A part ma génération, retraitée et en voie de disparition, la plupart des Français se désintéressent de l’Algérie et en ignorent largement l’histoire et la situation politico-économique.
Au contraire, en Algérie, l’histoire est sans cesse rappelée : principalement la période coloniale française par le pouvoir, mais aussi une mémoire plus ancienne pour les Berbères ou les Algériens cultivés.
Depuis quelques mois, les initiatives algériennes se sont multipliées, et sont considérées comme des provocations gratuites de la part de nombreux Français. Certains partis politiques français publient des articles « en riposte », ce qui semble être le but recherché par le gouvernement algérien pour les relations s’enveniment encore davantage.
L’objet de cet article (rédigé le 5 septembre, et réactualisé en décembre 2025), est de rappeler les grandes lignes de l’histoire qui est utilisée pour nourrir la crise actuelle des relations franco-algériennes et algéro–marocaines, les deux étant liées par le gouvernement algérien.
Commençons par l’accumulation des différentes mémoires de part et d’autre.
La mémoire berbère
Les Berbères, dans leur langue « les hommes libres », sont le peuple d’origine de l’Algérie, ou plus exactement du Maghreb, car le terme d’Algérie date de la colonisation française.
Il est probable que la grande majorité les Algériens descendent des Berbères, mais le clivage aujourd’hui est entre les arabophones et les berbérophones, ou plus généralement ceux qui « se sentent Berbères » même s’ils ont perdu l’usage de la langue.
Les Berbères ont eu leur période de gloire à l’époque romaine. Le Maghreb, alors nommé « Africa« était le grenier à blé de Rome.
Des cités comme Timgad, Tipasa ou Djemila témoignent encore de cette romanisation et du développement économique de la future Algérie. La population se christianise et génère la grande figure de Saint-Augustin, un des piliers du christianisme.
Mais la suite de l’histoire rappelle la ruine du pays par la tribu germanique des Vandales. Puis l’invasion arabe et l’exécution de la reine berbère Kahina, après sa victoire provisoire sur les Arabes vers 698. Suivront les ravages des nomades arabes, dont les Béni Hilal au XIè et XIIè siècles.
Jusqu’au XIXe siècle, la stagnation
La culture arabe, imprégnée des auteurs grecs et perses, est écartée par la première réaction islamiste, qui touche l’ensemble du monde musulman, et va freiner toute reprise intellectuelle et économique.
À partir du XVIᵉ siècle, la côte algérienne passe sous domination ottomane.
Cette « régence d’Alger », jouit d’une large autonomie par rapport à Istanbul et ne contrôle pas l’arrière-pays actuel. Seules les tribus relativement proches de la côte sont sous son influence et lui versent un impôt en échange d’une quasi-indépendance.
La relative richesse des ports repose alors sur les corsaires, et leurs prises de marchandises et de prisonniers européens revendus comme esclaves. C’est l’époque des « Barbaresques », terreur des habitants de la rive nord de la Méditerranée, ce qui pèsera longtemps sur l’image des Maghrébins.
Un deuxième courant d’approvisionnement en esclaves se fait à travers le Sahara, dont la bordure sud s’islamisme peu à peu, comme en témoignent les villes de Tombouctou au Mali et de Kano au Nigéria
L’histoire bascule avec l’arrivée des Français.
La conquête et la colonisation française
En 1830, le roi Charles X envoie les forces françaises à Alger probablement pour éloigner une armée restée bonapartiste. La conquête fut progressive et sanglante.
La lutte d’Abdelkader contre les Français, de 1839 (date de sa dissidence) à 1847 (date de sa capture), est célébrée dans la mémoire officielle algérienne, en oubliant la première phase de sa vie au service des Français, puis la cause de sa rupture avec eux : la revendication d’un royaume à cheval sur l’Algérie et le Maroc.
Napoléon III le libéra en 1852 de sa prison française et le décora pour sa défense des chrétiens d’Orient en 1860.
Napoléon III lança également une offre de la nationalité française aux juifs d’Algérie officialisée quelques jours après sa chute (décret Crémieux, octobre 1870). Cette offre fut rejetée par la quasi-totalité des musulmans, le droit français étant considéré comme contraire à l’islam.
Parallèlement la plupart des Européens, à l’origine espagnols, siciliens, maltais…, acquirent également la nationalité française.
L’industrialisation, les infrastructures modernes et l’enseignement se développèrent, mais souvent au profit des Européens, parfois en cachette de Paris, dont l’universalisme était étranger au communautarisme des Pieds-noirs, en grande majorité méditerranéens, et à celui des musulmans.
Au XXᵉ siècle, les musulmans participèrent aux deux guerres mondiales dans l’armée française, mais leurs revendications d’égalité (notamment via le plan Blum-Violette dans les années 1930) furent ignorées.
La répression sanglante de Sétif en mai 1945 radicalisa les nationalistes qui déclenchèrent l’insurrection en 1954.
La guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, fut marquée des deux côtés par de multiples brutalités. Elle fit probablement 300.000 morts. Je n’entre pas ici dans les querelles « qui tua qui et combien ? » et signale seulement que circulent des chiffres fantaisistes qui attribuent notamment la totalité des décès aux armées françaises, ce qui est totalement contraire à mon suivi au jour le jour du conflit.
La guerre s’acheva par 2 référendums organisés par de Gaulle, qui menèrent à l’indépendance en 1962.
Aujourd’hui, l’héritage politique principal de la colonisation française concerne les frontières actuelles.
Une simple carte montre en effet que les Français ont annexé à la côte méditerranéenne d’énormes surfaces sahariennes à la grande vexation des pays environnants.
L’Algérie a habilement manœuvré pour faire reconnaître « les frontières coloniales africaines, car même si elles sont arbitraires, il faut éviter un nombre infini de guerres ».
L’Algérie indépendante : socialisme, islamisme et régime militaire
À l’indépendance, l’« armée des frontières » qui ne s’était pas battue et manquait de légitimité porta le FLN, parti unique, au pouvoir.
Le socialisme fut proclamé, marqué par la nationalisation des terres et des entreprises, souvent françaises, notamment dans le pétrole.
L’Algérie se posa en leader du tiers-monde, proche de Moscou et néanmoins moteur du Mouvement des non-alignés, qui visait à regrouper les États qui ne se considéraient comme alignés ni sur le bloc de l’Est ni sur le bloc de l’Ouest.
Les émeutes d’octobre 1988 forcent le pouvoir à introduire le pluripartisme.
En 1991, les islamistes remportent le premier tour des législatives. L’armée interdit le deuxième tour, déclenchant une guerre civile sanglante, la « décennie noire », qui fit environ 200.000 morts, principalement civils, dans les années 1990.
Son évocation est censurée aujourd’hui, à la suite d’une loi d’amnistie.
Réélu à plusieurs reprises lors d’élections bien organisées, le président Bouteflika, ancien lieutenant de l’armée des frontières, gouverna jusqu’à sa chute en 2019, entraînée par pression des manifestations du « Hirak ».
Depuis, le régime se maintient, mais le fossé avec la jeunesse et une grande partie de l’élite intellectuelle reste profond, ce qui alimente l’émigration. Cette dernière avait commencé pendant la guerre d’indépendance, notamment de la part de musulmans craignant la violence du FLN.
Essai de bilan économique
L’Algérie est passée par un point bas dans les années 1990. Elle a dû demander le secours du FMI, qui n’a été accordé qu’en échange d’une renonciation au socialisme.
L’agriculture a redémarré, mais le pétrole est resté entre les mains de la société nationale.
En 2024, le PIB de l’Algérie est voisin de 274 milliards de $ (+3,8 %) soit 18 000$ (parité de pouvoir d’achat) par personne contre 10 000$ au Maroc et 44 000$ en Turquie qui n’ont pas de ressources pétrolières. Sans ces dernières, il est probable que le niveau de vie algérien tomberait en dessous du niveau marocain.
J’ai choisi ces deux pays, que je qualifie dans mon esprit de « moyennement sérieux », le premier parce que sa population est comparable culturellement à celle de l’Algérie, et la Turquie parce que c’est un pays musulman qui s’est largement occidentalisé (voir dans l’article signalé le passage sur Atatürk)
Ces deux pays, et particulièrement la Turquie, progressent plus rapidement que l’Algérie, à mon avis parce qu’ils construisent peu à peu une solide base industrielle et de services, par opposition à l’économie de rente algérienne. Vu des cercles au pouvoir, il est plus simple de profiter de la rente que de s’ouvrir sur l’étranger comme l’ont fait ces deux pays.
C’est également moins risqué politiquement, les entreprises occidentales transmettant des traditions « différentes ».
À cela s’ajoute un certain gaspillage, le plus connu étant l’industrie sidérurgique lancée après l’indépendance. Un ministre algérien alors retraité m’a dit : « Nous avons de l’argent, nous pouvons nous permettre des erreurs alors que le Maroc ne le peut pas ».
En effet, les hydrocarbures, qui ne demandent qu’une main-d’œuvre restreinte et en partie étrangère, représentent près de 90 % des exportations et plus de la moitié des recettes publiques.
On comprend que les variations des cours du pétrole (qui influent sur ceux du gaz) sont très importantes pour les finances algériennes.
On voit clairement sur ce graphique le creux correspondant aux émeutes de 1988, puis l’appel au secours au FMI vers 1994, le renflouement grâce à la hausse des cours autour de 2010, les difficultés de 2015-2020.
Le graphique ci-dessus donne les variations à long terme. Mais à court terme les cours sont autour de 60 € actuellement, alors que 80 à 120€ seraient nécessaires (ces chiffres varient beaucoup selon les sources, notamment si l’on considère les recettes de l’Etat ou la balance commerciale).
Déjà en 2024, le budget était déficitaire (14% du PIB ). Les réserves de change étaient alors de 14 mois d’importations. Or la situation s’est aggravée depuis.
Par contre, le PIB hors hydrocarbures a progressé de 4,8 %, stimulé par la consommation intérieure et les investissements publics, qui ne pourront pas forcément se maintenir, du fait de la diminution des ressources de l’État.
Les services pèsent environ 45% du PIB, contre 38% pour l’industrie et 13% pour l’agriculture.
Presque tous les secteurs non pétroliers ont progressé de 4 à 5% en 2024. L’agriculture a alors bénéficié de bonnes récoltes céréalières et maraîchères.
Environ 75% des besoins alimentaires sont couverts et l’agroalimentaire est la deuxième branche industrielle avec 45% de la production industrielle.
Les chambres de commerce se plaignent de la bureaucratie, de la corruption et du découragement des investisseurs étrangers. Pour attirer ces derniers, l’Algérie a renoncé à l’obligation de 51 % du capital entre des mains algériennes.
La politique linguistique : arabisation, chasse au français et montée de l’anglais
L’Algérie, comme ses voisins maghrébins, a mené depuis 50 ans une politique d’arabisation visant à réduire l’influence du français et, sans le dire, des langues berbères.
Ces dernières ont toutefois été promues récemment langues officielles, comme au Maroc. Mais les mesures concrètes, comme la formation des instituteurs à ces langues, sont difficiles à documenter.
Plus récemment, il y a eu une pression accrue sur le français qui est notamment resté partiellement une langue administrative et de l’enseignement supérieur. Et celle des nombreuses familles (une fraction importante de la population) ayant des proches en pays francophone.
La décision la plus récente est celle des factures de téléphone qui seraient passées du français à l’anglais.
Officiellement, la raison est que le français est une « langue coloniale ». Mais presque toutes les langues sont coloniales, et notamment l’arabe en Algérie ou l’anglais un peu partout.
La vraie question me paraît être : « le français est-il une langue africaine ? »
Pour des pays comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou le Gabon, c’est une évidence.
Pour une grande partie de la bourgeoisie algérienne et plus généralement maghrébine, c’est « leur » langue ou l’une d’entre elles. C’est également le cas au Maroc et en Tunisie, où la question est beaucoup moins passionnelle.
Les Franco-algériens intéressés par cette question me répondent en général : « bien sûr que le français est une des langues algériennes mais la volonté de notre gouvernement est de provoquer la France pour l’énerver, afin de lui permettre de se poser en « défenseur de la nation » : il faut exciter le nationalisme et se trouver un ennemi pour durer. »
De plus, ils soulignent que la littérature algérienne est largement en français, et que c’est la langue de contact avec la diaspora de plus de 6 millions de personnes, en France, en Belgique, au Québec et ailleurs.
Pour l’instant, le français reste dominant dans l’enseignement supérieur des sciences et des affaires.
Ces dernières années, une nouvelle orientation s’affirme : la promotion de l’anglais comme « langue de modernité et de science ». Les autorités présentent ce choix comme une manière de s’ouvrir au monde et de réduire la dépendance culturelle vis-à-vis de la France. J’ai été témoin d’une évolution analogue au Liban, où l’on voit maintenant d’excellents francophones qualifiés être obligés de bafouiller en anglais.
En 2022, l’anglais a été introduit dès le primaire, et plusieurs universités expérimentent des cursus en anglais dans les filières scientifiques et technologiques.
Cette évolution reste controversée
Si une partie de la jeunesse adhère à l’anglais comme vecteur de mobilité internationale, d’autres dénoncent une politique idéologique menée au détriment d’un bilinguisme fonctionnel franco-arabe.
Le paradoxe est que le français demeure très utilisé dans la vie quotidienne, les médias et la diaspora, même si le discours officiel tend à le marginaliser.
Lorsque je participe à des discussions sur ce sujet, je dis que la diffusion de l’anglais est certes un phénomène mondial, mais qu’on peut l’apprendre dans les métiers où il est indispensable et qui touchent très faible partie de la population (une partie des hommes d’affaires internationaux et des scientifiques de pointe), sans sacrifier une des langues en usage, surtout s’agissant du français qui a un corpus beaucoup plus important que l’arabe.
Et dans les recrutements internationaux, le bilinguisme anglais-français fait passer les candidats qui le pratiquent avant les Américains souvent monolingues, ainsi que ceux de tous les pays dont la langue n’est pas aussi répandue que le français ou l’espagnol.
La politique intérieure : continuité et contestation
Le système politique algérien reste dominé par l’armée.
Les élections, bien qu’organisées régulièrement, sont largement contrôlées. Le FLN et les élites militaires, alliés à des réseaux d’affaires, constituent le noyau du « système ».
Le Hirak (manifestations de masse), né en 2019, a démontré l’ampleur du rejet populaire de ce « système ».
Ce mouvement pacifique, rassemblant des millions de citoyens, a obtenu le départ de Bouteflika mais pas la fin du régime. La pandémie de Covid-19 et la répression ont eu raison de la mobilisation.
L’ONG de défense des droits humains « Riposte Internationale », illustre cette répression en publiant toutes les condamnations qui lui semblent abusives, ainsi que les libérations apparemment moins fréquentes.
La politique extérieure : faire détester la France et le Maroc
Les relations entre la France et l’Algérie se sont compliquées encore davantage avec la décolonisation du Sahara espagnol, territoire revendiqué par le Maroc, alors que l’Algérie soutient le Front Polisario qui demande l’indépendance de ce territoire depuis 1973.
En 1975, le roi Hassan II du Maroc a pris de vitesse l’Algérie avec la Marche verte, mobilisation de 350 000 civils marocains encadrés par l’armée, pour s’installer au Sahara espagnol, considéré par le Maroc comme partie intégrante de son territoire historique.
Le Front Polisario, mouvement indépendantiste, opposé au Maroc depuis 1976 pour le contrôle du Sahara occidental, s’est installé à la frontière algérienne et ne semble exister que grâce à l’Algérie (je ne veux pas me mêler des différentes interprétations).
Côté marocain, on se fonde sur une certaine influence dans la région qui allait jusqu’à Tombouctou à une époque, mais les nations et les Etats au sens actuel du terme n’existaient pas dans la région avant l’arrivée des Espagnols. Et l’on craint un encerclement du Maroc par l’Algérie (voir la carte ci-dessus).
Cette affaire a déclenché une guerre entre le Maroc et le front Polisario soutenu par l’Algérie. Les frontières terrestres algéro–marocaines sont fermées depuis 1994, et la normalisation du Maroc avec Israël a encore aggravé la discorde entre les deux pays.
La France a longtemps essayé de rester neutre entre le Maroc et l’Algérie, ce qui lui a coûté cher des deux côtés, mais beaucoup plus du côté algérien, avec la dégringolade de ses relations économiques, qu’avec le Maroc qui n’a stoppé que quelques coopérations mais a fait part d’une mauvaise humeur croissante.
Finalement la France vient de rallier le camp marocain, après la plupart des autres pays occidentaux ou africains. Ce qui a bien entendu aggravé la brouille avec l’Algérie.
Pour l’Europe, l’Algérie est à la fois un fournisseur d’énergie incontournable et la source d’un problème migratoire, du fait d’une immigration réputée plus difficile que celle de non-musulmans et même que celle des Marocains.
Je me demande souvent pourquoi cette meilleure adaptation des Marocains et Tunisiens en France. Je soupçonne la formation très nationaliste donnée en Algérie et diffusée en France par les médias algériens officiels.
C’est évidemment tout à fait injuste pour la masse des franco-algériens qui ont honorablement réussi dans l’économie française.
L’actualité récente
Cette agressivité algérienne vers la France a redoublé avec les péripéties de l’affaire Boualem Sansal, écrivain franco-algérien gracié par le président algérien après un an d’emprisonnement et sa condamnation pour avoir dit que la Lorraine n’avait pas toujours été française, pardon, que certaines parties de l’Algérie n’avaient pas toujours été algériennes.
Du même tonneau la condamnation en appel du journaliste sportif Christophe Gleizes pour avoir échangé quelques mots avec un interlocuteur par ailleurs partisan de l’indépendance de la Kabylie.
De même a eu lieu un vote du parlement algérien ce 24 décembre contre « les crimes de la France », avec demande d’excuses officielles et de versement d’une indemnité.
Cela est fait pour susciter une contre-attaque d’une partie de la droite française, qui aura beau jeu de rappeler les Barbaresques, les exécutions de « collaborateurs » du le premier jour de la guerre jusqu’après le cessez-le-feu (massacre des harkis) et la perte de tout leur patrimoine par les Pieds noirs, sans parler des infrastructures et de l’exploration puis de la mise en place de l’exploitation du pétrole.
Bref, de toute évidence, le pouvoir algérien cherche à dramatiser des relations.
Est-ce la préparation d’un élan nationaliste pour compenser la baisse du pétrole et donc du niveau de vie ?
Est-ce pour faire oublier le coup d’état de 1962 qui a mis l’armée au pouvoir ?
Est-ce une vengeance pour « être passé dans le camp du Maroc » ?
C’est en tout cas un drame pour les immigrés algériens et leurs descendants de nationalité française, nationalité qui n’est d’ailleurs pas respectée lorsqu’ils mettent le pied en Algérie.
En résumé
L’Algérie gère mal ses héritages multiples, notamment arabe, berbère et français, alors que le Maroc, qui a les mêmes avec en plus un héritage espagnol, en fait une force. En témoignent les succès commerciaux ou migratoires des Marocains, non seulement en France mais également en Espagne et en Afrique francophone.
De plus, l’Algérie reste gouvernée par un système autoritaire centré sur la rente pétrolière.
Sa seule force vient d’un cours élevé du pétrole, relayée récemment par la fin des fournitures d’hydrocarbures russes à l’Europe.
Mais l’offre mondiale s’est adaptée, et les cours semblent durablement à la baisse
Les gens de ma génération, encore une fois en voie de disparition, ainsi que les franco-algériens sont profondément navrés par cette situation. Les autres Français, d’origine ou immigrés d’ailleurs, ne s’intéressent absolument pas à l’Algérie.
C’est aux Algériens de faire évoluer leur régime politique pour sortir de ces impasses.
Yves Montenay



L’an dernier, 40 jeunes Marocains sont entrés à Polytechnique, soit 40 % du contingent d’étrangers; et aucun Algérien…
Merci Yves pour cet article qui explique parfaitement le problème algérien.
Je crains que pour l instant les algériens n arrivent pas à sortir de ces impasses compte tenu de la pression des dirigeants et de l armée !
Espérons…..
Une fois de plus, vous nous proposez une synthèse érudite, claire et objective sur une question embrouillée : bravo et merci !
La kleptocratie dictatoriale, brutale et incompétente du FLN a gaspillé constamment depuis 1962 les réels atouts de l’Algérie, notamment l’agriculture, le tourisme, l’industrie légère et les services ; avec la complicité des idiots utiles de toute sorte (décolonialistes larmoyants, repentants autoflagellants et autres » wokistes « , tous infiniment ignares), en falsifiant honteusement l’Histoire (à ce propos, le rôle d’historiens partiaux et idéologues, comme Benjamin Stora, est particulièrement honteux et néfaste), le régime FLN a conditionné et maintenu les Algériens dans une mentalité infantile, geignarde et haineuse vis-à-vis de la France et une incapacité totale de réfléchir sur les causes réelles du ratage économique politique et humain de ce pays : quand on attribue exclusivement au passé et aux autres les raisons de ses échecs, on proclame implicitement qu’on est incapable de prendre en main son destin, erreur qu’auraient pu commettre les Coréens qui subirent une colonisation japonaise particulièrement brutale ; pourtant, leur juste et tenace rancœur vis-à-vis du Japon ne les a pas enfermé dans de stériles ratiocinations et ne les a pas empêché de sortir leur pays d’une effroyable misère avec le succès que l’on sait.
Cette position du pouvoir algérien contraste avec la mentalité et l’attitude » adulte » des Vietnamiens, lesquels pourraient à juste titre reprocher perpétuellement à la France d’être responsable des terribles ravages subis par leur pays pendant les trente années, de la guerre d’Indochine et, par conséquent, de celle du Vietnam. Certes, ils n’ont rien oublié (ma fréquentation de plusieurs peuples asiatiques m’a enseigné que les torts s’y prescrivent par mille ans ^-^) ; mais, tout en dialoguant ouvertement et sans concession, ce dont j’ai fait l’expérience, ils ont su se réconcilier avec les Français, comme l’illustrèrent les émouvantes circonstances du tournage en 1992 du très beau film de Pierre Schoendoerffer » Dien Bien Phu » ou encore le fonctionnement efficace de la Maison vietnamo-française du Droit : au lieu de se limiter à invoquer le passé pour expliquer leurs difficultés (accentuées par le communisme dogmatique pratiqué jusqu’en 1986), le pouvoir vietnamien a su, malgré des erreurs, adapter le pays et amorcer son impressionnant développement économique dont on constate la réussite, d’abord grâce au travail et à l’intelligence de ce grand peuple attachant que j’aime et admire énormément.
» Grâce » au régime algérien et ses complices français, l’Algérie et ses criailleries haineuses et bornées suscitent l’exaspération et l’indifférence des Français, lesquels oublient presque complètement qu’il y a des complémentarités entre les deux pays et des cartes à jouer de part et d’autre. Cette réaction inévitable que l’on peut résumer par » Ils nous cassent les pieds : qu’ils aillent au diable ! » est vraiment dommage… mais le pouvoir algérien en est le premier responsable.
Il existe une remarquable « école » de la caricature en Algérie témoignant que maints Algériens ne sont pas dupes de la propagande du régime du FLN : l’humour lucide et féroce des dessinateurs algériens fait espérer que ce pays pourra rejeter l’avilissement intellectuel pratiqué par le pouvoir illégitime de ce grand pays. Je préfère croire et dire non pas » Adieu, l’Algérie » mais » À demain, l’Algérie ! «
Je vois assez mal comment faire évoluer le régime sans intervention militaire étrangère, la rente pétrolière rendant le régime difficilement amovible celui-ci pouvant en dernier recours embaucher des mercenaires d’un peu partout comme pouvait faire Kadhafi en Libye…
Par ailleurs, comme vous le mentionnez vous-même, les besoins en main d’oeuvre de l’industrie pétrolière sont limités et une grosse bureaucratie est alors le prix de la loyauté d’une bourgeoisie dont le sens national est rarement le point fort…
Le régime est effectivement solide. L’histoire nous apprend que cela dure jusqu’au moment où une partie du sommet évolue, parfois du fait de la personnalité du nouveau dirigeant (Gorbatchev), mais plus souvent parce que le régime se divise (par exemple en Iran si l’armée s’opposait aux pasdarans)
Je pense qu’une intervention étrangère serait contre-productive, le nationalisme dans lequel sont élevés les Algériens pouvant les mener à faire bloc contre l’intervention étrangère
L’intervention externe, c’est si on est pressé et ça a en effet toutes les chances d’être contre-productif. Ce serait sans doute la même chose en Iran où le régime s’empresserait comme Staline de jouer la carte nationaliste, la topographie du territoire interdisant par ailleurs les grandes manoeuvres exécutées comme à l’entrainement dans le désert irakien…
Et oui, le scénario le plus probable est une division du régime, mais compte tenu de la rente pétrolière, bien malin sait quand elle se produira…
Bonjour,
Merci encore une fois pour cet article clair et instructif
Timgad, oui, des vestiges impressionnants qui interpellent…..
en 2010, à l’université de Guelma, aucune étudiante n’avait la tête découverte et toutes portaient le hijab ce qui n’était pas le cas à Alger en 2001 par exemple……
Merci de cette belle nouvelle
Vive le voile (même si je suis contre le niqab pour des raisons de securité)
Une femme pieuse et respectable est forcement voilée
Chacun pense ce qu’il veut, mais ça va pas faciliter l’intégration !
On parle de l’algerie là, où la majorité des femmes sont voilées, Dieu merci
Et par rapport à l’integration, je suis plutôt pour le remigration
Chacun chez soi
C’est mieux ainsi
Les Maghrebins au Maghreb
Les noirs en Afrique subsaharienne
Les Européens en Europe
Je vous renvoie à mon article sur la différence entre intégration et assimilation. Aucun migrant ne s’assimile, ce sont leurs enfants ou petits-enfants qui sont assimilés. Par contre un migrant s’intègre assez vite, en général par le travail. Regardez autour de vous, vous voyez des immigrés à tous les postes, et puis il y a tout ceux que vous ne voyez pas parce qu’ils sont comme tout le monde : https://www.yvesmontenay.fr/2020/11/15/immigration-ne-pas-confondre-integration-et-assimilation/
Une remigration totale ferait chuter considérablement notre niveau de vie et certaines commodités comme le fait de laisser ouvert restaurants et magasins très tard le soir. On a besoin de gagner sa vie et parfois celle de la famille restée au bled, donc on bosse, contrairement à l’image de paresseux qui est véhiculée probablement à partir d’exemples réels, mais que je n’ai jamais rencontrés
Bonjour
Franchement assez déçus pour le passage sur l’anglais
Faudrait peut-être accepter que ce pays est independent, que le français SERT STRICTEMENT À RIEN (je le sais, je suis en informatique)
Mes enfants ne le parlent pas, et ils vivent très bien
L’anglais est beaucoup plus utile
L’algerie ne sacrifie pas le français, elle abondonne une Langue qui sert à rien, pour une langue utile
Et y a déjà 2 langues officielles, tamazigh et Arabe
Vous êtes juste déçu de la fin du soft power français dans le plus grand pays bèrbere, arabe et d’afrique
Dommage, pour quelq’un d’aussi intelligent
Ps, j’aimerai connaitre votre avis sures oqtf, je me dis que si la France voulait vraiment lutter contre l’immigration (frexit oblige) et se débarsser des oqtf, elle pourrait restituer les Crânes des martyres, qui sont dans des musées
Bien à vous
C’est toujours une perte importante d’arracher une partie de la culture d’un pays. Les Français, les Belges, les Suisses francophones, les Québécois vivent très bien et apprennent l’anglais quand c’est nécessaire, notamment en informatique. Voir mes autres réponses sur ce sujet.
Le français n’a pas sa place en Algerie comme en belgique ou en suisse
Au lieu d’apprendre le français puis l’anglais si c’est necessaire
Autant apprendre l’anglais directement
Mes gosses parlent que l’arabe (classic et dialectal) et l’anglais (un peu Kabyle)
Ils vivent très bien, et s’en contre foutent du français
Ils le percoivent même comme une langue Africaine subsaharienne, en plus d’être la langue de l’ancien colon
Je pense que vous êtes assez intelligent pour le comprendre, mais que la perte d’influence de votre pays vous rend triste….
Mais bon, l’afrique subsaharienne va passer à 4 milliards à la fin du siècle
Donc oubliez un peu la francophonie en Algerie SVP
Donc vous coupez vos enfants de toute la diaspora kabyle l’étranger, ainsi que de la littérature algérienne
Ils sont grands, c’est bon
Ils voudront pas apprendre le français
Et ils parlent Kabyle et allemand avec leur cousins en allemagne
Leur mère a grandit en allemagne
Donc vraiment, ils en ont rien à faire du français
Pour la literature Algerienne, ils lisent en arabe
Ça suffit largement
Même réponse ci-dessus
Je suis pas du tout d’accord
L’anglais en tant que 1er langue étrangère et nouvelle langue de la Bourgeoisie est plus une richesse que le français, et de loins
On est plus à l’époque de de Gaulle hein
Faut juste quelques années d’adaptation
Et les classes populaire trouvent plus simple l’anglais et c’est plus utile
Donc je vous comprends pas du tout
D’un côté une langue difficile qui ne sert à rien, en plus d’être la langue de l’ancien colon
De l’autre une langue simple, beaucoup plus utile, qui plait aux classes populaire et à la nouvelle bourgeoisie
Si vous etiez pas français, vous direz que l’algerie a raison de faire de l’anglais la 1er langue étrangère (c’est le cas depuis peu, plus d’heures d’anglais que de français, les facs de médcine et d’informatique, les factures…)
Faudra juste un peu d’adaptation
Il est toujours triste de voir une culture se perdre et un pays perdre contact avec sa propre littérature. Et puis le bon anglais est aussi difficile que le bon français
Les Algeriens parlent mal français de base
L’anglais basic est beaucoup plus simple que le français basic
Mes cousins (classe moyenne et classe populaire) du bled parlent beaucoup plus anglais
Ils parlent même le turk (à cause des series débiles)mieux que le français
C’est dire
Je le redis, le français est aussi une langue étrangère que l’espagnole ou le turk
Et l’algerie a eu raison de mettre l’anglais en 1er langue
Si j’étais au pouvoir j’aurais supprimé l’enseignement du français
J’aurais mis qu’une lva (anglais)
Et une lvb (Espagnol ou chinois) pour les filières de lettre et de langues
Une langue étrangère enseignée suffit largement
Avec google translation,l’ia ……plus vraiment besoin d’apprendre plusieurs langues
C’est vrai que les outils modernes font de bonnes traductions. Mais une langue c’est aussi une culture, pas seulement un outil. La culture algérienne est en partie en français. Mais si je comprends bien en Algérie, comme d’ailleurs en France, on n’enseigne plus la culture et ont réduit la langue à la communication. C’est une perte aussi bien pour l’Algérie que pour la France
Bonsoir
L’état essait de diversifier l’économie, y a des echecs, et aussi des succès
La bureaucractie……comme dans beaucoup de pays, c’est une catastrophe
Mais les partenariats avec l’italie, Oman, Qatar sont des reussites
Si le régime était plus jeune, y aurait plus de succès
Et par rapport à la langue française, elle ne fait pas partie du l’héritage Algerien, pas plus que le turk
C’est 2 Langues étrangères
Et tant mieux si le français disparait de l’algerie
Pleins de pays ne parlent pas le français, et ils le vivent très bien
Voir mes autres réponses sur ce sujet.