La francophonie victime du communisme et de l'islamisme

La francophonie victime du communisme et de l’islamisme

Au 19e siècle, le français était langue internationale à plusieurs titres. C’était la langue des traités, celle de la noblesse et de la grande bourgeoisie européenne, mais aussi turque, égyptienne, libanaise et dans une moindre mesure tunisienne (avant la colonisation pour ces deux derniers pays). Avec les mouvements démocratiques ou révolutionnaires, toujours au 19e siècle, elle était en train de gagner de plus larges publics.

Mais les bouleversements politiques de la première guerre mondiale et de ses conséquences jusqu’à aujourd’hui lui ont coûté cher. Et en particulier les révolutions communistes.

Le communisme et la francophonie russe

Le français était très implanté en Russie, où ceux qui disposaient de quelques moyens « importaient » une nounou puis un précepteur francophone. Tolstoï, dans « Guerre et Paix » qui décrit la Russie face à Napoléon précise sans cesse « il dit en français… », « il revint au russe pour une plaisanterie un peu leste ». Plus tard, Alexandre Dumas se flattait d’avoir parcouru la Russie pour faire des conférences, exclusivement en français bien entendu.

La révolution soviétique a tué ou exilé les nobles et grands bourgeois francophones. Dans ma jeunesse, on parlait des vieux princes russes chauffeurs de taxi. Les uns se sont fondus dans la population française et d’autres ont maintenu une activité francophone aux États-Unis : leur disparition est une des raisons de la baisse cette activité depuis quelques décennies.

Des personnes plus modestes ont maintenu un intérêt pour le français en Russie, mais ce n’est plus qu’une langue étrangère encore prestigieuse.

Europe Est- Ouest
Europe Est- Ouest (1948-62)

Les autres communismes européens

De même, la prise de pouvoir en Europe centrale et orientale par les communistes en 1945 – 47 a éliminé la noblesse et la bourgeoisie francophone. Et cela a été accentué par l’obligation de l’apprentissage du russe.

Cela a touché les trois pays baltes (l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie), la Pologne, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Bulgarie.

Avec une exception toutefois : la Roumanie. Le communisme particulièrement dictatorial de Nicolas Ceausescu était doublé d’un nationalisme sourcilleux. Il s’opposa à la généralisation du russe et accentua au contraire l’enseignement du français, déjà très répandu.

Je suis allé plusieurs fois en Roumanie communiste et ai pu m’entretenir en français avec des gens de tous niveaux jusqu’au fond des campagnes.

Lors de la chute du communisme, les derniers francophones d’Europe centrale et orientale hors Roumanie avaient environ 60 ans, ce qui a pu faire illusion un certain temps. Mais la grande affaire fut le remplacement du russe par l’anglais grâce à un déluge de bourses et de subventions à des associations étudiantes de la part des États-Unis.

C’est une des raisons de la progression de l’anglais à Bruxelles : un haut fonctionnaire tchèque et son homologue estonien n’ont rien de commun linguistiquement, à part leurs études dans une université américaine. Ils communiquent donc spontanément en anglais pendant leur travail, ce qui s’ajoute aux autres raisons de l’invasion de l’anglais dans les organes de la commission européenne. Invasion qui demeure malgré le Brexit.

Etant retourné en Roumanie dans les années 1990, j’ai pu continuer à y travailler en français, mais l’offensive anglophone y était déjà puissante, et a redoublé avec l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne.

Il reste dans ce pays plusieurs filières francophones importantes, notamment en médecine et grâce à certaines entreprises, dont Renault, mais le basculement est très avancé dans la jeunesse.

Le cas du Vietnam, du Laos et du Cambodge

Au Vietnam

Au Vietnam, le français était bien implanté et de nombreux Vietnamiens se sont illustrés dans les sciences ou la littérature francophone. Ho Chi Minh lui-même semble n’avoir lu que des livres en français, comme en témoigne la bibliothèque de sa maison devenue musée.

Comme dans les autres pays communistes, les suites de la prise de pouvoir ont été le meurtre ou l’exil d’une bonne partie des francophones.

Mais une deuxième raison semble s’y être ajoutée plus qu’ailleurs : l’éradication obstinée de toute pensée « impure » que ce soit en français ou en langue vietnamienne traditionnelle.

En effet, comme dans d’autres pays communistes et comme ce fut très bien écrit par Georges Orwell dans « 1984 », le pouvoir change la langue et cela rend difficilement compréhensible la littérature traditionnelle qui aurait pu s’opposer au lavage de cerveau…

Les francophones s’exilèrent en France, mais aussi aux États-Unis.

Lors de mes séjours dans ce pays dans les années 1980, on entendait Édith Piaf ou Aznavour dans la banlieue sud de Los Angeles. Il n’est malheureusement pas évident que ces Vietnamiens aient transmis leur francophonie à leurs enfants…

L’échec du régime communiste vietnamien, concrétisé par une disette aiguë, comme en URSS, puis en Chine et pour les mêmes raisons, l’obligea à s’ouvrir aux investissements étrangers à partir de 1989, suivant en cela avec retard l’évolution chinoise.

Mais le monde était devenu anglophone entre-temps et la langue commune entre les investisseurs taïwanais, japonais ou autres asiatiques non francophones d’une part, et les cadres Vietnamiens d’autre part fut assez naturellement l’anglais.

Demeure néanmoins une certaine coopération avec la France notamment en matière médicale, et le militantisme francophone d’un petit nombre d’écoles du Sud-Vietnam

Au Laos

Yves Montenay au Laos (1974)
Yves Montenay au Laos (1974)

Au Laos, la prise de pouvoir par les communistes en 1974 (j’y étais) déclencha le même mouvement d’exil des cadres francophones. Il suffisait de franchir le Mékong à la nage pour se retrouver en sécurité en Thaïlande.

Je suis retourné dans ce pays en 1984, lors de la libération des cadres non communistes massivement condamnés à 10 ans de prison, ce qui a entraîné un regain de la francophonie, avec l’implantation de quelques écoles et la fondation de l’ENA laotienne, en continuité d’une école française préexistante.

Mais, depuis, le pays est entre les mains des Chinois de Thaïlande dont la francophonie ne me paraît pas évidente.

Au Cambodge

Au Cambodge, le massacre des francophones a été encore plus direct.

Au lendemain du transfert de la population de Phnom Penh en 1976 dans les camps khmers rouges, il y a eu un appel : « nous avons besoin de francophones, levez la main ». De nombreuses mains se levèrent en espérant un régime de faveur, car il était clair que la famine allait décimer les camps.

Les intéressés furent invités à rencontrer immédiatement l’administration et on ne les revit jamais. Depuis plus personne n’avoua parler français jusqu’à la chute du régime en 1979.

Revenu alors dans ce pays, je tombai sur un coopérant australien distribuant l’aide internationale.

À ma question « Pourquoi faites-vous votre formation en anglais, alors que vos interlocuteurs ne connaissent pas cette langue et que certains sont francophones ? », j’eus droit en retour à « Sale colonialiste, vous n’avez pas compris que votre temps était fini ?! ».

Le cas du Maghreb

Au Maghreb, on ne peut pas vraiment parler de communisme, puisque ce dernier est athée alors que les régimes des trois pays s’appuient sur l’islam.

Néanmoins l’influence de l’URSS en Algérie, ainsi que celle de la frange intellectuelle anticolonialiste française, notamment représentée par « les pieds rouges », poussa à socialiser les régimes.

Cette mode passa vite au Maroc, moins vite en Tunisie, où elle a laissé des traces, et il fallut une réaction vigoureuse de Bourguiba pour en sortir.

Mais l’Algérie y patauge toujours et les entreprises françaises ont disparu du pays, alors qu’elles sont encore nombreuses en Tunisie et au Maroc, où elles fonctionnent en français.

Ce qui explique que le Maroc soit aujourd’hui vraisemblablement plus francophone que l’Algérie et vienne même de réimplanter le français dans l’enseignement des sciences au lycée à partir de la seconde.

Au socialisme, en déclin, se substitue maintenant comme ennemi du français l’islamisme qui progresse dans de nombreux milieux maghrébins.

Il y eu d’abord dans les années 1970 l’arabisation de l’enseignement, due au contexte de l’époque plus qu’à l’islamisme proprement dit. Par contre sa mise en œuvre fut largement faite par des enseignants envoyés par l’Égypte, souvent des Frères musulmans ou sympathisants dont ce pays voulait se débarrasser. Pendant la guerre civile algérienne de la dernière décennie du XXe siècle, ce sont bien les insurgés islamistes qui ont égorgé des enseignantes de français, devenu « langue étrangère » si bien que toujours largement pratiqué : une femme qui travaille et enseigne une langue impie est doublement coupable. Ensuite l’influence importante des islamistes au sommet de l’État, en Algérie surtout, pousse à l’éradication du français dans l’enseignement supérieur scientifique (les autres branches étant arabisées) et à l’anglicisation dans les trois pays.

Plus au sud, l’influence de l’URSS n’a été que momentanée, mais c’est maintenant le djihadisme, c’est-à-dire les diverses branches armées de l’islamisme qui est à l’offensive.

L’Afrique subsaharienne échappe au communisme

L’action anticoloniale du communisme international découle notamment d’une erreur d’analyse économique de Lénine. Ce dernier, comme une partie de l’élite française, était persuadé que la prospérité occidentale venait de l’exploitation de ses colonies. Pour le triomphe du communisme il fallait donc pousser ces dernières à l’indépendance, et le capitalisme s’écroulerait de lui-même.

En Indochine, l’appui de la Chine communiste explique le succès des régimes locaux. Nous venons de voir le cas du Maghreb, reste celui de l’Afrique subsaharienne.

Dès les années 1930, il y eu un grand effort de séduction par l’URSS des élites montantes d’Afrique subsaharienne et des Antilles, qui n’étaient alors pas encore départements français, afin de générer des indépendances communistes.

La deuxième guerre mondiale retarda d’une dizaine d’années ces projets, ensuite les autonomies croissantes conçues par De Gaulle puis organisées par la IVe République, donnèrent un rôle croissant à ces élites, ce qui mena une partie d’entre elles à abandonner leurs mentors soviétiques.

Ce fut le cas de Senghor, d’Houphouët-Boigny et, en Martinique, d’Aimé Césaire, resté à gauche mais rallié au départementalisme.

Et nous retrouvons ainsi Senghor, devenu président du Sénégal, Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, Habib Bourguiba, président de la Tunisie et Amani Diori, président du Niger, lancer la francophonie en 1970.

Bourguiba, Amani Dori, Norodom Sihanouk et Senghor
Habib Bourguiba, Amani Dori, Norodom Sihanouk et Léopold Sédar Senghor (source OIF)

Les anciennes colonies françaises et belges ont été scolarisées en français. Or « ma » règle expérimentale selon laquelle trois générations de scolarisation dans la langue officielle transforment cette dernière en langue maternelle commence à jouer massivement en Afrique. Aujourd’hui, la majorité des 300 millions de francophones mondiaux sont africains, subsahariens surtout, et ils seront bientôt 500 millions.

Afrique francophone – mars 2018

Nous sommes dans une situation entièrement nouvelle où la situation du français dépend de sa situation en Afrique subsaharienne, et notamment de décisions de gouvernements n’ayant pas toujours la gouvernance comme premier souci.

Un exemple préoccupant est la brusque « défection » du Rwanda qui est passé du français à l’anglais dans l’enseignement public au début des années 2000 pour favoriser la prospérité du groupe anglophone qui avait pris le pouvoir. Et une pression médiatique s’exerce un peu partout sous le double prétexte de la liquidation de l’héritage colonial et d’un développement économique qui serait favorisé par l’adoption de l’anglais, idée fausse, mais sans cesse reprise dans les réseaux sociaux antifrançais.

Cette multiplication des francophones africains est donc à la fois une chance et un risque considérable. Sans l’Afrique, la francophonie de langue maternelle se réduirait à moins d’une centaine de millions personnes principalement en France et au Québec, donc peu représentative de la population mondiale, et sans rôle international.

Or voici qu’apparaît un nouveau péril, le djihadisme, branche violente de l’islamisme.

La menace islamiste contre la francophonie africaine

La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans éclaire dramatiquement ce qui se passe au Sahel : la disparition de la scolarisation des femmes dans les zones dont les gouvernements perdent le peu de contrôle qu’ils avaient, et où cette scolarisation est récente et partielle, donc n’avait pas encore eu de conséquences linguistiques.

En effet la première mesure des djihadistes lors de leur contrôle d’un nouveau territoire est d’interdire la scolarisation des filles, soit totalement, soit jusqu’à 9 ou 12 ans. Et la scolarisation, pour les filles comme pour les garçons, est souvent celle des écoles coraniques, c’est-à-dire où la matière principale est l’apprentissage du Coran et de la langue arabe. Et non du français ou de la langue locale.

Etat Islamique au Mali
Etat Islamique au Mali

L’objet du présent article n’est pas d’en discuter l’impact sur le développement et la fécondité (les filles doivent être mariées dès la puberté, les femmes ne peuvent travailler et ne doivent sortir qu’avec « leur » homme, père, mari, frère…), impact que je juge personnellement catastrophique, car je me limite ici à la question de la diffusion du français.

D’un totalitarisme à l’autre

Après les immenses dégâts du communisme, la francophonie doit donc maintenant faire face à l’islamisme. Bref un nouveau totalitarisme relaie le précédent. Et tout ce qui casse une société est nuisible à la situation du français dans le monde.

Bien que certains estiment très convenue, voire néocoloniale, la relation entre diffusion du français et développement économique et humain, je la pense profondément vérifiée par l’histoire du 20e siècle et celle qui s’accélère aujourd’hui.

Yves Montenay
Auteur de La Traversée du Siècle et des Echos du Monde Musulman.

31 commentaires sur “La francophonie victime du communisme et de l’islamisme”

  1. Merci pour cet article toujours aussi intéressant même si l on voit que ce n est pas rassurant pour la langue française et tout ce qui en découle de ce fait !

  2. En ce qui concerne le Rwanda, la situation du français a eu plutôt tendance à s’améliorer ces dernières années, me semble t-il, si l’on en croit des vidéos postées sur le site de TV5 monde. Et récemment , un journal américain révélait que beaucoup de Rwandais continuaient à regarder les chaines de télévision francophones. Même si l’anglais reste la langue utilisée maintenant dans l’enseignement, le français est revenu en catimini dans les écoles (toujours d’après ces vidéos ou même d’après celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=iSzbYwlUwbA ). Peut-être le Rwanda va-t-il devenir trilingue : anglais -français-kinyarwanda à moins que le swahili, langue « régionale » majeure » ne remplace le français?
    D’autre part, sans nier la menace extrême de l’islamisme, n’oublions pas que l’Afrique subsaharienne et de l’Ouest en général a enregistré de forts taux de développement économique ces dernières années, souvent supérieurs à ceux de l’Afrique anglophone ( par exemple https://www.ouestaf.com/uemoa-le-taux-de-croissance-attendu-a-56-en-2021/ ). Cela sera -t-il suffisant pour enrayer les Islamistes?

    1. La population a été formée au français jusqu’au début des années 2000. Donc il est normal que les adultes continuent à suivre les médias francophones, mais cela va-t-il durer ? Il y a une détente politique, il y a ou il y aura bientôt un institut français, le français reste enseigné comme langue étrangère, mais ce n’est plus une des langues du pays pour la jeunesse.
      Mais vous avez tout à fait raison de dire que faire de l’anglais un meilleur outil de développement que le français est une idée fausse, j’ai d’ailleurs ajouté une ligne sur ce sujet dans l’article, avec un lien vers un autre article sur ce sujet

  3. Ce péril islamiste ne concerne que quelques Etats, et pas la RDC avec ses 100 millions d’habitants par exemple.
    Le cas du Rwanda est peut-être plus important, avec l’idée qu’il faut parler anglais pour s’engager dans la voie du développement économique et surtout s’intégrer dans la mondialisation (ce qui n’est pas infondé), parce qu’il peut être suivi par d’autres pays.
    Le français peut-il coexister à côté de l’anglais avec une population trilingue (français/anglais/langue tribale locale) ?

    1. « Ne concerne que quelques états ». Bien sûr, je suppose que mes lecteurs ont quelques notions de géographie, mais ça fait quand même beaucoup de monde : directement Mali, Burkina, Niger, Tchad, Cameroun et dans une moindre mesure mais pas négligeable Côte d’Ivoire, Togo, Bénin ; et probable Sénégal et Mauritanie. Sans parler des pays anglophones et principalement du Nigéria qui sert de base arrière. Quant à la RDC et commence à être atteinte dans son extrême.
      Par contre je suis d’accord sur le fait que le Rwanda est un exemple important, notamment du fait de sa réussite économique. Mais le Kenya et lui que l’on cite souvent ne suffise pas pour dire que l’anglais développe mieux. Voir la ligne de l’article que j’ai rajouté à ce sujet

  4. Je note ceci: « Avec une exception toutefois : la Roumanie ».
    Cela s’explique peut-être, aussi, par la nature latine de la langue roumaine.

    Je suis assez d’accord avec vous sur les explications contextuelles jouant contre la langue française (on peut difficilement les nier, puisque les attaques de nature politique contre la langue française, et d’autres langues occidentales, ont été ouvertement déclarées). Mais je pense qu’il manque une autre explication, moins agréable à attendre pour les Français: l’attitude des Français eux-mêmes (1) avec leur propre langue + la langue française elle-même (2).
    Je m’explique, en essayant d’être court.

    1) Les Français semblent détester leur langue, ou en avoir honte (au moins): Ils parlent anglais dès qu’un touriste essaie de parler français en France, et ils parlent anglais à l’étranger face à des interlocuteurs étrangers francophones. Exemple type de cette honte de soi française: les entreprises françaises qui font tout en anglais (recrutement, relations professionnelles, publicité,etc), même dans des pays francophones ou francophiles. Ceux qui ont appris le français au Vietnam sont amers et blessés d’avoir été victimes d’un presque-mensonge français: la langue qu’ils ont appris par affection (souvent) est abandonnée par les Français eux-mêmes ! Je rappelle (parmi mille exemples) que les Chinois font leur pub en chinois aussi (même s’ils usent aussi de l’anglais bien sûr, pragmatisme oblige) à l’Étranger (et en France, par exemple). Il faut comprendre la psychologie d’un Étranger face à la langue française: par définition, la langue française est la langue parlée par les Français. DONC, si les Français parlent anglais, c’est que la langue des Français est l’anglais. DONC encore, si on aime la France, il faut alors apprendre l’anglais.

    2) La langue française est une langue plus difficile que la langue anglaise, et (cas aggravant) elle est plus exigeante en matière de précision et DONC de catalogage social des locuteurs (« parler mal » français est vite stigmatisé). La langue anglaise est moins exigeante, donc moins stigmatisante. Conséquence: au Vietnam par exemple, tous les jeunes qui veulent apprendre le français sont confrontés à ce constat incontournable: l’anglais est plus facile. Il faut « aimer la France » pour se lancer dans l’apprentissage du français ! Ce qui veut dire que le français est désavantagé par rapport à l’anglais sur se seul critère (et je ne parle même pas du critère « utilité », ou « commerce », etc…!). Pour que le français concurrence l’anglais sur ce seul critère « facilité », il faut que le français se réforme et se simplifie. ET comme le français est une langue monopolisée par les Intellectuels (qui apprennent à l’Université qu’il faut être compliqué pour paraître intelligent), je pense que la simplification du français passera forcément par un bouleversement des mœurs sociales et mentales en France. Ce n’est donc pas gagné: le temps que ça prendra donnera à l’anglais le temps de dominer le monde. On voit bien ce que sont capables de faire les Intellectuels français avec la langue française: le cas du militantisme pour une écriture prétendue « inclusive » (je dis bien « prétendue » inclusive) du français, montre bien le caractère égocentrique des élites françaises (seules au monde) croyant que la planète entière apprendra le français même si on le complique encore plus, même si on le torture (comme si le français, en soi, éclairait le monde naturellement…ontologiquement !)

    1. Bonjour Binh,

      Je me permettrai de ne pas être tout à fait d’accord avec vous sur le deuxième point.
      L’anglais plus facile que le français, autrement dit, souscrire encore et toujours à ce (récent si l’on y réfléchit bien) lieu commun selon lequel l’anglais est facile et le français difficile.
      J’ai franchement du mal à concevoir l’anglais, dont certaines diphtongues peuvent se prononcer jusqu’à huit fois de manière différente, comme une langue facile.
      Mais après tout, ne doit pas voir là, comme le synthétise parfaitement Louis-Jean Calvet, comme une «convergence entre les représentations sociales et les représentations linguistiques» ?
      Autrement dit, une certaine manière de justifier l’existant.
      Si ça vous intéresse, je me suis essayé à quelques arguments qui après tout me paraissent fondés :
      https://yvon-francophonie.com/2019/11/04/le-francais-langue-difficile/ (ouvre un nouvel onglet)

  5. Bonjour ypantalacci,
    Vous me confortez un peu dans l’idée que les Français ont du mal à porter un regard critique sur leur propre langue…
    Je vous cite « L’anglais plus facile que le français, autrement dit, souscrire encore et toujours à ce (récent si l’on y réfléchit bien) lieu commun selon lequel l’anglais est facile et le français difficile ».

    Je ne suis pas entré dans le détail, car je connais cette nuance: l’anglais peut être très difficile, en effet, si on souhaite le parler correctement et … »fluently » !

    Je n’ai pas fait, pour ma part, un commentaire théorique et perfectionniste de linguiste: je me suis simplement mis à la place du quidam moderne, qui a le choix entre l’apprentissage du français et celui de l’anglais. Et c’est factuel: en phase d’apprentissage, l’anglais est perçu plus facile que le français par le monde entier, d’autant que ces 2 langues sont proches (sinon familières). Je sais que Calvet est un amoureux des langues (ça l’honore, évidemment), et comme tout ethnologue ou linguiste, il ne va pas établir un classement des langues (une « guerre des langues ») selon leur difficulté, en soi et pour toujours, dans le vide du cosmos (ça n’aurait aucun sens). Mais, la réalité sur notre terre globalisée d’aujourd’hui, c’est que les humains sont confrontés à la concurrence de leurs langues avec l’anglais, pour établir leur communication « mondialisée ». Et dans cette concurrence, le français (je le regrette le premier), apparaît plus difficile à apprendre que l’anglais (Je ne fais que rapporter ce que font et disent les humains confrontés à ce choix).
    Remarque supplémentaire: j’ai pris comme exemple, celui du Vietnam (où le français a été un peu parlé..quand même !). Et il est en train de disparaître totalement, non pas à cause de la mondialisation ou des méchants Anglo-Saxons (voire de la méchante langue anglaise elle même..!), mais tout simplement parce que les Français ne font rien pour que leur langue soit plus attractive que l’anglais (et « attractive » veut dire, pour moi: plus simple d’accès. Les Français pourraient certes avoir des techniques alternatives d’attractivité autres que la simplicité de leur langue, mais en ont-ils ? PIB ? Armée ? Industries de la Chanson, du Cinéma, du Sport ? ).
    Ce n’est pas un lieu commun de constater ce « handicap » du français dans le monde actuel (et non dans celui du 17ème siècle): beaucoup d’Intellectuels ou d’universitaires français se glorifient même de parler une langue exigeante et précise, avec ses articles, ses accords, ses conjugaisons, son subjonctif, son plus-que-parfait, son futur antérieur, son orthographe historique, etc, et maintenant…son écriture pointée prétendue « inclusive ».
    Bref. Mon commentaire n’était donc pas un commentaire moral et hiérarchisé sur la beauté ou la laideur des langues: il se voulait tout simplement pratique et contextualisé, fondé sur des faits que tout le monde peut constater et vérifier. Bien évidemment, à ce constat qu’on peut trouver très triste, il faut aussi ajouter celui (encore plus triste) de l’abandon de la langue française par les Français eux mêmes. Peut-être parce que, hors mis le snobisme ou la « collaboration » linguistique avec « l’ennemi » (je pense à la comparaison faite par Hagège) les Français qui se sont mis à l’anglais ont peut-être trouvé qu’il était simple, finalement, à assimiler (au début) ?
    Quant à croire à une « convergence entre les représentations sociales et les représentations linguistiques » c’est évidement une explication déterministe socio-économique qui aide à se rassurer en imaginant qu’en redevenant un Empire, la France diffuserait sa langue à nouveau dans le monde (et ferait ainsi l’économie d’un regard critique sur sa propre langue). Mais les faits sont têtus: d’abord la France est devenu un petit pays qui vit beaucoup sur les illusions que lui donne son histoire prestigieuse (donc il faudra trouver autre chose pour que la langue française « rayonne » dans le monde). Mais, surtout, un Empire ne diffuse pas forcément sa langue, surtout si elle est compliquée à apprendre (la colonie « Vietnam » n’est pas devenue francophone par la seule magie de l’autorité et du prestige de l’Empire français: elle n’est pas devenue francophone du tout, environ 10 % de la population vietnamienne seulement, durant la colonisation), et l’Empire chinois naissant s’est mis à l’anglais aussi.
    Si on ne veut pas accepter ce focus sur la langue française (et ne pas se contenter des déterminismes socioéconomiques plus ou moins marxisant, comme les aime Calvet je crois), alors ne changeons rien à la langue française, on peut même se payer le luxe de la « compliquer  » encore plus, et s’endormir paisiblement en croyant que le monde entier aimera pour toujours nos complications culturelles « gallo-romaines » . Et on verra le résultat (Empire ou pas, « représentation sociales » ou pas) dans une génération (25 ans, environ)…
    Cordialement.

  6. Bonsoir Monsieur Montenay, et merci pour cet état des lieux de la francophonie en ce début du XXIe siècle. Quelques passages de votre article ont un peu un air de lamentations, fort compréhensible. L’épisode des francophones de Phnom Penh est particulièrement triste.
    Mais en même temps vous vous réjouissez de la bonne tenue du français dans nos anciennes colonies d’Afrique. Je connais bien Madagascar, dont le président actuel manie le français à la perfection. Après les velléités de malgachisation de l’enseignement voulue par le président Ratsiraka, le niveau francophone avait beaucoup baissé, mais dans les années récentes on a vu s’ouvrir beaucoup d’écoles, de tous les niveaux, en langue française, à côté de quelques écoles « américaines » et de beaucoup d’officines d’apprentissage de l’allemand pour attirer des jeunes, étudiants ou travailleurs, en Allemagne.
    Avant le régime de Ratsiraka, le français était assez couramment pratiqué, bien sûr uniquement dans la partie scolarisée de la population. Mon beau-père s’exprimait très correctement en français, d’ailleurs tous ses enfants ont eu des prénoms francophones, même si, dans la vie courante, ils gardaient un deuxième prénom typiquement malagasy. C’était une coutume caractéristique des milieux catholiques, les protestants ayant gardé de préférence des prénoms malagasy.
    N’oublions pas le Canada, où les québécois se battent bec et ongles pour sauver leur français si caractéristique, nom d’un caribou !

    1. Cet article se bornait aux 2 totalitarismes et ne se voulait pas un examen d’ensemble de la francophonie. Pour cela vous avez mon livre https://www.yvesmontenay.fr/2015/01/01/la-langue-francaise-arme-d-equilibre-de-la-mondialisation/

      Pour Madagascar, où j’ai passé un certain temps après les dégâts de Ratsiraka justement pour une remotivation des instituteurs, j’ai pu constater les dégâts que vous évoquez. J’aurais donc pu les évoquer dans le chapitre « dégâts du communisme ». En tout cas je vous remercie pour ce témoignage.

  7. Citation: « Aujourd’hui, la majorité des 300 millions de francophones mondiaux sont africains, subsahariens surtout, et ils seront bientôt 500 millions ».
    Remarque.
    Je rebondis sur cette affirmation: comment peut-on être sûr qu’une langue (trait culturel) se transmette, tel un être biologique (ADN, virus, etc), d’une génération à la suivante (ou aux 2 ou 3 suivantes) ?
    C’est la position optimiste de l’OIF (par exemple), mais sur quelle démonstration scientifique repose t-elle ?
    Une population parlant une langue X peut parfaitement transmettre cette langue X à ses enfants qui, POURTANT, parleront peut-être une autre langue (Y) si les conditions sociales (éducatives, surtout) éloignent ces enfants de la langue X…
    Si les conditions matérielles (profs, écoles, bâtiments, ordinateurs, emplois,etc) permettant de transmettre le français disparaissent en 10 ans, et que d’autres langues sont favorisées par de meilleurs conditions matérielles pendant ces mêmes 10 ans, pourquoi le français se maintiendrait-il ?
    C’est un constat que font les Québécois, je crains qu’il soit aussi valable en Afrique (voire…surtout en Afrique).
    Dans le Cameroun (par exemple) polyglotte officiellement, le danger d’une disparition du français (pourtant majoritaire) est tout à fait imaginable si les conditions socio-économiques ne soutiennent pas cette langue sur le long terme, et (au contraire) fassent la promotion d’autres langues (sans, bien évidemment, préjuger moralement et injustement, du choix respectable des Camerounais eux-mêmes, dans leur choix culturels…).

    1. Mon affirmation est développée dans mon article sur la langue corse, et évoquée rapidement dans d’autres. C’était dans le contexte suivant : une langue officielle non maternelle devient maternelle en trois générations (au décès des grands-parents en pratique) si ces trois générations ont été scolarisées EXCLUSIVEMENT en langue officielle (c’est comme ça que le français a été éradiqué de Louisiane, et que son renflouement officiel actuel arrive trop tard). Et une fois maternelle, elle est transmise à une ou deux générations suivantes.
      C’est pour cela que, sans le dire nettement, je fais des réserves sur l’enseignement des langues locales en Afrique, malgré le meilleur accueil en première année de primaire pour ceux qui ne sont pas déjà francophones. Mais j’ai confiance en l’inefficacité africaine pour que cette enseignement en langue locale ne se mette pas en place malgré sa grande mode (sauf dictature d’un groupe anglophone comme au Rwanda). Ce ne sont d’ailleurs pas les parents qui le demandent (La langue locale on la connaît, on veut un enseignement en français pour l’avenir professionnel), mais plutôt des intellectuels surfant sur la vague anti française

  8. Après un enseignement en langue locale (qu’il aura éventuellement fallu normaliser avant, parce que toutes ne sont pas écrites), les élèves et les parents se rendent compte qu’il n’y a pas grand chose à lire dans cette langue. Ces langues locales ne paraissent pas être une menace pour le français, qui joue le rôle de langue véhiculaire et répond à un besoin différent.
    Par contre, il existe une langue spécifiquement africaine, écrite depuis longtemps, disposant d’une littérature, qui pourrait se développer plus, le swahili, qui est déjà une langue véhiculaire. Au moins 100 millions de locuteurs, mais une minorité dont c’est vraiment la langue maternelle. Pour l’instant, le swahili parait se diffuser surtout sur l’aire d’influence de l’anglais.

    1. Oui, c’est une langue partiellement arabe qui s’est diffusée à partir de la traite arabe orientale (Zanzibar, les Comores etc.). D’ailleurs sauf erreur swahili vient de « rivage » (celui de la côte est de l’Afrique).
      En Afrique francophone les deux vrais rivaux sont l’arabe et l’anglais, l’adoption d’une d’une langue locale servirait à mon avis de marchepied à l’arabe en zone musulmane et à l’anglais en zone chrétienne.
      Par ailleurs je suis tout à fait d’accord sur le fait que les langues locales, comment France, doive être normalisées, mais dans ce cas-là elles ne correspondent plus aux langues parlées : https://www.yvesmontenay.fr/2019/10/11/loffensive-anti-francaise-en-afrique-y-menace-les-systemes-scolaires/

  9. Je reviens sur « on veut un enseignement en français pour l’avenir professionnel ».
    Mais que se passera t-il, en Afrique, si les Français ou les Francophones ne mettent pas le paquet (profs + écoles + jobs + activités culturelles, etc) pour conserver l’usage et la transmission du français ? Et surtout s’il n’y pas d’avenir professionnel en français…(c’est à dire: si « l’avenir professionnel » , en Afrique, est …en anglais !)
    Même si les Africains peuvent attachés à la langue française, comment peut-on être sûr que leurs propres enfants grandiront francophones ? L’exemple du Rwanda est à prendre en compte (des ruptures autoritaires peuvent advenir), mais le plus inquiétant c’est la qualité (liée elle-même à la quantité) du soutien à la langue française et à,ses locuteurs: les défenseurs de la francophonie font-ils tout ce qu’il faut pour qu’à partir de 2 parents francophones, on se retrouve avec 4 francophones (ou 5, ou 6) 25 ans plus tard ?
    Face à la concurrence  » rouleau compresseur » de l’anglais, est-on sûr que les soutiens à la langue française (en Afrique et ailleurs) feront le poids pour se permettre de penser que  » Aujourd’hui, la majorité des 300 millions de francophones mondiaux sont africains, subsahariens surtout, et ils seront bientôt 500 millions » ?
    Avec la connaissance que nous avons aujourd’hui des conséquences culturelles des migrations et de la mondialisation des échanges, on sait très bien qu’une famille peut abandonner (pas « oublier », certes) sa langue maternelle en l’espace de 20 ans au profit d’une autre langue plus…motivante (selon le contexte, par exemple, mais pas seulement).
    Je ne suis pas convaincu par les arguments de l’OIF qui croit que la langue française va croitre naturellement (« biologiquement » ?) sur la planète en fonction des seules projections démographiques (en Afrique, surtout)…J’ai du mal à suivre cet optimisme (j’aimerais bien y croire…)

    1. Vous avez raison pour les élites africaines francophones, dont une partie font terminer leurs études de leurs enfants en pays anglophones, et malheureusement les élites jouent un rôle politique, et un de leurs représentants peut faire un coup « rwandais ». Je relativise néanmoins cette option, qui semble tenter le Gabon, parce qu’au Rwanda il y avait une communauté anglophone immigrée qui avait pris les commandes et qu’il fallait favoriser.
      Par contre l’avenir professionnel de la masse est français, même à des niveaux très humbles (des villageois soignent l’apprentissage du français de leur fille pour qu’elle ait un emploi en ville, ne serait-ce que comme nounou des enfants de bourgeois francophones)
      Comme le montre mon article, l’expansion du français nécessite une stabilité sociale que menaçait hier des communistes, et aujourd’hui les islamistes. C’est une condition nécessaire mais pas forcément suffisante

  10. Je suis bien d’accord que « l’expansion du français nécessite une stabilité sociale que… ».
    Espérons que cette « stabilité sociale », favorable à la langue française sur les plans culturel + économique, soit pérenne en Afrique…

  11. Voici un exemple qui donne à réfléchir :
    si les langues de travail utilisées dans l’Eurocorps (corps d’armée européen au service de l’UE), autrement appelé Force de réaction rapide européenne, sont le français et l’allemand (notamment au quartier général), la langue employée pendant les exercices, les manœuvres et en opération ( comme lors des engagements au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine) etait l’anglais.
    Or, la Grande-Bretagne ne faisait partie de l’Eurocorps. Certes, l’Eurocorps avait été mandaté par l’OTAN mais cet exemple concret montre tout de même que l’anglais apparaît comme la langue la plus pratique et la plus simple sur le plan opérationnel. Je rejoins en cela l’avis de Binh.

  12. L’exemple de Peyronnet est éloquent. la langue française est abandonnée, sans communisme ou sans islamisme. En toute..liberté. Ces petits abandons « pratiques » qui s’accumulent au fil des ans, sous couvert de la certitude théorique et légale (et la bonne conscience) que les traités garantiront la diversité culturelle de l’UE, vont finir par être « constitutionnels » de l’UE ! Le problème n’est pas tant l’utilisation d’une langue commune (l’anglais) que l’abandon en toute autonomie des langues parlées existantes et vivantes. L’évolution culturelle est d’une rapidité fantastique: au référendum de 1992 sur le Traité de Maastricht, même les opposants à l’UE n’auraient pas osé utiliser l’argument de l’abandon du français en 30 ans, pour ratisser des électeurs en leur faisant peur. Aujourd’hui, l’anglais est obligatoire au collège. Et on parle de l’anglais obligatoire en Primaire. Or, tout le monde peut bien comprendre qu’en situation de concurrence (avec une langue quasi officielle: l’anglais) les bilinguismes deviendront à terme inutiles (sauf postures militantes volontaires). Et ces bilinguismes deviendront inutiles si les langues actuelles ne sont plus utilisées dans la vie pratique: or, pour le français, c’est déjà ce qui se passe avec nos entreprises françaises qui recrutent ou travaillent en anglais, ou nos universités qui font cours en anglais. Bref: défendre la langue française va exiger une vraie stratégie de soutien à la francophonie de la part de nos responsables politiques, et sans doute un vrai travail de simplification du français pour qu’il concurrence sérieusement l’anglais et attire du monde (ou, au moins, pour qu’il retienne ses locuteurs).

    1. Vous venez de résumer mon livre « La langue française, arme d’équilibre de la mondialisation » (vous le trouverez sur mon site à la rubrique « publications, livres » ; j’ai toujours regretté ce titre abscons imposé par les « Belles-lettres « ) et l’action d’« Avenir de la langue française » dont je suis vice – Président. Voir leur site et notamment les lettres envoyées tous azimuts par Albert Salon, y compris à l’Élysée pour sensibiliser le président à une action vigoureuse à Bruxelles pendant la présidence française du premier semestre 2022

      Cela dit ce n’est pas le sujet de l’article : en quelques milliers de mots, on ne décrit qu’une facette d’un problème. Pour traiter problème dans son entier il faut un livre, mais un livre a moins de lecteurs qu’une série d’articles : le rapport est de un à 10 voir de un à 100 dans mon cas.

  13. « Avenir de la langue française », association qui naît en 1992 je crois, date du référendum sur le traité de Maastricht…..
    Une prise de conscience d’alors, sans doute, sur ce qui était en jeu (entre autres problèmes)….

  14. Le communisme et l’islamisme ont peut être parfois nui à la francophonie, en accélérant un changement de choix de langue étrangère à faire apprendre. Mais le communisme et l’islamisme ont également pu nuire aux intérêts de l’anglais dans certains cas (russe et arabe). Le véritable mouvement de fonds qui a mené à l’affaiblissement du français, c’est d’abord et surtout la toute puissance des Etats-Unis. Ensuite viennent la puissance de l’empire colonial anglais. Et également le défaitisme linguistique français avec l’anglomanie de nos élites. Trop facile de blâmer le communisme et l’islamisme, en gros l’islamogauchisme ? L’article devrait préciser en premier lieu que c’est l’impérialisme américain qui a d’abord et avant tout nui à la francophonie, et que malgré tout elle reste très riche et vivace. Tout le monde ne peut pas juste avoir sa langue maternelle comme langue mondiale, c’est logique.

    1. Je suis en gros d’accord avec ce que vous dîtes, mais j’ai écrit un article, pas un livre ! J’ai traité un aspect pas très connu : la disparition de la francophonie russe, et celui qui commence à se perdre dans les mémoires, la francophonie vietnamienne. Enfin j’aborde l’aspect linguistique du djihadisme. Ça fait déjà beaucoup !
      Le reste vous le trouverez soit dans mes articles précédents soit dans mes articles futurs et surtout dans mon livre : https://www.yvesmontenay.fr/2015/01/01/la-langue-francaise-arme-d-equilibre-de-la-mondialisation/

  15. Je crois que le développement de notre » fatuité » a fait plus de mal que le communisme qui s’est développé et implanté surtout en Asie . La Turquie en1920 avec les jeunes turcs aurait pu aider le français à se développer ; bien entendu , on, a choisi la Grece.de même en Serbie .ou au Liban et en Syrie cela faisait un arc méditerranéen des plus intéressant . Ne parlons pas de la guerre d’Algérie ou de l’anglomanie de nos élites

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