt la différence entre Ashkénazes et Séfarades lors d’un de mes voyages en Israël : les premiers raisonnaient “à l’européenne” alors que les seconds insistaient sur la fidélité tribale pour favoriser leur communauté.

Enfin, la population israélienne est fracturée non seulement par civilisation d’origine mais aussi religieusement : en 2018, il y avait 44 % de laïques, 35 % de traditionalistes, et 21 % d’orthodoxes et ultra orthodoxes.

Ces communautés sont très différentes politiquement et démographiquement : dans l’ordre ci-dessus elles sont de plus en plus anti-palestiniennes et de plus en plus fécondes, dépassant maintenant la fécondité arabe. 

Enfin, toujours démographiquement parlant, il n’y a pas que l’immigration, mais également une émigration relativement importante vers les États-Unis.

Finalement Israël a aujourd’hui 9,6 millions d’habitants dont 2 millions d’Arabes. Ces statistiques sont suivies de près car elles déterminent l’équilibre d’un éventuel Etat unique israélo-palestinien, ou, si on en reste à deux Etats, cela donne leurs poids relatifs.

Passons aux Palestiniens.

La fabrication des réfugiés palestiniens

Ces réfugiés représentent maintenant la grande majorité de la population arabe. On les trouve à Gaza, en Jordanie, au Liban et en Cisjordanie. 

Ces réfugiés ne le sont pas au sens habituel du terme, étant en quasi-totalité nés dans les camps. 

Ce sont leurs ancêtres (grands-parents, voire arrière-grand-parents) qui ont dû quitter leurs villages suite à la guerre de 1947-48, dans les zones conquises alors par Israël.

Ils ont alors été pris en charge par l’agence onusienne UNRWA, qui leur offre le gîte et le couvert, ainsi que l’éducation. C’est souvent d’ailleurs une bénédiction pour les pouvoirs locaux dont l’économie est ainsi soutenue. 

Donc, malgré la perte de pertinence du système au fil des générations, je ne vois pas d’acteur important qui pousserait à la suppression de cette agence, sauf les Israéliens bien sûr, pour la raison ci-après.

Sur le plan démographique, cette assistance diminue “le coût de l’enfant », qui est un déterminant important de la fécondité. Cette dernière a donc été très forte chez les réfugiés palestiniens : ils sont passés de 700.000 à 6 millions de 1948 à nos jours, avec, au plus haut, une fécondité de 9 enfants par femme !  Les Israéliens rappellent que les pays arabes voisins, et non l’ONU, aurait dû accueillir des réfugiés qui seraient donc aujourd’hui assimilés par les populations arabes voisines et non plus « stockés » dans des camps hostiles.

Ce n’est que depuis peu que cette fécondité s’est réduite pour arriver à peu près au niveau de celle des Israéliens, qui a au contraire augmenté, notamment du fait des familles orthodoxes. Les fécondités des deux populations sont en effet maintenant de 3 à 4 enfants par femme, c’est-à-dire beaucoup plus que dans la plupart des autres pays du monde.

Outre la démographie, le fait d’avoir un enseignement local, donc souvent par des militants palestiniens, accroît encore la divergence d’idées avec les Israéliens :  « nous ne sortirons des camps que si nous retournons dans les villages de nos grands-parents »… lesquels sont maintenant souvent sous des immeubles israéliens !

Enfin la proportion d’Arabes chrétiens, assez importante il y a quelques dizaines d’années, s’est beaucoup réduite, d’une part du fait de la pression islamiste et d’autre part du fait de leur meilleure formation qui leur permet d’immigrer dans de nombreux pays. 

Finalement, avec les réfugiés palestiniens, il y a désormais à peu près autant de Palestiniens que de Juifs. D’où le refus des israéliens de toute combinaison démocratique où les juifs risqueraient d’être minoritaires.

Conclusion : pas de solution en vue

Il faut d’abord rappeler que les pertes israéliennes et palestiniennes sont gigantesques depuis le 7 octobre 2023. A l’échelle de la France, cela représenterait respectivement 9 000 morts le 7 octobre et 700 000 depuis !

Les informations transmises par les réseaux sociaux, parfois fausses, ont encore renforcé la distance vertigineuse entre les imaginaires, non seulement entre Juifs et Arabes mais aussi avec les Occidentaux…  éloignant encore davantage les états d’esprit des uns et des autres, et donc les solutions envisageables.

Ainsi, plus d’un siècle après les promesses contradictoires des Anglais, on se retrouve pratiquement au point de départ.

Yves Montenay

14 commentaires sur “Juifs et Palestiniens s’opposent depuis la nuit des temps”

  1. La bible hébraique a été écrite du 8ème au 2ème siècle avant JC. Tout ce qui est avant le 8ème siècle est inventé et ne se retrouve pas dans les découvertes archéologiques. La population juive n’a pas été totalement expulsée par les romains, 1/3 serait restée, convertie partiellement successivement au christianisme puis à l’islam. La survie de cette « culture » revient aux Rabbins et à leurs capacités à regrouper ceux qui voulaient vivre en juifs, dans les ghettos, où les rabbins avaient toute autorité, négociée auprès des princes contre services, notamment d’encadrement des populations. (Jewish History, Jewish Religion: The Weight of Three Thousand Years Book by Israel Shahak ). Israel est de plus en plus une théocratie où le rabbinat et les ultras ont de plus en plus de poids, notamment pour coloniser la cisjordanie et construire une poussée à faire fuir ailleurs les palestiniens. La colonisation et la conquête, puis la mise en valeur d’un territoire sous peuplé (en 1880-1917) et peu développé, est factuelle. Le fait que les palestiniens s’accrochent à leur rêve de terre est assez spectaculaire, en comparaison des déplacements de population après les 2 guerres européennes. Le soutien occidental à Israel, malgré ses comportements vis-à-vis des palestiniens encore en Palestine est une autre anomalie. Pour moi, l’argent arabe et occidental devrait financer le développement et la modernisation des palestiniens, tant en Palestine que dans les pays autour, qui n’ont, autrement, pas les moyens de les accueillir. Les israeliens n’ont, en 2024, plus besoin et ne méritent plus de soutien militaire et diplomatique des USA, et doivent cesser de martyriser les palestiniens. Faut-il attendre 2025 et la fin de la longue campagne électorale américaine ?

    1. L’objet de l’article n’était pas le traiter du conflit en général, il y aurait de quoi faire un livre !
      Il est amusant de noter que vous pensez qu’une partie des Juifs sont devenus Palestiniens, c’est assez vraisemblable mais difficile à prouver. Vous avez probablement raison de dire que l’argent dépensé par l’UNWRA aurait été mieux utilisé À un développement qui aurait permis de recaser les Palestiniens, mais l’histoire ne s’est pas passée comme ça

      1. Mon argument de financement du développement par les occidentaux et les arabes sur des terres palestiniennes et voisines concerne le futur à construire. L’équivalent d’un plan marshall : https://www.herodote.net/5_juin_1947-evenement-19470605.php. L’Europe doit cesser de soutenir Israel et vraiment mettre de vraies ressources pour sortir les Palestiniens, en Palestine et dans les pays autour, de la misère. Et y entrainer les pays arabes et les états unis. Pour les pays arabes voisins cela permettrait de justifier l’affectation de surfaces à l’installation de populations à sortir des camps de réfugiés, par la création de richesses qui en découlerait pour eux. L’Europe des Lumières est la mieux placée pour enclencher un tel processus, y compris en jouant et pesant sur les échanges humains et commerciaux avec Israel. Il s’agit de délivrer la région des pulsions théocratiques tant juives que musulmanes sur des fausses bases inventées des « livres » . Les excès des ultra juifs préparent le basculement des juifs raisonnables, tant en Israel que dans le monde. À l’Europe, fautive depuis 1917, de débloquer la situation, avec des mots et de l’argent.

        1. C’est effectivement raisonnable. Cela recoupe la vieille affirmation israélienne selon laquelle il aurait mieux valu dépenser l’argent consacré aux réfugiés à leur installation « ailleurs », plutôt que de faire se multiplier (voir l’article), une population frustrée
          Mais pour appliquer votre solution, il est nécessaire, mais pas suffisant, que Netanyahou s’en aille, ce qu’il n’est pas obligé de faire pour l’instant

  2. C’est triste à dire, mais oui… pas de solution en vue.
    Les Juifs se pensent être le Peuple Élu… moi qui n’en suis pas je pense qu’ils devraient plutôt se voir comme un peuple maudit. Non pas dans le sens de « peuple déicide », responsable de la mort de Jésus, parce que jusqu’à preuve du contraire rien ne me prouve que ce personnage a réellement existé. Mais tout simplement dans le sens où les Juifs ont toujours été mal vus (euphémisme) où qu’ils soient. Certes ce ne sont pas les seuls, mais eux ont toujours été percutés et obligés de fuir. On aurait pu parler de leur présence en Amérique du Sud, depuis le 16ème siècle, du baron Hirsch et de la Jewish Colonization Association (JCA)… mais bon.
    Quant aux Palestiniens, eux aussi sont « chez eux ».
    Et Dieu … faut vraiment avoir la foi pour y croire.
    – « Dieu qui s’est assis sur le rebord du monde et qui pleure de le voir tel qu’il est » (F. Cabrel)

  3. Si, comme vous l’écrivez, « il y a deux peuples pour la même terre », il n’y a pas de raisons d ‘opposer Palestiniens et Juifs: les Juifs sont des Palestiniens, les habitants d’une terre commune (La Palestine)
    Les guerres ou conflits qui existent dans cette région « depuis la nuit des temps » n’ont rien de spécifiques: à la même époque, c’était plus calme en Grèce, en Chine, en Amérique du Sud, ou en Afrique ?
    Il ne faut pas essentialiser les conflits locaux.
    Par contre, ce qui est devenu spécifique, ce sont les « Imaginaires » que vous proposez: les religions, et en particulier la naissance de l’Islam, qui a crée une nouvelle tension qui s’est figée et cristallisée au fil des siècles. Les rigidités mentales des imaginaires engendrant les glacis territoriaux. Là dessus, les colonialismes (Ottoman et Anglais) ont aggravé la situation (manipulations politiques des religions). Puis, bien sûr, la Shoah. Je ne suis pas sûr qu’on soit revenu « au point de départ »: c’est sans doute pire, et c’est la raison pour laquelle la solution des 2 Etats est impérative et qu’elle devra certainement être imposée, sinon le monde sera en permanence en danger en raison de la manipulation des Imaginaires locaux par des Tiers (Iran, Houthis, et bien d’autres).

  4. Les Palestiniens étant là depuis la nuit des temps, sous des noms divers et avec des langues et des religions qui ont varié, et les Juifs qui en ont été exilés 3 fois….Pour être précis il faudrait situer dans le temps « La nuit des temps » et préciser aussi qui sont les juifs et QUELLES SONT leurs racines depuis « la nuit des temps » ? Il faut donc s’instruire plus avant sur le sujet en lisant des auteurs juifs, et non des moindres, le 1er : Benjamin H. Freedman Les faits sont les faits, la vérité sur les Khazars (juifs de conversion tardive d’origine turco-mongol) aujourd’hui nommés Ashkénazis le second un juif Ashkénaze lui-même, l’historien Shlomo Sand : « Comment le peuple juif fut inventé : De la Bible au sionisme ». Avant l’arrivée des Mésopotamiens en terre de Canaan qui avait-il sur cette terre ? Rien ? Ni homme ni bêtes ? Concernant cette affaire d’Israël et de Palestine sur cette terre sainte y sont chez eux les palestiniens Juifs Samaritain, les palestiniens musulmans et les palestinien chrétiens….tous les autres qui se revendiquent Israéliens ne sont que des étrangers occupants une terre qui n’est pas la leur et qui ne sera jamais la leur ! Le problème de la Palestine et des palestiniens trouve son origine chez les anglais et pour suivre des Etats-Unis d’Amérique qui sont les coupables du drame que vivent les palestiniens depuis 76 ans et les pauvres juifs européens et nord africains qui ont cru les agitateurs sionistes !

    1. Pour exposer clairement votre première partie, il aurait fallu un livre et non un simple article ! Concernant la deuxième partie, dire que les Israéliens sont des étrangers est un peu curieux pour ceux qui sont nés sur place. Quant aux rôles respectifs des sionistes et des Anglais, relisez l’article. Enfin, la force est un élément important et l’histoire influe l’avenir mais ne le détermine pas.

  5. « dire que les Israéliens sont des étrangers est un peu curieux pour ceux qui sont nés sur place ».
    Je vous répond: que dire des européens nés en Algérie Française colonisée en 1830 et départementalisée en 1848 pendant 112 ans ? Alors qu’Israël n’existe que depuis 70 ans et que les territoires occupés aprés 1948 représente une grande partie des terres Palestiniennes…Deux poids deux mesures comme d’hab ?

    1. P????? Les Pieds noirs se considéraient à juste titre comme Algériens. Beaucoup auraient pu rester si il n’y avait pas eu l’OAS. Ce qui sont revenus en visiteurs quelques temps après on était bien reçus

    1. Vous précisez à juste titre « les torts récents ». Le problème est qu’une partie les Israéliens pensent aux torts du 7 octobre. Pour être bref disons qu’il y a des barbares des deux côtés. Et que chacun se sert pour sa propagande des barbaries de l’autre.

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