Le Monde un journal impartial

Le Monde, un journal impartial ?

Depuis environ 70 ans, je lis Le Monde, ce « journal de référence » pour lequel j’ai donc un peu de tendresse. Ça n’empêche pas ma perplexité parfois lorsqu’il est la victime consentante des modes politiques des intellectuels de gauche.

Le Monde a en effet épousé toutes leurs influences intellectuelles depuis 70 ans : anti-communiste, mais confusément marxiste, puis maoïste aux pires heures du régime chinois, mitterrandiste en diable en 1981, complotiste avec Plenel, égalitariste actuellement, au point d’en faire l’alpha et l’oméga de tout raisonnement.

Je suis admiratif de son travail d’équilibriste entre le respect des faits et le suivi des modes. 

Une nostalgie marxophile

Avec la prise de conscience du socialisme “réel” (en URSS, en Chine, au Vietnam etc.), l’admiration du marxisme par une large partie des intellectuels français a largement reculé. Le Monde a apporté sa pierre à cette meilleure connaissance du monde communiste réel, et c’est un point positif important. Il a notamment informé des remis à l’intérieur de l’URSS, et mis en valeur les ouvrages des opposants.

Mais, comme dans une grande partie de l’opinion française, notamment dans le corps enseignant, demeure une sorte de marxophilie confuse, que certains expriment parfois en disant que l’URSS et les régimes du même genre ont « trahi de bonnes idées ».

Personnellement, j’estime que ces “ bonnes idées” marxistes venaient de groupes n’ayant pas compris la révolution industrielle. Par exemple, certains passages de Marx semblent comparer négativement une usine à des artisans.

Mais je suis un praticien de l’économie et je sais bien que les théoriciens ont souvent des idées bizarres.

Une illustration de cette marxophilie est la présentation du livre d’Emmanuel Renault « Abolir l’exploitation », dans un récent article du Monde intitulé « Aux racines de l’exploitation » : il y soutient que c’est bien à tort que cette notion d’exploitation est « largement discréditée dans les champs académiques » et qu’il faut au contraire replacer au centre du débat « cet outil puissant d’analyse et de combat».

Tout y est : l’exploitation de l’homme par l’homme, l’antagonisme de deux classes, et surtout ce préjugé centenaire selon lequel l’économie est un jeu à somme nulle, c’est-à-dire que ce que gagnent les uns est nécessairement perdu par les autres.

Cela reflète quand même une sacrée ignorance historique, si l’on pense au gigantesque progrès sanitaire ou de niveau de vie depuis deux siècles !!

Et les considérations sur une “modernisation » de la notion d’exploitation du fait du sexe et de la couleur de peau, se prolongent par une “approche intersectionnelle”. Bref on y emploie des termes qui sentent bien fort la mode actuelle. 

Et bien sûr le terme “exploitation » est souvent utilisé dans la mode postcoloniale qui règne actuellement et dont nous parlerons plus bas.

J’ajoute que ma connaissance de terrain des pays communistes d’Europe et d’Asie me rend particulièrement allergique à la manipulation de ce mot “exploitation”, qui a été le prétexte de tant de brimades et de massacres.

On retrouve une synthèse des modes actuelles dans l’article du Monde du 6 février présentant le livre de Sylvie Laurent « Capital et race ». Vous en devinez le contenu, alors qu’une approche plus simple était de dire qu’à l’époque presque tout le monde, capitaliste ou pas, était raciste dans la plupart des pays du monde.

On peut également citer le numéro du 27 mai 2023 où l’on trouve : «une élite gouvernante mobilisée par la défense des seuls intérêts de l’actionnariat et du capital». Ou encore cette tribune du 2 mai 2023 où le sociologue Eric Fassin estime que l’on retrouve dans le libéralisme des traits du fascisme historique : « Le moment néofasciste du néolibéralisme ».

Une illustration de ce tropisme est l’admiration pour le maoïsme, qui m’avait rendu très perplexe à l’époque. 

L’épisode maoïste

Le journal a fêté, à très juste titre, le 10e anniversaire de la mort du sinologue Simon Leys en rappelant qu’il avait eu raison trop tôt. Raison de démonter la propagande maoïste qui régnait à l’époque dans les élites françaises, et dans Le Monde en particulier qui fait son mea culpa dans cet article.

Comme l’a rappelé la remarquable bande dessinée « Une vie chinoise »  on assistait alors à une sorte de folie mondiale déclenchée par Mao : les jeunes Chinois entraient dans les maisons “bourgeoises”, cassaient la porcelaine et détruisaient tout ce qui était souvenir de la culture traditionnelle.

Le monde entier applaudissait cette « audace révolutionnaire« , et moi-même j’étais tiraillé entre l’évidence de la ruine du pays et l’analyse admirative que j’en lisais dans Le Monde.

A l’époque, j’avais bien consulté le livre de Simon Leys  ”Les habits neufs du président Mao», mais n’y ai rien compris, tellement il était en total décalage avec ce que l’on disait partout, notamment dans mon « journal de référence« 

On sait aujourd’hui que Simon Leys avait raison, que Mao avait été éliminé du pouvoir du fait de son échec du Grand Bond en Avant et de la famine qu’il avait entraîné, et que seul son prestige lui avait sauvé la vie.

Il mobilisa alors les jeunes pour reprendre le pouvoir sur le thème classique « du passé, faisons table rase”. Bref il s’agissait en fait d’un coup d’État, remettant au pouvoir le responsable d’un passé catastrophique.

 Je vais conclure avec un dernier exemple “marxophile” plus récent.

La campagne pour la suspension des brevets

Mon cher journal Le Monde est entré dans la campagne pour la suspension des brevets de vaccin au moment du Covid, disant notamment que seule une réponse mondiale coordonnée pourrait vaincre la pandémie.

Il déplorait donc que l’Union Européenne refuse la suspension des brevets. Le « lecteur de base » peut alors supposer que l’Union Européenne était « complice » des entreprises fabriquant des vaccins, ce qui était probablement l’objectif de l’article. 

Or le débat n’est pas là, il est de savoir si la suspension des brevets serait allée sanitairement dans le bon sens, ce qui n’est pas évident. Le Monde aurait dû, soit contrebalancer par un point de vue symétrique, soit mettre accusation et défense dans le même article.

En effet, j’ai été au contraire frappé par la rapidité de l’adaptation des découvertes des sciences fondamentales à la conception d’un vaccin, puis à sa production en masse et enfin à sa distribution.

Donc, pour les entreprises il ne s’agit plus de science, mais d’organisation de la production (par exemple pour les flacons) et de logistique. Bref un travail d’entreprises privées dont la rémunération vient des brevets.  

Aucune administration ou une entreprise d’État n’aurait pu réagir aussi efficacement et aussi vite. 

Les exemples de la Russie et de la Chine sont éclairants. Leur niveau scientifique n’est pas en cause mais les résultats concrets n’ont pas suivi, forçant la Chine à confiner sévèrement et la Russie à camoufler sa situation sanitaire.

Il y a aussi la mode post-coloniale

Et mon cher journal Le Monde n’y échappe pas. La mode post coloniale est d’une part une petite fille du marxisme (d’après Lénine, “La révolution mondiale passera par l’indépendance des colonies, qui permettent aujourd’hui au capitalisme de survivre”), mais aujourd’hui c’est surtout une mode intellectuelle puissante.

Je suis personnellement navré par cette influence, puisque je suis issu d’une famille coloniale qui comprenait des communistes, des nationalistes locaux, des fonctionnaires consciencieux et dévoués et des amis de toutes races.

La période coloniale est maintenant appelée à tort colonisation, terme connoté positivement il y a plus d’un siècle et négativement aujourd’hui, empêchant toute objectivité.

« La colonisation » ça suffit ! Passons à « l’époque coloniale »

Autre exemple de suivi de cette mode par Le Monde, la présentation du livre « De la démocratie en Françafrique » de la journaliste française Fanny Pigeaud et de l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla.

Ils y affirment que le système mis en place par la France sous le nom de démocratie était « un leurre« . Je suis bien conscient des immenses défauts de beaucoup de démocraties africaines, mais elles ont au moins le mérite d’offrir l’occasion de changer de gouvernement, ce qu’une junte militaire ne permet pas

Citons un autre exemple avec l’article de Fabien Jobard paru le 5 juillet 2023: « Le législateur a consacré l’ascendant de la police sur la jeunesse postcoloniale ». Où diable ce dernier a-t-il vu que la police, qui comprend beaucoup de descendants d’immigrés, s’inquiète de savoir si le jeune qu’il contrôle provient d’une ancienne colonie française ?

Il faut dire que l’exemple vient de haut avec notre président, n’a-t-il pas affirmé : “rappelons que la colonisation est un crime contre l’humanité”… Ce qui n’a pas réussi à sauver la politique africaine de la France pour autant.

Les mercenaires de Wagner n’ont pas ce genre de pudeur ou d’introspection. Il suffit de jeter un œil aujourd’hui sur le Mali contemporain coincé entre islamistes violents et mercenaires russes pour se dire que la diabolisation de la période coloniale est un peu artificielle. Rappelons qu’elle fut notamment celle de la paix civile contrastant avec les guerres d’avant et d’après.

Le 20 janvier 2024, Le Monde titrait sur : « La France face à son passé colonial ». On y trouve un parallèle entre la collaboration avec les nazis et la colonisation ! Ce serait à cause de la colonisation que les immigrés sont victimes de ségrégations raciales, pourtant plus faibles que dans d’autres pays n’ayant pas eu de colonies africaines, comme la Chine. 

On y trouve aussi que « le passé colonial pèse encore sur le présent des pays », alors que c’est à mon avis un argument fallacieux brandi comme excuse pour les échecs des dirigeants actuels. Et je pourrais citer 1000 autres extraits démontrant que les auteurs – et Le Monde qui leur donne une tribune – ignorent beaucoup de la vie quotidienne d’alors.

Le Monde reste Le Monde : dans une deuxième partie, l’article attaque les faiblesses de cette pensée décoloniale, dont les critiques ne sont pas seulement le fait de « réactionnaires». Pour ensuite conclure en critiquant cette critique. Ah, ce cher journal !

Les sociologues

J’avoue avoir une dent contre certains sociologues qui souffrent des défauts inhérents à cette discipline : contrairement aux sciences dures, on ne peut pas revenir en arrière dans le temps, changer un paramètre et recommencer. Cette caractéristique de la discipline n’est pas une critique, mais une donnée ! Je constate malheureusement que ces incertitudes sont vite comblées par des affirmations arbitraires : comme on ne peut pas prouver, on se réfère à une idéologie.

Le Monde adore les sociologues et ces derniers en profitent pour asséner des vérités politiques pour lesquelles ils ne sont pas forcément les plus qualifiés.

Quelques exemples : le 2 mai 2023, Le Monde titre sur : “l’anti wokisme est plus menaçant que le wokisme« , ou donne la parole le 30 juin à Fabien Truong, sociologue : « Dans ces quartiers, la pauvreté et l’insécurité sont des réalités concrètes. C’est pourquoi cette colère est politique parce qu’elle relève d’une expérience partagée de la dépossession et de l’injustice. »  ou encore, le 2 juillet 2023, d’Emmanuel Blanchard, “ la France a une histoire longue de racialisation de l’emprise policière ». La preuve dans un sens ou dans l’autre n’est pas possible. Il faudrait donc présenter la conclusion comme une hypothèse parmi d’autres et non comme une vérité scientifique.

L’écologie

À peine venais je de publier mon article sur la réconciliation (partielle) entre entreprises et écologistes, que Le Monde consacre plusieurs articles de son numéro du 11 septembre à accuser le capitalisme et les entreprises de la détérioration du climat ! 

On y lit que : “la droite devient climatosceptique, ce qui aggrave les dégâts du climat, mécontente des pauvres et les fait voter à droite”, ou encore que : ” les inégalités de revenus, de race, de genre, alimentent le réchauffement climatique” !

Le Monde ne fait que reprendre un courant d’idées qui, à mon avis, a fait et continue de faire beaucoup de mal à la planète, puisque le dérèglement climatique a servi dans un premier temps à attaquer la société libérale (et donc capitaliste) actuelle, retardant d’autant le passage aux mesures concrètes.

Or passer des grands principes à cette réalité concrète, on ne peut pas se priver de ces outils à la fois souples et puissants que sont les entreprises, ainsi que je l’explique dans mon article, qui découle de l’observation historique et de mon expérience professionnelle. 

Vers une réconciliation libéraux-écologistes ?

L’égalitarisme

C’est encore une mode contemporaine que Le Monde suit de près. C’est même devenu un thème permanent, concrétisé notamment par la tribune régulière accordée à l’économiste Thomas Piketty, On sait aujourd’hui que ce dernier appuie ses démonstrations sur les inégalités sur un déluge de chiffres pas toujours fondés, dans lesquels il oublie notamment les redistributions fiscales et sociales.

Le 07 août 2023, Le Monde publiait un article un peu grinçant sur Bernard Arnault, dans lequel il était dénoncé que « l’homme le plus riche du monde‘ serait aujourd’hui supérieur aux chefs d’État (je résume). Vaut-il mieux comme en Chine faire chuter les entrepreneurs à succès ?

Plus fondamentale est la tribune du 27 mai 2003 qui s’indigne : « Le triptyque du macronisme “travail, ordre, progrès” met en danger la devise républicaine “liberté, égalité, fraternité” », car “la condition socio-économique de nos concitoyens procède moins d’un quelconque mérite ou travail que d’un mécanisme implacable de reproduction sociale, source d’une citoyenneté à plusieurs vitesses qui sape la cohésion nationale ... L’extrême concentration des richesses, ainsi que les inégalités de revenus et de patrimoine sont confortées par un système fiscal inique”.

Rappelons que la France est un pays où les inégalités sont relativement modérées et stables, ce qui n’est pas vraiment l’impression que nous laisse cet article.

Mais la mode est de proclamer que la réduction des inégalités est une cause sacrée, et j’ai le sentiment de blasphémer en disant que dans certaines circonstances, il y a des objectifs plus urgents.

J’en prends pour exemple la nécessté relèvement du niveau dans l’éducation nationale. 

Éducation nationale : l’égalitarisme avant le niveau

Je suis navré de constater que notre cher journal Le Monde réveille la guerre scolaire au côté des syndicats d’enseignants.

N’y aurait-il pas mieux à faire au moment où le niveau s’affaisse et où une partie des parents cherche un refuge dans l’enseignement privé ? Mais “le privé est un concurrent subventionné(Le Monde de l’éducation du 16 janvier).

Le journal part du constat que l’école en France est profondément inégalitaire, ce qui est exact, et d’après PISA, elle aggrave même les inégalités de départ.

Mais cet accroissement des inégalités est mis au débit du gouvernement (tribune du 27 mai 2003) et à celui des parents d’élèves “qui recherchent l’entre soi”, alors que « l’hétérogénéité est bénéfique à tous”. Crime suprême : 27 % des étudiants vont dans le supérieur privé ! 

Bref, “La réussite scolaire ne semble pas être le seul objectif souhaitable”, d’après la Tribune du 25 janvier 2024. 

C’est pourtant, à juste titre, la priorité des parents et ce n’est pas près de changer !

Le plan Attal peut-il débloquer l’éducation nationale ?

Je pourrais continuer longtemps à pointer le suivi des modes intellectuelles, mais je me bornerai à une dernière position dommageable issue de la gauche, que je regrette particulièrement du fait de ma qualité de démographe. 

Le malthusianisme

A l’occasion du discours d’Emmanuel Macron déplorant la baisse de la fécondité française, on a vu réapparaître une vieille rengaine : la fécondité, c’est la droite. c’est rance, ça sent le « ramener des femmes au foyer ».

Peu importe la gravité du problème, le dogme d’abord ! 

Ainsi, dans le numéro du 24 janvier 2024, sous le titre “ la vieille antienne de la relance de la natalité”, on a une fois de plus un de ces numéros d’équilibriste comme je les savoure depuis 70 ans :  un respect des faits et de l’histoire, pour ne pas perdre en crédibilité, mais avec une connotation négative. 

Un deuxième article de Camille Frodevaux-Metterie, présentée comme “philosophe spécialiste de la pensée féministe”, enfonce le clou : selon ses propos, le président Macron ramènerait les femmes à “leur ancienne condition de corps à disposition”.

Pourtant, autour de moi ce sont plus souvent les hommes que les femmes qui décident de ne pas avoir de descendance.

Et les sondages indiquent que le couple français moyen souhaite avoir plus de deux enfants, et y renonce pour des raisons matérielles, notamment de garde des enfants ou de carrière de la mère. Et pas du tout parce que cette dernière considère qu’elle n’a pas à être “un corps à disposition »

Bref, un rappel du dogme plutôt qu’une analyse de fond.

En conclusion

Notre cher journal essaie donc d’être à la fois un journal d’opinions, allant du centre gauche à l’anticapitalisme, et un journal de référence. 

Je vais faire une rapide comparaison avec The Economist, auquel je suis abonné depuis longtemps. C’est un journal ouvertement libéral, c’est-à-dire de centre gauche pour son lectorat anglais et américain. Il conjugue donc un engagement et un devoir de référence, mais s’y prend autrement.

D’abord, le ton général est toujours modéré. Ensuite les articles n’y sont pas signés ce qui évite la tentation, très visible pour les journalistes français, de se mettre en valeur en affichant une opinion aventureuse. 

Puis la ligne libérale s’affiche clairement après l’exposé des faits : si telle catégorie se plaint d’importations déloyales, c’est l’occasion pour l’équipe de rajouter “rappelons que nous sommes partisans du libre-échange “. Et donc qu’il ne faut pas oublier le gain pour les consommateurs desdites importations, et qu’il ne faut pas oublier non plus les exportations, que l’on va tuer si on se ferme : pour protéger certains producteurs nationaux, on va en brimer d’autres (comme c’est le cas pour l’agriculture française).

Pour Le Monde, par contre, on donne la parole “extrême” à des auteurs de tribunes anticapitalistes (vieille tradition) ou Illustrant les modes nouvelles, que l’on peut  regrouper sommairement sous l’étiquette « woke ». Ces dernières sont appuyées par une attaque fréquente des acteurs « anti-woke ». On met alors en valeur la personnalité de l’auteur de la tribune ou celle du journaliste qui présente un livre “orienté”.

Bref, s’il est normal qu’un journal choisisse son camp, le problème du journal Le Monde est qu’il en choisit deux :  être un journal de référence et être engagé (à gauche).

Yves Montenay

20 commentaires sur “Le Monde, un journal impartial ?”

  1. Le Monde n’est pas victime mais il est l’organe de combat des idéologies d’extrême-gauche avec tous les biais intellectuels possibles et imaginables.

    En ce qui me concerne, les partis pris du Monde me sont visibles depuis la fin des années 60’s, et je suis toujours surpris quand des esprits de qualité restent abonnés…
    Votre parallèle avec The Economist est éloquent : « je sais, mais …. »

  2. Excellent mais rappelons quand même que Pierre Viansson Ponté a écrit dans ce journal ainsi que Jacques Fauvet sans oublier Hubert Beuve Merry. Peut-être pas libéraux mais grandes plumes. C’était avant !!!

  3. Avec de telles références réparties sur 70 ans du monde, on peut supposer que cet article est une tentation ancienne, avec une longue accumulation de pièces à conviction. :-) Est ce le monde le responsable ou le milieu intellectuel de gauche français que le monde est obligé de suivre et de flatter pour être acheté… En 2024, le concept de journal est presque mort : réunir des infos dans un « journal papier » sur ce qui peut intéresser un acheteur . Aujourd’hui, sans aller au kiosque, on peut tout survoler et constater les différences de traitement d’un même sujet, selon journaliste et journal ou magazine. Je recommande Cafeyn l’abonnement pour 11€/mois qui donne accès à presque toute la presse . On paye encore journal par journal, mais viendra le moment où c’est le signataire sérieux ou talentueux que l’on rémunérera en fonction du temps que l’on passe sur son article, indépendamment de son affiliation. Le Monde date du journal papier que l’on va chercher au kiosque et que l’on lit en entier parce qu’on l’a choisi mais que lui.

    1. Merci ! C’est déjà partiellement vrai : les abonnements sont de plus en plus souvent aux versions numériques et on peut sélectionner la même information dans différents journaux. Reste à ce que « le signataire talentueux » puisse voir son œuvre largement diffusée sans passer par le site d’un journal.

  4. C’est du masochisme que de rester abonné à ce journal « le plus objectivement faux et le plus faussement objectif » ! En 1976 dans « Le Monde tel qu’il est, « Michel Legris avait déjà dit tout ce qu’il y avait à en savoir… (Et dans un genre qui ne passerait plus, Roger Peyrefitte l’appelait « le journal des n… à lunettes d’or ».)

    1. Je me souviens bien de Michel Legris, que j’aurais dû citer
      Mais c’est un article aimable, d’une part, parce que je suis gentil, et d’autre part pour élargir mon lectorat

    2. Le Monde a plein de défauts voire de biais et d’angles morts. Mais, il représente une bonne partie des électeurs de gauche (au moins 20% de la population), que l’on rencontre partout, et dont les affections, croyances et points de vue ont un certain poids dans la société, entreprises comprises. Avec l’électronique partagée (3 officiellement et faciles ) le coût du coup d’oeil quotidien devient léger… et permet de s’offrir des coups d’oeil sur tout le spectre de la droite à la gauche. Je ne continue à regarder que les journaux et magazines où je trouve des informations et points de vue qui ne sont pas ailleurs. Mais cela en fait bcp :-)

      La question que nous pourrions « étudier » : classer tous les médias en référence à la supposée référence.

    1. Pardon, c’est une réponse à Michel C
      Tout ça est un peu confus. Je vais me borner à répondre pour ce qui concerne le capitalisme, terme négatif visant les entreprises privées. Ces dernières font ce que leur demandent leurs clients. Jusqu’à récemment elles ne s’occupaient pas d’écologie, et on peut leur mettre beaucoup de choses sur le dos. Mais maintenant leurs clients, leurs employés, et souvent leurs actionnaires sont devenus plus ou moins écologistes. Donc cet outil puissant et irremplaçable que sont des entreprises travaille maintenant « pour la planète » comme d’ailleurs l’ont compris une partie des écologistes : l’administration peut interdire, mais ne peut pas faire.

  5. Vu qu’ils n’ont pas compris la révolution industrielle… les marxistes et autres marxophiles seraient donc des imbéciles. Même si je ne suis pas un praticien de l’économie (?) je trouve toutefois cette théorie bizarre. Bizarre aussi cette façon de jouer sur les mots, bien sûr très importants. Si la période coloniale est maintenant appelée à tort colonisation (sic), je suppose que le colonialisme fait lui aussi partie de l’histoire ancienne. Bizarre encore cette dent contre certains sociologues… qui souffrent des défauts inhérents à cette discipline : contrairement aux sciences dures (sic). Comme l’économie je suppose.
    Bizarre enfin, quoique, cet aveuglement. Mis à part bien sûr les plus dogmatiques des libéraux, qui aujourd’hui peut encore soutenir que le capitalisme n’a rien à voir avec le dérèglement climatique, la chute de la biodiversité et j’en passe ?
    Quant au journal dit «de référence», il se revendique de centre gauche. Ce qui veut dire que pour certains il sera un journal de gauche. Voire d’extrême gauche. Au stade où on en est, dans la grande confusion et le grand n’importe quoi, on n’est plus à ça près. Et pour d’autres un journal de droite. Le centre étant alors à droite, comme nous le démontre si bien Macron depuis maintenant 7 ans. Et comme nous le disait si joliment cet autre Président : « Le centre c’est ni de gauche, ni de gauche. Le centre, variété molle de la droite. » François Mitterrand, que chacun classera de la même manière que Le Monde, c’est à dire comme bon lui chante.

  6. Ce qui est confus, pour beaucoup de monde je vous le concède, c’est le Nord. La perte de la Boussole fait qu’on ne sait plus où sont la gauche et la droite, l’avant (le progrès) et l’arrière (la décadence), le vrai, le faux, le beau, le laid, le mâle, la femelle, la poule et l’œuf etc. etc.
    C’est ce que j’appelle la grande confusion, mère du grand n’importe quoi de notre époque. Même s’il sait très bien s’adapter aux lieux et aux époques, comme aujourd’hui en décorant sa façade de vert (mode oblige), pour moi le capitalisme reste le capitalisme.

  7. Le Monde est devenu illisible. Très antinataliste, on se demande qui paiera leurs retraites. En ce moment, un biais pro-palestinien qui flirte avec l’antisémitisme, très visible dans les commentaires du lectorat. En bref, si je le parcours encore (il y a quand même de bons articles), c’est parce que je ne le paye pas (enfin si, en tant que contribuable)…

  8. Le titre de l’article est un peu décalé (inadapté ?) à l’égard de son son contenu.
    Souhaiter l’impartialité d’un media relève presque de l’idéologie (utopie) « égalitariste »…! Et, par conséquent, d’une forme de tromperie. On le voit d’ailleurs en ce moment, avec cette magnifique séquence historique (un peu stalinienne) déclenchée par RSF et le Conseil d’Etat contre certaines télévisions jugées, elles seules, partisanes…
    Le Monde a toujours été un journal classé  » à gauche » à une époque où les gens croyaient presque tous que les étiquettes suffisaient à comprendre les faits sociaux: mais, à cette époque là, peut-être que les journaux classés  » à droite » (par ex: Le Figaro »), donnaient du grain à moudre au journal Le Monde dans sa stratégie (hypocrite) d’apparaître comme modéré: mais il n’en est rien, car Le Monde est avant tout un journal « dans le vent » agitateur et impétueux que soufflent les militants des dites « bonnes causes », animé par des Bourgeois humanistes persuadés qu’il faut toujours coller aux agitateurs.
    Donc, il est « Woke » depuis toujours.
    Quand on regarde le traitement de la guerre (américaine) dite « du Vietnam », par exemple, c’est évident. Le Sud Vietnam était vomi par Le Monde, Les USA étaient pires que les colonialistes Français, et les communistes Nord-Vietnamiens étaient sympathiques. Il fallait coller aux agitations militantes des « Comités Vietnam » composés exclusivement d’Occidentaux aigris et gâtés par le confort et la démocratie. Les Vietnamiens étaient donc méprisés par Le Monde: j’ai donc du mal à classer ce journal « De Gauche ». Je dirais plutôt qu’il est PDG (prétendu de gauche), arrogant, élitiste, et (c’est connu de tous) absolument pas populaire.
    Sur le contenu de l’article, j’ai du mal à voir Le Monde comme « marxophile », si tant est que ce qualificatif soit négatif : Raymond Aron était « marxophile », et le grand contestataire du mensonge soviétique était Volensky (La Nomenklatura) qui était, lui, carrément marxiste ( sa dénonciation du « Spectacle » de l’URSSie, au sens de Guy Debord, a été beaucoup plus efficace que les actes des gouvernements de l’Ouest ou des articles du Figaro). Et l’opposant de la première heure aux bolchéviques, Ante Ciliga, était marxiste lui aussi (lire « Au pays du mensonge déconcertant »). Quant à Marx lui même, il a bien écrit que le capitalisme était un système économique révolutionnaire, qu’il était nécessaire de développer avant d’envisager de faire mieux (le socialisme, pour faire vite, que Marx n’a jamais vraiment défini) : c’est pour cette raison que Lénine, sentant qu’il était clairement antimarxiste, à inventé sa démagogie du « marxisme-léninisme », histoire de faire coller les masses à son fascisme. Bref: Le Monde « marxophile », j’ai un doute. Le Monde démago: oui. Et à souhaiter qu’un journal soit impartial, ça tient presque du cauchemar (rien ne vaut une analyse partisane fondée !). Même les agences de Presse ne sont pas impartiales: l’AFP refuse que le mot Terrorisme soit associé au mot Hamas. Donc, je n’aurais pas cette exigence pour Le Monde, fidèle à lui même (PDG)…

  9. Bonjour Monsieur Montenay,

    Je viens de découvrir votre site et vos articles.

    Je commence par cet article. Très intéressant, il me faut y revenir…

    Je souhaite vous communiquer un livre éclairant sur votre notion de réactivité Public/Privé dans le paragraphe sur le vaccin. Eh oui !

    Je vous serai gré de bien vouloir lire ce livre : l’invention du SIDA.

    J’espère vous lire en retour, bien à vous.
    Christophe Vittu

    1. Je suis un peu embarrassé, car comme vous, j’écris des livres et cherche à les diffuser. Résultat, beaucoup d’écrivains m’envoient leurs livres et j’en ai 30 en retard !
      Ce livre est-il de vous ? Pouvez-vous me dire en 2 lignes de quoi il s’agit

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