Le séparatisme est un problème politique, pas économique

La lutte contre l’islam politique, en langage courant « l’islamisme », paraît nécessaire à une majorité croissante de Français. Les récents attentats et notamment l’assassinat du professeur Samuel Patty le 16 octobre 2020 pour avoir commenté les caricatures de Mahomet en illustration de la liberté d’expression, ont encore accru la sensibilité à cette question. D’où le projet de loi « contre le séparatisme » lancé par Emmanuel Macron et en discussion parlementaire en ce mois de février 2021.

Parallèlement est lancée “une charte des imams” où ces derniers s’engageraient à respecter la République, ses lois et leur esprit, dont l’égalité hommes femmes et le droit à la différence, sous-entendu de cesser de stigmatiser ceux qui quittent l’islam. Cette question fera l’objet d’un article distinct.

Le projet de loi est maintenant baptisé « loi sur les principes républicains ». C’est dommage, car le mot « séparatisme » est bien plus parlant, tandis que « les principes républicains » sont l’occasion de débats multiples qui brouillent l’objectif de la loi.

Une brève histoire des séparatismes

L’histoire est riche en séparatismes, parfois pacifiques, tel que celui du Québec, quand il a voulu quitter le Canada, mais en général meurtriers.

Le plus proche de la France et qui ne vient de se terminer que très récemment est le séparatisme basque en Espagne, sur notre frontière sud, où un parti politique, l’ETA, faisait régulièrement des attentats meurtriers contre « les représentants de l’État espagnol », c’est-à-dire des fonctionnaires, policiers ou autres. Rappelons qu’il est né à une époque où les Espagnols étaient très catholiques.

De même en Irlande du Nord où le Sinn Fein catholique a multiplié les attentats contre les partis protestants pendant les années 1960-90.

En France, et dans l’ensemble de l’Europe, il y a eu les attentats anarchistes pendant des décennies autour de 1900, les violences fascistes, surtout dans les années 1930, les prises de pouvoir réussies ou non des communistes, la plus sanglante, si on excepte les mondes russe et chinois, est celle de la guerre civile espagnole.

En France et en Italie le communisme a généré un “séparatisme social”, c’est-à-dire une contre–société largement distincte de la société nationale. 

Une contre-société vit plus ou moins en autarcie : chez les communistes des années 1950 ou certains musulmans aujourd’hui, il y a des associations sportives communautaires (scouts, des équipes « de quartier »), culturelles, charitables, parfois commerciales (boutiques halal). Il y a aussi une presse et des lectures conseillées (jadis Pif le chien -pas sa relance actuelle- pour les enfants communistes, où l’ouvrier est toujours maigre et le capitaliste gras avec cigare et haut-de-forme, aujourd’hui, ce que vous trouvez dans les librairies proche des mosquées, ou sur Internet). Avec bien sûr une pression sociale pour vérifier que vous utilisez tout cela.
Il y a aussi le réseau d’enseignants amis citant de « bons » exemples en cours, les syndicats, les patrons de thèse …. et la possibilité de faire carrière dans ces organisations ou filières communautaires ou partisanes.
Et si le responsable local est adroit ou bien « briefé », il reste dans la légalité et peut s’appuyer sur la liberté d’opinion.
On trouvera plus de détails dans l’article du Monde du 7 février de Bernard ROUGIER et les liens qui y figurent. Je rajoute avoir beaucoup de respect pour Mohamed Arkoun que j’ai écouté en son temps. Je rappelle qu’invité en Algérie par les modernistes, il a été obligé de se taire sous la pression des islamistes locaux.

L’islamisme rappelle ces anciens séparatismes

Certains éléments de ces séparatismes rappellent l’islamisme

  • une idéologie quasi religieuse pour le marxisme des anarchistes et des communistes, et l’ultranationalisme des fascistes, 
  • et la volonté de changer les règles de la société en profondeur, en créant dans un premier temps des bases territoriales ou sociales sous son contrôle.

Ces précédents historiques et la permanence de groupes violents d’extrême-gauche et d’extrême droite ont déclenché des ripostes gouvernementales qui vont de la surveillance et de l’infiltration policière tant qu’il n’y a pas de violence (en gros les communistes français et italiens de l’après deuxième guerre mondiale), à une répression policière violente lorsqu’il y a eu des attentats.

N’oublions pas que les anarchistes ont abattu de nombreux policiers et certains chefs d’État, dont le président de la république française Sadi Carnot en 1894. L’assassin était un anarchiste italien, ce qui a déclenché des émeutes anti italiennes, car à l’époque, les Italiens étaient considérés comme des immigrés « très différents culturellement ».

Le rôle du soutien des intellectuels

Dans les démocraties et notamment en France, ces séparatismes ont bénéficié d’importants soutiens intellectuels, de gauche pour les anarchistes et communistes, de droite pour les fascistes.

Les séparatistes profitent des principes de liberté d’opinions, notamment politiques ou religieuses, car il y a une continuité entre ces libertés et la fascination puis l’incitation au séparatisme et à la violence. La limite est juridiquement délicate à fixer.

Je cite souvent cette phrase célèbre qui s’applique à tous les séparatismes : « Au nom de vos principes, vous devez respecter mon opinion ; au nom des miens j’ai le droit de vous tuer »

Aujourd’hui le débat est avec les « islamo-gauchistes », qui estiment notamment que l’islam en France est une conséquence de la colonisation, et que les musulmans qui y résident sont donc « des victimes de l’impérialisme français« . S’attaquer à l’islamisme, selon eux, c’est être un nostalgique de l’empire colonial.

Du coup, notre ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, cherche à purger l’université de soi-disant recherches, qui sont en fait des propagandes. Elle se voit donc vigoureusement attaquée par des universitaires qui crient à « l’indépendance de la recherche ».

Le projet de loi en discussion

Le texte de ce projet de loi vient d’être voté en première lecture à l’Assemblée nationale. Il ira ensuite au Sénat où il sera probablement remanié, puis donnera lieu à une réflexion commune de deux chambres, qui vont encore le remanier. Ce qui suit n’est donc pas l’examen d’une loi qui n’existe pas encore, mais des considérations de principe qui ont été perdues de vue à mon avis. Si certaines vous semblent importantes, téléphonez rapidement à votre député !

Emmanuel Macron veut un texte « de reconquête républicaine » analogue à la loi de 1905 « pour lutter contre ces groupes et associations qui, au nom d’une idéologie, veulent sortir de la République ». Donc une idéologie et non une religion. D’autant que cette formulation veille à ne pas viser que l’islamisme pour limiter les critiques venant de la gauche. Le ministre de l’intérieur va plus loin : « il faut s’attaquer au terreau du terrorisme ».

Une réflexion un peu brutale de ma part : souvent l’islamisme est assimilé à l’islam, l’islam est assimilé aux banlieues, donc (pour la gauche) des gens discriminés, souvent chômeurs, pour qui « il faut faire quelque chose », tandis que (pour la droite) cette population des banlieues « est une conséquence de l’immigration qu’il faut arrêter d’urgence ». 

À mon avis ces deux approches peuvent soulever des questions importantes, mais en tenir compte dans cette loi serait contre-productif : il faut une loi simple pour qu’elle soit applicable donc efficace. Les questions des banlieues (ou « politique de la ville« ) et de l’immigration doivent être traitées ailleurs.

La lutte contre le séparatisme commence par le respect de la loi

Certaines dispositions font consensus

Certaines dispositions du projet de loi font consensus et je n’en parlerai pas : 

  • le renforcement de la laïcité dans la vie publique et les entreprises qui ont sont des délégataires, 
  • la protection accrue des agents publics, notamment les enseignants ; 
  • la lutte contre la polygamie, les mariages forcés, les certificats de virginité…  
  • un encadrement des associations : principes à respecter en cas de demande de subvention, élargissement des motifs de dissolution…
  • Les lieux de culte sont encouragés à choisir le statut de la loi 1905 qui encadre leur vie financière. Les dons de plus de 10 000 € devront être déclarés.

Le gouvernement envisage également de muscler l’article 31 de la loi de 1905 qui réprime les violences et menaces destinées à contraindre une personne à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte. C’est ce que subissent actuellement les musulmans voulant quitter leur religion, mais ce texte serait également à appliquer aux menaces aux restaurateurs servant de l’alcool, ouvrant pendant le ramadan, acceptant les femmes etc.

Voyons maintenant ce qui a fait débat.

L’objectif de la loi c’est l’islamisme, pas la réforme de la société

A gauche certains sont particulièrement attentif à éviter tout ce qui discriminerait, ou paraîtrait discriminer, l’islam et les musulmans (Mélenchon) ou estiment (le parti socialiste notamment) qu’il faut profiter de cette loi pour lutter contre les inégalités sociales touchant les immigrés. 

À mon avis, cela n’a rien à voir avec la lutte contre l’islamisme. Beaucoup d’activistes ne sont pas pauvres. En particulier, on peut citer le cas du fonctionnaire du ministère de l’intérieur qui a tué plusieurs collègues alors qu’il avait un poste de fonctionnaire qui le mettait à l’abri du besoin, de la précarité et des discriminations.

Il est bien évident que si la loi veut transformer les banlieues, il faudra des kilomètres de textes et de dispositions coûteuses, qui retarderont d’autant la lutte contre l’islamisme. Tout cela probablement sans atteindre l’objectif.

J’ai visité, notamment au Val fourré à Mantes, des quartiers réputés « à problèmes » qui avaient pourtant été parfaitement rénovés. De même pour celui de la Goutte d’Or à Paris. Ce n’est pas pour autant qu’un petit nombre cessera de virer à l’activisme sous l’influence de leur entourage ou des réseaux sociaux.

Certes des transports en commun commodes reliant certains « ghettos » avec le marché du travail seraient un progrès, et les travaux en cours du « Grand Paris » vont en améliorer beaucoup. Pour les autres infrastructures, c’est le problème des collectivités locales et non du domaine de la loi en général et encore moins de cette loi en particulier.

Bref, il ne faut pas « noyer le poisson » pour des raisons politiciennes.

Les querelles sur la nature de la laïcité

Une autre partie de la gauche reproche au projet de loi de ne pas être assez strict en matière de laïcité. 

Il y a en effet deux visions de cette dernière : l’une, antireligieuse, et l’autre de simple neutralité de l’État par rapport aux religions. Là aussi c’est un débat intéressant et chacun a essayé d’influencer le texte dans son sens.

À mon avis c’est encore une complication inutile : l’objectif est de lutter contre des personnes ou des groupes « séparatistes » et non de recycler une fois de plus cette querelle. 

La querelle sur l’immigration

A droite, on reproche au contraire à la loi d’ignorer « la continuité » entre islam et islamisme, voire entre islamisme et immigration. On demande donc de s’attaquer à cette dernière.

Là aussi, si les débats sur l’immigration sont justifiés et importants, je pense néanmoins que son éventuelle limitation, voire interdiction, n’aurait que très peu de conséquences sur l’islamisme en France et en Europe.

Cela pour plusieurs raisons.

  • D’abord le lien entre islam et immigration est à nuancer : une partie des immigrants ne sont pas musulmans, et une partie de la descendance des immigrés musulmans quitte l’islam (voir la note technique en bas de l’article). Mais, de même qu’on ne remarque pas les trains qui arrivent à l’heure, on ne s’intéresse pas à ceux qui ne sont plus musulmans, ou qui ne déclarent l’être que par solidarité familiale ou sociale, et non plus en tant que croyants.
    Cette disparition progressive de la religion, comme d’ailleurs celle, plus avancée, du christianisme ou du judaïsme en France, ne peut cependant pas être revendiquée par le politique, car cela pourrait donner l’impression qu’il s’en félicite alors qu’il doit rester neutre.
  • Ensuite parce que les liens entre islam et islamisme n’est évident que pour ceux qui ne connaissent pas les musulmans. Les islamistes sont en général détestés par la majorité des musulmans, et d’ailleurs sont nettement minoritaires lors des élections, qu’il s’agisse de listes identitaires en France ou de celles de partis islamistes à l’étranger. Accessoirement une partie des islamistes sont des convertis, donc sans aucun lien avec l’immigration.
  • Par ailleurs les islamistes sont presque toujours issus de la deuxième génération. Or cette dernière, ainsi que les suivantes sont composées de Français. Leur éducation, leur intégration et leur assimilation sont un problème français à régler par le gouvernement français. Et de toute façon on ne peut pas renvoyer des citoyens français islamistes dans les pays musulmans, car ils n’y seraient pas les bienvenus, ces pays faisant presque tous face a une opposition islamiste, et bien plus violemment que nous.
  • Enfin, contrairement à ce qui se dit, la France n’est pas du tout laxiste en matière d’immigration : demandez à un ami musulman citoyen d’un pays du Sud d’immigrer en France et vous verrez qu’il n’y arrivera pas. L’immigration en France est réservée aux proches parents, aux étudiants et à une poignée de cas particuliers, tels que les médecins par exemple, dont nous manquons cruellement. Les clandestins sont très visibles, surtout quand on les fait camper place de la République, mais ne sont en fait que quelques milliers.

Et ceux qui pensent que : « s’il n’y a plus d’immigration, il n’y aura plus de seconde génération issue de l’immigration » oublient plusieurs facteurs :

un énorme décalage dans le temps : même s’il n’y avait plus d’immigration, il faudrait attendre des décennies qu’il n’y ait plus de « deuxième génération ». Sans parler des générations suivantes, comme le disent ceux qui pensent, à tort, que l’islam se transmet éternellement d’une génération à l’autre.

un énorme gâchis humain entraînant une profonde récession, gâchis avec effet doublé d’une non moins énorme injustice : pourquoi se priver de quelques millions d’actifs : du personnel de protection, manœuvres et femmes de ménage à la base, aux médecins et cadres supérieurs au sommet ? Cela pour éviter quelques milliers ou dizaines de milliers d’activistes, dont une poignée de terroristes…

De toute façon même à immigration nulle, il resterait toujours des exceptions ou des convertis et quelques dizaines de fanatiques violents suffisent. Et il y aura toujours des milliers d’extrémistes de droite ou de gauche pour profiter de l’infrastructure des réseaux islamistes mondiaux, comme cela a déjà été le cas.

Le fait religieux dans le secteur privé

Les entreprises sont confrontées au « fait religieux », principalement mais pas exclusivement musulman : un tiers en permanence, un tiers occasionnellement, et le reste « jamais jusqu’à présent ». Les consultants se sont multipliés pour former les dirigeants aux lois et règlements régissant ce domaine, par exemple « le refus du port des signes religieux doit avoir une raison liée à la sécurité, à l’hygiène ou à l’image de l’entreprise ». (Les Échos du 11 février 2021)

Ce qui est purement religieux, par exemple une salle et des horaires de prière, se règle en général à l’amiable. Les consultants expliquent comment lutter contre ce qui est séparatisme, comme le refus de travailler avec une femme. 

La loi devrait alors avoir comme utilité de pouvoir se référer à des normes précises.

Les mécanismes de l’islamisme

Alors, si l’islamisme n’est que très vaguement lié à la situation dans les banlieues, où il est plutôt une des causes du désordre qu’une conséquence de la dégradation sociale, et qu’il est tout aussi vaguement lié à l’immigration, d’où vient-il ? 

L’observation des procès récents de terroristes passés à l’acte montre qu’en général, on passe de l’islam (éventuellement après conversion) à l’islamisme sous l’action de proches, cousins ou copains, parfois de certains imams, et surtout par internet, les trois se cumulant en général. 

Le tout agit sur la frange violente éternelle dans tous les pays, souvent organisée par des groupes bien structurés et offrant une vision du monde utopique, religieuse ou quasi religieuse (le marxisme, l’ultra-nationalisme).

Cela a touché toutes les religions, par exemple le christianisme du Moyen Âge avec des rémanences aujourd’hui, ou l’islam en France, du fait de l’absence de concurrence d’une spiritualité chrétienne : je viens d’en constater un cas.

Brefs certains islamologues, dont Olivier Roy, pensent que la cause première est le désir de violence, et que l’islam ne fait que donner un cadre ou un prétexte, comme jadis le marxisme ou le nationalisme.

Gilles Kepel dans son dernier ouvrage, Le prophète et la pandémie, évoque un « djihadisme d’atmosphère » largement propulsé par le président turc Erdogan, notamment en France, et dénonce dans ce livre « les islamo-gauchistes, postcoloniaux et autres intersectionnels tenant le haut du pavé à l’université qui interdisent toute approche critique » de l’islam politique.

Faut-il interdire l’école à la maison ?

S’attaquer à l’islamisme, c’est aussi s’attaquer à la formation des enfants par des islamistes, théoriquement « à la maison » et en pratique dans des écoles informelles. Le Monde du 12 février 2021 cite le Ministère de l’Éducation Nationale : « La moitié des enfants présents dans les écoles clandestines était officiellement déclarés comme instruits à domicile ».

D’où l’idée de rendre la scolarisation publique obligatoire. Mais on se heurte à une liberté bien établie, celle du choix d’instruire soi-même ses enfants, qui est vigoureusement défendue par des groupes de parents

Le projet de loi prévoyait donc l’interdiction de l’école à domicile, sauf exceptions individuelles. La réaction des parents attachés à cette formule a poussé à prévoir plutôt des exceptions générales, qui seront précisées par voie réglementaire. En bénéficier devra faire l’objet d’une demande. Il est également prévu de mettre en place un identifiant par élève hors scolarité « pour savoir où ils sont ».

Conclusion : l’islamisme est un problème politique 

Toutes les considérations non directement liées à la lutte contre l’islamisme, aussi intéressantes soient-elles, ne font qu’affaiblir la loi en la compliquant et en rendant son application plus délicate.

Concernant des mesures sociales en faveur des banlieues ou encore l’intégration de la deuxième génération de l’immigration, ce n’est pas qu’il n’y a rien à faire dans ces domaines, c’est simplement que le problème islamiste resterait entier.

L’expérience des extrémismes précédents, notamment anarchistes, communistes, fascistes, suggère plutôt une réaction policière doublée d’une réaction intellectuelle passant par l’enseignement, et un contrôle du contenu des médias s’appuyant sur des définitions juridiques, d’où l’utilité d’une loi. Nous verrons si celle-ci saura éviter les écueils que j’ai signalés.

L’islamisme est un problème politique, la loi doit donc être politique et non économique ou sociale ! 

Yves Montenay,
Auteur des Echos du Monde Musulman

 

***

Note technique : comment évaluer le nombre de personnes d’origine musulmane qui ne sont plus musulmanes aujourd’hui ?

Il n’y a bien sûr aucun moyen précis, mais voici quelques points de repère.

En 2017, d’après l’INSEE, il y avait environ 2,6 millions d’immigrés supposés musulmans d’après leur pays d’origine et une deuxième génération d’environ 3,3 millions, soit un total d’environ 6 millions auxquels il faudrait ajouter les générations suivantes (combien de millions ?). Et quid de ceux issus de mariages mixtes ? 

On voit que le calcul est impossible mais que l’ordre de grandeur de ceux qui sont « d’ascendance musulmane » est nettement supérieurs au nombre de musulmans se déclarant comme tels dans les sondages : ce nombre est de 4,5 à 5 millions, y compris un nombre non négligeable de Français « d’origine » convertis. 

De plus, ce chiffre est probablement exagéré, beaucoup d’intéressés, les « musulmans identitaires » se déclarant musulmans sans être croyants, pour des raisons de solidarité avec leur milieu familial ou social.

Finalement cela fait donc plusieurs millions de personnes qui « auraient dû » être musulmanes, mais qui ne le sont pas/plus.

Combien de millions exactement ? Impossible à savoir du fait des incertitudes relevées ci-dessus.

13 commentaires sur “Le séparatisme est un problème politique, pas économique”

  1. « La Charte des Imams » (sic). Que vaut cette charte ? Rien ! Elle n’engage que les imams qui l’ont accepté et qui pratique la ruse islamique : Dans la réalité musulmane ou islamique, c’est kif-kif ! L’Imām c’est littéralement le « guide »: c’est le chef de la communauté musulmane. Historiquement, c’est le terme le plus ancien qu’aient utilisé les musulmans pour désigner les premiers successeurs de Muhammad, avec l’expression amīr al-mu’minīn (« commandeur des croyants »), titre dont se pare aujourd’hui encore le roi du Maroc qui pratique, en grande pompe et esclaves noirs (la garde noire) le rituel de la prière du djemaa (vendredi).

    Chez les sunnites, majoritaires en France et en Europe et en Afrique du Nord, ce terme est devenu synonyme de calife, qui a fini par prévaloir dans l’usage courant. Selon la définition classique du juriste Abū l-Hasan al-Māwardī (m. 1058) « l’imamat est institué pour suppléer à la prophétie dans la sauvegarde de la religion et la gestion des affaires terrestres». L’imām doit donc préserver le message religieux révélé à Muhammad et veiller à l’administration de la communauté. Parmi les taches que les juristes sunnites lui confèrent, figurent l’administration de la justice, la fortification des frontières, la direction du jihad contre les ennemis de l’Islam, la prise du butin et la désignation des gouverneurs des provinces. En théorie, pour assumer de façon légitime la fonction d’imām, il faut être investi par la communauté à travers ses représentants, car personne ne peut vanter un droit intrinsèque à l’imamat. Le candidat en outre ne doit pas avoir de tare physique, il doit être juste, posséder les compétences nécessaires pour interpréter la loi, avoir les capacités pour gouverner, être doté de force et de courage pour diriger le jihad, ainsi qu’appartenir à la tribu des Quraych, d’où provenait Muhammad.

    En résumé la charte des imams n’engage que ceux qui se voilent la face, ou les ignorants. Pour finir il serait temps que les non musulmans finissent par comprendre qu’il n’y a qu’un seul Islam, que l’Islam est un tout et que parler d’un islam politique ou d’un islam religieux est une erreur, c’est pour nos dirigeants occidentaux une faute grave également proportionnelle à leur lâcheté ! Ils ne veulent pas de voile chez les musulmanes mais se voilent la vue !

    Je citerai comme exemple de parfaite Taquya ou ruse islamique les excés pleurnichards de l’Imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, formé dans les merdersas intégristes du Pakistan….Un lion islamiste, franco-tunisien, devenu après sa formation intégrale et intégriste, un mouton musulman, chez nous ? Qui peut le croire ?

    1. Merci d’avoir écrit tout ça, mais attendez mon article sur ce sujet. J’aimerais par contre avoir des réactions sur l’article présent qui se limite à l’examen du projet de loi.

  2. Je suis tombé sur votre post de blog… Je ne vais pas le commenter en détail mais vous dites quelques choses de juste quand vous dites qu’une signature des séparatisme et l’utilisation « asymétrique » des possibilités offertes par la loi en ce qui concerne la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que la tendance à vouloir créer des « bulles d’entre soi »… Je pense que c’est effectivement des éléments caractéristiques que l’on retrouve sur plein de tendance: à l’extrême gauche, à l’extrême droite mais aussi dans d’autres courants (le survivalisme par exemple est potentiellement porteur de ces mêmes dérives)… Evidemment, la pertinence de ces indices mériterait de faire l’objet d’une large étude transversale ainsi que historique.

    En revanche, je pense que vous êtes « à coté de la plaque » en ce qui concerne le fonctionnement des universités et l’affaire Vidal. Vous confondez deux choses: le questionnement des chercheurs d’une part, et les modalités de la recherche ou de l’enseignement qui « prolongent » ce questionnement.

    La liberté de questionnement est indispensable et ne doit pas être limitée car c’est précisément faire prendre à nos sociétés le risque de créer une ou des « bulles d’entre soi » idéologique. Nous avons besoin de questions dissonantes pour avancer… c’est vrai à l’intérieur des sujets de recherches déjà établis pour que la science évolue, mais aussi c’est aussi vrai pour la société globalement.

    Les modalités et les pratiques de la recherche et de l’enseignement sont en revanche encadrées par la loi, doivent respecter un certain nombre de principes républicains, éthiques, et satisfaire à des exigences de qualité. C’est précisément un des rôles du ministère en charge de la recherche et de l’université que d’être le garant de cela, et de garantir ainsi une recherche de qualité faite dans des conditions en accord avec les principes fixés par la loi.

    Un exemple qui fera consensus est celui de tout ce qui touche au génome: on ne doit pas s’interdire de se poser des questions de génétique, ni même de travailler dessus comme cela fut sous Lyssenko en ex-URSS… C’est une réalité scientifique établie qui est un champ de questionnement scientifique maintenant bien développé. En revanche, les modalités de la recherche génétique sont très encadrées: ainsi, le clonage humain ou l’introduction de mutations génétiques dans la population animale libre sont interdits. Et les articles scientifiques sont dument évalués par les pairs, comme dans les autres disciplines. De plus en plus, maintenant, on demande à ce que les séquences génétiques et les détails de protocoles soient rendues disponibles. On va d’ailleurs de plus en plus vers cette transparence sur les données expérimentales ou numériques qui sont utilisées dans les travaux scientifiques (y compris dans les sciences de l’homme et de la société).

    Depuis toujours, comme vous le savez, existe une dualité entre les travaux des recherches et les expressions publiques des universitaires ou des chercheurs. Ce n’est pas nouveau et la liberté d’expression accordée aux universitaires et chercheurs dans notre pays est précisément là pour permettre à ce que le débat public soit nourri par des réflexions d’experts. L’expert étant celui qui a publié des résultats dans des revues à comité de lectures, et s’est donc exposé à la critique et potentiellement à la réfutation par ses pairs.

    Mais le point important est que ce qui est dans le débat public n’est pas au même niveau qu’une littérature scientifique. Une tribune dans Le Monde n’est pas soumis au même contrôle de qualité qu’une publication dans Nature ou The Lancet. Elle n’a donc pas le même « poids » et je pense qu’il est crucial de rappeler cette différence. Une opinion est discutable, une publication scientifique est réfutable… La discussion peut être prolongée, la réfutation est en général définitive. Une tribune a donc un statut scientifique « faible » comparé à une publication scientifique, laquelle a elle même un statut plus faible qu’un consensus scientifique issu d’un large nombre de publications…

    C’est précisément cela qui permet d’assurer que les universitaires font bien leur travail: point n’est besoin de réguler les questionnements selon des critères qui reposeront de toutes façon sur un arbitraire, il faut en revanche veiller à ce que la qualité des travaux qui en découlent soit au rendez vous.

    En particulier, si on veut éviter que des coteries universitaires ne se mettent en place par des pratiques de validation « entre amis » de leurs travaux scientifique, c’est une affaire d’évaluation des pratiques de publication, de recrutement, d’évaluation des thèses etc… Et là, dessus, sur ces aspects qui relèvent des « modalités de la recherche et de l’enseignement », le ministère en charge des universités et de la recherche est fondé à tirer les choses vers le haut et à sanctionner d’éventuelles dérives. Mais c’est indépendant du sujet…

    Là où Frédérique Vidal a fait une faute lourde, et à mon avis inexcusable vu sa qualité d’universitaire, c’est d’avoir introduit une confusion des genres en rebondissant sur des tribunes d’opinions — une littérature au statut scientifique « faible » — pour justifier d’un processus d’enquête scientifique, portant donc sur des questionnements de recherche et des champs disciplinaires en pleine évolution.

    Ce type d’enquête existe dans le monde de la recherche mais il n’est mis en oeuvre que si une critique dument étayée a été émise par des pairs. Cela peut prendre la forme d’une accusation de fraude scientifique publiée sous forme d’un « commentaire » portant sur un ou plusieurs articles, ou d’une publication scientifique remettant en cause la méthode de la publication critiquée.

    Dans tous les cas, il doit s’agit d’un élément au statut scientifique « fort », c’est à dire revu par les pairs ou a minima qui soit réfutable par ceux ci.

    En aucun cas, un élément au statut scientifique « faible » ne peut servir à déclencher ce type d’enquête sinon on va vers du grand n’importe quoi… C’est ouvrir la porte à l’irruption des guerres de chappelles au sein du pouvoir politique et à l’instrumentalisation de celui ci par des intérêts particulier. C’est précisément faire le jeu d’une forme de « séparatisme scientifique »…

    Pour reprendre votre terminologie: il est très malsain de vouloir « purger l’université de certaines recherches ». En revanche, on doit traquer les mauvaise pratiques, quel que soit le champ disciplinaire. Ce n’est pas du tout du tout la même chose.

    1. Votre réponse rejoint d’autres réactions que j’ai eues sur les réseaux sociaux, et ça me surprend car je n’ai pratiquement pas parlé de cette question dans mon article et beaucoup plus de l’immigration par exemple. Si vous voulez que je développe un peu ici, je dirais que ma réaction QUI N’EST PAS DANS L’ARTICLE qui portait sur le projet de loi et pas sur l’enseignement supérieur, on a un conflit entre deux grands principes : l’indépendance de l’université, dont je suis un chaud partisan en tant que démocrate, et quelque chose pour lequel il faudrait trouver le bon vocabulaire. En tant qu’ancien chef d’entreprise je pense à l’abus de bien social (on utilise l’argent public pour une carrière personnelle, ou pire, au détriment de l’objet social) soit à la tromperie.
      Je pense que cet article a souffert de l’actualité qui était polarisée sur le conflit ministre/université. C’est dommage car il pose des questions importantes sur la nature de l’islamisme du terrorisme etc.

  3. En tant que citoyen, je suis heureux de vivre en démocratie et de profiter de la liberté d’expression et de création. En tant que contribuable, je suis attentif à ce que l’Etat fait de mes impôts. Je suis donc assez d’accord avec votre commentaire adressé à M. Degiovanni. Mais ce dernier, même s’il tape un peu à côté de la plaque (car votre article parlait essentiellement d’autre chose), fait des remarques judicieuses, dont la dernière que je retiens:  » il est très malsain de vouloir purger l’université de certaines recherches. En revanche, on doit traquer les mauvaises pratiques, quel que soit le champ disciplinaire ». Parmi ces « mauvaises pratiques » il faut quand même rappeler que l’habitude semble avoir été prise, par certains militants, d’interdire des conférences ou des spectacles, qui ne sont pas dans la ligne de leur idéologie : et, dans ce cas là, il s’agit bien de militants s’auto-étiquetant « de gauche », ou « alternatifs », ou » progressistes », etc. Il y a donc une réalité inacceptable dans les universités, mais la réaction à ce militantisme de type fasciste n’est pas dans la restriction des libertés académiques, d’autant que la formule d’ « Islamo-gauchisme » est assez ambiguë et génère plus de questions que d’adhésion populaire. La solution est plutôt dans l’obligation de respect des libertés, par tous les étudiants et par tous les professeurs dans les universités (J’ai connu, pour ma part, un prof de sociologie qui mettait systématiquement de mauvaises notes à ceux qui critiquaient les théories postcoloniales ! Donc, problème réel, là). Il faut aussi rappeler que la production universitaire (thèses, etc) peut s’avérer militante dans tous domaines et toutes disciplines (en Sciences Humaines ou Sociales, en particulier): je me souviens avoir lu une thèse (il y a quelques années) qui prétendait faire une sociologie de l’Astrologie et qui, en réalité, avait fait une apologie de cette pratique, sans que le jury s’en émeuve un minimum (Alain Touraine faisait d’ailleurs partie du jury). Ici, pas d »Islamo-gauchisme », mais thèse non scientifique et militante (cette thèse était sur Internet, à une époque). Il faudrait donc que Mme Vidal précise ce sur quoi elle voudrait que la Nation opère des contrôles: dans la production scientifique ou dans la libre circulation des idées au sein des universités ?

    1. Je suis d’accord.
      Je comprends néanmoins l’agacement de la ministre de voir des fonds publics détournés en propagande, mais je ne vois pas de solution simple. Avec mes 80 ans, je me souviens que ce détournement était une règle générale à l’époque du marxisme triomphant en milieu universitaire. Pour faire carrière il fallait afficher des publications marxistes.
      Plus tard une partie de ces universitaires ont complètement viré de bord (le plus connu est François Furet, mais j’en connais beaucoup d’autres !) et ont dénoncé leur « erreur de jeunesse ». Certains ont même dit « ayant pratiqué l’intoxication marxiste, je suis qualifié pour dénoncer celle des islamistes » ! D’autres se sont reconvertis « par continuité » dans le postcolonial par exemple

  4. Je pense que la solution au problème des « fonds publics détournés en propagande » est assez évidente et (d’ailleurs) inévitable: cibler et quantifier les fonds attribuées aux unités de recherche, selon la nature des recherches envisagées, et SURTOUT selon la quantité des recherches envisagées sur le même thème. C’est ce qui se fait déjà, mais peut-être est-ce mal fait: une nation ne peut pas, en effet, financer sans fin n’importe quoi et SURTOUT des recherches redondantes: manifestement, il y a plein d’UFR universitaires qui se sont spécialisées dans les recherches à la mode: racialisme, postcolonialisme, décolonialisme. Il y a véritablement une niche d’emplois (presque fictifs) dans cette thématique. L’erreur de Mme Vidal, c’est d’avoir ciblé un type de recherche (et non sa quantité) et, en +, de l’avoir ciblé avec un terme flou et militant. Pour aggraver le tout, elle a confié la tâche de faire un audit des recherches en cours à une institution (le CNRS) qui fait partie de ses cibles (et qui a tout de suite réagi à son injonction, en réfutant l’existence de recherches dites » islamo-gauchistes » chez elle). Comme s’il était cohérent de demander à un cigarettier de faire un audit sur les méfaits du tabac…! Il serait intéressant de voir aussi ce qui se passe à l’EHESS (en quantité attribuée à une thématique donnée). Tout ça me fait penser à cette séquence où le Pouvoir souhaitait inscrire « les aspects positifs de la colonisation » dans la…Constitution ! Mauvaise idée.

  5. bonjour
    pas de commentaire sur le fond de l’article, trop détaillé pour être traité en quelques mots.
    sur les exemples de séparatisme, vous ne nuancez pas (y a t il des bons et des mauvis séparatismes?). le sort indigne réservé aux catholiques en Irlande du nord et les multiples massacres historiques subis, expliquaient à mon avis, une réaction armée et violente.
    le thème de l' »islamo-gauchisme » qui fait rage dans l’information en ce moment est monté en épingle par des chercheurs qui poussent des cris d’orfraies alors que un contrôle du bon emploi des fonds publics est toujours le bienvenu (comme le dit Binh). ça rejoint les cris des magistrats du PNF qui ont fait des mises sur écoutes pendant des années pour essayer de piéger Sarkozy et jugent qu’enquêter sur ces pratiques relève de l’atteinte à la liberté de la justice.
    d’accord avec vous, il y a urgence à encadrer la pratique de l’islam en France et surtout à se défaire des influences extérieures telles Turquie et Qatar et Arabie SAoudite (laquelle semble modérer ses ardeurs ces derniers mois, par souci politique ou financier). il y a une majorité de musulmans non islamistes mais dans certains secteurs , l’islamisme semble s’imposer (je ne suis pas allé vérifier par moi même, je me réfère aux médias donc méfiance sur l’emballement).

    1. D’accord sur tout cela. Je pense aussi que l’Arabie aura moins d’argent pour financer les activistes, et n’a pas intérêt actuellement à se brouiller avec l’Occident. Les Saoudiens que je croise (rarement) me disent que ce n’est pas une action gouvernementale, mais que les princes se font rouler par de soi-disant associations charitables qui jouent sur les mots (qu’est-ce que « faire œuvre utile » ?). Je ne sais pas du tout si c’est vrai…

  6. Vous avez raison de critiquer la nouvelle formulation du projet de loi qui remplace « loi sur les séparatismes ». En effet, parler de « loi sur les principes républicains » revient à faire une dissertation sur la devise de la République, « Liberté, égalité, fraternité ». Parler de séparatisme implique de définir très précisément ce mot, quitte à préciser pour l’islamisme ou d’autres séparatismes (?). L’ambiguïté du mot islamisme est que et suffixe –isme est fréquemment et diversement utilisé (christianisme, strabisme, etc.). Dans certains cas, christianisme par exemple, il ne comporte pas (ou plus) de relent péjoratif, dans d’autres, comme optimisme, il est parfaitement neutre. Il faudra aussi une nuance entre séparatisme et autonomisme, l’autonomie n’étant pas nécessairement une séparation : la Bavière est un Land autonome, mais partie intégrante du « Grand Deutschland », patrie unie « wenn es stetz zum Schutz und Trutze brüderlich zusammenhält ». En général, l’autonomisme n’entraîne pas forcément la violence. Donc nécessaire également de définir précisément la liste des actes répréhensibles liés aux séparatismes. On ne peut pas réprimer une idée, on peut réprimer des actes.

    1. Bien d’accord, mais il m’aurait fallu une page de plus. Certains lecteurs me disent que je fais des messages trop longs !

  7. Bonsoir Monsieur Motenay,
    Merci pour cette mise au point.
    Je suis globalement d’accord avec ce texte.
    La loi ne vise pas une réforme de la société et tout ce qui s’en approche est hors sujet.
    Petite remarque sur le paragraphe « les querelles sur la nature de la laïcité » : j’aurais écrit, il y a deux visions l’une anti cléricale (et non anti religieuse) : le cléricalisme étant l’attitude conduisant le clergé à s’immiscer dans la gestion de la cité et la religion une affaire personnelle.
    Remarque plus importante concernant toujours le vocabulaire.
    Les mots laïcité et islamisme ou islam radical sont difficilement compréhensibles notamment à l’étranger.
    Le mot Laïcité se traduit dans la plupart des langues par une des nombreuses variantes de secularisme ce qui éloigne du sens français. La laïcité à la française est un particularisme (que je soutiens fortement). Pour un large public étranger, voire français, cette notion doit être précisée souvent.
    Les mots islamisme et islam radical sont aussi très mal compris, même en France et souvent confondus avec Islam tout court. Je pense qu’il convient de proscrire ces mots qui disent pourtant bien les choses pour leur substituer les mots djihadisme ou wahhabisme même si la connotation est différente. Mais, au moins, on ne confondrait pas le musulman paisible avec le poseur de bombes
    Ceci dit :
    • le Président Macron les a utilisé une vingtaine de fois dans le discours des Mureaux.
    • Ces termes, bien sûr, ne figurent pas dans le texte de lois qui met toute les formes de pensées à égalité.
    Enfin, un des moyens de lutter contre le djihadisme est de promouvoir l’islam paisible en mettant en valeur, en soutenant et en rapprochant les actions de quelques imans convaincus d’un islam respectant les lois de la République parmi lesquels ceux de Bordeaux, Tareq Oubrou et de Drancy Hassen Chalgoumi (c’est notre loi de 1905 qui arrive).

    1. Je suis tout à fait d’accord, y compris sur les difficultés de vocabulaire. En particulier nous rejoignons sur l’alliance avec l’islam paisible, alors que certains sur ma droite ricanent, et font le jeu des islamistes.
      Je reviens vocabulaire : tout à fait d’accord pour « cléricalisme » et pour islamistes on peut penser à « activistes », à condition que le contexte montre clairement de quel activisme il s’agit

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