La France gouvernée par la démagogie des partis

La France gouvernée par la démagogie des partis

De Gaulle fustigeait l’impuissance de « la politique des partis ». Nous y sommes depuis un an ! Comme jadis, les gouvernements sont perpétuellement menacés d’effondrement, faute de majorité.

Deux des questions souvent agitées, la réforme du système électoral et la problématique de la dette, me semblent mal présentées dans les médias.

En tant qu’analyste, je vais concentrer mes propos sur ces deux points : une meilleure représentation par les élus et une autre façon de présenter la dette.

La situation actuelle

François Bayrou incarne le centre, désormais broyé entre des partis plus idéologiques et des stratégies d’appareil plus démagogiques que jamais : il y a dans son budget des points qui déplaisent à des intérêts contradictoires qui se coalisent.

Bref, chacun est contre, mais pour des raisons différentes.

Le retour à cette logique de partis s’est accéléré avec l’affaiblissement de la figure présidentielle :  Emmanuel Macron serait tombé à 15 % de popularité dans les sondages.

Enfin, on constate une défiance croissante de l’opinion publique, qui perçoit l’incapacité de l’État à agir efficacement.

Parlons d’abord de la représentation des électeurs par les élus.

Instaurer la proportionnelle ?

L’argument le plus sérieux en faveur de la proportionnelle est que le scrutin actuel (majoritaire uninominal à deux tours) oblige à des alliances préélectorales contre nature (le « Nouveau Front Populaire »). Et à faire des désistements entre les deux tours, par exemple un centriste votant LFI au deuxième tour pour faire barrage au RN

Mieux vaudrait que chaque parti se présente en « indépendant » pour que l’on ait le reflet des opinions, et les compromis se feraient ensuite au Parlement sans utiliser d’arguments démagogiques, puisque les élections seraient faites.

Mais cette réforme ne bouleverserait pas la composition de l’assemblée, qui serait assez voisine de l’actuelle.

Les partisans de la proportionnelle estiment que cela obligerait enfin la France à se doter d’une culture de la coalition, comme en Allemagne ou en Italie.

Les leçons de l’étranger sont contradictoires : dans certains pays se montent des coalitions « sérieuses », d’autres restent en discussion très longtemps avant de former un gouvernement (plus d’un an en Belgique). Dans d’autres la démagogie d’un membre de la coalition déclenche des décisions ensuite regrettées (la fermeture du nucléaire en Allemagne) ou un blocage.

Enfin et surtout, le débat sur la proportionnelle ne résout pas de problème principal qui est la crise de légitimité des institutions, la défiance généralisée envers les élites, et le sentiment croissant de l’impuissance publique.

Plus que la proportionnelle, une manière de rétablir la confiance serait la décentralisation, voir le fédéralisme.

Si c’est le maire qui est apte à prendre certaines décisions et le patron du département ou de la région pour d’autres, la proximité permettra de meilleures explications réciproques et une diminution de la méfiance.

Nous avons à nos portes le modèle suisse, qui est une réussite politique et économique. Presque tous se décide à la base, et le reste par référendum. La présidence du pays est un poste tournant tous les ans sans grand pouvoir.

Je vais maintenant prendre un exemple d’ignorance entretenue par les partis, celle des conséquences de l’endettement.

La dette

Il y a encore peu de temps, Marine Le Pen déclarait : « La dette, il faut s’asseoir dessus ».

En fait les citoyens sont bien conscients qu’il y a une énorme dette, mais chaque catégorie d’électeurs estime que ce n’est pas à elle de faire des efforts.

Comme développé plus bas je pense que la source de la dette vient de l’insuffisance de notre production par rapport à notre consommation.

Mais les remèdes proposés sont financiers (impôts, suppression de crédits) alors qu’ils pourrait être mieux expliqués si on parlait de biens et de services.

Nous avons changé d’univers financier

Pour éclairer le débat, comparons avec les premières années de la présidence Mitterrand.

L’euro n’existait pas, et il suffisait de demander à la Banque de France de créer des francs (des « avances à l’État ») pour combler le déficit qui s’était mis à flamber.

Mais comme ces avances étaient une création de monnaie sans contrepartie de production, elles ont déclenché l’inflation, tandis que les nouvelles charges sur les entreprises augmentaient le chômage.

J’en ai vécu personnellement un exemple très concret avec la suppression économiquement injustifiée de centaines d’emplois de l’entreprise familiale (voir la fin de l’article)

Mitterrand a donc dû dévaluer, notamment pour sauver les exportations et donc l’emploi, mais la dévaluation augmente encore le prix des produits importés.

Tout cela a diminué le niveau de vie, mais la masse des citoyens ne fait pas le lien entre le déficit et la baisse du niveau de vie. Elle a même tendance à penser le contraire, puisque le déficit se traduit par une arrivée d’argent.

Rappelons que Mitterrand est à l’origine d’une partie importante du déficit d’aujourd’hui, en ayant baissé de 65 à 60 ans l’âge de départ en retraite et persuadé les électeurs que c’était possible sans baisse de niveau de vie.

Nous traînons encore aujourd’hui le poids intellectuel de cette décision, et son coût par des dépenses cumulées depuis 45 ans, même si elles augmentent moins vite aujourd’hui avec le passage à 62 puis 64 ans… s’il est maintenu !

Aujourd’hui l’euro a remplacé le franc. Nous ne pouvons pas dévaluer.

Et la banque centrale européenne est indépendante et nous ne pouvons pas exiger de recevoir des avances.

Tout cela est fait pour obliger les gouvernements à la rigueur. Mais Bercy a trouvé une parade : chaque mois, le Trésor doit faire face à des échéances de remboursement d’anciens emprunts. Ces échéances sont respectées en contractant de nouvelles dettes.

Ce processus est appelé le refinancement.

Tant que les créanciers – banques, fonds de pension, assurances, ou banques centrales étrangères – continuent de prêter, le système fonctionne.

Mais il repose sur la confiance en la capacité de remboursement par la France.

Cette confiance commence à baisser, et on ne prête à la France que si elle donne des taux d’intérêt de plus en plus élevés.

Le paiement des intérêts va devenir le principal poste de dépenses, devant l’éducation nationale ou la défense.

Et pas seulement pour l’État : l’ensemble des entreprises vont en pâtir pour leurs financements, ainsi que les particuliers, avec la hausse des intérêts des prêts immobiliers.

Par ailleurs, pour payer les importations (qui sont supérieures aux exportations), les entreprises ont besoin d’euros ou de dollars. Les banques leur en prêtent et s’endettent donc également.

Si la confiance disparaît, nous aurons des difficultés à payer nos importations : énergie, composants électroniques, machines-outils et une partie de notre nourriture.

Le vrai problème est l’ignorance

Résumons : le gouvernement Bayrou s’est enlisé face à un parlement qui rappelle les pires heures de la IVe République.

Dans ce contexte, le passage à la proportionnelle aurait l’avantage que nous avons vus, mais ne résoudrait pas le problème principal : une ignorance citoyenne cultivée par les partis politiques et les maladresses de nos gouvernants.

J’estime que l’absence de pédagogie autour des enjeux économiques majeurs est une faute politique grave.

Qui devrait faire cette pédagogie ? L’école et les hommes politiques.

L’économie à l’école

Pour des raisons idéologiques qui m’échappent, il n’y a pas de véritable cours d’économie dans l’enseignement secondaire.

Les « sciences économiques et sociales » qui en tiennent lieu, et dont j’ai été chargé de faire un audit privé, sont une catastrophe notamment par leur approche « anti entreprise ».

Leur place a été réduite par la réforme Blanquer de 2019, et j’espère que le contenu en a changé.

Mais il y a là un premier manquement important à l’information économique des citoyens.

Je suis allé à 13 ans dans une école britannique, où il y avait dans l’entrée, donc visible tous les jours par tous, un circuit hydraulique montrant les principaux mécanismes économiques : une partie de l’eau venant des salaires était prélevé par l’État etc.

La responsabilité des politiques

Notre démocratie est représentative et non directe comme dans certains cantons suisses. Cela signifie que les électeurs délèguent le vote des lois à des représentants, très éloignés géographiquement et intellectuellement.

Un remède possible est la décentralisation signalée plus haut.

L’influence des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux amplifient les dérives démagogiques, ce qui ne devrait que pousser davantage l’école et les hommes politiques à faire leur travail pédagogique.

L’ignorance fondamentale est que derrière la dette, et plus généralement derrière notre niveau de vie relativement bas par rapport à des pays de même niveau technique, nous ne travaillons pas suffisamment.

Cela ni chaque semaine (35 heures), ni chaque année (5 semaines de vacances, 6 et plus pour certains), ni l’ensemble de notre vie, avec les départs précoces à la retraite de 55 à 64 ans suivants le métier.

C’est un choix : on peut parfaitement imaginer qu’il vaille mieux avoir de grands loisirs et produire moins.

Mais produire moins, c’est consommer moins, donc une baisse du niveau de vie.

Pourquoi l’école et les politiques ne nous expliquent-t-ils pas que l’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre !

Un rappel historique

Souvenons-nous de l’action du Général de Gaulle : dans les quelques années qui ont suivi son retour au pouvoir en 1958, il a redressé l’économie et remboursé les dettes ! 

Voici un extrait de la conclusion d’une des innombrables études de ce « miracle » : « le plan Rueff avait trois objectifs : stabiliser le budget, consolider la monnaie et préparer l’ouverture commerciale de la France. Ces trois objectifs sont indiscutablement atteints. »

Mais il est vrai qu’il a suivi les conseils d’Antoine Pinay et de Jacques Rueff, que l’on traiterait aujourd’hui d’abominables libéraux !

Il faut également rappeler que de Gaulle avait obtenu du parlement le pouvoir de légiférer par ordonnance (sans débat parlementaire), ce qu’il a fait et que les économies budgétaires réalisées lui ont fait perdre une grande partie de sa popularité. 

ll n’a pu notamment être réélu qu’après un ballottage, ce qui était impensable à son arrivée.

On en revient donc à l’organisation des pouvoirs et à l’électoralisme démagogique, lui-même fruit de l’ignorance.

Yves Montenay

74 commentaires sur “La France gouvernée par la démagogie des partis”

  1. L’aspect « addiction » à des revenus empruntés est le blocage principal. Le second est la roue libre des administrations qui ignorent le mot productivité et l’ardente obligation de l’améliorer chaque année. Le centralisme parisien casse les dynamiques régionales.

    Il nous manque un gouvernement fort (ce n’est pas la première fois depuis pépin le bref) et les processus collectifs démocratiques pour le faire émerger.

    Monter une vraie coalition de gouvernement en mesure d’avoir une majorité lors d’élections législatives ?
    1/. de LR aux socialistes ; 299 députés actuellement ; ferait possiblement 40 % des votes ;
    2/. RN + LR ; nécessite une dissolution pour valoriser 40 % des votes ;

  2. Entièrement d’accord avec votre analyse.
    La représentation nationale compte malheureusement dans ses rangs de trop nombreux élus qui sont très ignorants des mécanismes de l’économie.
    Ne faudrait-il pas que les élus soient soumis à une formation afin d’éviter les propositions irréalistes de certains ?

    1. Je suis tout à fait d’accord ! J’ai failli faire figurer cette proposition dans mon article, puis je me suis dit qu’il ne fallait pas trop compliquer, et en particulier s’embarquer dans les oppositions idéologiques sur le contenu de cette formation.

  3. J’ai travaillé 40 ans en Suisse. Dans les années 1980 une initiatives populaire proposait aux citoyens Suisses de travailler moins d’heures par semaine. Ils ont refusé, par peur que leur entreprise fasse faillite. Les français transfrontaliés s’éclataient de rire. Pas moi.

  4. Le coeur du coeur de l’affaire, c’est que le paradigme actuel a été pensé par les boomers pour les boomers, ce que je dénonce pour ma part depuis des décennies et que François Bayrou a fini par admettre il y a une dizaine de jours avec une violence m’ayant laissé bouche bée car même Mélenchon n’aurait pas osé!!!

    Et vous remarquez que ces aveux ne sont survenus qu’à partir du moment où il savait son gouvernement condamné et avec lui son avenir politique.

    Dit autrement, il a pratiqué la politique de la terre brûlée pour fermer la porte derrière lui… C’est très boomer comme attitude et concorde tout à fait avec le portrait au vitriol qu’en dressent généralement ses anciens amis politiques…

      1. Par « paradigme actuel », j’entends tout un un système clientéliste profitant à la classe d’âge née entre 1930-35 jusque vers 1950-1955, ceux ayant vraiment touché le jackpot étant ceux nés en 1948 car c’était l’année de naissance optimale pour manger dans toutes les gamelles.

        Vous êtes né en 1941, donc dans votre cas, c’était sous-optimal car l’inflation des années 70 a détruit le patrimoine financier que vous auriez pu accumuler avant le choc pétrolier et si vous avez en plus acheté tardivement votre maison, vous aurez connu les taux variables et tiré la langue pour rembourser.

        Par contre, vous avez eu une probabilité de 15% d’être passé par la case chômage alors que cette probabilité monte déjà à 50% si vous étiez né en 1960, après n’en parlons pas…

          1. Je vais expliquer dans une perspective business!

            Dans un marché arrivé à maturité, la clé de la rentabilité n’est pas de travailler plus, mais plutôt de chercher à réduire la charge de travail pour réduire les effectifs et ainsi les coûts. Ainsi les TPE/PME que sont les partis politiques usent outrancièrement du marketing pour segmenter l’électorat et identifier les segments « utiles » rapportant à moindre coût :
            – des postes d’élus pour les cadres du parti (ou a défaut les fameux comités Théodule!)
            – des financements publics (environ 65 millions par an)
            – des dons privés (environ 140 millions par an)

            Tous les partis n’ont pas la même stratégie, les extrêmes sont généralement sur des marchés de niche et pour les partis « généralistes » (du PS aux LR), le segment clé est la classe d’âge née entre 1930 et 1950 et que Giscard appelait « les deux tiers ».

            C’est une classe d’âge ayant eu la chance d’avoir la partie facile en début de carrière car notre marché domestique était à l’abri de la concurrence. Puis il y a eu le jackpot, les conditions d’emprunt miraculeuses permettant d’avoir deux maisons pour le prix d’une quand la première avait été achetée à la veille du choc pétrolier de 1973 (et donc d’être forcément né au plus tard vers 1950).

            Depuis, la chance à continué à sourire aux « deux tiers », mais surtout car les partis généralistes aident de plus en plus la chance, c’est passé sous les radars au temps de VGE et de Mitterrand, mais ça a commencé à se voir avec Balladur, encore davantage pendant le second mandat de Chirac et on a atteint le point de non-retour avec Sarkozy quand il a reculé à 62 ans de l’âge légal de la retraite sans demander le moindre effort aux « deux tiers ».

            Et le budget de Bayrou, les retraités y laissaient des plumes, mais c’est surtout les actifs qui trinquaient…

            ET n’ayant plus rien à perdre, Bayrou a finalement admis la vérité en brisant le secret inavouable des partis généralistes « on réduit les jeunes et les générations futures en esclavage pour maintenir le petit confort des boomers et des partis politiques ».

          2. Je comprends mieux, mais je ne suis pas d’accord pour autant. Je me méfie par caractère de tout ce qui est complotiste, surtout dans ces pays comme la France ou l’information et les débats sont assez libres

          3. Ce n’est pas du complot, je ne fais qu’interpréter les données électorales, le vote par tranche d’âge, par CSP…

            Et je pourrais vous parler de la fameuse note de Terra Nova enjoignant le PS à laisser partir au RN l’électorat populaire vivant à plus de 20km d’un grand centre urbain car la combinaison du déclin industriel et du mode de scrutin majoritaire rend de nombreux scrutins ingagnables par la gauche, alors autant que l’électorat parte au RN pour prendre à revers la droite classique.

            Et l’actuelle assemblée est le résultat de ce calcul, et le pays est ingouvernable car on a trois blocs de force à peu prés égale et dont l’électorat est socialement homogène, ce qui permet par ailleurs aux partis de tourner avec 20 salariés là où il en aurai fallu 200 ou 300 avant avec un infrastructure très lourde…

            C’est typiquement ce qu’on appelle le « reengineering », vous laissez tombez 20% du marché, mais vous baissez les coûts de 80%!

            Le privé fait généralement pareil, ce qui entretient un chômage de masse obligeant à recruter des fonctionnaires avant que ça n’explose…

            Pourquoi à votre avis je suis favorable aux politiques dénataliste? La raison, c’est que vu le logiciel du privé, la non-naissance d’aujourd’hui est un frustré en moins dans 20 ans!

          4. J’ajouterais que des données sont disponibles, vous êtes démographie, j’aimerais que vous m’expliquez une bizarrerie, à savoir que la France consacre aux retraites la même part du PIB que des voisins où la natalité est tombée à 1.3 enfants par femme depuis les années 90.

            Pour ma part, j’ai mon idée, regardez les chiffres de la répartition du vote par classe d’âge aux dernières législatives, que je tiens pour significatifs car il y a longtemps qu’on n’a pas vu un tel taux de participation, sans doute l’espoir de provoquer une présidentielle anticipée…

          5. Réponse démographique : l’âge de départ en retraite est plus élevé que chez nous, et nous traînons un « stock » de préretraités et de départ à 60 ans ou encore plus tôt à la SNCF ou équivalent

          6. Les régimes spéciaux sont un cas à part car c’est en fait un substitut de salaire. La preuve, on l’a supprimé à la SNCF et elle n’arrive plus à recruter tant la qualité des candidats s’est effondrée, la plupart échouant d’entrée de jeu les tests d’aptitude physique!

            Mais oui, il a tout le « stock » de la génération de la retraite à 55/60 ans qui coûte, pour paraphraser notre Président, un pognon de dingue car c’est sur lui que vivent les partis centristes, dont certains ont d’ailleurs adopté des noms n’étant pas sans évoquer des EPHAD, Horizons, Renaissance…

            En fait, on enfin bref, nous somme arrivé au stade final de la prophétie d’un ancien Premier Ministre belge voulant qu’en politique, une fois que les dégoûtés seront tous partis, il ne restera que les dégoûtants :-(

    1. Pour O.
      Votre stigmatisation des gens nés après la guerre frise le racisme. Et c’est pareil pour ceux qui stigmatisent les Jeunes (Villepin l’a fait) , ou les femmes, etc. Retravaillez votre histoire de France, et vous verrez que ces gens ont reconstruit un pays en ruines, sans 35h, sans 5 semaines de congés payés, sans les indemnisations chômage actuelles, sans les remboursements maladie en cours, sans les hôpitaux ou les routes ou les trains d’aujourd’hui. La France un peu gâtée d’aujourd’hui a reçu un cadeau exceptionnel de ces gens qu’elle devrait remercier tous les jours. Les Trente Glorieuses furent d’abord Trente Laborieuses que Bayrou a méprisé par pure démagogie. Et ces Français qui ont souvent commencé à travailler à 14 ans, ou 16 ans, ont accumulé une richesse patrimoniale (des logements par ex) qu’ils vont léguer aux générations en cours pour des milliards d’Euros. Les cadeaux ne sont donc pas finis. On dit Merci. On ne dit plus Boomers, on dit Trimeurs, donc on dit Merci. Je connais un pays où il est honteux de parler des Anciens comme l’a fait Bayrou (et vous), où il y a un Autel des Ancêtres partout , dans chaque logement, dans chaque magasin, dans chaque train, etc. Un pays où le rapport aux Anciens s’est transformé en mépris est un pays en décomposition, qui (de surcroît) ne peut plus produire au delà de 0,5 % de croissance (parce qu’on attend tout des Anciens ou de l’Etat Providence) pour aider ses pauvres, quand (au même moment) le respect des Anciens (donc la prise en charge responsable de sa vie et de son travail) permet à certains pays d’avoir 8% pour combattre la pauvreté. Gloire aux Trimeurs.

      1. J’évoquais plus haut « les deux tiers », les VRAIS trimeurs n’en faisaient pas partie, ou alors ils en faisaient partie, ils n’auront pas davantage profité de leur retraite du fait de la dureté du travail et la consommation d’alcool et de tabac faisant habituellement partie du forfait (75% d’hommes fumaient dans les années 70)

        Et ceux des « deux tiers » qui restent, c’était le plus souvent des grattes papiers ayant attendu la retraite pour dénoncer courageusement « bureaucratie » les ayant nourri, et plus largement, ils dénoncent les dépenses publiques, mais comme par hasard toujours celles dont ils ont passé l’âge de profiter alors que c’est les retraites et les soins le gros morceau.

        Et pour enfoncer le clou, j’ajouterai que par rapport à nos voisins, la part du PIB est consacrée aux retraites n’est pas cohérente avec le vieillissement de la population.

  5. La démagogie des partis, c’est effectivement la bonne expression pour caractériser ce qui a rendu notre Assemblée Nationale totalement ivre. Contrairement à ce que nos députés montrent, la France n’est pas tripartite, elle est bien menée par une majorité de citoyens sur tel ou tel problème à résoudre : les sondages le montrent. Les solutions à cette mascarade parlementaire en cours sont nombreuses, cumulables même :
    1) Eliminer le 2ème tour aux élections législatives (pour éviter les magouilles irrespectueuses des Députés à l’égard de leurs électeurs)
    2) Rendre obligatoire un diplôme spécifique (Economie, Comptabilité, Droit, Histoire, Sociologie, Philosophie) pour se présenter devant des électeurs : on doit prouver une formation ou une aptitude pour intégrer une entreprise ou une administration, il serait donc logique et sain que ce soit pareil pour devenir Député. Pour une Haute Fonction, il faut une Haute formation
    3) Passer à la Démocratie Directe, par un votre direct des Français sur les textes de loi présentés. Les Députés garderaient leur rôle de débatteurs (ils voteraient aussi), mais le Suffrage Universel serait pris en compte (en cas de conflits de vote, il faudra trouver une solution, bien sûr, à prévoir dans une nouvelle Constitution). La technique sociale de la représentation des citoyens, dans notre monde technique moderne, devient archaïque: on peut facilement voter en ligne, ou voter sur son lieu de travail. C’est un pur problème technique. Les députés produiraient des documents, via leurs débats, fournis aux Français pour leur vote. Les Français voteraient beaucoup, en effet, mais la liberté et la richesse sont peut-être à ce prix (De surcroit, ils apprendraient ainsi à se déconnecter de leurs écrans….)

    1. Commentaire très intéressant, merci. Ça recoupe l’exemple suisse, dont je suis très étonné qu’il ne soit pas mieux connu (c’est quand même un voisin ! Et tout le monde parle ou connaît le français, donc on peut échanger sérieusement avec eux !). C’est un pays sans débouché sur la mer, dont une grande partie de la surface est montagneuse, et sans pétrole ou autres matières premières, et où le niveau de vie est très supérieur au nôtre !

    2. La démocratie directe a un inconvénient majeur qui est que si l’on pose différentes questions, leurs réponses risquent d’être incompatibles entre elle du type : faut il augmenter les salaires avec une réponse massive oui, faut il baisser le temps de travail avec une réponse massive oui…
      La démocratie représentative offre un garde-fou car les gouvernants sont comptables de leurs décisions et s’ils en prennent de mauvaises, leur réélection est compromise.
      Je préfère de loin l’élection proportionnelle qui n’oblige ni à des magouilles préélectorales ni au vote utile pour l’électeur. Mais il faudrait un système avec des listes sur lesquelles on peut rayer des noms ou les réordonner (plus compliqué) car avec des listes bloquées les têtes de listes (pas forcémement les plus appréciées même dans leur propre parti) sont sures d’être élues. Les apparatchiks des partis auraient alors eux aussi une épée de Damoclès au-dessus de la tête, ce qui serait salutaire pour la démocratie.

      1. La proportionnelle conduit à une fragmentation et à une instabilité chronique car la survie d’un gouvernement ne tient qu’au bon vouloir d’une demi-douzaine de députés centristes mous et notoirement corrompus.

        On les appelait les Radicaux sous la IIIe et la IVe République, ils existent toujours de nos jours, mais ils sont maintenant résiduels.

        Et c’est le sort qui guette les PS/LREM/Modem/LR quand le temps qui passe aura eu raison de leur clientèle électorale.

    3. Votre option 2 est intéressante et j’irai encore plus loin en exigeant une expérience professionnelle ou bien plafonner le nombre de mandats car quand Gabriel Attal a été nommé Premier Ministre, des mauvaises langues disaient qu’il n’était pas né que Gérard Larcher était déjà sénateur!!!

  6. Vos remarques sur les partis , l’illusion d’une meilleure gouvernance en favorisant la proportionnelle ou l’importance de l’enseignement de l’économie à tous les Français me semblent justifiées. Je voudrais soulever simplement deux faits que vous ne mentionnez pas:
    1°) Début juillet, un rapport sénatorial ( remarquons que les sénateurs sont plutôt des « conservateurs ») nous informait que les différentes aides de l’Etat accordées aux grandes entreprises (oubliées les moyennes et petites entreprises pourtant si importantes pour une économie !), que ce soient sous formes de subventions, aides financières directes ou exonérations de charges sociales, se montaient à un minimum de 211 milliards d’euros par an. De plus, ce rapport montrait que l’Etat était incapable de faire une liste exhaustive de ces aides et encore moins d’en apprécier l’efficacité. Sur ces 211 milliards, on pourrait sûrement trouver des marges importantes d’économie plutôt que de taper encore et toujours sur les salariés comme les gouvernements veulent faire.
    2°) Vous affirmez que les Français travaillent moins que leurs voisins européens. Cette appréciation dépend en fait des calculs retenus.
    Si l’on prend la population française dans son ensemble rapportée au nombre d’heures travaillées, effectivement, les Français travaillent « moins ». Mais c’est dû surtout au fait que nous avons eu une natalité plus importante que nos voisins allemands et italiens donc plus d’enfants qui ne travaillent donc pas.
    Maintenant, si l’on prend comme référence la population active uniquement , rapportée au nombre d’heures travaillées, c’est le contraire : un Français (actif) travaille plus qu’un Allemand (actif).
    Ces données sont issues des statistiques européennes et ont été récemment publiées sur le site de Francetvinfo.

    1. Il faudrait un article pour vous répondre ! Je vais être sommaire : les allégements de charges pour les entreprises ne sont pas vraiment un cadeau mais une décision (que je trouve discutable) de diminuer le coût des smicards de manière à faciliter leur embauche. Quant à la quantité de travail des Français, je sais hélas que l’on peut triturer les statistiques dans tous les sens. Je vais me borner à ce qui me paraît le moins mal mesurable : le faible taux de travail des seniors relativement à nos voisins du fait des préretraites (un gâchis scandaleux !), des régimes spéciaux et de l’âge de départ, hors régimes spéciaux, à 60 puis 62 ans. On a certes remonté l’âge de départ, mais nous payons tous les jours le « stock » généré par des anciennes dispositions.

  7. P.S : je suis de la génération X, la classe la plus creuse après la vôtre et c’est pour ça que nos profs pre-boomers nous disaient qu’on était mal barrées car cela nous exposait à nous faire braquer par des boomers armés de leur bulletin de vote…

    1. Pour rester dans le mesurable, donc en démographie, ceux qui ont eu du mérite ce sont les parents des boomers qui ont fait à la fois les 30 glorieuses et beaucoup d’enfants. Certes, il y a eu le rattrapage de la crise d’avant-guerre puis de la guerre, l’arrivée des techniques américaines mais tout cela sont des données globales qui auraient été perdues sont le travail de ces parents.
      Et je suis un peu perplexe quand j’entends parler de « souffrance au travail » de la part des jeunes d’aujourd’hui.

      1. Voilà, la génération des parents des boomers a été admirables et si j’ai la dent dure avec les boomers centristes, c’est qu’ils ont souvent tendance à essayer de s’approprier les mérites de la génération de leur parents…

        Quant à votre perplexité vis à vis de la souffrance au travail, je vais vous poser une question simple : avez-vous un jour connu le chômage?

        Je pose la question car la souffrance au travail concerne généralement des salariés que seule la peur du chômage retient à leur poste.

        1. J’ai connu période sans emploi de 55 ans à ma retraite, je ne me suis pas inscrit au chômage, je suis devenu ce qu’on appelle aujourd’hui un auto-entrepreneur. J’ai même effectué une mission pour Pôle Emploi : apprendre à de riches licenciés (c’est-à-dire ayant reçu une indemnité très importante) comment monter une entreprise !
          Avant, en tant qu’employeur, j’ai essayé de recruter via Pôle emploi, et je me suis aperçu que les gens « normaux » trouvaient un travail assez vite quand ils commençaient à en chercher (certains prenaient une sorte de congés payés pour repeindre leur appartement avant de chercher). Et l’employé de Pôle emploi essayait, logiquement, de « « caser » les autres qui avaient de sacrés handicaps (quasi analphabétisme, grande passivité…) ou s’accrochaient à un statut. Par exemple « je suis agrégé d’italien, je ne veux pas d’un poste au SMIC » ou encore le fameux chômeur à qui Emmanuel Macron a dit de traverser la rue pour être serveur de restaurant, alors qu’il cherchait un poste de responsable des espaces verts dans une municipalité (d’après la presse quelques jours plus tard), ou encore « je suis une ancienne ouvrière, j’ai ma fierté, je ne veux pas aller dans un EHPAD torcher chez les vieux » (pour ces derniers, heureusement que des immigrés se dévouent… parce que s’occuper des vieux est une tradition chez eux, parce que le SMIC c’est déjà important et pour que les enfants bénéficient de l’école française moins imparfaite que chez eux)

          1. J’ai connu des gens bien plus vernis que vous, les cadres de certains grands groupes pouvaient partir dès 51 ans avec les trimestres validés comme jusqu’à 60 et dans le secteur bancaire, les pré-retraites vers 55 ans étaient monnaie courante. J’ajoutais qu’un dispositif de la réforme Fillon de 2003 permettait à des cadres de partir en retraite avec une pension complète dès 57/58 ans…

            Dans votre cas, j’imagine que votre maison était finie de rembourser depuis longtemps, que vos enfants étaient grands et c’était facile d’amasser des munitions si vous gériez sainement votre argent, pas comme mon crétin d’ex beau-frère sarkoziste fauché le 10 du mois…

            Quand aux EHPAD, c’est un des métiers les plus déprimants var c’est généralement les petits vieux gentils qui partent les premiers et les pires teignes qui durent le plus longtemps… J’avais une amie chef de service gériatrie dans un hôpital, c’était le Graal quand un de ses gars tenait plus de trois ans au poste, la moitié partant en dépression avant…

            En fait, il est des métiers qui sont pires que le chômage pour la santé mentale et la présence de travailleurs immigrés dans une profession est généralement le signe que le métier pue…

            Pour le reste, la recherche de statut est de rente fait partie intégrante de la culture bourgeoise française.

            Et vous devez faire avec ou bien vous en donner les moyens en instaurant un contrôle des naissances dans les milieux bourgeois.

            (et pour ma part je serais assez favorable à l’eugénisme car quand je vois des cas sociaux avoir des enfants en pensant juste aux allocations familiales…)

          2. Démographiquement et financièrement, vous avez raison : les préretraites ont été une catastrophe qui pèse lourd dans le coût des retraites aujourd’hui, et qui a pesé lourd économiquement avec le retrait de gens qualifiés de la vie économique. De même pour les départs entre 55 et 60 ans dans secteur public. Heureusement, l’interdiction du cumul emploi-retraite s’est assoupli. On devrait aller jusqu’à la liberté totale pour le plus grand bien des intéressés et de l’économie en général, donc niveau de vie

          3. Les pré-retraites étaient au départ une demande des entreprises car vers le milieu des années 70, les travailleurs manuels de la génération ayant reconstruit le pays étaient au bout du rouleau.

            Et le gros problème, c’est que les cadres se sont engouffrés dans la brèche et eux savaient tout à fait ce qu’ils faisaient car pour espérer durer dans une entreprise française à partir d’un certain niveau hiérarchique, il faut devenir aussi menteur qu’un politicien…

          4. Il est exact que ça été demandé par des entreprises, mais ça n’empêche pas que ce soit une erreur économique dramatique d’avoir mis ce système en place.
            Par ailleurs les entreprises « politiques » dont vous parlez sont très loin des PME et ETI dans lesquels j’ai travaillé ! J’ai été brièvement dans une très grande entreprise, et il y avait effectivement des phénomènes de cour. Ma conclusion a été qu’elle était mal gérée, et d’ailleurs elle a mal tourné.

          5. Qu’auriez-vous eu à proposer comme alternative aux pré-retraites? Gérer comme dans le film « L’âge de cristal? » ou passé un âge couperet, *couic*?

            Et c’est bien pour ça que les Français sont pressés de partir à la retraite car la gestion des entreprises française est souvent mauvaise, l’immigration étant souvent un expédient retardant la faillite car on importe sur notre sol des travailleurs et des consommateurs peu exigeants, et comme ça entretien le chômage, ça permet de capter des subventions et de vivoter aux crochets du système, le « quoiqu’il en coûte » ayant par ailleurs prolongé l’existence de bien des entreprises « zombies »

            J’ajouterais qu’il y a très peu d’ETI en France, elles sont souvent rachetées pour essayer de peser plus lourd, mais derrière, elles ne sont pas intégrées au nouvel ensemble d’où des organisations silotée complètement inefficaces, des salariés désemparés et pressés de partir en retraite avant que l’entreprise ne coule…

          6. Nous n’avons pas assez d’heures travaillées et les compétences sont rares, la préretraite est donc un gâchis. L’État ne doit pas s’en mêler et il faut laisser le face-à-face entreprise/salarié trouver des solutions individuelles : devenir consultant dans l’entreprise ou à l’extérieur, aménager les horaires et les salaires, passer d’un travail manuel éventuellement en 3×8 à un travail administratif. Il paraît que les DRH scandinaves le font
            Pourquoi cette idée bizarre que les immigrés sont moins qualifiés que les Français ? Le sommes – nous tant que ça ?

            À mon avis on remarque ceux qui traînent ou font des métiers de base (éboueurs, surveillance…) dont on a besoin, et on ne voit pas les autres qui ont des postes normaux. J’ai la déformation professionnelle de regarder les noms de famille, et il y en a à tous les niveaux. Comme disent certains Brésiliens : « ce n’est pas un noir, c’est un général »

            N’oublions pas que les Allemands ont bien intégré (je n’ai pas dit assimilé, voir mon article sur ce sujet) les Syriens, qui ne qui ne connaissaient même pas l’alphabet latin et étaient donc techniquement analphabètes. J’ai été bluffé par le pourcentage de ceux qui avaient un emploi.

          7. Des compétences, on en a à revendre, mais elles sont souvent confinées à des fonctions subalternes, comme dans l’armée française de 1940 où un Marc Bloch encore capitaine à 50 ans alors qu’il aurait sans doute été général dans l’armée allemande… Et ne parlons pas de De Gaulle, petit colonel promu général provisoire pour qu’il puisse prendre la place de son N+2 sans que ça fasse d’histoire… A mon avis, dans l’armée allemande, un officier de ce calibre aurait été AU MOINS général de corps d’armée…

            En fait, bien des entreprises françaises actuelles, vous prenez une entreprise allemande ou scandinave, mais pour faire des profits faciles et rapides, les actionnaires débarquent le PDG pour le remplacer par le contrôleur de gestion, trop content d’être promu à ce poste et appliquant de manière zélée les consignes des actionnaires…

            Et vous parlez de la reconversion de travailleurs manuels en administratifs, soit, mais que faites vous des administratifs purs et durs?

            Je pose la question car la plupart des jeunes faisant des études supérieurs aspirent à travailler dans la bureaucratie d’entreprise, mais, pas de bol, les fusions sont passées par là et si les boomers actionnaires rient, les salariés des services généraux de l’entreprise rachetée qui n’étaient pas mis en pré-retraite étaient généralement recasés dans des strates administratives créées à cet effet.

            C’était à ça que servait la décentralisation de Mitterrand car pour paraphraser Chirac, un administratif, c’est fait pour administrer et ce dernier avait un jour pour remettre à sa place Sarkozy formulé une saillie résumant à elle seule le management à la française :

            JE décide et IL exécute

          8. Les entreprises bâties sur ce modèle vont disparaître et seront remplacées par des entreprises où les gens s’épanouissent davantage. Par contre ce modèle va perdurer dans l’administration, et je vois les deux mondes s’opposer de plus en plus

          9. Vous avez tout à fait raison, ce genre d’entreprises devraient disparaître, mais en France, elles survivent en multipliant les coups tordus et l’Etat laisse faire car les dirigeants ont souvent fait les mêmes écoles que la classe politique.

            Et il se créé bien quelques emplois épanouissants, mais il y a un tel stock de chômeurs et de salariés frustrés en poste qu’un employeur publiant une offre est pilonné de candidatures, 300 à 500 dans la semaine…

          10. Plutôt de salariés frustrés, qui font parfois des caprices d’enfants gâtés, que de chômeurs : il n’en reste pas beaucoup en état de reprise d’un travail, foi d’ancien employeur

          11. Le capitalisme de connivence existe partout, mais moins en France qu’en Chine et en Russie. Une entreprise mal gérée finit par disparaître, voir la Générale des Eaux malgré la connivence entre polytechniciens. Il est vrai que sont les énarques qui l’ont achevée, mais ils avaient aussi des relais au pouvoir
            Je suis un peu étonné par votre affirmation selon laquelle un employeur reçoit 300 à 500 offres d’emploi par semaine. Avez-vous une source ? Ça ne correspond pas du tout à mon expérience d’employeur. Il y a aussi des candidatures fantaisistes vécues, par exemple un analphabète candidatant pour être chauffeur de poids lourd

          12. Tout dépend du métier et du bassin d’emploi.

            Et dans les régions en déclin, les jeunes s’en vont et les profils que vous auriez eu envie de recruter sont généralement en poste et pas pressés de bouger car soit car ils ont de l’ancienneté et sont payés au dessus du prix du marché, soit car ils se sont retrouvés au chômage à mi-carrière et se sont reconvertis dans le secteur public.

            Vous évoquez la théorie du déversement d’Alfred Sauvy, le secteur public tend à devenir le déversoir final en attendant la retraite.

          13. Êtes-vous certains que l’arrivée dans le secteur public se fait dans la deuxième partie de la vie active ? Ce n’est pas ce que je constate autour de moi, mais ça ne prouve rien. Avez-vous une enquête solide le montrant ?

          14. Quand on compare la démographie du secteur privé et des trois fonctions publiques ainsi que l’évolution des effectifs dans le public, c’est l’évidence même.

            Concrètement, les saignées dans l’industrie sont suivies avec un temps de décalage d’une vague de recrutement dans la fonction publique territoriale où vous avez une majorité d’agents qu’on recrute au niveau CAP.

            Et pour pour tout vous dire, moins vous êtes qualifié, plus vous avez objectivement intérêt à devenir fonctionnaire car tant qu’à être au Smic à vie, autant avoir la sécurité de l’emploi!

          15. « Le capitalisme de connivence existe partout, mais moins en France qu’en Chine et en Russie. »

            Quand je compare la France avec d’autres pays, je compare avec des pays analogues, comme l’Allemagne, l’Italie et le Royaume Uni. La Russie vit de la rente pétrolière et les dirigeants Chinois n’ont pas le soucis de se faire réélire et ça donne les coudées franches pour mener des politiques volontaristes.

            « Je suis un peu étonné par votre affirmation selon laquelle un employeur reçoit 300 à 500 offres d’emploi par semaine. Avez-vous une source ? »

            J’avais vu il y a peu le témoignage d’un ancien directeur de publication quand il cherchait des journalistes et il était tombé du haut de l’Himalaya en quittant son poste et en devenant restaurateur.

            Et ça concorde avec le témoignage en off de l’employé du service RH d’un grand magasin et ça peut arriver dans l’informatique et dans le conseil en période de crise car au fond, c’est comme la politique, voyez l’âge des politiciens, quand les places sont bonnes, les gens ne sont pas pressés de partir!

          16. Le phénomène des 300 candidatures en une semaine n’est pas spécifique au journalisme, il peut se produire dans certains métiers où l’activité est très volatile, en particulier le conseil car contrairement à une idée reçue, les consultants des cabinets de conseil ne servent pas à éteindre le feu dans un contexte de crise, mais à rassurer les dirigeants quand tout va bien et parfois de fuir leurs responsabilité pour des décisions au mieux discutables, au pire relevant de la prise illégale d’intérêt pure et simple.

  8. Pour ma part, je suis même un peu révolté (mais aussi attristé) d’entendre des syndicalistes ou des Politiques, nous parler de « souffrance au travail » aujourd’hui, quand non voit les dispositions réglementaires qui existent en France pour que les citoyens travaillent le moins possible et le plus facilement possible. Nous sommes vraiment dans un tournant inquiétant, sur le plan anthropologique voire psychanalytique, de notre pays. Les Français semblent être devenus de grands enfants qui attendent encore que leur maman leur apporte de quoi manger, un itinéraire pour aller se promener, et un programme pour aller se divertir. C’est affligeant. C’est une des raisons qui m’incitent à penser qu’il faut qu’on sorte de la démocratie parlementaire (avec des Députés qui jouent les mamans, mais des mamans infantiles et parfois ignares) et qu’on fasse grandir les Français gamins en leur donnant la responsabilité de leur vie, grâce à leur vote direct des textes de lois. Comme ça, s’ils ne sont pas contents, ils iront manifester devant leur miroir.
    Effectivement, la Suisse devrait nous inspirer, et l’esprit de responsabilité collective des Allemands aussi. Mais en France, on n’aime pas les Suisses, ni les Américains, ni les Allemands, etc. On n’aime que son nombril.

    1. Je suis assez d’accord, et notamment choqué par le terme « la souffrance au travail ». Les exemples que l’on donne me paraissent excessifs. Et puis si un travail est vraiment épouvantable, on en change. Beaucoup de quadragénaires ont quitté des emplois sans grand sens pour devenir des travailleurs indépendants, voire manuels. Certains ont réussi, d’autres se sont aperçus que l’ancien poste n’avait pas que des défauts.

      1. Le gros problème, c’est que le marché de l’emploi tend à devenir comme celui de l’Espagne ou de l’Italie où les bons emplois sont hors d’atteinte à moins d’avoir un piston et c’est triste de faire Centrale ou les Mines si c’est pour finir serveur chez McDo…

        1. Voir ma réponse à une question analogue. Je rajouterai qu’il n’y a pas de honte à être serveur chez McDo, et que si on a un peu de ressort on continue à chercher pendant ce temps-là soit un emploi soit des clients pour devenir auto entrepreneur.

          1. Ce n’est pas rare que ce genre de personnel soit pointé du doigt par des bourgeoises méprisantes lâchant bien fort « Regardez les enfants, voilà comment vous finirez si vous ne travaillez pas à l’école! ».

            Ce n’est pas récent, les élites françaises ont toujours baigné dans une culture du mépris du peuple, d’où la course à l’échalote, d’autant plus que pour soutenir la natalité que vous appelez de vos voeux, on a rendu les études supérieures gratuites et la moitié de la classe d’âge 25/29 ans est titulaire d’un Bac+2.

            Et le fonds de commerce de Mélenchon est de jouer sur la frustration des diplômés sous-employés et saignés à blanc par la bulle immobilière car là où il y a du travail, il faut généralement au moins deux smics pour louer un studio dans le parc privé.

            (et les HLM, n’y pensez pas, il y a généralement 10 ans de liste d’attente)

          2. Je ne suis pas certain de votre raisonnement, par exemple la gratuité de l’enseignement supérieur est plutôt égalitariste et de gauche, alors que le natalisme est plutôt de droite, la gauche le soupçonnant d’être militariste et d’avoir comme objectif caché le maintien des femmes à la maison.
            Heureusement les mentalités évoluent, notamment parce que les hommes sont plus actifs « à la maison » et avec les bébés. Ils sont beaucoup plus ouverts à la carrière de leurs femmes. Je ne vais pas plus loin pour rester dans le sujet.

            Le prix du logement en centre de grandes villes est un phénomène mondial. Une de ses causes à Paris est que l’on n’a pas le droit de remplacer l’haussmannien par des gratte-ciels. C’est une des raisons du succès touristique de Paris.Les HLM aggravent la ségrégation sociale etc. Avez-vous une solution ?

            Heureusement, les travaux du « Grand Paris » avancent et vont rendre plus confortable la vie en banlieue.

            Bref, en économie les causes et les conséquences s’enchevêtrent, les réglementations « de bonne intention » ont l’effet pervers de compliquer et ralentir son bon fonctionnement, ce qui nuit au niveau de vie ! Il est plus simple et plus efficace de ne rien faire mais on demande néanmoins aux élus « de faire quelque chose ».

          3. Les HLM ne sont pas forcément une bonne solution, parce qu’ils aggravent la ségrégation sociale et facilitent les dérives notamment en matière de drogue.
            Une des raisons de la cherté de Paris est que l’on n’a pas le droit de remplacer l’haussmannien par des gratte-ciels. Cela se superpose au phénomène mondial de la flambée des prix en centre-ville. Heureusement les travaux du Grand Paris qui sont en gros à mi-chemin vont permettre de mieux vivre en banlieue (je connais bien la banlieue est, et on n’y vit pas si mal dans beaucoup d’endroits). Voir le succès de la ligne 14.
            Quant aux élites politiques françaises, elles sont largement de gauche et ne connaissent rien à la cause principale du développement qui est l’entreprise. Ce qui explique notre retard économique.
            Enfin sur le plan démographique, la gratuité l’enseignement supérieur est « de gauche », alors que la gauche est anti nataliste, soupçonnant les natalistes d’être de droite pour des raisons de militarisation et de maintien des femmes à la maison.
            Ce dernier argument me paraît complètement dépassé

          4. Les écologistes sont malthusiens et c’est cohérent avec leur idéologie, mais le reste de la gauche est nataliste, pas tant par conviction que pour noyer le centre droit.

            Et ce n’est pas du complot, voilà les données chiffrées de l’élection reine, à savoir le premier tour des présidentielles.

            2007 : Sarkozy + Bayrou = 18 millions de voix (50%)
            2012 : Sarkozy + Bayrou = 13 millions de voix (36%) (1)
            2017 : Fillon + Macron = 15 millions de voix (44%) (2)
            2022 : Macron + Pécresse = 11 millions de voix (33%)
            2024 : Attal + LR = 9,5 millions de voix (30%) (3)

            (1) la perte du AAA de la France a contraint Sarkozy à revenir sur des niches fiscales accordées à son électorat et celui-ci étant du genre rancunier, il a pris un malin plaisir à lui infliger la pire des humiliations : le laisser se faire battre par Flamby.

            (2) la remontée n’est qu’en trompe l’oeil car le le PS était fracturé à 50/50 entre les Macron-Compatible et les Mélenchon-compatibles

            (3) Je me suis permis de rajouter les législatives de 2024 car le taux de participation était proche de celui de la présidentielle de 2022 et aussi et surtout, il faut remonter à la dissolution ratée de 1997 pour retrouver un taux comparable.

            Le score est d’autant plus cruel que le RN et la gauche sont traditionnellement très désavantagés aux législatives.

            Macron se vantait d’avoir jeté une grenade dégoupillée dans les jambes de l’opposition mais il avait en fait jeté la goupille!

          5. Tout le monde est d’accord pour dire que la dissolution était une mauvaise décision. Mais il y a des problèmes réels à traiter. Et ce que je vois des proclamations va plutôt les aggraver

          6. Et quand j’évoquais les HLM, c’est parce que les prix de l’immobilier sont complètement déconnectés des fondamentaux économique.

            Sur la durée, les prix immobilier sont cycliques, un cycle dure une quinzaine d’années et pour plaire aux boomers souvent multi-propriétaires, les partis « de gouvernement » n’ont eu de cesse de prolonger indéfiniment la jambe de hausse du dernier cycle initiée vers la fin des années 90. Les prix piquent du nez? Vite! Une nouvelle niche fiscale!

            J’ajouterais que la rente immobilière constitue une valeur profonde de la droite française, les électeurs de la droite classique travaillant majoritairement autour des transactions immobilières (agents immobilier, promoteurs, patrons du BTP, banquiers, notaire) tout ce joli monde ayant fait une fête à tout casser entre 2000 et 2021, mais la fête est finie, l’argent gratuit des banques centrales a disparu et faute d’argent, le gouvernement est en train de tailler dans les niches…

            ET une niche particulièrement détestable est celle sur la location de meublés touristiques car en plus d’exercer une concurrence déloyale vis à vis des hôteliers, elle a entraîné une quasi-disparition de l’offre locative classique dans les quartiers entiers de Paris, ce qui est en train de vider la ville.

            La brave Anne Hidalgo se bagarre, mais ses initiatives sont jusque là systématiquement torpillées par le pouvoir macroniste pensant aux prochaines élections.

            Et bien entendu, tout cela apporte de l’eau au moulin de LFI, ce n’est pas un hasard si LFI est le parti préféré des jeunes cadres, ils voient bien le manège et le vote LFI est le seul moyen d’essayer de renverser la table sans risquer de se faire éborgner par la police…

          7. la création monétaire qui permet les emprunts qui font monter les prix des raretés que sont les centres villes des métropoles qui marchent, en opposition avec tous ces « maisons » dont la valeur chute dans les territoires qui se dépeuplent. Création monétaire et métropolisation.

          8. La raison de la montée des prix de l’immobilier, c’est que depuis le krach Internet, les banques centrales injectent toujours plus de liquidités.

            Et en France, la droite a tendance à verser de l’huile sur le feu avec des niches fiscales car la rente immobilière fait partie de son logiciel et la gauche en profite indirectement car l’inflation immobilière fait rentrer de l’argent dans les caisses des mairies (les fameux « frais de notaire »).

          9. « Tout le monde est d’accord pour dire que la dissolution était une mauvaise décision. Mais il y a des problèmes réels à traiter. Et ce que je vois des proclamations va plutôt les aggraver »

            Au delà de la dissolution, la série de chiffre visait à illustrer l’érosion démographique du bloc central malgré la surreprésentation croissante des retraités dans le corps électoral et ne parlons même pas des partis centristes.

            En 2025, l’électeur médian a 53 ans.

            Dit autrement un âge où l’électeur macroniste était souvent déjà en pré-retraite et ses petits enfants votent LFI pour lui faire poliment un bras d’honneur…

          10. « La création monétaire fait monter tous les prix. Et vous avez raison de dire que la pierre n’est pas forcément un bon placement »

            Non, car l’immigration + la mondialisation + le numérique + le toyotisme privent une part sans cesse croissante des salariés de tout pouvoir de négociation salariale, ce qui fait que l’argent de la création monétaire va se nicher dans le prix des actifs.

            Rajoutez par dessus les niches fiscales et les politiques solvabilisant artificiellement la demande, la vie a été belle pour votre génération et pour les intermédiaires dans l’immobilier pouvant se faire 10.000€ sur des affaires faciles bouclées en une journée car les retraités parisiens arrivent et mettent un demi-million d’euros sur la table…

            Mais la guerre en Ukraine est passée par là et l’inflation monétaire jusque là confinée dans la sphère financière a commencé à se déverser dans l’économie réelle, ce qui a fait monter l’inflation et les conditions de crédit sont revenues à ce qu’elles étaient vers 2000 et c’est maintenant la curée dans l’immobilier car la remontée des taux a fermé la porte aux nouveaux entrants alors que l’essentiel du parc est détenu par des septuagénaires.

            Et ce n’est pas un hasard si l’explosion des faillites concernent principalement l’immobilier car la grande fête des années 2000-2020 touche à sa fin et si l’Etat est contraint de plafonner les retraites, là ce sera la curée…

          11. P.S : Quand j’évoquais les retraités parisiens, c’est la raison de bien des offres d’emplois non-pourvues, les salaires provinciaux sont souvent voisins du Smic or sur le littoral, et en particulier dans le Pays Basque, les prix du logement sont devenus des prix parisiens.

            Et c’est pour ça qu’il y a des « coups de pouce » au Smic, ce n’est pas de la démagogie, c’est pour prévenir une substitution excessive des aides sociales aux salaires, ce qui a par ailleurs pour effet de déresponsabiliser tout le monde, salariés comme employeurs.

            David Cameron avait décidé le laissez-faire avec son idée débile de « big society », il a récolté en retour le Brexit…

          12. Ce dispositif, qu’on appelle à tort « aide aux entreprises », remplace effectivement les aides sociales par le SMIC. Mais c’est plutôt un progrès pour tout le monde !

          13. Pas vraiment car ça créé des trappes à Smic et un smicard du privé coûte plus cher à l’Etat qu’il ne rapporte, l’Etat paie les charges patronales à la place de l’employeur, l’IR à la place du salarié et comme le compte n’y est toujours pas, il faut compléter le salaire avec un IR négatif…

            Et tout ça est bien évidemment payé à crédit…

          14. C’est très difficile à dire car nous sommes dans une situation sans précédent, à savoir une dérive gérontocratique généralisée en Occident.

            Et la donne est encore plus bloquée en France car il faut composer avec une démographie entretenant le chômage de masse et une certaine incompatibilité culturelle entre une France catholique et une mondialisation d’inspiration protestante.

            Mais ça, à la limite, on connait et c’est prévisible, mais alors l’effondrement de l’éthique protestante aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, ça ça m’inquiète bien davantage, Trump me faisant penser à un chef de clan mafieux…

          15. Je suis en gros d’accord, sauf pour « la démographie française entretient un chômage de masse », car d’une part il n’y a pas de chômage de masse en France et d’autre part je ne vois pas le lien avec la démographie

          16. Il n’y a à première vue pas de chômage de masse car on trafique régulièrement les chiffres pour sortir quelques centaines de milliers de demandeurs d’emploi des chiffres.

            Mais si on reprend les critères du début des années 1990, on serait à 20%, l’alternance CDD-chômage au Smic étant devenue la norme dans de nombreux métiers, et c’est pour ça que les Français ne veulent plus les exercer, un Français qui est souvent un enfant de paysan se projette généralement sur au moins 20 ans et pas sur 6 mois et le réflexe est alors de se retourner vers la fonction publique offrant cette visibilité, pour acheter une maison, élever une famille…

            Et c’est pour ça qu’il y a tendance à dénigrer les fonctionnaires, les retraités rentrent en concurrence de plus en plus frontale avec eux pour l’accès à l’argent public (1) et ceux ayant préféré faire la fête qu’étudier à l’école sont jaloux car sur la durée, leur négligence leur vaut de se retrouver dans des emplois au rabais…

            (1) et il peut y avoir ce genre de rivalité dans les entreprises, le grand classique étant la guerre de tranchée entre la direction commerciale et la direction marketing pour la plus grosse part du budget « ventes ».

          17. Vous me faites penser à l’Afrique où il y a eu un phénomène analogue à celui que vous décrivez. Tout le monde visait le fonctionnariat jusqu’au jour où pour des raisons budgétaires, voire physiques (en Égypte on disait : « il n’y a plus 1 cm² de libre dans les bureaux »), ce recrutement s’est fermé et il y a eu un repli que je trouve très sain vers le privé et l’entreprenariat

          18. Vous comparez décidément beaucoup avec les pays d’Afrique!

            Pour ma part, je compare plutôt avec des pays européens, en particulier avec le Royaume Uni et l’Italie car la population est pratiquement la même, à ceci près que la démographie française est « à l’anglaise », des aspirations des jeunes « à l’allemande » et une culture économique est « à l’italienne ».

            Et forcément, avec un tel cocktail, le recrutement des fonctionnaires va bien au delà de la démagogie électorale, à ce stade, c’est l’assurance-vie de la classe dirigeante et de la classe moyenne supérieure.

            Le cocktail est d’autant plus explosif que l’exemplarité n’a jamais été le point fort de la bourgeoisie, ce que le Général avait fort bien résumé en une formule bien sentie :
            – Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes.
            – Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes.
            – Je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent.

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