immigration intégration et assimilation

Immigration : ne pas confondre intégration et assimilation

Avertissement

Les derniers attentats islamistes ont relancé, une fois de plus, les demandes politiques de limitation ou de suppression de l’immigration.

À mon avis, c’est tromper l’opinion, car s’il est exact que l’immigration est un sujet fondamental, qu’on en soit partisan ou adversaire, il mérite plus que cette affirmation rapide.

En effet l’immigration est un facteur important de notre démographie, de notre économie, de notre sécurité, de notre identité… il faudrait un livre pour développer chacun de ces points et surtout les interactions entre eux.

Cet article va donc se borner à un seul thème sous-jacent : celui de l’identité.

Si l’on veut préserver l’identité française, il faut assimiler, mais dans l’esprit des français, intégration et assimilation sont souvent confondues.

Je vais donc traiter de ces deux notions et renvoyer les autres effets de l’immigration à des articles passés ou à venir.

En préliminaire il faut déjà se demander ce qu’on appelle « l’immigration ».

Qu’est-ce que l’immigration ?

De quels immigrés parle-t-on ?

Parle-t-on des entrées annuelles légales en France (ordre de grandeur 200 000, mais sans parler des départs, notamment ceux des étudiants) ?

Parle-t-on des immigrés déjà installés : environ 6 millions, dont 2,4 originaires d’Afrique du nord ou du sud du Sahara, et le même nombre (mais pas les mêmes) ayant acquis la nationalité française ?

Parle-t-on de leurs descendants ?

L’INSEE les compte très précisément par pays d’origine pour les deux premières générations. Comme en général on se polarise sur les immigrants d’origine africaine, disons que le total des deux générations est de l’ordre de 8 millions y compris, semble-t-il, les enfants des couples mixtes.

Pour la troisième génération et les suivantes, est-il encore pertinent d’évoquer l’immigration sauf cas particulier ?

L’immigration n’est pas un bloc d’origines homogènes

De plus, tous ces chiffres suggèrent que l’immigration est un bloc, ce qui est complètement faux puisque l’on mélange non seulement des origines totalement différentes :

  • tant nationales (pensez à l’hostilité et aux violences entre les Asiatiques et certains Maghrébins)
  • que sociales (pensez à la différence entre un médecin algérien et un subsaharien analphabète)
  • ou encore religieuses : un catholique ivoirien n’est pas un Sénégalais maraboutiste dont l’islam est totalement différent de celui d’un Turc … et de plus l’islam turc comprend aussi bien « les loups gris » ultranationalistes que les Alévis, qui ne sont pas vraiment considérés comme musulmans … sans parler des Kurdes, plus traditionalistes mais qui sont opposés à Erdogan).

Ainsi une grande partie des soignants que nous honorons à juste titre par ailleurs soient des immigrés ou « issus de l’immigration ». Cela va des médecins algériens ou roumains à la femme de ménage maghrébine ou subsaharienne de l’hôpital, en passant par les infirmiers et infirmières.

Mais l’utilité (ou non) économique, sociale et démographique de l’immigration sera l’objet d’autres articles.

Car ce n’est pas cela qui tracasse l’opinion, mais l’assimilation et l’intégration que beaucoup de gens confondent, alors que c’est fondamentalement différent.

Personne ne s’assimile, il faut plusieurs générations

L’assimilation, c’est de devenir, du moins « dans sa tête », semblable à un Français. Ce n’est pas simple à définir car les Français sont extrêmement variés.

Réussir l’assimilation a longtemps été la politique de la France. Mais depuis quelques décennies est apparue une attitude plus ambiguë où certains milieux de gauche sont devenus favorables au « multiculturalisme » et considèrent l’assimilation comme une violence faite à une culture étrangère tout aussi respectable que la nôtre.

Nous verrons que cette idée n’a aucun sens, puisque l’assimilation n’est pas décidée mais est résultat d’une évolution sur plusieurs générations. Et, à titre personnel, je pense qu’un pays assimilant progressivement évite les problèmes des pays multiculturels.

Symétriquement on entend certains milieux de droite dire que « telle personne n’est pas assimilable » comme si c’était une nouveauté grave.

On oublie que personne n’est assimilable, ni l’Italien catholique traditionaliste arrivé il y a 120 ans, ni le Maghrébin ou le Sénégalais musulman d’aujourd’hui.

Si l’on arrive adolescent en France, on ne sera jamais assimilé. On restera dans sa communauté pour des raisons de logement, de langue maternelle, d’entraide etc. C’est normal et on ne peut le reprocher à personne.

Par contre les enfants iront depuis leur plus jeune âge à l’école maternelle, avec des Français, de souche ou pas ce qui est une variable importante. Ils seront en général au moins bilingues, voire francophones hors de la maison.

Quant aux petits-enfants, les grands-parents s’apercevront brusquement qu’ils sont français à tout point de vue… ce qui provoque souvent des drames familiaux : « Comment, ma petite fille, j’apprends que tu vis avec ton collègue de bureau français. C’est une honte pour la famille et pour moi en particulier car je t’avais promise à notre cousin du bled »

Bref personne ne s’assimile mais la descendance se découvre assimilée. Les nombreux mariages mixtes y aident.

Les livres d’histoire nous rappellent que l’immigration polonaise en France d’avant la deuxième guerre mondiale était réputée inassimilable, bien que catholique. Cette question a disparu aujourd’hui.

De même celle des Antillais arrivés en Angleterre, alors totalement blanche, après la deuxième guerre mondiale, ont soulevé d’interminables débats sur leur « différence irréductible » et suscité la création d’un parti politique ressemblant au Rassemblement National français. Ce parti a disparu depuis et les Antillais, en général protestants, se retrouvent aujourd’hui dans le camp anglais face aux Pakistanais.

Islam et assimilation

L’islam est réputé être un obstacle à l’assimilation. C’est à la fois vrai et faux : un musulman, plus encore que d’autres immigrants, a souvent une raison de plus de ne pas devenir identique à un Français moyen, pour des raisons qu’il n’est pas utile de rappeler ici.

Bien sûr cette réflexion ne concerne pas les musulmans « bourgeois » ayant une bonne culture française et qui étaient déjà presque assimilés à la France dans leur propre pays.

J’en connais plusieurs qui, bien que vivant au Maghreb, se sentent culturellement français. S’installer en France pour des raisons économiques ou par crainte des islamistes ne fera que parachever leur assimilation.

C’est le cas d’un très grand nombre de spécialistes qualifiés (médecins, ingénieurs…), notamment parce qu’ils viennent en général de familles francophones et que les études scientifiques se font en français au Maghreb.

Revenons au migrant musulman « moyen » : ce n’est pas lui, mais ses petits-enfants qui seront assimilés et souvent ne seront même plus musulmans.

En effet si l’on prend le nombre de personnes se déclarant musulmanes dans les sondages et que l’on calcule le nombre d’immigrés musulmans et leur descendance, on trouve un écart de plusieurs millions, notamment du fait de cette troisième génération.

Plus généralement, je reproche aux sondages sur les musulmans de France de ne pas s’intéresser aux très nombreux Français d’origine musulmane qui ne sont plus croyants. Cela rééquilibrerait beaucoup de considérations.

Ce décalage entre origine familiale et comportement actuel est illustré par la fréquence des prénoms dits « arabo–musulmans » qui seraient près de 20 % d’après l’INSEE.

Je suis un peu sceptique sur leur qualification de « musulman », et cela pour deux raisons.

D’abord plus un prénom est répandu, plus il perd sa spécificité (Christian est-il catholique comme le suggère son prénom ?).

Ensuite il est de tradition de choisir le prénom d’un enfant parmi ceux des ancêtres. Résultat : les titulaires de ces prénoms sont environ deux à trois fois plus nombreux que les musulmans, et ne sont donc plus un indicateur de religion… à condition de s’intéresser justement à cette troisième génération et aux suivantes.

Que faire de ces « une ou deux générations non assimilées » ? En général, il n’est pas nécessaire de s’en soucier puisque les gens vieillissent tranquillement chacun dans sa communauté. Mais pas tous.

Pour les autres, et notamment ceux qui estiment que leur croyance les met au-dessus des lois républicaines, il faut évidemment être très strict sur le respect de la loi.

Pour cette question, c’est une excellente chose que nos responsables politiques s’écartent de la pression morale exercée par l’influence de la gauche indulgente envers l’islamisme. Pression qui a été décrite notamment par Christophe Naudin « islamo-gauchiste repenti » dans son Journal d’un rescapé du Bataclan et ses nombreux interviews dans la grande presse française en octobre et novembre 2020.

En résumé, l’assimilation est un phénomène très lent, mais très puissant. Il ne faut pas le confondre avec l’intégration.

L’intégration

A l’opposé de l’assimilation, l’intégration peut être assez rapide et objectivement constatée au fur et à mesure de ses succès ou de ses échecs. Il ne s’agit plus de savoir si l’on est devenu intellectuellement « comme les Français », mais si on se comporte matériellement comme eux, notamment au travail et à l’école.

C’est évidemment le cas de la grande majorité, d’abord d’après l’observation quotidienne (collègues, fournisseurs, clients, commerçants, employés en contact avec le public, artistes… et, encore une fois, soignants).

Mais aussi d’après les statistiques d’emploi : le chômage des immigrés était d’environ 15 % contre 8 % pour le reste de la population en 2019.

D’abord, cela signifie que 85 % travaillent.

Mais, comme les médias « ne parlent pas des trains qui arrivent à l’heure » l’accent est mis non pas sur les 85 % qui travaillent, mais sur les 7 % de chômeurs en excès.

Je ne vais pas entrer ici dans l’analyse de cet « excès », qui est très débattu (échec scolaire, mauvaise connaissance de la langue certains nouveaux immigrés, discrimination …). Il faut toutefois remarquer qu’il s’agit en général d’un état transitoire qui s’atténue avec l’âge, et, d’après les sociologues, avec le mariage et les pressions familiales : « tu vas être père de famille, il est temps que tu cherches un vrai emploi, même si tu gagnes moins que dans tes trafics ».

L’intégration est l’occasion de rappeler que nous sommes relativement favorisés par le fait qu’une grande partie des immigrants arrivent en connaissant assez bien le français, langue dans laquelle ils ont été scolarisés s’ils viennent de l’Afrique francophone ou dont ils ont une certaine connaissance lorsqu’ils viennent du Maghreb ou du Liban.

Les Allemands qui ont accueilli au moins un million de Syriens ou d’Afghans ont dû intégrer des arrivants qui n’avaient aucune notion de la langue allemande et ne connaissaient même pas l’alphabet latin.

Avec leur sérieux habituel, ils se sont lancés dans un immense effort de formation publique ou privée (églises, entreprises…) qui semble porter ses fruits.

Éviter toute affirmation péremptoire

Encore une fois cet exposé rapide laisse de côté les facteurs démographiques, économiques et sécuritaires et a pour unique objectif de sortir de la confusion entre une assimilation individuellement quasi impossible, et une intégration qui se passe normalement dans la grande majorité des cas.

Donc attention aux affirmations sommaire du genre «  tel groupe n’est pas assimilable », ce qui est présenté comme scandaleux et dangereux, alors que c’est évident et normal, et laisse entendre qu’il n’est pas intégrable, ce qui est faux comme le montre l’exemple ci-après.

Je pense notamment à l’intégration en Allemagne des enfants d’immigrés turcs Ugur Sahin et Ozlem Türeci, cofondateurs du laboratoire Biotech qui vient de se distinguer dans la recherche pour le vaccin anti-Covid. Un succès qui les a classés parmi les 100 personnes les plus riches d’Allemagne.

J’ai bien dit « intégration » et non « assimilation » car il est probable qu’ils parlent turc entre eux et avec leurs parents, tandis que leur religion ne nous regarde pas.

Ce sont leurs enfants ou leurs petits-enfants qui seront allemands, et probablement protestants ou athées… ce que le président Erdogan veut éviter à tout prix !

Yves Montenay

30 commentaires sur “Immigration : ne pas confondre intégration et assimilation”

  1. J’ai grandi avec les « polaks » , les « espingos » , les « portos » , les « ritals » .. ça n’a pas toujours été facile pour eux , on s’est souvent frités … mais ils se sont intégrés , ou assimilés ! Vous savez pourquoi ? on a marié leurs filles , leurs soeurs , et eux , ils ont épousé les nôtres ! ça a créé des liens , et ça n’a pas empêché qu’ils aient leurs amicales , où ils se réunissent pour se rappeler leurs origines .
    Mais , vous allez me dire , il y a des mariages mixtes franco maghrébins ……à la marge ! à la marge ! avec toutes les complications attendues , divorces et séparation d’avec les enfants , voire enlèvements .. femmes soumises , obligation de se convertir .. Vous allez donner votre fille à quelqu’un qui fera son malheur ? Et essayez d’épouser une maghrébine ! j’ai une pensée pour un neveu, mort pour l’avoir tenté .
    Alors oui , on pourra me citer les exceptions , il y a toujours des exceptions..Mais on ne bâtit pas l’avenir sur des exceptions.

    1. Merci pour le témoignage. Il y en a bien sûre dans tous les sens. En tant que démographe, Je suis habitué au temps long, voire très long. Une grande partie des problèmes viennent des parents ou des grands-parents ils disparaissent avec eux. Pas toujours bien sûr mais statistiquement, oui. Le problème c’est qu’on ne le voit pas puisque chacun d’entre nous meurt en même tant que les parents et les grands-parents en question.

      Ce qui pourrait jouer dans le mauvais sens, c’est la concentration dans le même quartier sur plusieurs générations. Ce n’est pas le cas à Belleville. Ailleurs, j’espère que le Grand Paris permettra enfin des brassages

  2. D’après le CNRTL lexicographie ( https://www.cnrtl.fr/ )
    ASSIMILATION
    – En SOCIOL. ,,Processus par lesquels un groupe social modifie les individus qui lui viennent de l’extérieur et les intègre à sa propre civilisation.«  (Foulq.-St-Jean 1962) :
    8. Si donc nous écartons les peuples étrangers, Hellènes au midi, Celtes au nord de la péninsule, nous voyons la diversité dans les Osci, l’assimilation impuissante dans les Étrusques, l’union et l’unité dans Rome. Michelet, Hist. romaine,t. 1,1831, p. 55.
    – P. anal. [En parlant des rapports entre états] :
    9. Que le cabinet de Vienne, comme le nôtre, ait un intérêt très direct et très sérieux à ne pas laisser le Piémont s’engager d’une manière si absolue dans l’alliance anglaise, ce point, je crois, n’a pas besoin de démonstration. Malheureusement, il m’est difficile d’imaginer comment, avec les moyens dont nous disposons actuellement, nous pourrions empêcher un travail d’assimilation, d’appropriation, nécessairement voilé, patient et imperceptible pour les yeux inattentifs bien qu’en définitive très dévorant. Gobineau, Tocqueville, Correspondance,1851, p. 185.

    INTEGRATION
    – Domaine de la sociol. Phase où les éléments d’origine étrangère sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point de vue juridique que linguistique et culturel, et forment un seul corps social. Ce haut-comité est consulté par le gouvernement sur toutes les mesures concernant la protection de la famille (…) l’établissement des étrangers sur le territoire français et leur intégration dans la population française (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 457):
    6. … si l’argent définit la valeur, celle-ci est universelle et rationnelle (…) elle est accessible à tous, dès lors le Juif ne saurait être exclu de la Société; il s’y intègre comme acheteur et comme consommateur anonyme. L’argent est facteur d’intégration. Sartre, Réflex. quest. juive,1946, p. 166.

    1. Merci. Cela illustre bien la confusion du vocabulaire ! C’estla définition de Sartre c’est qui correspond le mieux à mon article.

  3. Pour éviter de débattre sans fin, et surtout sans efficacité, de ces 2 mots, nous devrions sans doute exiger de nos responsables politiques qu’ils fassent appliquer la loi de la République (code civil ou code pénal, par exemple) de manière correcte et respectueuse des citoyens : ça éviterait des comportements hostiles à toute intégration ou assimilation, et à ces débats interminables. Exemple : je suis de passage à Paris et je loge à Belleville. Mon épouse entre dans un bistrot et commande un café : on ne sert pas les femmes ici, lui dit-on ! Je suis halluciné, donc j’interroge les commerçants et les clients du quartier : tout le monde est au courant. Et la police ou la Mairie de ne serait pas au courant ? Non, je n’y crois pas un seul instant. Les Préfets ou autres Maires sont au courant, mais ne veulent pas prendre à rebrousse-poil leur électorat. Si la loi était appliquée (la ségrégation sexiste est un racisme, donc pénalement condamnée) nous n’aurions pas à débattre dramatiquement de ces 2 mots (sauf pour le plaisir du commerce des mots…) parce que notre vie collective serait, alors, un peu plus harmonieuse…

  4. Ce n’est pas le pays d’accueil qui contraint un individu à sa culture, us coutumes et lois, mais le fait que l’individu s’accapare de cette identité, qu’il la fasse sienne.
    Pour ma part, mes racines sont transalpines, j’ai un drapeau italien dans mon salon, mon sang est italien mais j’ai été élevé dans les valeurs de république française et la France est mon pays.
    L’islam, car c’est bien ça le débat, n’est absolument pas assimilable, peu importe que des musulmans ne se disent pas croyants ou pratiquants.
    L’islam c’est l’oumma, ce qui ne laisse aucun doute sur sa non assimibilabilité, l’oumma est une communauté d’individus pour qui l’islam est hiérarchiquement supérieur à la nationalité.
    Pour s’en convaincre, il faut observer la réaction épidermique de la communauté musulmane à travers le monde suite à la décapitation d’un professeur de collège.
    Il est maintenant admis qu’un musulman, français de 3ème génération (exemple), dise qu’il appartient à une communauté : l’islam, pas question ni d’assimilation ni d’intégration et votre article se berce d’illusion sur le fait que le temps puisse faire des thuriféraires de l’islam, autre chose que des musulmans.
    L’islam est conquérant, c’est son ADN, cela ne signifie pas qu’il soit belliqueux, mais que son but est de s’imposer dans les espaces qui lui sont offerts.
    Et puis, donnez moi un seul exemple sur la planète ou une terre d’islam soit apaisée, un seul…

    1. Il y a toujours de nombreux cas particuliers. Par contre que plusieurs millions de descendants d’immigrés venant du pays musulmans ne soient plus musulmans est un phénomène massif. Je suppose qu’il touche surtout les troisième générations
      Encore une fois, il est rare une personne s’assimile, et c’est normal. Il faut se concentrer sur les descendants et notamment leur assurer une bonne scolarité, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui

  5. Tout ça est bel et bon, mais passe à côté d’une question majeure. Elle est que si 99% des immigrés sont des gens honnêtes et normaux qui travailleront et s’intègreront, et dont la descendance s’assimilera, il n’en reste pas moins qu’il y a une infime minorité qui vient simplement pour tuer, ou qui se décidera à tuer au bout d’un moment, comme le Tunisien qui écrase 87 personnes dont des enfants avec un camion, ou le Tchétchène qui décapite un simple prof comme il y en a des milliers, ou l’autre Tunisien qui tue trois personnes au hasard, ou, etc., etc.
    Pour cette seule raison, ce 1% ou moins, nous devons nous protéger et faire cesser l’immigration, et être plus strict pour les renvois chez eux des cas dangereux. On ne peut continuer à s’exposer de cette façon, et à exposer nos enfants. Tant pis si l’économie en souffre, tant pis pour les 99% de gens normaux auxquels on fermerait les portes. Notre sécurité passe avant l’économie et passe avant les autres. C’est du simple bon sens pour une société en butte à des attaques abominables. Il sera temps d’ouvrir à nouveau les frontières quand le pic de la folie islamiste sera passé, quand les musulmans eux-mêmes auront mis fin à ces horreurs en leur sein, et les pays musulmans sont beaucoup moins laxistes que nous en ce domaine.
    Car le pic passera, aucune vague de terrorisme n’est éternelle, comme les nombreux attentats, en France, en Russie ou ailleurs, autour de 1900, l’ont bien montré.

    1. Je ne suis absolument pas d’accord pour 3 raisons.
      La première est que l’on a pas le droit moral de punir les 99 % (voire moins), qui sont des individus pouvant avoir d’excellentes raisons familiales ou autres de venir en France
      La seconde est que la majorité des terroristes ne sont pas des « entrants » (le cas des deux derniers cache la forêt) mais souvent des « deuxième génération » ou des « souchiens » convertis, donc votre mesure serait sans effet
      Le troisième est que nous aurions vraisemblablement des représailles touchant l’arrivée de Francais dans des pays tiers, voir leur sécurité physique.

      Bref on raisonne souvent comme si la France était seule au monde et comme si les frontières arrêtaient Internet qui est le principal vecteur

      Tout cela pour un résultat probablement nul

  6. L’immigration a dépassé les limites du raisonnable depuis longtemps. Bien sûr qu’il ne s’agit pas d’arrêter net, ce serait impossible. Mais de freiner des quatre fers.

  7. Vous semblez mettre en avant comme un axiome le fait que les années qui passent favorisent l’intégration, avec la langue maîtrisée, l’école, vous parlez beaucoup des descendants.
    Mais dans beaucoup de cas, aujourd’hui, dans la communauté musulmane, c’est l’inverse que l’on constate.
    Les jeunes générations sont plus « intégristes » que leurs parents, moins tolérants, plus à cheval sur les préceptes de la religion, l’alcool, les femmes, etc…
    Je pense comme Joseph, l’islam est conquérant, et son dessein est de nous assimiler, nous.
    Problème d’éducation probablement, souvent plus marqué chez les hommes que chez les femmes, mais pas toujours…
    J’ai l’impression qu’on régresse.

    1. Peut-être vous référez-vous à un sondage dans lequel 500 personnes déclarant musulmanes comprenaient un sous-ensemble de jeunes qui étaient plus religieux qu’un échantillon analogue quelques années plus tôt. Ce sondage ne peut être interprété comme vous dîtes pour plusieurs raisons. D’abord la faiblesse de l’échantillon, ensuite parce que les intéressés vieillissent, et surtout par ce que ce sondage s’adresse à ceux qui le déclarent musulmans et non pas à ceux qui ont abandonné l’islam (voir le détail dans mon article). Vous me rappelez l’époque où le parti communiste français, alors puissant, déclarait avoir l’avenir devant lui parce que les jeunes étaient plus communistes que leurs aînés.

      1. Non je ne me réfère à aucun sondage, mais à une impression générale, fruit de mon expérience personnelle avec mes contacts et ceux de mes proches, en Normandie.
        Il me semble également que pour le cas de plusieurs terroristes interpellés, on interviewait les parents en France ou au « au bled » et on voyait le fossé et l’incompréhension qui les séparaient.
        Je suis tout à fait en accord avec Louis.

        1. Pour élargir votre expérience personnelle, contactez une personne au nom de famille arabe ou berbère qui n’est plus musulman

  8. Le problème ce sont les laxismes accumulés depuis au moins 50 ans. Le point clé c’est la dose dans un territoire. Tant pour les accueillants que les assimillandi. L’immigration et l’installation ne peuvent pas être libres comme la circulation l’est pour les citoyens français et … européens. Et il faut des indicateurs de « performance  » de l’assimilation. Et faire signer des engagements vis à vis des lois et coutumes de la République et des programmes d’intégrations. En Suisse, parait il, la nationalité n’est pas accordée aux candidats par les politiques ou les administrations mais par les voisins qui les fréquentent.

  9. Les ressorts profonds des individus sont complexes et parfois déroutants, même après leur assimilation et même après des générations. Il persiste très souvent un fond qui sert de reconnaissance intime de sa personnalité dans son ascendance. Les familles des russes venus en France il y a un siècle sont aujourd’hui totalement assimilés et pourtant les russes de France ont créé l’association CAIR qui se donne pour but « ;;; le soutien des émigrés russophones dans leur intégration dans la société française. » L’islam est enseigné d’une façon remarquablement prégnante; qui vous colle au corps comme la tunique de Nessus et les nouvelles générations se sentent souvent très fières d’appartenir à un monde qui a dominé l’Occident pendant des siècles et a conquis des territoires immenses, sans compter que leur Dieu auquel elles ne croient pas forcément beaucoup est « tout-puissant » ce qui dans leur esprit se traduit par une supériorité naturelle à laquelle contribuent les rites imposés aux garçons dans leur intégrité physique et aux filles dans leur tenue vestimentaire. L’islam est un marqueur indélébile qui renaît toujours de ses cendres. Il a été fabriqué pour ça, et en « ça » il est très réussi. En Algérie la récente Loi de liberté des croyances religieuses et des cultes punit sévèrement tout non musulman qui critique l’islam ou tente de faire du prosélytisme. A ce titre les vagues d’immigration musulmanes du futur seront elles aussi imprégnées d’islam, sachant, par ailleurs, que les fondamentaux islamiques en France n’auront jamais de cesse de tout faire pour l’extension de leur religion.

    1. Je suis d’accord sur le début de votre commentaire, mais je cesse de l’être quand vous employez le mot « indélébile » : il n’y a pas de gêne de l’islam, et les gens évoluent en fonction de leur milieu. Or le milieu géographique, professionnel et linguistique évolue considérablement en trois générations.
      Déjà, au Maghreb, un bourgeois francophone est plus proche d’un Français, y compris religieusement, que des citoyens moyens de son pays. Et l’évolution est bien sûr plus large France. Ce qui joue dans le mauvais sens c’est la ghettoïsation. J’espère que les nouvelles lignes de transport en commun du Grand Paris pourront casser l’isolement géographique.

      1. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il n’y a pas de gènes religieux, que les gens évoluent surtout en fonction de leur vécu personnel et que la ghettoïsation doit être combattue par tous les moyens. J’ai surtout voulu exprimer la volonté de l’islam d’être indélébile en utilisant des marqueurs très forts et persistants. Dans son livre « La prison juive » Jean Daniel décrivait très bien certains mécanismes marqueurs en parlant de sa propre communauté. Bergson a beaucoup écrit sur la formation d’une double personnalité chez tout individu au travers de son vécu. C’est pourquoi vous avez raison d’insister sur l’essentiel de l’assimilation qui, pour ceux qui, par l’immigration ou la naissance, sont à priori destinés à vivre en France, est la seule à pouvoir leur permettre d’affirmer leur personnalité française tout en conservant leurs convictions religieuses intimes et la mémoire de leurs origines, comme ce fut le cas, par exemple, de Roger Hanin, icone de la mémoire cinématographique française, qui choisit de se faire enterrer près de son père, de l’autre côté de la Méditerranée.

        1. Merci pour cette précision. Je suis d’accord qu’il y a des marqueurs très forts dans de nombreuses familles. Peut-être, comme pour la langue maternelle (là où elle n’est pas la langue de l’école) faut-il attendre la disparition des grands-parents pour constater l’assimilation, qu’elle soit linguistique, nationale ou religieuse. Mais certains vous diront que c’est bien long …

  10. Merci pour cette mise au point du vocabulaire.
    j’ai compris à la lecture de votre article que l’intégration d’un immigré peut être assez rapide, dépendant de son pays d’origine et de sa culture, tandis que l’assimilation se fait dans la durée. En ce sens, je pense qu’un immigrant récent ne pourra jamais être considéré comme assimilé. Entre les deux, j’aurais aimé que vous disiez un mot de l’acculturation.
    Une expérience personnelle : j’ai rencontré à Bordeaux il y a un an une infirmière d’origine algérienne, qui exerçait dans un quartier multi-ethnique. Elle se désolait de croiser, dans son travail, des personnes originaires du Moyen-Orient qui ne faisaient, selon elle, aucun effort pour apprendre le français, alors même que leurs enfants étaient scolarisés dans les écoles françaises.
    Le cas de l’Allemagne est un peu différent. Lors de mes récents passages à Madagascar, j’ai vu que les allemands faisaient beaucoup de « publicité » pour leur pays, en proposant des formations à la langue allemande afin de pouvoir postuler pour un emploi en Allemagne. Les affichettes que je pouvais lire un peu partout en ville, aussi bien dans la capitale que dans les villes de province, s’adressaient essentiellement aux jeunes lycéens et étudiants, (et pas seulement aux lycéennes et étudiantes, contrairement à ce que pourraient suggérer certains — je suis mauvaise langue (!)).
    Enfin, je ne peux pas dire que mes enfants « mixtes » sont intégrés : ils sont nés et ont fait toute leur scolarité en France ou dans des écoles française. Je ne dirais même pas qu’ils sont assimilés, car ils sont « français » tout simplement, sans pour autant renier leur origine mixte, pour preuve ils ont donné à leurs enfants des prénoms malagasy (= malgaches).

    1. Merci pour votre témoignage. Cela va tout à fait dans mon sens : les couples mixtes font gagner une génération dans le processus. Par ailleurs si je comprends bien, vous êtes Malgache, donc chrétien au moins de
      de culture. Certains musulmans, pas tous, pèsent sur l’assimilation des générations en aval.

  11. L’immigration ? Un facteur important de notre démographie et de notre économie ? A en juger par vos propos, cette immigration paraît souhaitable !

    Tout d’abord, si on a besoin de renforcer notre démographie, la priorité devrait être pour la population de faire des bébés. Quoi de plus naturel de faire des enfants si on veut agrandir sa famille et assurer la pérennité du patronyme ? A moins d’être stérile, tenter de créer une famille en adoptant massivement les enfants des autres n’est pas la solution retenue par l’immense majorité des couples…

    Il est vrai que les peuples d’Europe sont des peuples mélangés. Si l’on remonte suffisamment loin, on peut se trouver des ancêtres italiens, polonais, allemands, flamands, russes, espagnols ou scandinaves. Cela n’a jamais été un problème. L’intégration de ces ancêtres s’est faite facilement et leurs enfants furent par la suite naturellement assimilés et devinrent des Français à part entière…

    La situation aujourd’hui n’est en rien comparable à ce qu’elle a été dans notre pays durant des siècles. Peu importe la couleur de peau et les races ! Quel est l’intérêt de faire venir en France des gens issus de contrées qui présentent des moyennes de QI de 20 points inférieurs à la moyenne européenne en ce qui concerne le Maghreb et de 35 points inférieurs en ce qui concerne l’Afrique noire ? Quel est l’intérêt au sein d’une société offrant des métiers de plus en plus spécialisés de faire venir des Bacs -7 au lieu de Bacs +7 ? Les statistiques officielles montrent que la France au cours des 30 dernières années a perdu 5 points de QI ! A cause de quoi à votre avis ? Notre immigration n’est même pas sélective comme en Australie. Nous recueillons toutes les cloches et les bras cassés du Maghreb et d’Afrique noire ! Certes, il y a des exceptions mais quand on voit la formation des ghettos maghrébins même au niveau des universités françaises, on peut se permettre de douter de la qualité de ces nouvelles recrues.

    Contrairement à une idée reçue, il existe une immigration choisie au Japon. Coréens, Chinois, Vietnamiens peuvent immigrer au Japon s’ils présentent un intérêt réel pour l’économie japonaise. Il s’agit généralement d’une petite fraction des asiatiques ayant bénéficié au départ de bourses Monbusho (bourses du ministère de l’Education) et dont les talents et les compétences sont supérieurs à la moyenne de leurs homologues japonais et qui se fondent rapidement dans la masse des assimilables car ayant des caractéristiques physiques proches de celles des Japonais. Aucun problème donc, aucune vague, aucune délinquance, bref une situation presque à 180° de la nôtre !

    1. Attendez les articles sur ce sujet, et renseignez-vous en attendant, surtout en variant de vos sources !!!!!!!
      Pour commencer le Japon est en voie le disparition, malgré une partie de la population qui travaille encore à 80 ans pour compléter sa retraite
      Regarder notamment sur mon site ce qui est relatif aux retraites, donc à là démographie
      Mes articles font toujours mention des différentes idées politiques : je suis un analyste et non un militant d’un quelconque parti

      1. Vous êtes un expert en demographie et en francophonie. Je m’abstiens donc de formuler des commentaires.
        Mais que pensez-vous du melting-pot américain ( modèle réussi d’intégration ou d’assimilation des anglo-saxons, des irlandais, des scandinaves, des allemands, des italiens des polonais, des espagnols, des mexicains, des asiatiques ?), et du refoulement (pour ne pas dire plus…) des amerindiens et de la discrimination des afro-américains ?
        N’y aurait-il pas d’autres variables à intégrer dans l’analyse pour me comprendre les problèmes rencontrés ?

        1. Bigre ! Vous me demander d’écrire un livre ! Je vais faire une réponse sommaire.
          Les États-Unis ne cherchent pas comme nous (du moins avant la mode du multiculturalisme) l’assimilation, mais elle arrive quand même automatiquement en trois générations, notamment pour les Latinos et peut-être plus rapidement pour les Asiatiques. Reste les noirs, vaste question donc je ne parlerai pas maintenant

  12. Merci d’avoir bien voulu me répondre. Je souhaiterais ajouter une indication : face à la difficulté d’assimiler les vagues d’immigration en provenance de l’Europe orientale et du bassin méditerranéen, l’Union a, à une période de son histoirre, à mis en place les lois des quotas pour limiter l’immigration aux émigrants d’origine de l’Europe de l’Ouest. De même, l’Union n’ayant pas réussi à assimiler les indiens, ceux-ci ont été éliminés de la conquête de l’Ouest américain. Pour les nordistes, les noirs étaient intégrables mais pas forcément assimilables ; pour les sudistes également, mais pour d’autres raisons, notamment économiques. D’ou deux variables d’analyse possibles : le facteur « espace vital » et le facteur « aptitude à s’adapter à une économie en expansion ».

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