2021 année des dictatures

2021 année des dictatures

Ce qui m’a frappé au cours de cette année 2021, ce n’est pas le virus, mais l’extension de l’autoritarisme sous sa forme dramatique comme sous sa forme rampante et bureaucratique. J’ai remarqué également la numérisation et le retour en force des marchés qui « se vengent » des dictatures notamment par l’inflation. Bien sûr, le virus a joué son rôle, mais il a plutôt été l’occasion que la raison de fond.

La violence autoritaire

Cette violence a gagné une grande partie du monde, et s’il fallait donner un premier prix, il reviendrait au Myanmar, connu en France sous le nom de Birmanie.

La junte militaire au pouvoir depuis des décennies avait concédé quelques miettes de responsabilités aux civils derrière Aung San Suu Kyi, dont le parti avait gagné les élections. Mais les militaires ont repris brutalement le pouvoir au prix d’une répression sanglante.

Leur pouvoir est néanmoins menacé : les désertions se multiplient et les démocrates rejoignent les armées de libération des peuples minoritaires en lutte contre le pouvoir central.

Revenons à notre analyse mondiale, en commençant par trois grands pays pesant sur la géopolitique mondiale : la Chine, la Russie et l’Inde

La Chine

Ce pays est peut-être le modèle mondial des dictatures par la modernité des techniques qu’elle emploie et leur succès, du moins jusqu’à présent.

Après la mort de Mao, la Chine est restée soumise à la dictature officielle et revendiquée du Parti communiste. Son autorité a été rappelée régulièrement, notamment à l’occasion de la répression de Tian’anmen en 1989.

Le Parti était toutefois passé progressivement d’un groupe idéologique répressif et violent à un embourgeoisement relatif parallèlement à l’explosion d’une économie capitaliste classique. Ce capitalisme avait été encouragé par un pouvoir communiste dictatorial, mais qui avait compris son intérêt pour le développement. Les chefs d’entreprise ou leurs représentants, ainsi que les grands diplômés entrèrent en masse au Parti laissant espérer une évolution moins autoritaire à long terme.

Tout a changé avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013 qui a progressivement accumulé tous les pouvoirs politiques, économiques et militaires et a réussi à s’abstraire de l’obligation de s’effacer devant une nouvelle équipe. Il se fait présenter dans la presse officielle comme un nouveau Mao. L’étude de « la pensée Xi » est maintenant obligatoire à tous les niveaux, et les enfants apprennent à lire dans des textes expliquant les bontés du grand-père Xi.

Affaire Jack Ma : est-ce la fin du capitalisme en Chine ?

Ce pouvoir personnel sans limites a tout naturellement évolué vers des positions d’orgueil et de nationalisme agressif, ce dernier ayant également l’avantage de faire oublier les difficultés de la population et son encadrement toujours plus strict, dont la pandémie aurait prouvé l’efficacité.

2021 a vu notamment la poursuite de la « rééducation » des Ouighours et, paraît-il, la stérilisation de leurs femmes, ainsi que la répression des démocrates de Hong Kong : limitation de la représentation de la population au gouvernement local réservé aux institutionnels ou aux « patriotes » pro-Pékin, fermeture des journaux indépendants, emprisonnement des récalcitrants, tandis que la pression s’accroît sur la démocratie taïwanaise.

La Russie passe de l’autocratie à la dictature

En Russie, il y a maintenant 20 ans que le pouvoir est entre les mains du seul Vladimir Poutine, qui resserre son contrôle de la population et réprime plus que jamais les opposants. Le principal d’entre eux, Alexeï Navalny qui a survécu à une tentative d’assassinat, est maintenant emprisonné.

La nouvelle loi « Internet souverain » donne à l’État le pouvoir de bloquer ou filtrer les sites, et de ralentir les vidéos, ce qui revient en pratique à empêcher leur diffusion : d’après Gregory Aslomov, cité par The Economist du 13 novembre 2021, il ne s’agit pas de faire, comme Pékin, une « muraille de Chine » autour de l’Internet russe, mais d’intervenir directement pour influencer les esprits et supprimer certains thèmes.

Mémorial, l’association russe (fondée il y a plus de 30 ans par l’ancien dissident soviétique Andrei Sakharov) la plus connue internationalement pour la reconstruction de l’histoire communiste vient d’être dissoute. Recevant de l’aide financière d’organisations démocratiques occidentales, elle a été cataloguée « agent de l’étranger ». Elle avait notamment exploité les archives ouvertes par Boris Eltsine et refermées quelques années après par Vladimir Poutine.

Finalement, 10 % du budget russe est affecté à la sécurité intérieure et il y a nettement plus de policiers au sens large que de militaires sous les armes. Et plus il y a d’espions internes, plus ils rapportent l’hostilité au régime, ce qui justifie encore plus de répression.

Là aussi le durcissement intérieur s’est conjugué à une agressivité croissante à l’extérieur avec le soutien au régime biélorusse, la continuation de celui à Bachar el-Assad en Syrie, les opérations du groupe Wagner dans plusieurs pays africains et maintenant au Mali, l’occupation du Donbass ukrainien et la concentration des troupes aux frontières de l’Ukraine.

L’Inde, de la démocratie à l’autoritarisme

L’Inde a longtemps été célébrée comme une grande démocratie, par opposition avec la Chine, malgré une certaine pagaille et un retard économique dès lors considérés comme le prix de la liberté.

En fait, ce retard découle du socialisme des premières décennies d’indépendance, très partiellement et tardivement corrigé depuis. Il est frappant de constater que le capitalisme chinois a eu les mains libres des décennies durant dans un pays communiste, alors que le capitalisme indien a été bridé par le socialisme et le corporatisme.

Certes, les bases démocratiques demeurent, avec des élections régulières et une presse libre. Mais le fonctionnement quotidien est de plus en plus pollué par la violence des activistes hindous envers les musulmans (au moins 15 % de la population) et les chrétiens (au moins 5 %).

Et comme le pouvoir central est lui-même entre les mains de ces activistes, il tolère ces violences et les agressions envers les opposants.

Iran, Turquie et Algérie : des soucis pour la France

Trois autres pays autoritaires se distinguent par leur importance géopolitique, et leurs interférences avec la politique française.

L’Iran

C’est un conservateur qui a été élu président de la République, les candidats réformistes ayant été écartés. De toute façon, le pouvoir suprême demeure entre les mains du « Guide » officiellement inspiré par Dieu.

La répression est toujours violente et détient le record mondial à côté la Chine du nombre d’exécutions capitales par million d’individus.

La baisse du niveau de vie est criante, en large partie du fait des sanctions américaines. Ces sanctions viennent des activités nucléaires de l’Iran, qui se rapproche de plus en plus de la fabrication d’une bombe atomique alors qu’il proclame la nécessité de la destruction d’Israël.

Mais la population estime par ailleurs que la présence militaire de l’Iran en Irak, en Syrie, au Liban, à Gaza et peut-être au Yémen coûte elle aussi très cher, et n’en voit pas l’intérêt.

Elle considère également que la situation actuelle privilégie la contrebande à grande échelle des « Gardiens de la Révolution », qui auraient le pouvoir de fait et n’auraient donc aucun intérêt à la normalisation économique.

La France participe à la tentative de relance des négociations : fin des sanctions contre renonciation à l’arme nucléaire, à la suite du retour des États-Unis.

Donald Trump s’était en effet retiré de cet accord parce que les Israéliens le jugeaient trop favorable à Téhéran. Du coup, l’Iran a cessé de respecter les limitations à son enrichissement d’uranium, et tout est à recommencer.

La Turquie

Le régime s’islamise de plus en plus, il est de moins en moins populaire et de plus en plus agressif à l’extérieur. Le pays est profondément divisé entre une moitié moderniste peu ou pas religieuse et une autre moitié traditionaliste flattée par le pouvoir. Mais, à en croire les sondages, la forte inflation fait basculer les traditionalistes dans l’opposition.

Le président cherche activement à redresser la barre d’ici les élections présidentielles de 2024 par des projets de travaux gigantesques, une politique monétaire laxiste, une épuration encore plus poussée et une pression accrue sur les derniers médias indépendants.

Et, comme ailleurs, il tente de se mettre en valeur par une politique étrangère agressive pour rallier un maximum d’électeurs derrière les drapeaux de l’islam et de la nation.

D’où, par exemple, ses menaces envers la Grèce, alliée de la France et son intervention via des mercenaires en Libye et en Syrie, deux anciennes provinces ottomanes.

La Turquie joue la carte antifrançaise en Afrique et profite de la dépréciation de sa monnaie pour y vendre ses armes, dont les fameux drones, qui ont permis à son allié turc azéri musulman de gagner la guerre contre l’Arménie chrétienne.

L’Algérie

Le mouvement populaire du Hirak a été stoppé par la pandémie, mais peut-être aussi par la lassitude, aucune autorité nouvelle n’ayant émergé, tandis les élections présidentielles et législatives où la participation a été très faible et qui auraient été truquées n’ont pas entamé le pouvoir de fait des militaires.

Ces derniers estiment que l’élimination du clan Bouteflika, ancien président décédé en 2021, est suffisante, et qu’il n’est pas nécessaire de changer le système économique ou politique. Mais l’épuisement des réserves de change se précise et commence à se concrétiser par une forte inflation.

Là encore, le pouvoir fait diversion en attaquant la France et le Maroc.

L’Algérie : une armée en quête de légitimité

Le maintien ou l’aggravation de l’autoritarisme dans le reste du monde

En Asie, Corée du Nord, Laos et Cambodge sont restés des dictatures staliniennes les Philippines et le Sri Lanka ont confirmé leur autoritarisme. En Afghanistan un régime inefficace et corrompu a été remplacé par une théocratie dictatoriale particulièrement violente, à en juger par les rares renseignements qui nous parviennent.

En Amérique latine, la dictature cubaine s’est maintenue après la répression des manifestations de cet été et le régime autoritaire et celle du Venezuela également, où une grande partie de sa population a quitté le pays .

En Afrique

  • le Soudan est passé d’une dictature islamiste à une dictature militaire,
  • En Guinée, un coup d’état militaire a éliminé le président Alpha Condé qui s’était représenté une quatrième fois malgré les limites constitutionnelles,
  • En Éthiopie le premier ministre, Abiy Ahmed, pourtant titulaire du prix Nobel de la paix, a lancé le pays dans la guerre civile en attaquant la province du Tigré, réveillant d’autres conflits ethniques dans ce pays profondément divisé entre plusieurs peuples chrétiens et musulmans,

Que les autres multiples autocrates que j’ai oubliés me pardonnent !

Attardons-nous sur le cas du Mali, pays en froid avec la France, malgré le soutien militaire que nous lui apportons.

Le repli de la France au Sahel

Il y a eu un coup d’état militaire, puis un deuxième remaniant l’équipe au pouvoir au profit des proches de la Russie. Ces derniers ont fait appel aux mercenaires russes du groupe Wagner.

La junte argue de manifestations en sa faveur, que la rumeur publique estime lui coûter 1,5 à 3 euros par manifestants et par jour.

À mon avis, les Maliens une fois déçus auront du mal à se débarrasser d’une junte soutenue par des mercenaires russes.

Y a-t-il également une dérive autoritaire dans les démocraties ?

Oui, mais elle est souvent demandée ou supportée par une partie de la population, d’abord pour des raisons sanitaires, ensuite pour des raisons sécuritaires.

Mais les exemples donnés sont tellement mineurs par rapport au comportement des forces de l’ordre et de la justice dans les pays dictatoriaux ou autoritaires qu’il m’a paru indécent de les évoquer dans le même article.

Faut-il par exemple parler de dictature en France pour un contrôle au faciès sans brutalité (sinon il y a condamnation du policier) avec la permission de tuer sans sommation telle qu’elle est pratiquée par exemple en Birmanie ?

Faut-il comparer un comportement verbal jugé arrogant (ce qui se discute) d’un responsable français, voire d’un « blanc » envers un Africain, avec l’envoi des troupes coloniales russes tirant à vue en ce mois de janvier 2022 au Kazakhstan ?

Les citoyens des pays occidentaux qui crient à la dictature de leur pays me donnent parfois l’impression de ne pas savoir ce que c’est.

 

Passons au deuxième mouvement de fond de l’année 2021 : l’accélération mondiale de la numérisation.

La numérisation

La numérisation est une évolution  qui a commencé il y a longtemps, mais dont on s’aperçoit, par exemple à l’occasion du télétravail, qu’elle n’était pas aussi générale qu’on pouvait l’imaginer.

Elle s’accélère, transformant les rapports sociaux et familiaux.

Cette numérisation a permis de limiter les dégâts économiques de la pandémie, mais elle a également conforté les dictatures en leur donnant des moyens accrus de contrôle des populations.

Elle a également entraîné les dérives que nous constatons tous des réseaux sociaux, mais, encore une fois, ces dérives sont tout à fait secondaires par rapport à l’usage ou l’interdiction de ces réseaux dans les dictatures !

 

À côté de cette évolution importante, mais prévisible, ce que je retiens de l’année 2021 est que ce sont finalement des marchés, et donc l’inflation, qui sont le principal problème des dictatures. Pourquoi ?

L’inflation, revanche du réel sur les dictatures

Nous avons perdu l’habitude de l’inflation et sommes surpris de son retour. C’était pourtant prévisible.

La reprise et l’inflation paieront la dette

En quoi consiste l’inflation ? C’est un rationnement spontané par une hausse des prix, qui écarte les acheteurs les plus modestes jusqu’au moment où la demande est réduite au niveau de l’offre.

Or, l’offre a été réduite dans un premier temps par les confinements alors que, côté demande, il n’y a pas eu la même réduction. Ainsi, en France, presque tous les actifs ont reçu autant d’argent que s’ils avaient produit.

Dans un deuxième temps, les gouvernants ont appris à lutter contre le virus sans trop paralyser l’économie et la reprise a eu lieu, en étant alimentée au-delà de la normale par l’épargne forcée des ménages. En effet, ces derniers ont eu des revenus presque normaux tout en consommant moins, notamment en tourisme et déplacements.

Cela a été aggravé par le fait qu’une partie de l’offre étant produite au loin (en Chine par exemple), les capacités de transport ont vite été saturées, car les quais des ports, les voies de chemin de fer, les navires, les wagons sont formatés pour des quantités habituelles, et qu’il faut des années pour augmenter les capacités de transport ou pour ouvrir une mine, si on pense aux matériaux basiques (cuivre) ou précieux (rhodium, palladium, lithium, or) présents dans l’électronique.

Dans un premier temps, ce sont les industriels et les transporteurs qui ont été gênés, et ont donc renchéri les uns contre les autres pour obtenir leurs produits. Dans un deuxième temps, ce renchérissement a gagné la vente au détail et les consommateurs.

Je veux attirer l’attention sur le fait que tout cela est une question physique et non financière : il faut des hommes au travail et des capacités de transport. Ce n’est pas une question d’argent. Le rôle de ce dernier est de donner priorité à ceux qui en ont, même s’ils n’ont pas produit comme en France et ailleurs.

Et les dictatures n’y peuvent rien : il ne suffit pas de tirer sur la foule pour produire des aliments ou toute autre chose.

En Turquie, par exemple, l’inflation a été de 40 à 70 % pour de nombreux produits de base.

Au Kazakhstan, c’est la hausse des prix qui a déclenché la révolte contre Noursoultan Nazarbaïev au pouvoir depuis avant l’indépendance (la chute de l’URSS en 1990) !

Le cas de la Chine

Remarquons que le déséquilibre entre l’offre et la demande peut être de sens inverse : en Chine, l’immobilier s’est développé à toute vitesse, bien au-delà, semble-t-il, du nombre de jeunes à loger. Cela vient notamment du « copinage » entre promoteurs et politiques, copinage qui vient d’être en partie rompu quand le gouvernement a constaté l’étendue des dégâts.

J’ai là l’occasion de vous rappeler qu’une partie de la croissance chinoise n’existait que sur le papier : construire des immeubles augmente certes le PNB, mais s’ils ne sont pas habités, il y a quelque part en face, dans des banques publiques « amies », d’énormes dettes qu’il faudrait déduire de la croissance, mais que l’on met « sous le tapis ».

Idem pour les TGV et les autoroutes qui n’augmentent véritablement la richesse que s’ils sont massivement fréquentés… et le raisonnement peut être étendu aux panneaux solaires, aux aciéries, au béton qu’il faut fourguer à l’étranger par l’exportation ou via certaines « routes de la soie ».

Les armes et moyens d’influence de la Chine à l’étranger

Et celui de « la dictature verte »

Remarquons aussi que parmi les blocages de l’offre, on trouve non seulement le virus, mais aussi les partis « verts » : en poussant à la fermeture du nucléaire, non seulement en Allemagne où cela devient catastrophique, mais aussi en Italie, en Espagne, en Belgique et un peu en France (cet hiver nous avons deux centrales en réparation et regrettons la fermeture de Fessenheim !)

Résultat : l’Europe dépend du gaz russe, ce qui explique en partie l’agressivité de Vladimir Poutine qui nous sent en position de faiblesse.

 

Le point commun avec l’action des dictatures est de prendre des décisions politiques au lieu de se laisser guider par les marchés.

2021 a rappelé des réalités désagréables

D’abord, que les dictatures gagnent du terrain dans le monde et n’hésitent pas employer la force contre leurs propres peuples… ou des voisins supposés en faire partie. Voir la possible guerre de la Russie contre l’Ukraine et de la Chine contre Taiwan.

C’est la fin de l’utopie du « doux commerce » selon laquelle les échanges entre pays devraient mener automatiquement à la paix et à la libéralisation politique et économique. Cette idée reste forte en Allemagne, qu’il ne faut pas « soumettre les exportations à la politique » et ce sera une des difficultés que rencontrera Emmanuel Macron au cours de sa présidence de l’Europe.

Pourtant la Chine montre que l’on peut échanger avec le monde entier et rester néanmoins une dictature féroce.

L’autre leçon de 2021 est qu’on ne peut pas tricher avec les réalités physiques que sont le nombre des hommes et leurs qualifications, la disponibilité des infrastructures, l’exploitation des mines, etc.

Les dictateurs habitués à donner des ordres à l’économie pourront dès 2022 buter sur ces problèmes et l‘inflation qui en résultera, alors qu’ils seront plus facilement résolus par le marché dans les démocraties.

Yves Montenay

7 commentaires sur “2021 année des dictatures”

  1. Toujours aussi intéressant et explique le fond des choses !
    On en est tous conscients mais tout d’un coup on se rend compte que le monde entier se radicalise !
    Traduction des comportements personnels d ailleurs

  2. Le monde se radicalise. Oui pour plusieurs raisons.
    – Les revenus pétroliers ont donné à certains une puissance doublée de l’envie de reprendre le combat pour la domination de l’islam telle que Salah Abdeslam le dit sans détour à son procès en revendiquant ses actes: »On ne vise pas les musulmans, on ne vise que les mécréants», déclare-t-il à Aminata, qui vient de témoigner. Toutes les terres d’islam sont confrontées au même problème et chacun le traite à sa façon mais le plus souvent avec des armes. La sanglante révolution algérienne a fait des centaines de milliers de morts. La Chine a une frontière commune avec l’Afghanistan. En Birmanie, en Inde, les minorités ne se font pas oublier. Boko Arram enlève des petites filles. La Turquie s’islamise de plus en plus. Nous sommes sans doute dans cette phase que vous avez soulignée, il y a peu, d’un islam qui se tortille dans ses contradictions entre la modernité et le passé.
    – La démocratie voit surgir des mouvements extrêmes dans ses paroles, dans ses revendications, dans ses expressions. A écouter certains, eux seuls détiennent la « Vérité ». Et tout propos s’éloignant de cette « Vérité autoproclamée» doit être condamné, sinon interdit, et le lynchage médiatique devient une nouvelle potence. Pour d’autres ce sera l’attaque du Capitole, ou des manifs qui brisent tout sur leur passage.
    – Dans certains pays forts la démocratie qui pouvait parfois passer le bout du nez, espérer grandir et participer aux destinées du pays devient ainsi dangereuse et doit être écrasée, au pilon, évidemment.
    – Chacune des très grandes nations veut sa part de ce qui est à prendre et certaines n’hésitent pas à utiliser tous les moyens pour y parvenir, entraînant, par le jeu naturel des ambitions humaines, des luttes d’intérêts aux formes les plus diverses.
    Qu’en sortira-t-il au final? On peut espérer sur bien des points. L’éveil progressif de chacun, le sport qui sort de ses pays d’origine, l’art, la musique…sera-ce-suffisant pour adoucir nos mœurs? Allez savoir!
    Malheureusement l’inflation va jouer les trouble-fêtes. Vous l’avez très bien analysée et tout commentaire serait superflu.

  3. Bien sûr les dictatures ne sont pas comparables. En Occident, et particulièrement en France, nous avons en fait des chefs d’Etat et des gouvernements sous idéologie socialiste, tout comme les organismes européens le sont aussi. La justice, l’éducation, la santé et même la sphère commerciale sont sous le joug de l’idéologie. L’initiative individuelle n’est presque plus possible sauf à vivre misérablement (auto entrepreneurs). La fiscalité punitive éteint toute créativité. La justice est moins sévère avec l’assassin que pour un délit mineur et tant qu’à faire avec un blanc. L’école où se baladent sans ales parents ne sachent ce qu’il s’y passe, reçoit des représentants LGBT, et autres associations douteuses mais jamais un chef d’entreprise ! Comment se fait il que presque plus aucun commerce excepté le luxe ne soit ethnique ?
    Pour bloquer le changement, Hollande a mis fin à l’anonymat des parrainages, etc… L’addition de tous ces empêchements fait que la coupe est pleine. Que même des modérés ont compris qu’une transition est nécessaire pour se débarrasser de la pieuvre qu’est l’internationale socialiste.

  4. Mr Montenay,
    Je reviens sur un point d’actualité.
    Vous écriviez « L’Europe dépend du gaz russe, ce qui explique en partie l’agressivité de Vladimir Poutine qui nous sent en position de faiblesse ».
    Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, accuse la Russie de, pour des raisons politiques, délibérément restreindre l’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe dont elle est le principal fournisseur alors qu’elle pourrait en fournir bien plus, précisant :«Il y a une grande tension sur le marché européen du gaz en raison du comportement de la Russie; Nous voyons de nombreux éléments qui pointent vers un resserrement artificiel du marché européen du gaz qui semble être lié au comportement du fournisseur de gaz russe contrôlé par l’Etat. Contrairement à d’autres fournisseurs par gazoducs -comme l’Algérie, l’Azerbaïdjan et la Norvège- la Russie a réduit ses exportations vers l’Europe de 25% en dépit des niveaux élevés des prix du gaz naturel ». ajoute-t-il, estimant que la Russie pourrait facilement augmenter ses livraisons de gaz à l’Europe, d’au moins un tiers par rapport aux niveaux actuels, soulignant le faible niveau des réserves de gaz dans l’Union européenne ».
    Qu’en pensez-vous?

    1. C’est une bonne question. Naturellement je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais il me semble parfaitement logique que Poutine montre sa puissance en ralentissant volontairement les livraisons de gaz, au moment où il fait pression sur l’union européenne et l’OTAN. À mon avis les écologistes allemands ont piégé l’Europe en décidant de fermer leur nucléaire, et en poussant la France la Belgique et l’Espagne en faire autant.

  5. Oui, il s’agit d’un message très fort quand on peut lire : » Ce mardi, le porte-parole de la Maison Blanche a dévoilé «qu’aucune option n’est exclue» pour répondre à une attaque de la Russie sur l’Ukraine. La Russie peut attaquer l’Ukraine «à tout moment», a-t-il considéré.
    Dans ce jeu terrible de la menace d’une guerre russo-américaine qui se ferait pour partie sur les dos des européens je vois la lueur d’espoir d’un consensus définitif sur le nucléaire actualisé qui, seul, peut nous donner notre autonomie énergétique. Mais les erreurs du passé vont mettre quelques années pour être rattrapées et si nous sommes coupés de notre approvisionnement en gaz russe nous allons beaucoup souffrir et les allemands qui sont nos plus grands adversaires sur le terrain nucléaire risquent d’en pâtir encore plus sachant qu’actuellement l’Europe est déjà sous la menace de coupures d’électricité si le temps se rafraichissait.

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