Le 25 février, j’évoquais la Chine en 2025 : un pays marqué par la surveillance policière, la lassitude populaire et la crise démographique. Les droits de douane imposés par Donald Trump ne feront qu’ajouter une difficulté conjoncturelle au ralentissement déjà engagé de l’économie chinoise. Mais les causes déterminantes sont ailleurs : ses institutions et sa démographie.
Les causes profondes du ralentissement chinois
La crise démographique
La diminution actuelle de la population active est la conséquence de la politique de l’enfant unique , donc une donnée institutionnelle (régulation des naissances de 1979 à 2015).
Et la politique nataliste déployée depuis ne pourra y remédier au mieux que dans 20 ans… si elle réussit.
En effet, les efforts natalistes du gouvernement chinois, qui prône désormais 3 enfants par femme, semblent n’avoir aucun succès.
Pourquoi ?
La réaction des Chinois peut-être ainsi résumée : « Nous avons triché avec la politique de l’enfant unique, notamment par corruption. La preuve : notre fécondité est toujours restée très supérieure à 1 enfant par femme. Aujourd’hui, on nous demande d’avoir 3 enfants, nous ne comprenons pas bien ce changement de cap… mais nous sommes prêts à tricher le nouveau pour recevoir une prime à la naissance pour des enfants qui n’existeront pas… ».
Bien sûr, je ne peux pas m’appuyer sur des sources universitaires pour valider scientifiquement ces témoignages bien réels !
La faible demande interne
Une deuxième cause structurelle du ralentissement de la Chine, et qui n’est pas indépendante de crise démographique, est la faible demande interne, qui se traduit par la déflation.
Les financiers se bornent à constater le problème sans remonter aux causes profondes qui sont l’inquiétude de la population devant le vieillissement, inquiétude accentuée par la perte de leur épargne.
En effet cette épargne était placée dans des logements sur plan, qui n’ont jamais été terminés ou vendus… parce que les jeunes couples acquéreurs étaient moins nombreux : baisse du nombre de jeunes, mais aussi moindre d’intérêt pour le mariage.
Pourquoi ce manque d’intérêt ? Deux facteurs :
- Le régime a poussé les Chinoises à faire des études, donc une carrière, ce qui peut être mal vu dans les familles traditionnelles.
- La majorité sont des filles uniques et les parents peuvent craindre que cet appui pour leurs vieux jours ne bénéficie à la famille du mari.
Cela s’ajoute au déclassement d’une partie des jeunes Chinois qui n’ont pas un emploi correspondant à leurs diplômes.
D’une part l’activité dans le bâtiment s’effondre, d’autre part, on retrouve là les effets pervers du volontarisme tant vanté du gouvernement.
Ce volontarisme l’a amené à subventionner des infrastructures surdimensionnées et des percées technologiques à objectifs stratégiques, comme les voitures électriques, dont la majorité des constructeurs sont en faillite.
Et n’oublions pas que ce financement volontariste est allé non seulement aux entreprises, mais aussi à l’enseignement supérieur, d’où le surnombre des diplômés.
Absence de filets de sécurité
Par ailleurs, il n’y a pas de système de sécurité sociale à la française ni de retraite d’un niveau équivalent.
ET comme les Chinois ont moins d’enfants pour les soutenir pendant la vieillesse, ils freinent leur consommation afin d’économiser pour ce futur incertain et pouvoir compenser les pertes subies dans l’immobilier.
Pendant ce temps, les ressources de l’État partent dans des « subventions stratégiques », auxquelles on pourrait ajouter la montée en puissance de l’armée nationale, pour rivaliser avec les États-Unis et annexer Taiwan. Ce n’est pas ça qui incitera les Chinois à consommer plus.
Donc en résumé, plus que les taxes Trump, c’est la combinaison de la faiblesse démographique avec la nature du système politique qui explique le ralentissement actuel de l’économie chinoise.
Ces considérations illustrent et précisent mon article du 25 février que voici.
Où en est la Chine en 2025 ?
Le président XI fait face à de nombreux problèmes et tente de réagir. Lors du Covid, les excès du confinement, en sévérité comme en durée, ont ébranlé la confiance des Chinois. Le pouvoir a reculé et les jeunes manifestent partout leur mécontentement.
Il est peu connu qu’en Chine il y a toujours des milliers de manifestations tous les ans, qui se règlent par l’arrestation des meneurs et le limogeage de quelques responsables locaux, pour pouvoir dire que les protestations ont été entendues.
Les sujets de mécontentement
Le sujet principal, complètement tabou, est le mécontentement envers le régime politique.
Les individus sont encadrés de 1000 façons mais, parfois, un individu ou un groupe réussit pourtant à rompre cet encadrement.
Les usagers d’une autoroute ont ainsi pu voir une grande banderole « Mort au dictateur », accrochée à un pont et vue par suffisamment de gens pour que la nouvelle parvienne jusqu’à nous en Occident.
Propagande et contrôle idéologique
Le Parti communiste chinois utilise les médias pour marteler sa propagande par tous les canaux : la télévision, la radio, la presse écrite et Internet.
Il s’agit de promouvoir les valeurs du parti et renforcer l’unité nationale. En souvenir du petit livre rouge de Mao, il y a maintenant « les pensées du président Xi », auquel tout le monde est censé se référer.
Cette propagande gagne l’étranger, avec la multiplication de comptes fictifs promouvant le point de vue officiel chinois.
Surveillance technologique et censure de l’information
Le « Grand Firewall » filtre et contrôle l’accès à Internet. La messagerie WeChat (1,38 Mds d’utilisateurs) et toutes les autres plates-formes sont soumises à une censure stricte, qui élimine rapidement les contenus jugés sensibles.
Là aussi, cette censure s’étend aux comptes à l’étranger, notamment pour surveiller les appuis aux démocrates.
Ce contrôle touche également les productions culturelles populaires et, plus généralement, l’industrie du divertissement afin d’éviter toute influence occidentale.
Contrôle des déplacements et des activités quotidiennes
Les fonctionnaires, les enseignants et les employés d’entreprises publiques doivent remettre leurs passeports aux autorités compétentes, afin de limiter les voyages non autorisés.
Un dossier numérique note les déplacements internes et les achats.
La répression
Les individus critiques ou appartenant à des minorités ethniques et religieuses font l’objet de répressions sévères, tel récemment l’artiste Gao Zhen : La Chine emprisonne l’artiste contestataire Gao Zhen (Beaux Arts)
Leurs avocats disparaissent également.
Les minorités, tels les Ouïghours au Xinjiang, sont « rééduquées » et internées.
Les musulmans et les chrétiens sont particulièrement surveillés.
La pollution
L’air, l’eau et les aliments sont souvent très pollués. Les riches Chinois feraient venir leur nourriture de l’étranger.
Le mécontentement a été tel à Pékin, où il n’y avait pas eu de ciel bleu depuis des années, que les usines les plus proches ont été délocalisées, ce qui n’a fait que déplacer le problème.
La Chine est maintenant le principal pollueur mondial, non seulement chaque année, mais aussi en cumulé.
Le régime met l’accent sur l’énorme quantité de panneaux solaires et d’éoliennes installées, mais en 2024 la construction de nouvelles centrales électriques à charbon a atteint son plus haut niveau depuis près d’une décennie.
Le pays a maintenant construit 94,5 gigawatts de centrales à charbon, soit 93 % du total mondial.
L’objectif officiel reste néanmoins d’atteindre un pic d’émissions de carbone d’ici 2030.
Mais à quel niveau ?
Une longue liste de problèmes
Parallèlement à ces sujets de mécontentement, le gouvernement se heurte à des problèmes à mon avis très graves : démographie, écroulement de l’immobilier, décrochage des jeunes, retombées des subventions sur le Chinois de base.
Le pouvoir se rend compte qu’il est impuissant face à la chute de la fécondité (Lien), elle-même la cause principale de l’écroulement de l’immobilier : les investisseurs privés, acheteurs sur plan, ne trouvent pas d’acquéreurs finaux, parce qu’il y en a de moins en moins de jeunes couples pour occuper ces logements.
Le problème est aggravé parce que les acheteurs sur plan sont en général des adultes faisant une épargne de précaution pour leurs vieux jours, faute de système social. Leur ruine est un sujet supplémentaire de mécontentement.
Quant au décrochage des jeunes , il paraît assez naturel : ils ne veulent plus travailler neuf heures par jour six jours par semaine comme leurs parents ce qui était acceptable il y a une quarantaine d’années pour sortir de la misère et de la disette maoïste, ce qui est maintenant fait.
Enfin la politique industrielle est largement fondée sur des subventions permettant de conquérir les marchés étrangers (panneaux solaires, voitures électriques, acier …)
Or les subventions retombent forcément sur la masse des citoyens, par exemple en empêchant le financement d’un minimum de programmes sociaux. Un cynique pourrait dire que si les entreprises occidentales et leurs emplois sont menacés, le consommateur des mêmes pays devrait savourer le plaisir d’acheter du matériel largement aux frais des citoyens chinois de base
Le président a oublié les causes du développement
La Chine d’avant le président Xi a vu les étrangers s’implanter, les sous-traitants se développer et dépasser souvent le donneur d’ordre étranger.
Les échanges étaient devenus culturels, scientifiques, universitaires… et touristiques.
L’Occident a formé une génération de professeurs chinois de classe mondiale.
Le développement chinois vient donc de l’adoption du modèle occidental : liberté d’entreprendre pour les nationaux et les étrangers, savoir occidental managérial et technique, encore plus important que l’argent.
Ce développement chinois est aussi un « rattrapage », c’est-à-dire une phase de croissance rapide qui ramène un pays détruit à un niveau normal pour son époque, comme l’Allemagne de 1945 à 1955. En Chine le pays a été détruit par le maoïsme, et ses nouveaux dirigeants l’ont fait remonter rapidement à son niveau « normal » c’est-à-dire le niveau antérieur plus les progrès technologiques que le reste du monde à accumulé entre-temps (de 1949 à la fin du XXe siècle, ce qui est donc considérable). C’est un phénomène très vigoureux mais qui n’est pas éternel, contrairement à ce que l’orgueil national imagine.
Mais comme seul le PIB monétaire est mesuré, cela explique que les analystes financiers aient été en retard de quelques années sur les processus physiques et humains. Ils n’ont vu la fin de rattrapage chinois que depuis 2 ou 3 ans.
L’attractivité chinoise reposait d’abord sur la faiblesse des salaires pratiqués.
Ensuite, après la hausse des salaires, ce qui attira et attire toujours les entreprises occidentales, c’est le gigantesque marché intérieur chinois.
Ce dernier a également permis le développement de grands groupes nationaux, puis mondiaux (Tencent, Alibaba, Huawei, …)
Le retour à l’isolement
Les prédécesseurs du président Xi avaient donc parfaitement compris que le développement du pays venait de sa participation à la mondialisation, ce qui explique la croissance rapide, mais passée, du pays.
Le président actuel semble penser ne plus avoir besoin du reste du monde pour son développement et proclame qu’il provient de son système politique et notamment du rôle du Parti communiste.
Il s’est notamment inquiété de la réussite des grands groupes chinois et y a vu une menace à la toute-puissance du parti.
La « punition » de certains dirigeants et la limitation de leurs activités (jeux vidéo, enseignement privé à distance…) a suivi.
La rupture est aussi culturelle, avec le recul de l’enseignement de langues étrangères, et la quasi-disparition des films américains, tandis que le film hyper nationaliste, « La Bataille du Lac Changjin », a monopolisé les écrans.
Les cadres et étudiants chinois à l’étranger deviennent suspects du fait de « l’obligation d’espionnage » à laquelle sont soumis les Chinois, même de nationalité occidentale, tandis que le Parti Communiste Chinois craint la diffusion d’idées libérales au sein de sa future élite.
Pendant la pandémie, l’arrivée d’étrangers en Chine s’est beaucoup ralentie (mise en quarantaine etc.) et semble ne pas avoir retrouvé le niveau précédent depuis.
En parallèle, le monde prend conscience de sa dépendance envers la Chine.
Les entreprises internationales, chinoises compris, se développement maintenant ailleurs, redoutant le contrôle total des vies individuelles et professionnelles.
Ce redéploiement s’opère au bénéfice du Vietnam, de l’Indonésie et petit à petit, de l’Europe.
La réaction du pouvoir chinois
Le président Xi a essayé de renverser la baisse de la fécondité par des moyens de propagande et des incitations, mais sans succès.
Je ne connais d’ailleurs pas de gouvernement au monde qui ait réussi, sauf, dans une certaine mesure, la France de 1945 à 1973.
Le pouvoir a multiplié les aides financières au logement, sans succès car le problème n’est pas financier mais une conséquence de la baisse de fécondité.
Le président Xi s’aperçoit (enfin !) que les entreprises chinoises ont été le principal vecteur du développement, et que leur étouffement politique par le parti est le principal danger à terme.
Il a donc suscité une grande réunion pour honorer les principaux entrepreneurs. Pour en marquer psychologiquement l’importance, il a mis en scène la réhabilitation de Jack Ma.
Le Parisien : Le retour de Jack Ma, le milliardaire traqué par Xi Jinping… et réhabilité par Xi Jinping
Il pousse et encourage également les récents succès chinois en matière d’intelligence artificielle.
Les cadres locaux imposent aux entreprises, mais aussi aux particuliers, de se procurer et d’utiliser 2 IA, chinoises bien sûr : Deepseek, maintenant bien connue en Occident, et Doubao, lancée par la maison mère de TikTok, ByteDance.
À mon avis, si les succès dans ce domaine sont tout à fait impressionnants et si les ingénieurs chinois peuvent maîtriser le matériel et le logiciel, le problème de la nature des données va se poser : essayez d’avoir une analyse la situation politique de la Chine par Deepseek !
ll est vraisemblable que le pouvoir y voie un prolongement de la propagande par d’autres moyens…
Reste à espérer que la masse des Chinois se souvienne de la catastrophe qu’a été cette ère maoïste… Ils ont été rendus misérables, privés de liberté, massivement exécutés, violentés, décimés par la famine.
Vont-ils vraiment croire que le serrage de vis actuel les mène à la gloire et à la prospérité ?
D’après l’Occidental moyen, y compris les Chinois élevés en Occident, un tel régime ne peut pas tenir indéfiniment. Il s’effondrera le jour où une fraction des dirigeants (cadres du parti craignant la disgrâce, militaires frappés sans arrêt par des purges massives…) s’appuiera sur le peuple.
Pour les historiens professionnels ce n’est pas évident, l’histoire étant riche de régimes autoritaires ayant duré très longtemps.
Mise à jour au 11 décembre 2025
Depuis la parution de cet article, les exportations ont augmenté et la consommation diminué. La croissance se fait donc de plus en plus au détriment des Chinois :
- Les exportations sont en partie l’envoi à l’étranger de surplus, du fer à béton aux panneaux solaires ou voitures électriques
- Le vieillissement et une mauvaise couverture santé pèsent sur la consommation, d’autant que l’épargne est ruinée par la chute de l’immobilier, son principal vecteur
Cette image pessimiste me paraît nécessaire pour une vue complète de la Chine et pour équilibrer l’image, elle aussi réelle, d’une nation techniquement et politiquement conquérante
Yves Montenay
Crédit photo image à la Une : montage avec le président chinois Xi Jinping. (Source : Asia Nikkei)


J’ai bien peur que « la masse des chinois » ne se souvienne pas que l’ère maoïste a été catastrophique, ils sont soumis à une telle propagande interne que toute idée critique de l’œuvre de Mao leur est étrangère. Je connais très bien des chinois avec qui ce point ne saurait être un sujet de discussion : ils ont vécu la Révolution Culturelle, ils ont dû aller aux champs, ils ont été forcés d’occuper un emploi qui ne les intéressait pas parce-que « d’origine bourgeoise », pourtant ils ont de plutôt bons souvenirs de cette époque : les gens étaient plus solidaires, plus proches. Certes, ils n’avaient rien, mais ils n’avaient rien tous ensemble, ce qui était à leur yeux mieux que la société égoïste qui a surgi par la suite…
Je parle ici de chinois ayant entre 60 et 70 ans. Je ne sais pas trop ce qu’il en est chez les trentenaires.
Mes amis Chinois me disent qu’il y a un fort mécontentement, surtout chez les jeunes. Mais pour l’instant il n’y a aucun débouché à ce mécontentement.
Il est à noter que bien des libéraux, le plus souvent retraités proposent généralement d’infliger aux jeunes et aux fonctionnaires le traitement infligé aux intellectuels au temps de la Révolution Culturelle en vertu de la « valeur travail » ou du « vrai travail ».
Autant ça peut encore se comprendre de la bouche de vieux paysans arriérés généralement incapables de concevoir le travail autrement que manuel, autant cela relève de la malhonnêteté, voire de la perversion de la part d’ex-bureaucrates partis en retraite avant tout le monde il y a 20/25 ans.
C’est bien le genre à prendre la défense de Sarkozy dont on peut se demander si ce dernier n’aurait pas des fois fait abolir le délit de haute trahison pour éviter d’être un jour condamné à ce titre pour avoir fricoté avec le commanditaire de l’attentat du DC-10 d’UTA.
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J’ai grandi à la campagne et ce n’est pas rare que des vieux paysans lepénistes de la première heure prônent ouvertement à la création de milices (1) pour aller chercher de force « ces fainéants dans les bureaux », pour les envoyer en rééducation dans les champs dans les champs pour leur inculquer le « vrai travail ».
Et aux abois dans les derniers jours de la présidentielle de 2012, Sarkozy avait commencé à resservir cette l’antienne du « vrai travail » et là, c’en était trop pour les centristes qui sont sauté du train et on connait la suite.
(1) quand vous leurs faisiez remarquer que ce genre de milices avaient existé en Chine et qu’elles s’appelaient « Gardes Rouges », ils allaient dire que c’était encore un coup du B’nai B’rith ou des délires complotistes dans cette veine là.
« Je parle ici de chinois ayant entre 60 et 70 ans. Je ne sais pas trop ce qu’il en est chez les trentenaires. »
Les trentenaires sons sous-employés car la croissance à deux chiffres des années 2000 suffisait à peine à absorber les sureffectifs des usines obsolètes de l’époque maoïste et puis les usines modernes sont automatisées comme les usines européennes, d’où comme en France une fuite en avant dans les études d’ingénieur, mais comme l’emploi n’est pas là, il y a des reconversions dans la bureaucratie, mais l’emploi y est maintenant menacé par l’IA car un un ingénieur sera généralement tenté par le conseil, dont le gros des effectifs est constitué de juniors faisant du travail assez répétitif et, pas de bol, c’est ce travail là qui est le plus susceptible d’être remplacé par des IA.
Et c’était pour ça qu’on avait usé des pré-retraites, on avait sur les bras des tas de profils trop pointus et n’apportant aucune valeur ajoutée une fois sortis de leur champ d’expertise, quand ils ne détruisent pas carrément de la valeur en passant leur temps en réunion stériles, la fameuse « réunionite » française dont tout le monde se moque à l’étranger.
« Reste à espérer que la masse des Chinois se souvienne de la catastrophe qu’a été cette ère maoïste… Ils ont été rendus misérables, privés de liberté, massivement exécutés, violentés, décimés par la famine. »
L’essentiel de la population chinoise était déjà misérable avant Mao, ce qui explique que celui-ci aie pu s’emparer du pouvoir et le conserver.
Et la famine en Chine est principalement due à des politiques d’industrialisations fantaisistes couplées avec une politique ultra-nataliste car selon le Grand Timonier, « plus nombreux on sera, mieux l’ouvrage sera fait ».
Et c’était en réaction à cette politique que la Chine avait décrété la politique de l’Enfant Unique, pour soulager l’agriculture, mais aussi préparer le terrain à la restructuration des usines d’Etat complètement inefficaces de l’époque maoïste, la rupture entre la Chine Maoïste et l’Union Soviétique ayant entraîné un arrêt des transferts de technologie. C’est pour cette raison que l’armée chinoise a pendant des décennies aligné des copies sous licence de systèmes d’arme soviétiques dont la conception remonte aux années 50 dont certains sont toujours en service de nos jours.
Et pour le reste, la Chine est rattrapée par la situation qui était celle du Japon il y a 35 ans, à savoir que le Japon avait comme la Chine de Deng Xiao Ping utilisé la démographie comme variable d’ajustement pour engendrer des excédents commerciaux, largement recouru à de l’espionnage industriel pour rattraper le retard et puis étaient arrivées les « années casino » ayant conduit à la formation d’une gigantesque bulle dont le Japon ne s’est au fond jamais vraiment remis de l’éclatement au début des années 90.
Ça ne correspond pas à mon expérience d’employeur, ni de celle de mes proches qui ont recherché un emploi. La plupart des recrutements se faisaient par petites annonces ou par réseau personnel. Je suppose que c’était principalement les grandes entreprises qui passaient par pôle emploi.
Je ne comprends pas très bien votre commentaire, je faisais allusion au « dividende démographique » ayant permis à la Chine de restructurer des industries obsolètes sans faire exploser le chômage comme en France et plus encore dans l’Espagne post-franquiste passée en 10 ans du quasi-plein emploi à un taux de chômage de l’ordre de 25%
Attention, vous semblez penser que le chômage est une conséquence de la démographie (classe nombreuses = chômeurs), alors que c’est un phénomène indépendant dont les raisons sont économiques au sens large, comprenant notamment la qualité de la formation. Ou alors votre commentaire n’est pas clair.
Pour moi les deux sont liés alors que vous, vous avez tendance à tout séparer…
Même chose avec votre obsession sur le volume de travail alors que le concept même du toyotisme, c’est la chasse au travail inutile!
La réponse est dans mon prochain article sur le prix Nobel d’économie
Les chinois refusant les 9 heures par jour cela s’est observe en effet mais recemment on constate bcp d’entreprises qui font le retour du 996 (9h 21h 6jours par semaine) voir plus…pour rester a flot. Cela n’aidera pas la fecondite me direz vous…
Oui, et quand on a vu en France des entreprises augmentant le temps de travail pour rester à flot, c’est en général que la fin est proche et il n’y a que le patronat et la droite française pour penser que c’est une « renaissance », le patronat car il est arriéré et la droite car ça ne lui coûte rien, son électorat étant principalement constitué d’inactifs retraités et de prébendiers du secteur privé protégé…
« Le patronat » ça n’existe pas. Il y a des bons et des mauvais patrons, et les mauvais coulent leur entreprise. En principe il ne devrait donc rester que les bons, mais de nouveaux mauvais apparaissent, par exemple à l’occasion de succession ou de prise de contrôle
En théorie, mais dans la pratique, des tas de mauvais restent dans la place car;
1. le déficit budgétaire depuis VGE gonfle artificiellement le marché
2. il y a des connivences avec l’Etat et/ou les élus locaux
3. le chômage de masse permet de gérer impunément les RH comme de la chair à canon
4. le même chômage de masse permet d’obtenir de l’Etat des expédients indus
5. l’UE permet de remplacer des Français par des travailleurs détachés plus dociles et moins chers
6. la longue séquence de baisse des taux permettait de faire du credit-revolving
7. Macron a copieusement arrosé avec son « quoi qu’il en coûte »
En réponse à o.
Pour les six premiers ; je comprends pas bien
pour le septième, c’est très clair : à l’époque je vous avais fait l’article disant « on aura l’inflation et la dette puisqu’on produit moins et qu’on consommera autantl. Je crois que Macron en était tout à fait conscient mais qu’il pensait que ce serait moins douloureux que Le chômage et les privations. Il aurait mieux valu expliquer clairement qu’on pourrait pas avoir à le maintien de niveau de vie en produisant moins
Alors je n’avais pas vu cette réponse, alors pour la faire courte, c’est *précisément* au nom de la lutte contre l’inflation qu’on a laissé la France se désindustrialiser avec la bénédiction de nos libéraux franchouillards encore bloqués dans les schéma mentaux des physiocrates du 18e.
Et c’est pour ça qu’en France, on se méfie des libéraux car l’idéal de société de ces libéraux-là, c’est justement la Chine de Xi Jinping…
Merci pour cet article très intéressant
Le vieillissement de la population est un gros problème pour les pays « humanistes » comme les nôtres qui ne veulent pas abandonner leurs vieux. Dans les pays moins soucieux d’humanisme, on peut penser que les dirigeants auront moins de scrupules à considérer que le soin quoi qu’il en coûte n’est pas une priorité. Si le ratio vieux/jeunes devient trop défavorable en Chine, il me semble vraisemblable que la Chine ne consacrera pas une trop grande proportion de ses moyens (notamment la main d’œuvre jeune) au bien être des personnes âgées. Et elle utilisera sans doute de plus en plus les ressources de la robotisation pour économiser la main d’œuvre consacrée aux soins.
Les vieux sont un boulet pour une société humaniste, je crains qu’une société totalitaire et oligarchique n’hésitera pas à traiter le problème sans gants.
Et pour ne pas être totalement pessimiste, on peut aussi penser que la Chine est dans un état transitoire et qu’elle pourra s’adoucir à l’avenir. Si elle conserve en même temps une priorité pour la technique (ingénieurs et techniciens), elle peut déboucher sur un modèle acceptable. Sans doute pas aussi humaniste que l’Europe mais faire mieux que les USA n’est pas impossible et faire mieux que les pays africains ou islamistes est plus que vraisemblable.
J’ai conclu mon livre sur les retraites par la parabole suivante : « un jour, le président chinois convoquera tous les citoyens devant la télévision pour dire aux plus de 75 ans de sauter par la fenêtre dans l’intérêt national »
Face à cette mauvaise situation interne, la bureaucratique fasciste chinoise sera tentée par la solution habituelle, pour ce type de pouvoirs: la guerre. Envahir Taïwan aura de multiples avantages (je me mets à la place du dictateur)
1) D’abord, personne au monde n’osera contester cette agression si, de surcroît, la capture sanglante par Poutine de territoires ukrainiens est validée au plan international.
2) La population chinoise sera mobilisée contre « l’agression » taïwanaise (argument mensonger qui marche bien, en ce moment, en Russie )
3) Ce sera l’occasion de récupérer l’intégralité de l’Indopacifique (Méditerranée Asiatique) et d’ajouter quelques Etats déjà bien infiltrés par l’armée chinoise: le Laos et le Cambodge. La crise démographique chinoise sera un peu atténuée….